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Au milieu des années 60, le Spencer Davis Group, formé à l’initiative du guitariste-chanteur Spencer Davis, a préféré suivre la voie des Rolling Stones plutôt que celle des Beatles, apportant ainsi sa pierre à l’édifice du blues-rock et de la « blue eyed soul ». Cette réédition des premiers enregistrements de la formation de Birmingham, enrichie de bonus tracks (parmi lesquels l’excellent « High Me Baby ») et d’un texte en tout point passionnant rédigé par les musiciens eux-mêmes, en témoigne : dès le début, le succès du groupe a reposé sur les épaules de Steve Winwood. C’est lui, en effet, qui a donné au SDG cette couleur musicale si particulière, cet orgue solennel qui renvoyait à l’univers du gospel et cette voix grave et chaude qui n’était pas sans évoquer Ray Charles. En plus de la chanson-titre et de « Keep On Running », deux des hits emblématiques du Spencer Davis Group, « It Hurts Me To » et « Somebody Help Me » (au total 20 morceaux) font de Gimme Some Lovin’ un moment privilégié du rock anglais des sixties. À ne manquer sous aucun prétexte ! –Philippe Margotin
Critique
Dans l’anarchie totale qui régnait au sein de l’édition musicale dans les années soixante (chaque pays se réservant des couplages de titres et des illustrations de pochettes personnalisés), Gimme Some Lovin’, premier album du groupe à déferler sur le marché américain, et compilation des enregistrements précédemment édités en Grande-Bretagne, permet, autant que faire se peut, à la poule du rhythm and blues britannique d’y retrouver ses petits.
Ainsi, quatre des hits majeurs du groupe (« Keep On Running », « Somebody Help Me », « Gimme Some Lovin’ » et « When I Come Home ») figurent au programme, accompagnés d’emprunts au répertoire d’Ike and Tina Turner (« It’s Gonna Work Out Fine »), ou Ray Charles (« Drown In My Own Tears »), et d’instrumentaux parfaitement dispensables.
Mais la plus belle chanson du lot n’est pas un hit : dans « Nobody Knows You When You’re Down And Out », Stevie Winwood démontre, si besoin était, quel immense chanteur il est, et quel moteur il offre à des copains, musiciens sympathiques certes, mais pas illuminés par le génie. En creux, la performance laisse entendre que le groupe ne résisterait pas au départ de son prodige. Ce sera le cas.
Gimme Some Lovin’ connaîtra un parcours tout à fait digne dans les charts américains (54ème), initiant de belle manière une triomphale tournée du groupe.
Christian Larrède – Copyright 2019 Music Story















