Norwegian Wood (This Bird Has Flown) : Les Beatles : paroles, traduction, histoire...

Norwegian Wood (This Bird Has Flown)

« Norwegian Wood (This Bird Has Flown) »: Une Chanson Folk-Rock Expérimentale des Beatles

« Norwegian Wood (This Bird Has Flown) » est une chanson des Beatles écrite par John Lennon, avec une contribution significative de Paul McCartney, bien que créditée à Lennon-McCartney. Elle figure sur leur album Rubber Soul, sorti en 1965. « Norwegian Wood » est souvent considérée comme l’une des premières incursions des Beatles dans des sonorités plus expérimentales et orientales, marquée par l’utilisation innovante du sitar par George Harrison. La chanson explore des thèmes de mystère, d’amour non conventionnel, et de réflexion personnelle, capturant un mélange unique de folk-rock et de psychédélisme qui annonce les explorations musicales plus avant-gardistes du groupe dans les années suivantes.

L’histoire et la genèse de « Norwegian Wood »

« Norwegian Wood » a été écrite principalement par John Lennon en 1965, pendant une période où les Beatles cherchaient à se distancier de leur image de « boys band » et à explorer des thèmes plus sophistiqués et des styles musicaux plus complexes. Lennon a écrit la chanson à propos d’une rencontre extraconjugale, bien que les détails exacts et l’inspiration restent ambigus. L’utilisation du terme « Norwegian Wood » dans la chanson a souvent été interprétée comme une référence à la mode intérieure bon marché de l’époque, symbolisant le décor moderne et impersonnel de l’appartement de la femme dans l’histoire. McCartney a contribué aux paroles, notamment à la fin surprenante de la chanson, où le narrateur incendie la maison de la femme en raison de sa frustration.

« Norwegian Wood » est l’une des premières chansons pop à intégrer le sitar, un instrument de musique traditionnel indien, joué par George Harrison. Harrison avait découvert le sitar grâce à son intérêt croissant pour la musique et la culture indiennes, notamment après avoir rencontré le virtuose du sitar Ravi Shankar. L’inclusion du sitar a marqué un tournant significatif dans l’évolution musicale des Beatles, introduisant des influences orientales dans le rock occidental et préfigurant les explorations psychédéliques du groupe dans des albums ultérieurs.

L’enregistrement et la production

« Norwegian Wood » a été enregistrée par les Beatles les 12 et 21 octobre 1965 aux studios EMI d’Abbey Road à Londres, sous la direction de George Martin. L’enregistrement de la chanson a été marqué par une approche acoustique et expérimentale, avec un accent sur les arrangements folk-rock et l’incorporation du sitar pour créer une atmosphère unique.

John Lennon prend la voix principale sur « Norwegian Wood, » et sa performance est souvent saluée pour sa subtilité et son ton détaché. La voix de Lennon, douce et légèrement détachée, correspond parfaitement au ton énigmatique de la chanson, capturant l’émotion de mystère et de confusion exprimée dans les paroles. Paul McCartney fournit des harmonies vocales de soutien, ajoutant une dimension supplémentaire à l’arrangement vocal et renforçant l’atmosphère introspective de la chanson.

Musicalement, « Norwegian Wood » est construite autour d’une progression d’accords folk simple mais efficace, avec un rythme folk-rock doux qui donne à la chanson une sensation de fluidité. La guitare acoustique de Lennon et McCartney crée une texture musicale délicate et mélodique, tandis que la basse subtile de McCartney et la batterie de Ringo Starr, jouée avec des balais sur une caisse claire, fournissent une base rythmique légère mais propulsive. L’élément distinctif de l’arrangement est le sitar joué par George Harrison, qui ajoute une touche exotique et atmosphérique à la chanson, renforçant son ambiance psychédélique et avant-gardiste.

George Martin a choisi une production claire et minimaliste pour « Norwegian Wood, » mettant en valeur les voix, la guitare acoustique, et le sitar tout en capturant l’esprit expérimental et introspectif du groupe. L’utilisation subtile de la réverbération ajoute une dimension d’espace et de profondeur à l’enregistrement, renforçant l’émotion brute de la performance vocale et instrumentale.

La publication et la réception

« Norwegian Wood » a été incluse sur l’album Rubber Soul, sorti le 3 décembre 1965 au Royaume-Uni et aux États-Unis. Bien que la chanson n’ait pas été publiée en tant que single, elle est rapidement devenue l’une des chansons les plus emblématiques de l’album et une favorite parmi les fans des Beatles. Rubber Soul a été acclamé par la critique pour sa maturité et son innovation musicale, marquant une étape clé dans l’évolution du groupe vers des compositions plus sophistiquées et expérimentales.

Les critiques de l’époque ont salué « Norwegian Wood » pour son approche innovante et son utilisation pionnière du sitar, reconnaissant la capacité des Beatles à repousser les limites de la musique pop et à intégrer des influences de cultures diverses. La chanson a été reconnue comme un excellent exemple de l’évolution de Lennon et McCartney en tant que songwriters, montrant leur volonté d’explorer de nouveaux territoires musicaux et lyriques.

La signification et le style de la chanson

« Norwegian Wood » explore des thèmes de mystère, de désir non conventionnel, et de réflexion personnelle, exprimant un sentiment de curiosité et de confusion face à des expériences amoureuses ambiguës. Les paroles, bien que cryptiques, sont efficaces pour transmettre un sentiment d’intrigue et de mélancolie, capturant l’essence de la découverte de soi et de l’énigme émotionnelle. Ce thème est renforcé par la mélodie douce et le rythme folk-rock de la chanson, qui ajoutent une dimension de calme et de contemplation à l’ensemble.

Musicalement, la chanson est notable pour son utilisation innovante du sitar et de motifs rythmiques folk, créant un son riche et engageant qui est à la fois exotique et apaisant. L’influence de la musique indienne et folk est évidente dans la structure harmonique de la chanson, mais les Beatles y ajoutent leur propre sensibilité britannique, créant un morceau unique qui se démarque dans leur catalogue.

Le passage à la postérité

Aujourd’hui, « Norwegian Wood » est largement reconnue comme l’une des chansons les plus importantes et innovantes des Beatles, exemplifiant leur capacité à repousser les limites de la musique pop et à explorer de nouveaux sons et idées. Elle est célébrée pour son utilisation pionnière du sitar, son ambiance introspective, et son interprétation vocale subtile de John Lennon, qui capturent parfaitement l’esprit des Beatles à une époque de transition vers des thèmes plus adultes et plus nuancés.

La chanson continue d’être revisitée par les fans et les musiciens comme un exemple de l’innovation musicale des Beatles et de leur capacité à intégrer des influences culturelles variées. Elle est également reconnue pour son rôle dans l’évolution musicale du groupe, montrant leur volonté d’explorer de nouveaux styles et idées tout en restant fidèles à leur style unique.

En conclusion, « Norwegian Wood » est bien plus qu’une simple chanson folk-rock; elle est une démonstration de la croissance des Beatles en tant qu’artistes, capables de capturer l’esprit de la découverte personnelle et du mystère tout en explorant des thèmes plus adultes et plus introspectifs. La chanson reste une pièce maîtresse de leur héritage musical, capable de captiver et d’inspirer des générations d’auditeurs avec son style harmonique innovant, son énergie brute, et sa capacité à capturer l’essence de la curiosité émotionnelle et de la découverte de soi.

 

Information sur la chanson : 

  • Crédits : Lennon / McCartney
  • Durée : 2:05
  • Producteur : George Martin
  • Ingénieur : Norman Smith, Ken Scott, Ron Pender

Les paroles de la chanson

I once had a Girl, or should I say, she once had me
She showed me her room, isn’t it good, norwegian wood ?

She asked me to stay and she told me to sit anywhere
So I looked around and I noticed there wasn’t a chair

I sat on a rug, binding my time, drinking her wine
We talked until two and then she said, « It’s time for bed »

She told me she worked in the moring and started to laugh
I told her I didn’t and crawled off to sleep in the bath

And when I awoke I was alone, this bird had flown
So I lit a fire, isn’t it good, norwegian wood

La traduction française de la chanson

J’ai eu une fille un jour, ou devrais-je dire, elle m’a eu un jour
Elle m’a montré sa chambre, n’est-ce pas, du bois norvégien ?
Elle m’a demandé de rester et m’a dit de m’asseoir n’importe où.
J’ai regardé autour de moi et j’ai remarqué qu’il n’y avait pas de chaise.
Je me suis assis sur un tapis, j’ai pris mon temps, j’ai bu son vin.
Nous avons parlé jusqu’à deux heures, puis elle m’a dit : « Il est temps d’aller au lit ».
Elle m’a dit qu’elle travaillait le matin et s’est mise à rire.
Je lui ai dit que ce n’était pas le cas et j’ai rampé pour dormir dans la baignoire.
Quand je me suis réveillé, j’étais seul, l’oiseau s’était envolé.
Alors j’ai allumé un feu, n’est-ce pas, du bois norvégien ?

Traduit avec DeepL.com (version gratuite)

L’histoire de la chanson

John Lennon écrit Norwegian Wood au mois de février 1965 au cours de vacances à Saint-Moritz, en Suisse. À l’époque, Lennon est le seul membre des Beatles à être marié, mais il n’est pas heureux avec Cynthia Powell, qu’il a épousée en 1962 lorsqu’elle lui annonce qu’elle est enceinte1. Le musicien, dont les admiratrices ne manquent pas, commet ainsi de nombreuses infidélités, et c’est l’une de ces histoires extra-conjugales qu’il conte dans Norwegian Wood. D’après Pete Shotton, un de ses plus intimes amis, la personne dont il est question dans la chanson est une journaliste proche de Lennon1. Toujours officiellement avec Cynthia, ce dernier prend des précautions lors de l’écriture pour que sa femme ne se doute de rien2.
Il débute ainsi son texte par une approche classique : « I once had a girl… » (j’ai eu une fille), avant de se reprendre et de retourner immédiatement la situation : « …or should I say she once had me » (ou plutôt, c’est elle qui m’a eu). Invité à entrer dans son appartement et à s’asseoir, il constate qu’il est meublé en pin de Norvège (Norwegian wood). Voyant qu’il n’y a pas de chaise, il s’assied sur un tapis et patiente avec un verre de vin. Les deux protagonistes passent ensuite le reste du temps à discuter, jusqu’à ce que la fille, qui travaille le lendemain, décide qu’il faut aller se coucher. Lennon se voit obligé de dormir dans la baignoire et, lorsqu’il se réveille, se retrouve seul : « l’oiseau s’est envolé » (« This bird has flown »). La chanson se termine lorsque l’auteur se venge en mettant le feu à l’appartement, avant de conclure : « Isn’t it good, norwegian wood ? » (N’est-ce pas bon, le pin norvégien ?). Dans ce texte où c’est la femme qui a l’initiative, Lennon reste ainsi évasif et ne dit rien sur ce qui s’est probablement réellement passé.
Pour écrire cette chanson, John Lennon s’est inspiré, comme à l’accoutumée, de sa propre  expérience. En plus du thème de l’infidélité, les détails de la chanson ont leur explication : le pin de Norvège est mentionné car il était en vogue dans les années 1960, et le protagoniste doit dormir dans la baignoire car c’est ce que Lennon demandait souvent à ses amis de faire lorsqu’il les hébergeait. Enfin, l’idée de l’incendie de l’appartement est suggérée par Paul McCartney ; elle serait inspirée de l’habitude qu’avait Lennon de brûler des meubles dans la cheminée, lorsqu’il habitait à Liverpool1. Cependant, à l’époque, certains comprennent l’expression utilisée dans la chanson (« I lit a fire ») comme « j’ai allumé un joint », plutôt qu’un incendie.

L’enregistrement de la chanson débute le 12 octobre 1965 à Abbey Road. Initialement, elle est intitulée This Bird Has Flown (cet oiseau s’est envolé). Il ne faut qu’une seule prise pour l’enregistrer, mais, avec les répétitions et l’overdubbing, le travail prend un peu plus de quatre heures. Toutefois, le résultat n’est pas celui escompté par John Lennon et on repart de zéro neuf jours plus tard. Cet après-midi-là, dans le studio 2, le groupe enregistre trois nouvelles prises, chacune étant significativement différente. Sur la première, le sitar domine nettement l’introduction ; basse et batterie sont absentes. La seconde prise est surtout acoustique (deux guitares acoustiques, une basse, et les vocaux de Lennon et Paul McCartney), et voit l’émergence de l’introduction à la guitare de la version finale. Enfin, la dernière prise voit le retour du sitar et constitue le résultat final, que Lennon baptise Norwegian Wood (This Bird Has Flown).

Le sitar fait son apparition dans l’éventail musical des Beatles.
Il s’agit de la première fois que George Harrison joue du sitar sur un disque des Beatles2. Il découvre l’instrument lors du tournage du second film mettant en scène le groupe, Help!, paru fin août 1965. En effet, des musiciens indiens apparaissent lors d’une scène au restaurant et Harrison a l’occasion d’essayer l’instrument. Toutefois, le déclic survient véritablement lorsqu’il écoute pour la première fois la musique de Ravi Shankar, grand joueur de sitar et dont tout le monde lui parlait alors2. Harrison se procure donc un sitar, quoique de piètre qualité, dans un magasin d’Oxford Street. Quant au choix de l’utiliser dans Norwegian Wood : « D’habitude on commençait à fureter dans le placard pour voir si on dénichait quelque chose, un nouveau son, et j’ai pris le sitar […] Je n’avais pas réfléchi à ce que j’allais faire avec. Ça a été très spontané. »
À ce moment-là, George Harrison est toujours en apprentissage et ne maîtrise pas encore parfaitement l’instrument, en témoignent les différents essais qu’il fait tout au long de l’enregistrement. Ainsi, les deux premières prises8 sont complètement dominées par le sitar, qui est omniprésent et comble tous les trous. Quelqu’un constate le problème et la troisième prise est enregistrée sans l’instrument. Finalement, le dosage recherché est obtenu à la quatrième et dernière tentative, qui sera retenue pour la publication.
Par ailleurs, l’enregistrement de l’instrument a posé quelques difficultés à l’équipe technique, l’ingénieur Norman Smith expliquant qu’il a été difficile d’obtenir un résultat satisfaisant : « C’est très difficile d’enregistrer le sitar parce que cela génère beaucoup de pics pourris, et une forme d’onde très complexe. Les aiguilles partaient droit dans le rouge, en distorsion, et nous n’obtenions pas un son correct. J’aurais pu utiliser un limiteur, mais cela aurait fait perdre en qualité sonore. »
Depuis que Harrison a joué du sitar sur Norwegian Wood, la presse fait tout pour organiser une rencontre avec Ravi Shankar. Finalement, le Beatle lui rendra visite en Inde et prendra même des leçons de sitar, au cours d’un séjour de six semaines en septembre 1966. Par la suite, Harrison ne se départira plus de son intérêt pour la culture de ce pays, et son influence s’immiscera rapidement dans nombre de ses chansons, comme Love You To et Within You Without You.

Musiciens ayant participé à l’enregistrement

Paul McCartney : choeurs, basse
John Lennon : voix principale, guitare rythmique
George Harrison : sitar
Ringo Starr : tambourin, batterie

L’enregistrement de la chanson

12 Octobre 1965 : enregistrement de la prise 1
21 Octobre 1965 : enregistrement des prises 2, 3, 4, 5 (chacune des prises sont complètes et différentes)
Version finale : prise 4.

Les reprises de cette chanson par d’autres artistes

Alan Copeland, Austria Pop Symphony Orchestra, Bangor Flying Circus, Beto Guedes And Milton Nascimento, Bryan Hyland, Buddy Rich, Charlie Byrd, Cornershop , Count Basie, Electric Love Muffin, F Marino And Mahagony Rush ,Frugal Sound, Gary Burton, Herbie Hancock, Hour Glass, Hugh Masakela, Jan And Dean, Johnny Keating, Les Boreades, P.M. Dawn, Paul Horn Quartet, Peter Walker, Sergio Mendes And Brazil 66, Stone, The Charles River Valley Boys, he Hollyridge Strings, The Kingston Trio, Tony Purrone Trio, Vicki Carr, Victor Wooten

La contribution de chacun des Beatles

Paul McCartney : 80 % / John Lennon : 20 %

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