The Fireman

LES STÉRÉOTYPES

PAUL MCCARTNEY : LE GENTIL

Paul McCartney a plusieurs surnoms qui sont autant d’images et de traits de caractères renvoyés avec facilité. Paulo, devenu Macca de nos jours est le plus usité. Vous savez, c’est le gentil beatle qui avait eu la bonne idée de se faire comme copain le très méchant John Lennon. C’est celui qui fait se gausser la presse rock depuis près de 37 ans et qui a acquis tour à tour la notoriété d’hippie culotté amateur de LSD, de dictateur stalinien avec ses copains très méchants en studio, de compositeur de Love Songs sirupeuses ou de contre exemples hargneux. On lui accole aussi volontiers l’étiquette du joufflu sympathique, empreint d’une nostalgie indéboulonnable puisqu’il a toujours l’air de croire à une reformation des scarabées, fût ce virtuelle. Gentleman farmer, père de famille consciencieux, il a même épousé une Photographe copine avec plein de rock stars aujourd’hui mythiques et disparues. Elle s’est mise au piano avec monsieur mais on la dit incapable de jouer le moindre accord sans se référer à un mémento pratique. Madame a converti monsieur au végétarisme et à la protection des animaux. Monsieur est écologiste ; madame est plus radicale. Bref une mélodie du bonheur qui se fait un devoir de poindre sur chaque opus depuis 1970 ( et qui parfois suffit à cataloguer l’auteur-compositeur de Yesterday).

Et vous savez quoi ? eh bien ce personnage a récemment été anobli par la couronne et il faut l’appeler Sir depuis le 1er janvier 1997. En même temps il s’est assagi pour ne composer que des symphonies, des oratorios et des concertos pour piano. II pose avec la reine ou avec Lady Diana mais il abhorre toute appartenance à une quelconque Jet set. Mais çà ne l’empêche pas de prendre des airs distingués et moralisateurs très politically correct. Pour pimenter un peu ce tableau, il crache souvent sur la canonisation artistique et intellectuelle de son meilleur copain très méchant. En plus, comme c’est un homme important, sa maison d’enfance est classée monument historique. II vient de rejoindre le panthéon du rock où son statut de légende vivante est soigneusement entretenu. Il apparaît mièvre dans The Mirror et renvoie régulièrement le teint d’un père ému, qui sort de la Tour d’Argent après chaque défilé parisien de sa fille adorée. Alors forcément, il est un peu ennuyeux sur les bords et ils sort des blagues pour contrebalancer son classicisme imbuvable. Et les mêmes rires, francs ou flûtés, parsèment son passage. Parce que, quand même quelques restes de Beatlemania à retardement, çà vous régénère même si çà vous hérisse parfois le John Lennon.

Donc il est riche bien sûr : 39 disques d’or, voilà donc de solides dividendes assurés jusqu’à l’âge de 64 ans au moins. Mais qu’on s’entende bien, pour la redistribution, c’est les copains d’abord. Et là je ne parle pas des très méchants mais du lion de la savane ou du bébé phoque de l’Océan glacial Arctique. Ensuite, comme il reste plein de sous, il faut que le message de paix pour les bêtes passe. Vous avez donc à votre disposition les acharnés de PETA et des exercices pratiques soutenus par une vaste gamme de produits frais surgelés, sans viande, estampillés « Lovely Linda » et désormais sans GMO. Bien sûr c’est indigeste si vos préférez l’odeur des champs de fraises, de la tarte au miel, des marshmallows ou des mandariniers. Si vous n’êtes pas contents, rien ne vous empêche de manger des pommes.

PAUL MCCARTNEY : LE MÉCHANT

Mais cet homme est issu d’un milieu très modeste. D’ailleurs il est toujours jaloux de son meilleur copain très méchant qui vivait confortablement dans un pavillon alors que lui s’entassait dans un coron avec son frère et son père, devenu veuf. Aussi désire t il ne pas donner à ses enfants une éducation de gosses de riches puants et déphasés. L’argent de poche est contrôlé ; les 4 rejetons partagent la même chambre où les vêtements servent plusieurs fois. Papa et maman les accompagnent à l’école du village tous les matins en voiture et sans chauffeur. Le week end, tout ce joyeux monde sort au pub du coin et termine la soirée au dancing plutôt que dans les hôtels huppés londonien. Pour les vacances, direction l’Ecosse ou la Jamaïque (mais discrètement SVP). A Waterfalls, on vit entourés de moutons frêles et innocents dans des champs ou rien de rutilant ne transparaît. La boîte à musique est ailleurs planquée à l’abri des regards dans une colline (Hog Hill) où l’on ne croise plus aucun fou rêveur galopant de crêtes en crêtes au gré de ses hallucinations.

Ca vous va ? Non ? Je vous comprends ! Il n’est pas gentil tous les jours. II est même très radin avec ses musiciens chevelus. Son groupe n’a pas toujours pris l’envol escompté et il ne s’est pas gêné pour en incomber la faute à ses flagorneurs. Il fume du haschisch, comme un pompier serait on tentés de dire. II prône la légalisation de la dite substance ce qui lui vaux de très médiatiques arrestations en Suède, à LA à la Barbade et au Japon. Il a d’ailleurs croupi 10 jours dans une cellule du pays du Soleil Levant avec des geôliers qui l’obligeaient à fredonner Yesterday en boucle et qui lui forçaient à ingurgiter des algues au petit déjeuner. Mais bon, à la rigueur pour un végétarien, çà passe. En plus, c’est la copine du copain très méchant qui a fayoté à la douane ; comme en plus elle a réussi à occire les scarabées et à traiter l’ex prisonnier de Salieri, Paulo la traite de tous les noms possibles et imaginables. A 60 ans, vous rendez vous compte ? A l’heure actuelle il ne traîne plus avec elle mais préfère choquer sa galerie en s’appropriant la compagnie de Prodigy, Marilyn Manson ou des Smashing Pumpkins quitte à asséner quelques quolibets bien sentis à Apple, le fruit de sa création.

Ah oui il faut qu’on vous explique. Adam et Eve, vous connaissez ? Et bien un jour, le serpent jaunâtre leur a suggéré de croquer le fruit interdit et depuis tout a pourri entre eux. Maintenant, ne me demandez pas qui est Adam dans l’histoire. D’ailleurs pour en revenir à notre gaucher susmentionné, il faut savoir qu’il ne se promène plus pieds nus. D’ailleurs, la perte de ses espadrilles a préfiguré son décès puisque désormais il s’est accoutumé aux charentaises. Il avait le visage émacié et pour garder son visage poupon, il s’offre de coûteux liftings avec des électrodes qui ne parviennent plus à faire saillir sa pomme d’Adam.

Et comment réagit il quand on lui écrit tout çà ? Par des It’s Not True qui ne tiennent pas la route. II ne les lit pas et n’a pas que çà à faire. Il a un emploi du temps surchargé au sein de ses luxueux bureaux de Soho Square. Et sa femme ? Elle a laissé dire mais elle préparait sa contre attaque. Elle sera acerbe et post mortem. Mais censurée (ouf !) ce qui rendit Sir Paul furax et les critiques rock hilares quoique dérangés (tant de vulgarité concentrée en 7 minutes de single, c’est inhabituel). Dear (Juris)prudence, Won’t You Come Out To Play ?

J’espère vous avoir baigné dans une solution de stéréotypes très simples et bien concentrée. Des clichés de rigueur qui rivalisent de superficialité dans la plupart des tabloïds ou dans certains renoms de la presse musicale Vous avez le droit de vous contenter de çà ; libre à vous. Si l’autre côté du miroir vous fascine : osez le franchir.

PAUL MCCARTNEY ET LA MUSIQUE « UNDERGROUND »

LA DÉCOUVERTE

Blackbird ! Voici le mot qui pourrait résumer au mieux la personnalité étrange de Paul. Un animal au caractère changeant, ambigu (donc indomptable) et que la cigarette (sans filtre s’il vous plaît !) a contribué à façonner de longue date. C’est d’ailleurs après un fameux concert des Beatles à Washington en 1964 que les Beatles rencontrent un joyeux troubadour à l’harmonica : Bob Dylan. Dans leur suite, ils essaient des « Jazz cigarettes » qui laisseront à tous des lésions irréversibles. Leur consommation crût de façon exponentielle en même temps que l’infinie courbe ascendante de leur virtuosité sonore. Non seulement le jeu de guitare est

constamment innovateur (et là on fait que citer John Lennon) mais il s’adjoint la compagnie inattendue d’instruments exotiques et d’orchestrations Martiniennes.

Paul réalise un beau jour de 1966 que les tournées harassantes du groupe ne perdureront plus. Vaguement déprimé, il se réfugie dans le Swinging London et découvre alors des sonorités étranges alors que son pote très méchant joue au guerrier en Espagne. II avait déjà émis l’utilisation de bruits dans son Sous marin jaune. II avait même un jour essayé de distendre des bandes magnétiques et à les passer dans tous les sens. Le titre parlait de la pluie et du beau temps . John fut finalement convaincu que cette pluie (Rain pour ceux qui ne comprendraient pas) serait autrement plus étonnante avec ses instruments inversés. Et ce qui n’était qu’un bricolage sonore de Paul devient un instrument de musique à part entière. Pour la première fois, cymbales et guitares sont entendues à l’envers.

Nous ne sommes pourtant qu’à l’ère du studio 4 pistes où les seuls instruments farfelus et futuristes restent le melotron et le moog, ancêtres du synthétiseur. Déjà, dans les banlieues de Londres, dans les faubourgs parisiens et sur la Côte Ouest, des jeunes gens ambitieux ( Roger Waters, Brian Eno, Phillip Glass, Pierre Henry…) exploitent ce formidable coffret à merveilles polyphoniques.

LES BEATLES

Ces prémices de la musique électronique, quoique confinés, restent l’apanage de quelques rares initiés mais titillent la curiosité musicale boulimique de John et Paul. Avec une curiosité d’enfants, ils explorent à loisir les possibilités sonores de ces instruments pour faire émerger les flûtes de Strawberry Fields Forever magnifiquement jouées par Paul. Et les instruments de passer encore à l’envers pour notre plus grand bonheur et celui des amateurs de messages à décrypter.

Pourtant Paul avait quand même une longueur d’avance. II enregistra un jour des parties de guitare, d’orgues, de percussions et de bruitages sur bande magnétique. Chaque échantillon sonore est ensuite soit dupliqué, soit déformé ou le deux, puis réassemblé en un joyeux chaos sonore. Bienvenu au royaume du « sample »qui, avec l’émergence du synthétiseur, annonce une vaste quantité de courants musicaux à venir (de la musique psychédélique à la techno). Le résultat de ses amusements époustouflent John qui souhaite conserver l’intégralité du maelstrôm (revu et corrigé) sur Tomorrow Never Knows Et pour ajouter à l’ambiance tibétaine du titre, Geoff Emerick trafique les aigus de la voix de John tandis que passent en boucle la mixture sonore, la batterie obsédante de Ringo et la guitare torturée de George. John est sous le choc de cette découverte et ne tarde pas à son tour à sampler à outrance tout ce qui lui passe sous la main. Mais là encore, il va se faire devancer.

L’électronique n’était alors pour les Beatles qu’un instrument comme un autre et qui conférait des ambiances délirantes sur Revolver. En Janvier 1967, dans des heures de doute et de morosité post beatlemaniaque, Paul redoute toujours la fin des Beatles sur scène. Le groupe devra donc se surpasser en studio. Ces bandes magnétiques qu’il s’était amusé à bricoler tout seul et déjà supplantées par les copies de John lui donnent une idée : Composer le premier morceau de musique avec comme seul support un collage montage de bruits électroniques et échantillonnés. II élabore alors seul un morceau long de 14 minutes qu’il intitule Carnival Of Light mais n’ose pas le sortir officiellement. II ne sera diffusé qu’à l’occasion d’une obscure pièce de théâtre jouée à Londres au London Roundhouse Theater. Cette pièce toujours méconnue du grand public reste sans doute le dernier inédit enregistré au temps des Beatles.

John et Paul rêvent et inventent des chansons qui vont alors considérablement déformer la matrice musicale des années à venir. Ils y ajoutent des touches d’onirisme et de réminiscences liverpudiens sur Penny Lane et Strawberry Fields Forever, un magistral double face A qui n’a toujours pas livré tous ces secrets.

Et la dernière incursion en solo de Paul (RUSHES, sorti en septembre 1998) soutient cette thèse. Penny Lane est un album photo de l’enfance de Paul. Un quartier populaire peuplé de banquiers, d’enfants polissons, de coiffeurs, de bus, de pluie et surtout de pompiers(Vous commencez à voir le rapport avec le titre ?) Retenez donc bien cet extrait : And then the Fireman Rushes in from the pouring Rain, very strange !

Nous sommes donc en 1967. Bien que Paul soit en partie à l’origine de cette gigantesque avancée musicale, il n’aura plus l’occasion de l’exprimer franchement en tant que Beatle. En revanche, John se met à monter des projets délirants qui aujourd’hui en laissent plus d’un rêveur. A l’image des précédents bricolages de Paul, il enregistre une musique de fête foraine et de cirque. II la passe à l’envers, la rehausse de réverbération et découpe sa bande magnétique pour recoller au hasard les morceaux en puzzle désorganisé. Et on obtient le lumineux Being For The Benefit Of Mr Kite Puis c’est un zoo entier qui apparaît sur Good Morning, Good Morning et une émission de radio et de télé sur l’m The Walrus. George Martin se charge d’habiller de cordes majestueuses l’ensemble. George et Ringo ont même l’occasion de s’y initier sur Flying et Blue Jay Way

La luxuriance de l’été de l’amour passe tandis que l’électronique subsiste de manière plus minimaliste sur le TWO VIRGINS (1968) inaudible de John et Yoko et le très discret Electronic Sounds (1969) de George. Lennon abuse désormais du sample et étale ses copiés collés sur le WHITE ALBUM et sur What’s The New Mary Jane. Pas peu fier, il le fait savoir à tous ceux qui s’extasient (à juste titre) devant Revolution n°9 et qui en attribuent le génie à Lennon (toujours à juste titre), occultant par là même l’initiation lancée par Paul un an auparavant. John pousse le vice jusqu’à dire un jour de septembre 1968 que dans 30 ans tout le monde écoutera ce style de musique. Pari Tenu ?

LES WINGS ET LES ANNÉES « SOLO »

1998 : John n’avait pas tort de parler avec prémonition du sample et du synthétiseur mais la scène musicale n’est pas que peuplée de descendants directs de Revolution n°9. Pourtant nombreux sont les groupes de techno qui choisissent de se revendiquer des Scarabées. Prodigy en tête bien sûr qui n’a pas pu user de SGT PEPPERS sur le très réussi DIRTCHAMBERS SESSIONS. On peut encore y ajouter les Chemical brothers ou Massive Attack. Goldie, évangéliste de la jungle, va même jusqu’à affirmer que la basse de McCartney et la batterie de Ringo sur Taxman préfigurent le Drum’n Bass. Un précepte que Roni Size et Aphex Twin (entre autres) ne renieraient sûrement pas.

Et voilà qu’au milieu de ces multiples courants vivifiants resurgit Paul avec ce qui semble être son disque le plus singulier à ce jour : Rushes. Et les critiques d’être dépassés par ce disque ne contenant aucune similitude avec son travail, période Beatles ou solo. Du moins en apparence car dans le coeur des plus attentifs auditeurs et observateurs, une explication reste plausible. Que s’est il donc passé ?

En 1968, Paul fustige John qu’il incrimine d’avoir plagié son Carnival Of Light. Il regrette qu’on attribue au seul John le caractère novateur de ces sons inédits. L’esprit déjà ailleurs, Paul va pourtant adopter un étrange profil bas. Au cours de sa carrière solo, il glissera par interstices des bribes de synthé sur McCARTNEY, Band On The Run, VENUS AND MARS et jusqu’à Back To The Egg sans talent transcendant mais plutôt au service de sa voix et de sa basse. Kraftwerk, Neu et David Bowie l’intriguent mais il n’en retranscrit que de médiocres ersatzs sur Cuff Link par exemple. Un seul maigre indice émerge des années Wings : My Carnaval, It’s A Lovely Day.

Mais en 1979, par un chaud été, Paul retrouve le désir de bricoler en solo et de bidouiller du synthé. Détendu, donc prolifique, il enregistre très vite (trop vite ?) une vingtaine de titres hurluberlus et insensés qui ne devaient jamais voir le jour. Pourtant, après ses déboires japonais, Paul sort le bizarre McCartney II. Ce chiffre accolé au nom est lourd d’interrogations et d’élucubrations. Pour la première fois, le style musical de cet homme orchestre surgit aux antipodes du son Beatles ouWings. C’en est très troublant et l’on voit ainsi éclore une personnalité musicale qui préfigure The Fireman. Pourtant, Paul est encore discret et pudique alors qu’il livre certains de ses meilleurs titres comme Waterfalls, Summer Day’s Song et le très étonnant Check My Machine. Le chiffre 2 semble donc avoir été placé pour supplanter ou détourner l’image habituelle du McCartney médiatique, Beatle, Wings, mari de Linda, ennemi juré de John selon votre choix..

Pourtant, c’est sans doute ce disque qui aux dires des proches de Lennon semble l’avoir ébahi et convaincu de sortir de sa retraite dorée peu avant de décéder. Si Paul se mettait à changer de direction peut être était il temps de s’affirmer. On est certes loin du niveau de Penny Lane et Strawberry Fields Forever, mais en 1980 McCartney II et Double Fantasy résonnent comme des échos où les deux scarabées paraissent mûrs, réfléchis et heureux. Peut être dans ses interviews, John conservait encore les troublantes expérimentations sonores de Paul quand il affirmait par exemple au New Yorker que Paul avait parfois sû se surpasser. Paul ne réagit pas craignant les critiques féroces qui soupçonneraient de vouloir redorer son blason après l’incident japonais de Janvier 1980.

Les années 80 sont terribles pour la classe des années 60. Tous sortent leur pires disques faute de vouloir coller de trop près les boîtes à rythme et les arrangements légers. Paul y laissera toutefois quelques incursions à tenir au rang des curiosités : Press To Play est placé à outrance sous les ordres du dieu synthé. Seul Pretty Little Head surprend agréablement par ses accents Pink Floydiens.

Puis en 1989, Paul s’immerge dans la house rigolote (Où Est Le Soleil ?), le rap familial (Party Party), la dance aérobic délibérée(Good Sign), le reggae synthétique (Rough Ride) , le slow aux multiples chorus (Motor Of Love)et du hard pur et dur (le très réussi The First Stone). Linda fait secrètement de même pou exprimer se convictions avec Cow et The White Coated Man, deux morceaux très crus aux accents de Mike Oldfield.

 

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