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Paul McCartney : l’interview exclusive

INTRODUCTION

Paul McCartney – l’interview Exclusive : En mai dernier, à Londres, Paul McCartney accordait une interview exclusive à Johnny Black. Dans cette dernière, il aborde différents sujets tels que son emploi du temps lorsqu’il ne travaille pas, sa sécurité personnelle, les musiciens de sa tournée 2002-2003, ses relations avec Yoko…

L’INTERVIEW

Johnny Black : Pour débuter cette interview, pourriez-vous nous décrire une journée de Paul McCartney lorsqu’il ne travaille pas ? 
Paul McCartney : 
Je fais partie de ces personnes qui ont plaisir à se lever le matin pour préparer leur petit déjeuner. Que ne ferais-je pas pour mes petits déjeuners ! C’est mon côté Zen. J’adore découper ces ravissantes petites choses exotiques ! Tout d’abord je coupe un melon puis une papaye, des kiwis, des bananes et des pêches. Le tout donne un superbe plateau de fruit. Il y a également du thé et quelques bagels. C’est un petit déjeuner assez copieux et plutôt fantaisiste il faut avouer. Ensuite, il m’arrive de partir en promenade dans le parc avec mon chien ou, si je me trouve à la campagne, de faire une ballade à cheval. J’aime bien également regarder des films. Vous savez, nous avons un petit cinéma très sympa. Nous y allons souvent avec Heather, mais pour « Le Seigneur des Anneaux » je m’y suis rendu tout seul. C’est un film fantastique, je l’ai vraiment adoré.
Johnny Black : Vous pouvez aller au cinéma sans garde du corps, sans être dérangé ? 
Paul McCartney : 
Oui, bien évidemment. Je peux faire tout ce qu’il me plaît sans être dérangé pour autant. Cela a toujours été l’un de mes plaisirs. Vous savez, j’aime bien prendre le métro ou encore le bus. Si je suis à pied et que j’en croise un sur ma route, je suis le premier à monter dedans. Je le faisais déjà dans les années soixante. Le père de George Harrison conduisait les bus et avait du mal à croire que je faisais cela. Il y a quelques jours, dans la rue, j’ai vu un type qui paraissait très inquiet de me voir ainsi sans garde du corps. Mais j’ai toujours fait comme ça. Je me suis même rendu quelque fois à pied aux concerts des Beatles et lorsque que des jeunes filles arrivaient vers moi en hurlant, je prenais l’attitude du grand frère : « Allez, les filles, calmez-vous… ». Je suis plutôt très à l’aise avec ce genre de situation. Sinon, lorsque je ne vais pas au cinéma, je regarde la télévision ou un DVD. J’essaie de planifier mon temps pour ne pas louper « Qui veut gagner des millions » !
Johnny Black : Les personnes qui regardent cette émission ne désirent qu’une chose : devenir millionnaire. Mais pour vous, quel intérêt ? 
Paul McCartney :
 J’aimerais qu’ils deviennent tous millionnaires ! Pour tout vous dire, Heather aimerait beaucoup que nous participions à cette émission en tant que couple. C’est marrant, car nous avons déjà rencontré le présentateur Chris Tarrant et Heather, tellement enthousiaste, lui a dit : « Vous savez, il faut nous faire participer à « Qui veut gagner des millions – spécial célébrités » » qui reverse les fonds à des œuvres de charité, c’est donc une bonne chose… Elle a ajouté : « Je connais toutes les réponses que Paul ne connaît pas et réciproquement ! ». Chris Tarrant a répondu : « Non, vous ne devriez pas venir, ce serait terrible ». En fait, il s’est un peu vexé. C’était une situation vraiment comique parce que l’on s’attendait plutôt à une réaction également enthousiaste. Sinon, en soirée, je prends un verre et je vais me coucher vers 23 heures. Puis, je m’endors et je ronfle ! Parce que, apparemment, je ronfle, mais sans excès tout de même !
Johnny Black : Pour votre tournée actuelle, vous êtes entouré de musiciens plutôt jeunes et énergiques. Parlez-nous de leur « recrutement ».
Paul McCartney : 
Je travaille avec Wix, mon clavier, depuis de nombreuses années. Etant aux Etats-Unis avec David Kahne pour l’enregistrement de l’album Driving Rain, il m’a appelé une dizaine de jours avant la première session : « Tu crois que tu feras du live là-bas ? » . Je lui ai répondu : « Oui, peut-être ». Alors il a continué : « Veux-tu que j’emmène quelques musiciens avec nous au cas où ? ». Bien que je pensais que cela serait plutôt occasionnel, j’ai répondu : « Oui, si tu veux ». Wix a surtout pensé à des musiciens qu’il admirait. Il n’avait jamais travaillé avec Abe Laboriel Jr. Mais il admirait son style. Par contre, il avait déjà joué avec Rusty Anderson. Il aimait avant tout leur jeu, leur attitude et aussi le fait qu’il puisse chanter en même tant. Un matin, je les ai rencontrés et nous avons immédiatement enregistrer mon album… en live. Pour notre prestation au Superbowl, nous avons eu besoins d’un second guitariste. J’ai alors demandé à David Khane s’il avait une idée. Et il a lancé le nom de Brian Ray qui s’est adapté très rapidement.
Johnny Black : A votre avis, qu’attendent de vous les gens qui assistent à vos concerts ? 
Paul McCartney :
 J’essaie d’établir un juste milieu dans mon répertoire entre les chansons des Beatles, celles des Wings et mes compositions en solo. Je ne veux pas faire un concert entièrement consacré aux chansons des Beatles mais cela ne me gêne pas de présenter au public mes chansons les plus populaires. Et je dois vous dire que je serais très déçu si, par exemple, j’allais voir le groupe Coldplay en concert et qu’ils n’interprètent pas Yellow ! Il faut toujours répéter afin de conserver une certaine fraîcheur mais parfois, quelques modifications peuvent intervenir dans les décors ou les jeux de lumières. Et à chaque fois, je rajoute une ou deux chansons au répertoire, ce qui le rallonge encore.
Johnny Black : Au sein des Beatles, vous étiez souvent celui qui n’hésitait pas à s’arrêter dans un pub pour y jouer des chansons… 
Paul McCartney :
 Un jour, en revenant de Bradford sur Londres avec Derek Taylor, on s’est arrêté dans une petite ville appelée Harrold. Nous avons fait ouvrir un café spécialement pour nous. Nous avons bu un verre et comme il y avait un piano j’ai joué Let It Be. J’adore cela. S’il y avait un piano à proximité, il me serait très difficile de m’asseoir et de me contenter uniquement de le regarder. En toute naïveté, c’est un instrument que tu vas approcher et faire sonner, juste pour savoir s’il est accordé. Ce n’est pas particulièrement dû au désir de me produire mais plus par mon amour de la musique en général. J’aime le piano, ça c’est un fait, mais il n’y a pas mieux que la guitare.
Johnny Black : Votre tout premier instrument était une trompette, je crois… 
Paul McCartney :
 C’est ce que je désirais, en effet. Mon père jouait de la trompette et j’ai voulu faire comme lui. Mais lorsque j’ai réalisé qu’il m’était impossible de jouer de la trompette et de chanter en même temps, je lui en ai parlé. Il m’a dit que cela ne le dérangeait absolument pas et qu’il m’échangerait la trompette contre une guitare. J’aurai pensé qu’il serait un peu vexé, mais pas du tout ! Cela lui était égal.
++++
 Johnny Black : Lors de votre interprétation de Lady Madonna, en concert, vous diffusez des icônes féminines sur écrans géants…
Paul McCartney : Initialement nous voulions y mettre Madonna. Finalement, j’ai trouvé que cela paraissait trop évident. On m’a alors demandé par qui je souhaitais la remplacer et j’ai répondu : « la Reine Mère ! ». C’était deux semaines avant sa disparition. C’est ainsi, qu’au début de la tournée, les gens ont cru que l’on avait voulu lui rendre hommage.
Johnny Black : Je n’ai pas remarqué la présence de Yoko Ono dans cette galerie de portraits, vos rapports sont-ils toujours aussi tendus ?
Paul McCartney : C’est ce que pense encore la plupart des gens, mais mes relations avec elles ne sont pas particulièrement mauvaises. Nous nous écrivons à Noël. C‘est un peu comme une lointaine relation.
Johnny Black : Vous vous êtes quand même bien querellés concernant les crédits « Lennon-McCartney » ?
Paul McCartney : Non, il n’y a pas eu de querelle, hormis pour une de mes compositions comme Hey Jude ou Yesterday, que John me reconnaissait publiquement – et plus particulièrement dans l’interview qu’il avait accordé au journal Playboy où il faisait état de ses propres compositions et des miennes -, nous avions conclu que mon nom serait mentionné en premier. C’est vrai que cela me rendait vraiment très heureux. Mais très honnêtement, cela ne me contrarie pas plus que ça. C’est la presse qui s’est chargée de l’ampleur prise par cette histoire. Cela me rend stupide, on doit se dire : « Mais que cherche-t-il encore ? » Alors que ce que je demande est vraiment peu de chose. En revanche, ce sont plutôt les dénominations commerciales qui me gênent. C’est un sujet d’une telle complexité que et dé teste l’aborder. Par exemple : je lisais une anthologie de la poésie où Blackbird est attribué à « John Lennon & Paul McCartney ». Il faut savoir que John n’a rien à voir avec ce texte, de surcroît lorsqu’il est extrait de sa partie musicale et qu’il figure sur un ouvrage de poésie. Je pense qu’il serait plus juste de d’intégrer Blackbird dans un livre de poésie avec mon nom à côté, tout comme il serait logique d’enlever ce dernier à côté de Give Peace A Chance. C’est un hymne que John a composé entièrement seul. Il s’agit simplement d’une requête que j’ai adressée à Yoko.
Johnny Black : Croyez-vous que tout cela importe plus aux gens qu’à vous-même ?
Paul McCartney : Je crois surtout que les gens n’en ont rien à faire !
Johnny Black : Alistair Taylor qui a longtemps travaillé à vos côtés chez Apple, m’a pourtant dit qu’il était gêné par le fait que vous vouliez changer les crédits des chansons et, qu’il y a de nombreuses années, vous auriez conclut un accord avec John comme quoi toutes vos compositions porteraient le crédit « Lennon-McCartney »…
Paul McCartney : Bon. Tout d’abord Alistair Taylor n’était aucunement présent lorsque John et moi avons passé cet accord ! C’est vraiment très sympa ces gens qui font état de leurs propres opinions, mais écoutez ce que j’ai à dire maintenant et croyez-moi, c’est la vérité. Cela s’est passé à Hilly House juste au-dessus d’un gars qui vendait des tapis dans Albemarle Street, il y avait Brian Epstein, John et moi. Nous sommes entrés et ils ont dit : « on va les créditer Lennon-McCartney », alors j’ai répondu : « Et pourquoi pas McCartney-Lennon ? ». Ils m’ont répondu : « Cela sonne mieux Lennon-McCartney ». Je m’y suis alors résigné. : « D’accord, c’est un fait, mais ce serait honnête à mon égard d’en créditer certaines McCartney-Lennon ». C’est alors qu’ils m’ont signifié, la main sur le cœur et en me donnant leur parole, que l’on pourrait faire évoluer cet accord et changer ponctuellement les crédits que l’on souhaiterait afin qu’il y ait une juste équité. Il n’y avait que nous trois dans cette pièce et depuis Brian et John ont disparu. Je n’ai que la preuve de ma bonne foi. Tout a réellement commencé il y a plusieurs années. C’était à l’époque de la sortie de l’Anthology des Beatles. Linda venait d’apprendre qu’elle était atteinte d’un cancer. Nous avons alors appeler maintes fois Yoko Ono pour faire modifier le crédit d’une seule chanson : Yesterday. Je ne compte pas les heures passées avec elle au téléphone. Toute cette histoire de crédits prend sa source ici. Désormais, il faut me résigner parce qu’en fait cela n’a plus guère d’important, hormis peut-être pour le crédit de Blackbird dont je reste convaincu qu’il n’est pas équitable. Mais il faut bien vivre avec. J’ai reçu des lettres de protestation parce que certains pensaient que je tentais de ruiner la réputation de John. Ce qui est pourtant bien loin d’être le cas !

 Johnny Black : Dans une interview, Yoko a déclaré que tout n’était pas si sombre durant l’enregistrement de l’Album Blanc et qu’il y avait eu « des moments de lumière ». Vous en souvenez-vous ? 
Paul McCartney :
 Bien sûr. C’est entièrement vrai. Nous n’aurions jamais pu faire un album si tout s’était passé aussi mal que certains ont voulu le faire croire. Nous avons eu beaucoup de bon temps mais comme la mésentente s’installait entre les Beatles, tout le monde ne voulait entendre parler que de ça. Pourtant, même à cette époque, tout n’était pas aussi noir que cela. Nous étions avant tout de bons amis et les périodes où nous étions en désaccord ne représente qu’une infime partie de tout ce que nous avons vécu ensemble. Et c’est cela qui a en fait alimenté le débat car, quoi qu’il advienne, le résultat était identique aux yeux du grand public : un divorce. Lors d’un divorce devant le juge, vous ne dites pas : « Oh, elle était merveilleuse. En fait, elle est fabuleuse et je suis vraiment désolé d’en arriver au divorce ». C’est un peu ce qui nous est arrivé. Les circonstances nous ont amené à parler de choses qui fâchent. Je souhaitais surtout poursuivre Allen Klein mais je ne le pouvais pas. L’unique moyen pour moi de sortir de tout cela était d’attaquer directement les autres et c’était quelque chose que jamais je n’aurais imaginé. C’était vraiment triste car en les poursuivant directement, non seulement je me les mettais contre moi pendant des années, mais je devenais aussi aux yeux de tous celui qui osait attaquer les Beatles. Je me suis fait discret durant quelques mois mais il était évident que l’ultime option était de poursuivre Klein. C’est ce que j’ai fait. Heureusement tout fini par se tasser un jour et cela s’est tassé. A la fin, les autres étaient même satisfaits de ce que j’avais fait car sans cela, il faut bien dire que Apple n’existerait plus. C’était vraiment une période horrible de ma vie et il fallait bien faire avec.
Johnny Black : Rusty Anderson, l’un de vos guitaristes prépare un album solo. Pourtant, aucun autre membre de votre groupe n’a la moindre chance d’imposer l’une de ses compositions lors de vos concerts, n’est-ce pas ?
Paul McCartney : Je crois surtout que les gens s’en foute ! A l’époque des Wings j’ai vraiment dû prendre le rôle de boss en considération. Ce n’était plus comme avec les Beatles. Au début, cela m’effrayait un peu, mais j’étais plus jeune. Et après tout, on déteste tous les patrons, non ? A une époque, il a pourtant fallu que je m’y fasse car Apple commençait à perdre beaucoup d’argent. Il a fallu que j’explique aux gens comment faire. Je parle notamment des secrétaires, etc… car si les Beatles ont toujours eu un côté très démocratique, nous sommes tous devenus patrons à un moment ou un autre.
Johnny Black : Cela a dû être une étrange période pour vous, lorsque vous deviez jouer d’une part sur le tableau du business et, d’autre part, sur celui de l’artistique…
Paul McCartney : Mais nous avons tous eu à gérer cela. Il a fallu ensuite que je pense à gérer ma carrière solo, alors j’ai fondé MPL. Nos débuts furent très modestes, dans une petite pièce jouxtant des locaux de production de films. C’est à partir de là que je suis vraiment devenu patron. J’avais une secrétaire et tout ce qui va avec. Tout s’est construit progressivement. Je suis alors devenu plus à l’aise avec tout cela. Je ne crois être un patron trop dur mais je sais botter les derrières quand ça ne tourne pas rond !
Johnny Black : De par votre notoriété et votre succès, vous êtes une entreprise à vous tout seul. Combien employez-vous de personnes actuellement ?
Paul McCartney : Nous employons environ 140 personnes. A l’école ou au collège vous n’êtes qu’un petit merdeux débraillé, passant son temps à rendre des devoirs et espérant devenir un jour avocat, magistrat, journaliste, chef d’entreprise ou rocker. Voilà quels sont tes rêves. J’en ai une vision plus complète aujourd’hui. Je me sens très chanceux tout en étant conscient que tout cela ne tourne pas seulement qu’autour de moi. J’ai vraiment eu une sacrée chance.

++++
Johnny Black : Cela ne vous étonne-t-il pas d’être toujours en haut de l’affiche depuis près de quarante ans, en rassemblant à chaque fois de nouveaux fans toujours plus jeunes ? 
Paul McCartney :
 Je crois que nos compositions sont en quelques sorte intemporelles. Je chante encore actuellement des chansons que j’ai composées il y a très longtemps et la plupart sont toujours d’actualité. Prenez Calico Skie, par exemple, elle parle de soldats et d’arme de guerre. Voyez ce qui se passe autour de nous. Je ne ferais pas de commentaire particulier sur la musique d’aujourd’hui mais je trouve que ce qui se fait est vraiment sympa. Je ne me considère pas comme un expert car je me sens plutôt comme un adolescent qui passe son temps à acheter des disques. Toutefois, j’essaie surtout d’écouter les artistes dont on me parle en bien. Lorsque je vois quelqu’un que je ne connais pas, remporter un Grammy Award, je me renseigne à son sujet.
Johnny Black : Quels sont les ingrédients pour faire une bonne chanson ? 
Paul McCartney :
 En fait, c’est une sorte de chimie indéfinissable et magique. Cela peut provenir de différentes façons. C’est souvent un bon titre quand ça commence très fort. Cela peut être également lié aux mots, à la mélodie, d’un accord génial ou un son particulier. Les meilleurs artistes peuvent fusionner tous ces paramètres. Si je devais n’en prendre qu’un, ce serait la mélodie parce que beaucoup de chansons n’ont pas de texte. Un simple mélodie peut réussir à me transporter ailleurs.
Johnny Black : La majorité des artistes se donnent une image. Cela s’est-il produit avec les Beatles ? 
Paul McCartney : 
Nous nous sentions plutôt comme un petit groupe de d’étudiants. Il y avait seulement John, Paul, George et Ringo. Je pense qu’une des plus belles choses relatives aux Beatles, hormis notre générosité, était que nous avions une grande honnêteté. Et cela a perduré. Toutefois, nous étions également des artistes. Notre développement artistique a trouvé ses fondations dans le cœur de ceux qui nous ont suivis. Yellow Submarine est un titre enfantin, A Day In The Life est plutôt destiné à ceux qui grandissent. C’est une façon de travailler très intéressante.
Johnny Black : Vos nombreux problèmes à propos du cannabis, que ce soit en Ecosse, en Angleterre, au Japon ou en Scandinavie vous auraient certainement valu une entrée de plus dans le Guiness Book ! Cela a-t-il créé des difficultés lorsqu’il a été question de vous élever au rang de Sir ? 
Paul McCartney :
 Non. Personne n’en a fait une quelconque mention. A priori, même quelqu’un d’épouvantable peut devenir Sir, sinon je ne le serais jamais devenu. La chose la plus horrible lorsque que tu te fais arrêter c’est que tu es fiché sur un ordinateur. Ainsi, à chaque fois que je me rends aux Etats-Unis, mon nom apparaît sur leur base de données et mes nombreuses interpellations ne sont plus un secret. Je pense qu’ils font en sorte de ne pas s’en souvenir. En général, je n’ai donc pas de problème même si, une à deux fois, il m’est arrivé de me retrouver au bureau des douanes. C’est un peu gênant mais cela ne s’entend sur un disque.
Johnny Black : Quel est le principal avantage lorsque l’on est Sir ?
Paul McCartney : Je ne perçois pas encore les multiples centres d’intérêts que cela peut apporter. George Martin affirme que cela permet d’avoir une meilleure table au restaurant ! Mais je n’ai pas besoin de cela pour être derrière une bonne table. Si l’on me dit qu’il est trop tard, je précise que je suis Paul McCartney et très vite une table se libère. Je déteste procéder ainsi mais je peux le faire si c’est l’ultime solution. Mais jamais je ne me présenterais avec l’étiquette de Sir Paul McCartney. Je ne me fais jamais appeler de la sorte. Pour moi, ce titre est plus une récompense, comme un prix que l’on reçoit à l’école. On ne court pas vraiment après mais on ne le reçoit que lorsqu’on le mérite, comme le prix de mathématiques ou d’art. C’est bien de le recevoir car c’est avant tout un honneur. Une reconnaissance du travail que vous avez effectué. Mais cela ne vous rend pas meilleur pour autant. Ce que j’apprécie dans ce titre, c’est la popularité qui lui propre. Beaucoup de gens ont ainsi été touchés par le fait qu’on allait me l’attribuer et c’était important pour moi.
Johnny Black : Les réactions suscitées par la disparition de George ont été différentes par rapport à celle de John. La mort de John fut atroce puisque soudaine, inattendue et qu’il était plus jeune. Celle de George est plus proche de celle d’une grande partie de la population. C’est comme si nous faisions un rapprochement entre notre propre vie et celle des artistes qui nous sont chers. Quels sens pourriez-vous donner à ce sentiment ?
Paul McCartney : C’est encore bien plus personnel que cela pour moi. Intimement, ce que je peux ressentir est identique à la plupart des gens. J’ai perdu un tendre ami que je ne reverrai plus jamais. Lorsque John est mort, le choc à été différent. J’ai passé la journée à ressasser ces événements dans ma tête et à me répéter : quelle fichue galère ! J’étais toutefois soulagé que ma mésentente avec John soit passée avant ce drame. Ce fut une période difficile mais on se téléphonait souvent pour parler des enfants, des chats, du fait d’être un mari, toutes ces choses simple de la vie qui sont importante pour moi. Cela m’a un peu consolé de ce terrible choc. Lorsque George nous a quitté, et comme je m’y attendais, j’ai mieux su gérer ma propre réaction. Je me sentais capable de continuer à aller de l’avant, main dans la main. Le plus difficile, pour moi, a été de réaliser que je ne le reverrai plus jamais et cela a été terrible. Lorsque vous perdez un proche, vous vous attendez toujours que quelque chose de magique puisse le faire revenir. Et finalement, peut-être que cela arrive dans l’au-delà, d’une certaine manière.

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