Procès médiatique à New York: la veuve de John Lennon accuse son ancien assistant d’avoir dérobé des documents à l’ex-Beatles assassiné. La justice avait pourtant déjà sommé le voleur de les rendre en 1983.
C’est «le» procès du moment à New York: Yoko Ono, 69 ans, accuse son ancien assistant d’avoir volé de nombreuses cassettes vidéo, photographies et notes manuscrites, du temps où il travaillait aux côtés de Yoko et de son époux John Lennon.
Les traits tirés, accompagnée de son fils Sean, Yoko Ono reproche à Frederic Seaman, 49 ans, de ne pas lui avoir rendu les objets subtilisés entre 1979 et 1982, période pendant laquelle il assista le couple mythique. Déjà poursuivi en justice par Yoko Ono, Seaman avait alors reconnu les vols et écopé d’une mise à l’épreuve, à condition qu’il rende tout.
C’était en 1983, et Yoko Ono attend toujours de récupérer les droits des 374 photos prises par Seaman de la famille Lennon, ainsi que des vidéos ou encore les 75.000 dollars provenant de la vente de manuscrits de l’ex-Beatles, notamment des lettres adressées à Paul McCartney ou Eric Clapton…
Sordide et poignante, l’audience, qui se tient au tribunal fédéral de Manhattan depuis lundi, attire une foule de photographes et de curieux. Au cours des débats, le public a assisté à la diffusion d’enregistrements inédits. Comme cette vidéo, tournée quelques mois avant l’assassinat de John: en vacances, non loin de New York avec Yoko et Sean, Lennon, en train de filmer la mer, murmure ces mots à la caméra: «C’est mieux là-dedans que dans la vraie vie; l’eau y est plus bleue.»
Quelques mois après l’assassinat de John Lennon, en 1981, à la sortie de son appartement new-yorkais, Seaman avait été viré par Yoko: elle l’avait surpris portant les habits de l’ex-Beatles…
Voleur? Seaman nie presque tout. Affirme qu’il était l’ami de Yoko, que la veuve Lennon avait bien, après tout, autorisé un autre assistant à vendre des documents, ou encore que ces photos, finalement, lui appartiennent. Mais les lettres? De vrais trésors. Dans celle adressée à Clapton, Lennon propose au guitariste de rejoindre le Plastic Ono Band (le groupe de Yoko) pour une tournée à Tahiti, à bord d’un navire de croisière. Mais, précise Lennon, «pas une tournée comme avec les Beatles, où c’était une vraie torture nuit après nuit». Non, du grand, du luxe…
Quand il écrivit à son ancien comparse McCartney, Lennon était d’humeur plus belliqueuse. Aigre. «J’espère, écrit-il, que tu réalises quelles saloperies toi et le reste de mes amis égoïstes avez faites à Yoko et moi depuis que nous sommes ensemble.» Plus loin, il note: «Je n’ai pas honte des Beatles, mais de la merde que nous avons prise pour rendre le groupe si énorme. (…) Penses-tu vraiment que la plupart de l’art né aujourd’hui découle des Beatles? Je ne peux pas croire que tu sois si aveugle, Paul. Quand tu cesseras d’y croire, tu pourras te réveiller… Bien sûr que nous avons changé le monde. Mais essaie de continuer! Laisse tomber tes disques d’or et vas-y!»
