Ce bureau serait une sorte d' »ambassade de la musique britannique » à New York, a expliqué à l’AFP Doug D’Arcy, ancien président de la maison de disques Chrysalis (rachetée par EMI) et co-auteur d’un rapport publié en 2002 pour expliquer l’échec de l’édition musicale britannique en Amérique du Nord.
La production britannique, qui se taillait la remarquable part de marché de 32% en 1986 aux Etats-Unis, n’en détenait plus que 0,2% en 1999.
L’idée, prônée par M. D’Arcy dans les conclusions de son rapport, « vise à soutenir la commercialisation et la promotion » de la musique britannique aux Etats-Unis. Le bureau fournirait notamment de l’information sur le fonctionnement de ce marché « qui fait aujourd’hui défaut » aux artistes et labels nationaux.
« C’est quelque chose que les Français ont compris depuis longtemps », a souligné Doug D’Arcy, « ils sont bien meilleurs (que les Britanniques) pour soutenir l’industrie de la culture, en particulier grâce au bureau de la musique française ».
« Les Français réussissent aux Etats-Unis, ils y ont remporté de beaux succès avec des groupes comme Air ou Daftpunk ou encore Mirwais qui a produit Madonna », a-t-il rappelé.
Le Bureau export de la musique française (BEMF) est né en 1993 avec le soutien du gouvernement et des professionnels français. Il en existe plusieurs antennes dans le monde et notamment à Londres et New York.
Le gouvernement et l’industrie britanniques, tous « très intéressés » par une telle idée, en « évaluent la viabilité » et pourraient lui donner leur aval « aux environs du mois prochain » (février), espère M. D’Arcy.
Selon lui, « il faudrait qu’ils financent, dirigent et lancent ensemble » ce bureau new-yorkais.
En septembre, BMR, le syndicat des musiciens britanniques, soutenant l’idée dans un mémorandum à la chambre des Communes, avait relevé que ce bureau avait « le potentiel d’accroître la promotion (de la production musicale nationale) aux Etats-Unis et aussi internationalement et, par conséquent, les retombées économiques ».
« Il pourrait bien permettre à l’industrie de la musique britannique, actuellement dans une phase critique de son développement, de faire une avancée utile « , soulignait le syndicat.
Sir George Martin, ancien producteur des Beatles, partage cet enthousiasme pour ce bureau jugeant qu’il « serait sans aucun doute une aide » pour les affaires de la musique britannique.
« Ne mêlez surtout pas le gouvernement à ça », a prié en revanche Tim Wheeler, leader du groupe nord-irlandais Ash, qualifiant le projet de « plaisanterie », sauf s’il « donne de l’argent (…) ce serait alors une bonne idée ! ».
Doug D’Arcy s’était rendu aux Etats-Unis pour analyser l’évolution des parts de marché de la musique britannique au cours des dernières années, une étude qui s’était arrêtée en 2001.
« Cela n’a pas été fait en 2002 et en 2003, parce que personne n’a pensé à le faire », a-t-il regretté. Il compte poursuivre prochainement son étude.
Car, « si les Britanniques remportaient davantage de succès en Amérique du Nord, alors ils feraient encore bien mieux dans le reste du monde ».
