
McCartney, la nostalgie ça le connaît, il a écrit un tube là dessus, et quarante ans après la sortie de l?album Please Please Me, l?ami Pau a fait mardi soir un immense plaisir aux 17 000 spectateurs de Bercy en jouant une trentaine de chansons issues aux deux tiers du répertoire des Beatles. C?étais le premier concert d?une tournée européenne qui, après un périple américain, entamée en avril 2002, le mènera à Barcelone, Vienne, Londres ou encore Hambourg (hé oui, Hambourg, où tout a vraiment commencé !)
L?entrée en matière est poussive, avec un Hello Goodbye téléphoné. Mais dès All My Loving les visages s?éclairent, et sous le maquillage les pattes d?oies plissent joliment. C?est émouvant, ces couples de quinquagénaires qui se bisouillent et se tiennent par la main.
Leur jeunesse défile, en chanson et en image : quatre garçons dans le vent sont poursuivis sur écran géant par une foule en noir et blanc. Les scarabées bourdonnent, c?est la folie à London et, dans le coin des très importantes personnes, Laurent Voulzy est près de défaillir. Paul déroule le prestigieux catalogue, avec quelques titres des Wings et de son dernier album en guise d?interlude, histoire de se remettre de ses émotions.
Ce visage, qui tout là haut, apparaît en gros plan a gardé un peu de ses rondeurs de l?adolescence ? Finalement, Paul est toujours un bon petit gars de Liverpool. Sauf que John n?est plus là pour corriger ses fautes de goût. Aussi, quand les Beatles étaient universels, Macca est seulement grand public. Le concert est parfois visuellement lourdaud, et les harmonies vocales des deux guitaristes ne font pas oublier celle de Paul et George, qui bien sur, ont droit à leur hommage. Et aussi Linda et Heather, les deux femmes de sa vie : Paul a du c?ur, un c?ur d?artichaut.
D?ailleurs le voilà maintenant seul à la guitare pour un émouvant Blackbird et The Fool On The Hill, un personnage qui lui ressemble un peu quand il s?adresse avec une sincérité désarmante au public. Un public, qui, spontanément se met à chanter Give Peace A Chance. Puis c?est Eleanor Rigby et Michelle?.
Mais Paul n?est pas qu?un balladin. La preuve avec un pugnace Band On The Run. Et ce sifflement de réacteur, bon sang, mais c?est bien sur? Back In The USSR enchaîné avec un Can?t Buy Me Love, et un Live And Let Die pyrotechnique.
Arrive alors Let It Be : les briquets s?allument, ça sent la fin de la veillée, qui culmine dans le bonheur et l?extase avec Hey Jude. Debout, bras levés, le public se mire dans les miroirs géants qu?on lui tend.
Définitivement de retour dans les année 60, ce royaume perdu des lendemains qui chantent. En rappel, The Long And Winding Road, Lady Madonna et I Saw Her Standing There. Et enfin Yesterday et un zeste de Sgt Pepper, pour s?y croire tout à fait.
