Les fans de John Lennon commémorent jeudi le 25e anniversaire de la mort du musicien
Le 8 décembre 1980, vers 22h30, l’ex-Beatle tombait devant son appartement new-yorkais, à 40 ans, sous les balles d’un jeune Américain, qui comptait ainsi lui voler une part de sa célébrité.
En vain. Depuis ce geste fatal, qui provoqua une vive émotion internationale, l’aura quasi mythique du musicien, apôtre de la paix, n’a cessé de se renforcer.
John Lennon et Yoko Ono (France 2)Souvent critiquée, son épouse Yoko Ono, qui veille jalousement depuis sa mort sur son image et son héritage musical, a surtout tout fait pour maintenir vivant John Lennon, à défaut de le ressusciter.
Ecorné récemment par sa première femme Cynthia dans un livre qui le décrit comme un génie parfois cruel et tenté par la violence, le mythe est néanmoins formidablement vivace. Sans doute parce que son message pacifiste et son regard aiguisé restent d’une incroyable actualité. Mais aussi parce que ses chansons, avec les Beatles et en solo, sont aussi universelles qu’intemporelles.
25 ans après sa mort, John Lennon, auquel une vaste rétrospective est consacrée jusqu’en juin à la Cité de la Musique (Paris), a gardé une place unique dans le coeur des fans.
Le magazine économique Forbes a décrété récemment qu’il était la « célébrité décédée » la plus profitable après Elvis Presley. Voilà bien une idée qui aurait révulsé l’auteur de « Working man hero », connu pour ses idées pacifistes, son rejet de l’establishment et son esprit anti-conformiste.
« Je ne pense pas que je fasse de John un produit », a objecté un jour Yoko Ono dans une interview. « Si je n’intervenais pas, certaines personnes le feraient et en rendraient une version bon marché. Et cela détruirait le travail de John ».
Pour marquer cet anniversaire, Yoko Ono a choisi de sortir « Souvenirs de John Lennon », un recueil d’anecdotes de célébrités, d’Iggy Pop à Bono ou Mick Jagger, où elle dit aussi que 25 ans après, « son coeur tremble » quand elle se retrouve seule.
Retour sur le soir du drame
John Lennon (France 2)Le 8 décembre 1980, John Lennon et Yoko Ono rentrent d’une séance en studio lorsque Mark David Chapman ouvre le feu sur le musicien, dans l’entrée de leur immeuble new yorkais, le Dakota Building (l’inquiétant bâtiment du film « Rosemary’s baby »).
Les deux premières balles le touchent au dos. Les deux suivantes à l?épaule. La cinquième rate sa cible. Le musicien, à terre, est en sang. Yoko Ono hurle. Transporté à l?hôpital St Luke?s Rooservelt en urgence, placé en réanimation, il n?aura pas le temps de bénéficier d?une transfusion sanguine : il est trop tard. John Lennon est déclaré mort à 23h07.
Moins d’une heure après le meurtre, des milliers de personnes commencent à affluer spontanément au pied du Dakota Building. Les mélodies de « Give Peace a chance » et d' »Imagine », sortis des poumons et des magnétos cassettes, s’élèvent dans la nuit.
Sur les lieux du drame, l?assassin, qui n?a pas bougé depuis les coups de feu, est interpellé alors qu?il lit «L?Attrappe coeur » de JD Salinger, son livre de chevet. Sur cet exemplaire de l?ouvrage acheté le jour-même, Mark Chapman a écrit « Voici ma déposition ». Dans la tête dérangée du meurtrier, son geste se passe d?explication : le livre contient toutes ses motivations.
Condamné en août 1981 à la prison à vie, dont 20 ans incompressibles, il est toujours incarcéré et à l?isolement à la prison d?Attica, près de New York. En octobre 2004, il a expliqué devant un juge avoir voulu tuer John Lennon pour « lui voler sa célébrité ». 25 ans après, la vivacité de la mémoire de John Lennon lui donne heureusement tort.
Source : Laure NARLIAN
