Tout comme les Rolling Stones, cela fait longtemps que Sir Paul McCartney n’a plus besoin de faire des disques. Il n’a plus rien à prouver et de remettre ainsi sa couronne et sa réputation en jeu ne peut plus rien apporter à sa légende car, quoiqu’il fasse, cela sera toujours comparé aux belles heures des Beatles ou des Wings.
Mais c’est comme ça : depuis qu’il est gosse, Paul n’a jamais arrêté de composer et ce plaisir aboutit aujourd’hui à la publication de son vingtième album solo intitulé « Chaos and creation in the backyard ». Un disque qu’il a réalisé seul avec le producteur Nigel Godrich connu pour ses travaux avec Radiohead.
Ce qui ressort d’abord de ce disque c’est le plaisir serein à l’avoir fait. Juste de belles mélodies, entre piano et guitare acoustique. On n’y sent même pas l’envie de décrocher un hit. Il pousse même la décontraction jusqu’à se servir, pour la pochette, d’une photo de lui prise par son frère Mike, dans son jardin, sous le linge tendu, en 1962.
Mais l’impression que laisse surtout ce disque est celle d’une belle maison vide. On n’y trouve pas l’âme d’un groupe (ce qui est le cas avec le « A bigger bang » des Stones). Créée par un grand architecte (Paul est le plus grand architecte de la pop qui soit), cette maison est superbe. On passe d’une pièce à l’autre avec plaisir, impressionné par la qualité de l’ouvrage, l’inventivité de l’agencement, l’imagination de l’ensemble. Mais ce plaisir est solitaire. L’admiration prend le pas sur l’émotion. On en sort un peu tristounet.
On ne retrouve pas la belle rencontre avec Elvis Costello qui avait fait le bonheur de « Flowers in the dirt » en 1989. « Flaming pie » et « Driving rain » en 1997 et 2001 n’avaient pas démérité non plus, mais qui s’en souvient encore ? Qui les écoute encore ? Alors que les compils des Beatles et de Paulo en solo rivalisent avec les excellents albums « live » (au nombre de trois rien que pour les années 90 !).
Ce qui n’enlève rien aux qualités d’auteur et de compositeur de celui qui a déjà tellement fait pour nous, tout en procurant encore aujourd’hui un plaisir immense sur scène. Comment lui en faire le reproche ?
Nous vous rappelons qu’à l’occasion de la sortie de cet album, la rédaction de Yellow-Sub.net se mobilise et vous propose dans ses colonnes :
_ – [Un dossier spécial sur cet album, et le premier single accompagnant sa publication, « Fine Line ».->rub1048]
_ – [Un forum spécial consacré à l’album->art7906]
Source : T.C.















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