Roberto Menichetti a esquissé jeudi à Paris la nouvelle femme Céline, «au chic parisien spontané» pour l’été 2005, dit-il, tandis que Stella McCartney a adopté une allure beaucoup plus «baba», au quatrième jour de présentation des collections prêt-à-porter.
Pour sa première collection au sein de la maison Céline, Roberto Menichetti a fait simple. Des tons acidulés «pop» très années 60, à l’image des néons au-dessus du podium – orange, turquoise, rose, bleu et jaune -, habillent des mini-robes qui pourraient rappeler ces années-là si elles n’étaient décolletées dans le dos. Ailleurs, des toges grecques se drapent sur le côté.
Un spencer brodé d’écailles argent réveille un spencer posé sur une jupe gris perle à plis creux bien sage. Un chemisier à rayures s’ouvre sur les épaules. Les pantalons amples en revanche donnent une allure plus garçonne.
Roberto Menichetti, à qui l’on doit en partie le retour au premier plan de Burberry grâce à son travail sur le tartan, a fait ses débuts devant un parterre d’actrices, tout l’état-major de LVMH – avec en premier lieu Delphine Arnault, qui siège au conseil d’administration du groupe de luxe présidé par son père Bernard, son frère Antoine -, mais aussi les PDG de nombreuses maisons du numéro un mondial du luxe (Lacroix, Givenchy, Kenzo, etc.) et de Christian Dior.
Ambiance bobo et baba chic chez Stella McCartney. La garde-robe pour l’été 2005 se veut relax, légère comme une toile de parachute ou des voiles de bateau. Ambiance voyage également avec des imprimés batik et des pantalons inspirés des sarongs.
Les détails sont sophistiqués comme cette saharienne rythmée de fronces, ces dos de robes-chemises gonflés. Le soir, les tenues sont empruntées au vestiaire masculin avec au choix une mini queue-de-pie noire sur une robe en soie blanche ou un tailleur pantalon en soie satinée un tantinet dégingandé. De même des brassières strassées diamants donnent du chic à une robe plus estivale.
Gwyneth Paltrow, au premier rang, a applaudi également des robes d’inspiration lingerie dans lesquelles la créatrice britannique a inséré de la dentelle. À porter le soir avec des mini-sacs brodés de strass.
Léonard aime les imprimés. C’est même sa raison d’être. Michel Klein aussi cette saison. Mais les interprétations ne sont pas les mêmes: en technicolor pour le premier, en noir sur fond blanc ou sable pour le second.
Pour l’été 2005, Léonard quitte un peu son Japon et ses orchidées fétiches (la maison réalise plus des deux tiers de son chiffre d’affaire en Asie), pour une ambiance plus tropézienne avec notamment des lins sables repeints de fleurs géantes espacées et s’offre même un imprimé graphique pour le moins inhabituel mais efficace. Le daim permet aussi aux imprimés de respirer. Les accessoires se modernisent avec un sac entouré d’un filet (de pêche ou à provisions).
Michel Klein a opté pour une silhouette «à belle allure» avec un évident souci de l’élégance.
Le Prince-de-Galles est la vedette d’une journée urbaine, là où les imprimés batik ou feuilles s’imaginent plus au soleil. Le sophistiqué ressort d’une blouse bateau en mousseline blanche brodée d’un collier corail délicat. Une robe éventail en mousseline avec des broderies argent aux épaules et aux poignets est intemporelle.
