
Fin novembre 2002, on les avait retrouvés au Royal Albert Hall de Londres pour un concert hommage à George Harrison, décédé un an auparavant. Quatre mois plus tard, Paul McCartney et Ringo Starr se croisent de nouveau, dans les bacs des disquaires cette fois. A une semaine d?intervalle, ils viennent en effet de sortir leur nouvel opus respectif.
Inédits des Beatles en live
« Back In The World » est le témoignage de la tournée américaine 2002 de Paul McCartney qui avait suivi la parution de « Driving Rain » fin 2001. Il s?agit de la version remaniée de « Back in the USA », publié outre-Atlantique (et en import sur le Vieux Continent) il y a quelques mois. Cinq titres on été rajoutés pour cette variante, opportunément mise en vente au moment où l?artiste débute son tour d?Europe ?Bercy a eu l?honneur du premier gala mardi dernier.
La majeure partie de cet énergique double cd est constituée du répertoire des Beatles. Les standards immortels ? »Let It Be », « Yesterday »?- côtoient ainsi des morceaux rarement joués sur scène -Getting Better », « Mother?s Nature Son « . Accompagné de jeunes musiciens, l?ancien bassiste en profite pour rendre hommage à ses deux compères disparus. Pour John Lennon, il entonne « Here Today ». Et interprète dans la foulée « Something », une chanson de George Harrison. Le reste de l?album renvoie à la période Wings (« Live and Let Die », « Band On The Run ») ou à sa carrière solo (avec seulement trois compositions issues de « Driving Rain »).
Deux bémols néanmoins : tout d?abord, si l?ensemble est bien huilé, la part laissée à l?improvisation est plus que faible. Signe d?une certaine prudence, trois titres seulement dépassent les cinq minutes. Ensuite, comme sur chaque live officiel, le travail de remixage en studio enlève une certaine spontanéité ?les fans les plus assidus préféreront les « bootlegs » (enregistrements clandestins de concerts) qui restituent mieux l?ambiance de la performance.
Ringo Starr bien entouré
De son côté, cinq ans après « Vertical Man », Ringo Starr délivre quatorze nouvelles compositions originales (la dernière est une piste fantôme). « Ringo Rama » porte bien son nom, offrant un large éventail des goûts de l?ancien batteur des « Scarabées ». Il oscille entre hymne à la paix (« Eye To Eye »), clin d??il à la country (« Write One For Me »), rock classique (« I Think Therefore I Rock N Roll »), fascination pour l?Amérique (« Missouri Loves Company ») et hommage à la reine (« Elizabeth Reigns »).
Outre les collaborateurs attitrés, plusieurs invités de marque sont à signaler, notamment David Gilmour (Pink Floyd) et Eric Clapton. Ce dernier joue le solo de guitare sur « Never Without You », l?hommage de Ringo Starr à George Harrison. « Cette chanson, c?est ma manière de dire ce que George signifiait pour moi et combien il me manque ». A noter également que sur l?édition limitée, un DVD retrace la phase d?enregistrement du disque. On découvre sur ce « making-of » un Ringo Starr hilare de bout en bout.
« Back In The World », Paul McCartney, double cd, Capitol Records, distribué par EMI
« Ringo Rama « , Ringo Starr, édition simple un cd, édition limitée un cd-un dvd, Koch Records, distribué par Warner
McCartney-Lennon ou Lennon-McCartney ?
Un petit détail dans le livret de « Back in the World » n?échappera pas aux fans. Jusqu?à présent, les titres des Beatles étaient crédités Lennon-McCartney. Désormais, l?ordre est inversé. Pour Paul McCartney, l?explication est simple : c?est lui qui a écrit la majeure partie des chansons, donc son nom doit apparaître en tête. Yoko Ono, la veuve de John Lennon, n?a pas apprécié et a même menacé Sir Paul d?une action en justice?












