Le spectacle de Paul McCartney à Québec a engendré des retombées médiatiques plus importantes que le budget total des Fêtes du 400e, affirme le directeur général de la Société du 400e, Daniel Gélinas. Ce qui fait dire au grand patron que l?opération a été très rentable à tous points de vue pour la capitale.
«On savait que la venue de Paul McCartney serait un moment fort et instantané au plan de la visibilité de la ville et du 400e partout sur la planète. Et on ne s?était pas trompé. L?impact est majeur. Tous les médias qui ont parlé de cet événement touchent environ 200 millions de personnes et la valeur médiatique est de plus de 100 millions $, bien au-delà du budget total du 400e de Québec (95 millions $). C?est donc mission accomplie parce que c?est ce qu?on s?était fixé comme but», a soutenu hier M. Gélinas, en dressant son bilan de la soirée devant les journalistes.
Le directeur général a précisé que cette visibilité est d?autant plus importante qu?elle s?est révélée extrêmement positive. «On parle d?un événement qui s?est bien passé, où la prestation de l?artiste a été fantastique. Même lui, Paul McCartney, avait l?air heureux et content sur scène. Je pense qu?il se sentait bien dans cette foule-là.»
Daniel Gélinas s?est aussi dit heureux d?avoir atteint l?un des principaux objectifs qu?il s?était fixés en prenant la barre de la Société : léguer aux citoyens de Québec des images fortes qui leur resteront longtemps en tête. Le Moulin à images, le 3 juillet, Québec plein la rue, Paul McCartney sont tous des événements que les gens n?oublieront pas de sitôt, a-t-il soutenu.
Combien a coûté le spectacle de l?ex-Beatle? Le chiffre de 4 millions $ a circulé récemment dans les coulisses du 400e, mais n?a pas été confirmé. «Si c?est le cas, Québec s?est payé une campagne de publicité qui ne lui a pas coûté cher», a affirmé au Soleil le producteur Michel Brazeau. À ses yeux, il s?agirait d?un véritable cadeau puisque la visibilité a été énorme à l?étranger, avant et après le spectacle. «Tu ne vas pas loin avec 4 millions $ pour faire la promotion d?une ville sur la planète», a précisé le producteur.
Daniel Gélinas n?a pas voulu avancer de chiffre et s?est contenté de dire que les festivités n?occasionneraient aucun dépassement de coûts et que tout avait été planifié pour atteindre l?équilibre budgétaire. D?ailleurs, Paul McCartney ne semble pas avoir été très gourmand puisque M. Gélinas considère qu?il a pratiquement «donné le show» à Québec pour ses 400 ans. De plus, sa venue a contribué à donner une plus grande notoriété à la scène des Plaines, ce qui pourra convaincre d?autres grands artistes de venir à Québec dans un avenir rapproché.
Prochain défi du 400e et de ses partenaires : faire aussi bien avec le spectacle de Céline Dion le 22 août. À ce sujet, il faudra une fois de plus s?attendre à voir des fans se lancer dans une course folle pour atteindre l?avant-scène en premier. «(Courir), c?est bon pour la santé!, a lancé en riant Daniel Gélinas. La course entre l?entrée et l?avant-scène, c?est automatique. Ça se fait n?importe où, dans n?importe quel spectacle extérieur. On ne peut pas empêcher quelqu?un de vouloir atteindre la scène le plus rapidement possible. Mais il faut tout de même éviter le piétinement des gens…»
Depuis son arrivée en fonction, en janvier, le grand patron du 400e a réussi à aller chercher 14 millions $ en sabrant les dépenses, en faisant appel à des boîtes de production de l?extérieur, en éliminant l?Opéra urbain et en récupérant 3 millions $ du Championnat mondial de hockey. Tout cet argent a été réinvesti dans la programmation : prolongation du Moulin à images, ajouts de représentations du spectacle du Cirque du Soleil, venue de Paul McCartney, spectacle des Français sur les Plaines en août, karaoké géant… Peut-on conclure qu?il y avait des dépenses superflues auparavant? «C?est plutôt une vision administrative différente qu?autre chose», a conclu Daniel Gélinas.
Source : Julie Lemieux / Le Soleil
