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2005 L'actualité Beatles

Yoko Ono : «John a pu devenir lui-même»

{{Rencontre à Paris avec celle qui a partagé les dernières années de l’artiste.}}
Une des nouveautés de cette exposition est de vous présenter, John et vous, comme un couple d’artistes collaborant dans divers domaines artistiques.

Yoko ONO. ? Il n’y avait pas de frontière. Nous nous sentions très libres : que nous voulions faire quelque chose de visuel ou de musical, nous le faisions, et c’est tout. Nous croyions que les artistes doivent avoir une totale liberté d’inspiration.
{{Selon vous, quelle influence avez-vous eue sur John Lennon ?}}

John était libre, indépendant, un artiste unique. J’étais aussi, pour ma part, une artiste libre et indépendante. Je pense que, parce qu’il m’avait à ses côtés, il s’est senti plus fort pour être lui-même. Je n’ai pas eu à faire grand-chose. Simplement, je pense que, jusque-là, il se sentait seul. Quand il s’est trouvé un partenaire, il a pu devenir lui-même.

{{Vous avez beaucoup prêté à cette exposition. Y a-t-il des objets ou des documents que vous ayez refusés ?}}
Le grand piano blanc (le légendaire Steinway d’Imagine), qui est très vieux, très difficile à transporter, trop dangereux à faire voyager.

{{La stature posthume de John Lennon dépasse de très loin celle d’une rock star. Que pensez-vous de sa mutation en icône politique et spirituelle ?}}

Les gens ont parfois besoin d’aimer, d’admirer. C’était déjà la même chose avec les Beatles. Parfois, c’est avec une actrice de Hollywood. Ce qui compte, ce n’est pas la qualité de l’objet, c’est la qualité de la passion. Si ça peut encourager les gens à aimer la vie, à se sentir plus libres, à être eux-mêmes… Certains le cherchent dans l’alcool. Si c’est dans l’image de John, ça me convient.
{{
Il semble que, depuis longtemps, vous aimiez Paris…}}

John et moi aimions tous deux Paris. C’est pourquoi nous avons passé notre lune de miel ici. J’y suis souvent venue mais la fois dont je me souviens le mieux, c’est lorsque John et moi étions en train de tomber amoureux l’un de l’autre. Ça m’effrayait et je suis venue à Paris en me disant que je ne retournerais jamais à Londres. Un soir, j’ai fait un petit show dans un café à Paris et Ornette Coleman est venu. Il m’a demandé de venir avec lui faire un concert au Royal Albert Hall. J’ai accepté et je suis retournée à Londres, où je ne voulais plus mettre les pieds. En ouvrant la porte de l’appartement, j’ai trouvé des piles de lettres de John. Et nous nous sommes retrouvés.

Source : Propos recueillis par Bertrand Dicale – LE FIGARO

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