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Chaos And Creation In The Backyard – Paul McCartney : les secrets de l’album (paroles, tablature)

Chaos And Creation In The Backyard - Paul McCartney : les secrets de l'album (paroles, tablature)

Informations sur l’album

  • Pays : International
  • Support : CD
  • Label : Parlophone
  • Numéro de série : 337 9612
  • Mixage : Mono
  • Date de publication : 12/09/2005

Track-listing de l’album

Description de l’album

Chaos and Creation in the Backyard est un album solo de Paul McCartney paru en 2005. Pour le produire, le musicien choisit Nigel Godrich, qui a également travaillé avec Radiohead. Celui-ci apporte beaucoup au processus créatif en n’hésitant pas à remettre l’artiste en question. Il lui suggère ainsi de laisser son groupe de côté pour jouer de la plupart des instruments sur l’album, comme il l’avait fait sur son premier album solo.
D’un point de vue stylistique, cet album marque un retour à une musique proche des compositions de McCartney autour des années 1965 à 1968. L’album est très intimiste, avec des air très doux et aucun morceau vraiment agité comme sur l’opus précédent, Driving Rain.
La critique accueille particulièrement bien cet album qui est, selon elle, son meilleur depuis plusieurs années. Il est par ailleurs nommé pour quatre Grammy Awards. D’un point de vue commercial, s’il n’atteint nulle part la première place des ventes, il entre en revanche dans de nombreux tops 10, finissant 6e aux États-Unis et dixième au Royaume-Uni. Selon EMI, l’album s’est vendu à plus d’1,3 millions d’exemplaires dans le monde

Le communiqué de presse officiel anglais

« Chaos And Creation In The Back Yard, » Paul McCartney’s 20th studio recording since The Beatles, marks an end to a nearly four-year hiatus since his last studio recording, 2001’s platinum certified « Driving Rain ». The new 13-track album is produced by Nigel Godrich (Radiohead, Travis and Beck) and was recorded in London and Los Angeles over the course of the past two years. Its release coincides with the September 16th launch of McCartney’s all new 37-city « US » Tour, his fastest selling concert tour ever.

« Chaos And Creation In The Back Yard » is a return to the basics for McCartney. The album successfully fuses his undeniable song writing talents with his unparalleled musicianship. In fact, McCartney is credited with playing the majority of the instruments on the album, which is somewhat reminiscent of « McCartney » (1970) when he was credited with playing all of the instruments. They include the drums, guitar, bass, keyboards, as well as many of the less traditional instruments such as block flute, harmonium and flugelhorn.

« Chaos And Creation In The Back Yard » is a mix of up-tempo piano driven McCartney instant classics such as ’Fine Line’ and ’Promise To You Girl’ and more introspective darker tracks such as ’At The Mercy,’ ’Too Much Rain’ and ’Riding To Vanity Fair.’ One of the many highlights is a track entitled, ’Jenny Wren,’ which Paul describes as « daughter of Blackbird, » as well as ’Follow Me,’ which McCartney debuted at The Glastonbury Festival, while on his ’04 Summer European Tour.

But « Chaos And Creation In The Back Yard » would not have been either if not for the suggestion of now legendary Beatles producer Sir George Martin. Familiar with Nigel’s credentials and with his published desire to work with an established artist, Paul made the call that finally put the two together in the studio. The collaboration seemed an unlikely one and thus the rumours began. What type of album was McCartney making ?

« I did not want to rush this album, » said McCartney, who despite repeated inquiries, touring commitments and pressure from his record label, managed to maintain his focus. « I think it was worth the wait though. The music became more interesting over time and I’m really proud of what we did. »

The results are evident throughout. The songs are sonically robust, the instrumentation and orchestration first rate and the chemistry between Paul and Nigel apparent. The album has an organic feel reminiscent of Paul’s first solo release, « McCartney » (1970) and some of The Beatles later recordings.

« We really made a lot of it up as we went along, » added McCartney. « I’d try something and if it didn’t work I’d try something else until it did. It was like making a go-cart in the backyard. »

« When Paul and I got together we had a common goal, » said Godrich. « We wanted to make a great album that was true to Paul. I think that’s exactly what we did. »

 

Le communiqué de presse officiel français

“Chaos And Creation In The Back Yard”, le vingtième album de Paul McCartney depuis la séparation des Beatles, va paraître presque quatre ans après “Driving Rain”, certifié platine en 2001. Réunissant quatorze morceaux, “Chaos And Creation In The Back Yard” a été co-produit par Nigel Godrich (Radiohead, Beck, Air) et Paul McCartney, et enregistré à Londres et Los Angeles au cours des deux dernières années. Sa publication va coïncider avec le lancement de sa nouvelle tournée américaine de 37 dates, dont les billets se sont vendus encore plus rapidement que d’habitude.

“Chaos And Creation In The Back Yard” est un retour à l’essentiel pour Paul McCartney. L’album amalgame avec succès son incontestable talent de songwriter et une musicalité sans équivalent. En fait, Paul est crédité en tant qu’instrumentiste principal sur le disque, comme dans le cas de “McCartney”, son premier album solo paru en 1970 ! Sur “Chaos And Creation In The Back Yard”, il joue de la batterie, de la guitare, de la basse et des claviers, ainsi que des instruments moins traditionnels tels que la flûte à bec, l’harmonium ou le bugle.

“Chaos And Creation In The Back Yard” regroupe des chansons rapides dominées par le piano, telles que “Fine Line” et “Promise To You Girl”, qui sonnent comme des classiques à la première écoute, ainsi que des titres plus sombres et introspectifs comme “At The Mercy”, “Too Much Rain” ou “Riding To Vanity Fair”. Deux des nombreux temps forts du disque sont “Jenny Wren” que Paul décrit comme la sœur de Blackbird, et “Follow Me” dont il a donné la primeur au public de Glastonbury l’été dernier, au cours de sa tournée européenne.

Mais “Chaos And Creation In The Back Yard” n’aurait certainement pas existé sans une suggestion du légendaire producteur des Beatles, Sir George Martin. N’ignorant rien du travail de Nigel Godrich et ayant eu vent de sa volonté de travailler avec un artiste établi, Paul lui a finalement téléphoné pour qu’ils se retrouvent en studio. La collaboration semblait improbable et la rumeur s’est développée : quel genre de disque Paul McCartney était-il donc en train d’enregistrer ?

“Je ne voulais pas faire cet album trop vite, déclare Paul McCartney qui, malgré des demandes incessantes, ses tournées et la pression de sa maison de disques, est parvenu à rester concentré. Je pense que cela valait la peine d’attendre. La musique est devenue de plus en plus intéressante et je suis vraiment heureux de ce qu’on a fait.”

Le résultat parle de lui-même. Au plan sonore, les chansons sont particulièrement robustes, l’instrumentation et l’orchestration sont de première classe, et l’alchimie entre Paul et Nigel est évidente. Le disque possède un caractère organique qui rappelle son premier album solo (“McCartney” en 1970) et les derniers enregistrements des Beatles.

“L’album a vraiment avancé au jour le jour, ajoute Paul McCartney. J’essayais quelque chose et si ça ne marchait pas, je tentais autre chose jusqu’à ce que ça fonctionne. C’était comme construire un kart dans l’arrière-cour.”

“Paul et moi nous sommes associés avec un objectif commun bien précis, explique Godrich. Nous voulions enregistrer un grand disque de Paul McCartney, qui lui soit fidèle, et le représente le plus honnêtement possible. Et c’est exactement ce qu’on a fait.”

Les chroniques de disques 

Chronique de la FNAC

 

Il faut avoir l’honnêteté de le reconnaître : on s’attendait à tout sauf à ça. Le nouvel album solo de Paul McCartney, son vingtième depuis la fin des années 60 et la séparation des Beatles, est un monument : une pure merveille. Par respect envers ses trois ex-collègues (dont deux reposent, on l’espère, en paix), on n’écrira pas que « Chaos And Creation In The Backyard » est la suite du “White Album” ou d’ »Abbey Road » mais on tient à affirmer sans retenue qu’il s’inscrit dans la lignée de « McCartney », « Ram » ou « Flowers in the Dirt », trois de ses plus prestigieux prédécesseurs.

 

À force de jouer et rejouer un répertoire exceptionnel à base de chansons des Beatles (et quelques-unes des Wings) sur les scènes du monde entier, Paul McCartney, la soixantaine revigorante, a décidé de relever son niveau perso en acceptant de faire équipe avec Nigel Godrich. Réputé exigeant, le producteur émérite des exploits de Radiohead, Beck ou Air a poussé le compositeur le plus illustre de l’histoire de la pop dans ses retranchements, refusant certaines de ses chansons et imposant une production et des arrangements ascétiques afin de mieux mettre en valeur les rescapées. C’est ce qui donne à « Chaos And Creation In The Backyard » son lustre vintage, alors qu’il a été mis en boîte, plutôt rapidement, avec toute la technologie actuelle. Très en voix, fier de ses textes forts, McCartney alterne titres rock (« Fine Line », « Promise To You Girl »), échappées acoustiques (« Jenny Wren », « A Certain Softness ») et morceaux ambitieux (« Riding to Vanity Fair », « Anyway »), tous transcendés par une instrumentation simple mais efficace dont cet homme-orchestre est responsable puisqu’il joue pratiquement de tous les instruments.

 

Pour bien remettre les pendules à l’heure, Macca se lâche au plan de l’écriture pure comme dans la formidable « English Tea » et signe avec « This Never Happened Before » sa plus belle chanson-aveu depuis… « The Long And Winding Road ».

 

Chronique des Inrocks

Sous un titre légèrement ronflant, Chaos and Creation in the Backyard, Paul McCartney publie le 13 septembre prochain son vingtième album depuis la séparation des Beatles, il y a trente-cinq ans. C’est sur les bons conseils de George Martin qu’il a décidé d’en confier la réalisation à Nigel Godrich (Radiohead, Beck, Air), lequel a eu la riche idée de proposer à Macca de renouer avec de vieilles habitudes en jouant lui-même de la plupart des instruments. Composé de treize titres lumineux où Paulo retrouve souvent la grâce mélodique et la limpidité musicale des grands jours, cet album humble et raffiné figure d’ores et déjà parmi le haut de la pile de son inconstante discographie solo. McCartney, qui vient de fêter ses 63 ans, aura peaufiné sa copie entre Londres et Los Angeles au cours des deux dernières années, n’hésitant pas à se laisser bousculer par un Godrich dirigiste et nullement intimidé par les états de service de son client. « Certaines des chansons ont évolué dans le bon sens grâce à lui, confiait récemment McCartney, il m’a sorti de mon confort pour m’amener vers un peu plus de danger et de remise en question. » A peine son album sorti, Macca embarquera pour une nouvelle tournée de trente-sept dates aux Etats-Unis.

Le Coffret CD + DVD « Chaos and Creation In The Backyard »

 

Une des originalités concernant la sortie de cet album est le fait qu’il devrait être disponible en plusieurs versions. C’est ainsi que outre la version vinyl 33 T (pour les collectionneurs et les nostalgiques), seront commercialisées une version CD, et une version comprenant, outre le CD, un DVD.

 

Si de par la passé les fans des Beatles (en groupe et en solo) ont appris à se méfier des DVD et CD Bonus offerts lors des publications de disques (on se souviendra du CD Bonus « Fly On the Wall » accompagnant « Let It Be Naked » ou du bien piètre DVD accompagnant le dernier CD de Ringo Starr, Choose Love), il semblerait que cette fois, si on en croit la description du produit fourni par EMI-Hollande, que le DVD soit à la hauteur de ce que l’on peut exiger de l’ex-bassiste des Fab Four.

 

D’une durée de 50 minutes approximativement, ce DVD sera au format multi-zone (PAL et NTSC) et sera au format audio 5.1 . Le contenu sera le suivant :

 

  • -un documentaire de 30 minutes intitulé ’Between Chaos and Creation’
  • un reportage de 5 minutes sur l’enregistrement de « Fine Line », premier titre extrait de « Chaos and Creation in the Backyard »
  • un film d’animations d’une durée de 10 minutes, intitulé ’Line Art’, et sonorisé par trois pièces instrumentales inédites : Anyway, At the Mercy and Vanity Fair
  • un clip d’une durée de 5 minutes, intitulé ’How Kind of You’

L’ensemble de ces documents vidéos seront au format MPEG-2, pour une visualisation en 16:9.

 

Parallèlement à ces séquences vidéos, figurera sur ce disque, une l’album au format LPCM Stereo, ainsi que la chanson « Fine Line » au format « DTS 5.1 Surround »

L’interview de Paul McCartney publiée dans EPOK (magazine de la FNAC)

A 63 ans, il sort Chaos and Creation in the Backyard, son meilleur album depuis 10 ans. Entre mélodie et mélancolie, l’ex-Beatle défend l’héritage laissé par les « quatre garçons dans le vent ».

 

En confiant ses nouvelles chansons au producteur Nigel Godrich, collaborateur de Radiohead et Beck, Paul McCartney a retrouvé, à l’âge de 63 ans, une seconde jeunesse. Sur son nouvel album, l’ancien Beatle assume enfin pleinement ce lourd héritage, et retrouve la perfection mélodique qui a fait sa réputation. Humble et mélancolique, Chaos and Creation in the Backyard s’impose en douceur comme son meilleur album en dix ans.

 

Quelles ont été les circonstances de la composition de Chaos and Creation in the Backyard, ce nouvel album ?
Quand on écrit, on cherche une direction. Je trouve fascinant de ne jamais savoir ce qui nous attend au tournant. Par exemple, j’ai composé At the Mercy en découvrant des accords de piano que je n’avais jamais utilisés, ce qui est toujours un bon démarrage. La plupart du temps, il faut attendre longtemps avant de voir ce qui vient. Parfois, l’inspiration provient d’un endroit vraiment étrange. Ce processus de découverte permanente, c’est ce que j’aime dans l’écriture de chansons.

 

C’est la première fois depuis votre album solo, en 1970, que vous jouez de tous les instruments sur un disque.
Au départ, je souhaitais enregistrer cet album avec mon groupe de scène. Mais le producteur Nigel Godrich voulait essayer de me faire jouer de différents instruments moi-même. C’était assez difficile d’expliquer aux musiciens que je n’aurais pas besoin d’eux, mais comme ce sont des types bien, ils m’ont dit : « Nous ferons ce qui sera le mieux pour l’album. »A l’arrivée, j’ai joué quasiment toutes les parties instrumentales. Ce n’est pas ce que je fais habituellement, mais c’est ce qui donne son unité au disque. Je voulais travailler avec quelqu’un de très bon, reconnu parmi les meilleurs producteurs actuels. C’est George Martin qui m’a orienté vers Nigel. Après avoir entendu son travail avec Radiohead, Travis et Beck, je me suis dit : « Ce type est bon. » Quand j’ai annoncé que j’allais travailler avec lui, certains ont pensé que ça allait donner un album expérimental et électronique. Or, le jour de notre rencontre, Nigel m’a dit : « Je veux faire un album qui te ressemble. », ce qui m’a paru un bon début.

 

Il s’agit d’un album très proche de ce que vous faisiez avec les Beatles.
C’est vrai, certains de ces titres auraient pu être enregistrés avec les Beatles. J’en suis arrivé à un point dans ma vie où je me suis dit : « Ok, c’est mon style. Je l’ai inventé avec les Beatles. Un tas de groupes font référence à ce son là, pourquoi n’aurais-je pas le droit d’y revenir moi aussi ? » J’ai pris la décision de ne pas avoir honte de mes racines. Aujourd’hui, en concert, je chante énormément de titres des Beatles, bien plus qu’à l’époque des Wings. C’est rafraîchissant de ne pas trop se demander ce qu’on va jouer, tant qu’il s’agit de bonnes chansons.

Paul McCartney raconte l’album :

 

Ainsi Paul, un autre nouvel album. Aprės tout ce temps, tu as encore la pêche, la même exaltation pour sortir un nouveau CD ?

 

Paul McCartney : sortir un CD n’est pas mon truc favori parce que tu laisses partir to bébé. Le faire, toute la création, c’est génial. Le sortir est un peu plus difficile, tu dois penser à la promotion et faire ceci, cela et ce n’est pas nécessairement pour ca que tu l’as fait puis tu laisses aller et les gens ont des opinions que tu n’approuves pas forcément ; quelqu’un m’a dit l’autre jour « Une de ces chansons parle de ça et ça n’est-ce pas ? » J’ai répondu « Non ». C’etait comme : oh Mmn Dieu, ces trucs-là vont recommencer maintenant mais j’ai pris mon pied en faisant l’album et l’idée de le sortir est super parce que les gens l’achèteront, mes fans l’achèteront, tu sais, mais tous les blas-blas que l’on va entendre, ce n’est vraiment pas ma tasse de thé.

 

Si chaque album que tu fais représente un nouveau et différent challenge, quel était le challenge pour celui-ci ? (NB “Nigel” = le producteur Nigel Godrich).

 

Tu sais, c’est la chose la plus étrange même avec les Beatles tu pensais « OK on a fait un chouette album », disons Revolver ou quelque chose de ce genre et on pensait « Maintenant on sait comment faire les albums. Ca va être facile ». Tu t’y remets pour faire le suivant puis c’est « Comment on fait ça ? “ Et il faut vraiment te remuer pour te défoncer à nouveau, j’avais pour habitude de toujours écouter le dernier album juste pour voir où on en était. C’est différent à chaque fois, je m’en suis aperçu à chaque fois, je ne sais pas comment faire ça mais je suis content. Je ne voudrais pas savoir comment le faire, tu sais. Cette fois, le challenge était de faire quelque chose de bon. En fait, je me disais « Je vais faire un bon album ». En principe tu te dis « J’espère que j’en ferai un bon » ou « j’aimerais en faire un bon ». J’ai vraiment pris le taureau par les cornes cette fois et je me suis dit « Je vais faire un très bon album » parce que je savais que j’avais l’intention de faire une tournée et je pensais « Je vais revenir sur scène avec un très bon album qui me plaira vraiment, j’ai donc rencontré Nigel et il a accepté, c’était le genre de truc qu’il avait envie de faire, donc on s’y est mis ».

 

En sais-tu un peu plus, après toutes années passées à écrire des chansons pop géniales, d’où viennent les chansons ? Te poses-tu la question ?

 

Euh, oui, tu te poses toujours la question et je ne veux pas savoir. C’est ce qui est bien. Je ne tiens pas vraiment à savoir parce que c’est ce qui rend les choses fascinantes, ne rien avoir, être assis, prendre ta guitare puis après une heure ou deux tu as quelque chose qui ressemble à une chanson, si ça marche, puis quelqu’un vient te dire « J’aime bien celle-là », ou quelque chose du genre et c’est comme « Wow, yes ! », c’est comme faire un grand gâteau ou quelque chose comme ça, je n’ai aucune idée d’où ça vient. Ca vient de mon amour pour la musique, je crois que c’est le point de départ. Il n’y a pas longtemps je discutais avec Keith Richards et il disait « Tu sais, mec, on a commencé par écouter de la musique, on ne pensait pas à en écrire ou à chanter. On ne faisait que l’écouter ». Et il avait raison tu sais, puis on a commencé à jouer et à chanter puis éventuellement écrire. Je pense que ça vient de cet amour que l’on a d’écouter de la musique, ce qu’on pense être de la bonne musique et ça crée quelque chose de beau en toi. Tout le monde aime la musique, ressent ce qu’elle crée en nous. C’est une sorte de mysticisme. Pourquoi ces combinaisons de vibrations nous font-elles tant d’effet ? Comment affectent-elles nos émotions ? Je veux dire, je ne peux pas écouter God Only Knows sans que les larmes me montent aux yeux. C’est juste une de ces chansons pour moi. C’est tellement spécial, tu sais, et c’est aussi lié aux paroles, aux changements d’accords, à l’enregistrement mais c’est mystique tu sais, alors j’aime ça, j’aime vraiment ce que je fais et quand quelqu’un me dit « Pourquoi fais-tu encore ça ? » et, tu sais « t’es pas blasé ? T’en as pas marre ? » Je réponds « Non ». Parfois j’aimerais l’être, je pourrais partir en vacances. Mais j’aime ça, j’aime vraiment ça. Je suis vraiment impatient de partir en tournée aux States parce qu’on a le retour du public, je ne sais pas ce qu’il se passe, je ne sais pas comment ça marche et je pense que si tu demandes à d’autres comment ils font leur musique, il y a une sorte d’élément mystique en cela, ce que je pense être génial. Je veux dire, quelle chance de retrouver ça dans ton boulot, au lieu de t’ennuyer, de faire des mondanités. Je me sens être terriblement chanceux.

 

Comment ta voix et ta tonalité ont-elles changé, si toutefois c’est le cas, avec les années ?

 

Oui ma voix a changé, j’écoute les vieux disques et je me rends compte que ma voix est différente mais ce qui est drôle c’est que lorsque je chante certaines de ces anciennes chansons en live, je les chante encore dans la même tonalité. Lorsque j’ai fait Live8 quelqu’un a dit « Helter Skelter est encore dans la même tonalité ? » J’ai répondu « Oui ». Je pense très innocemment à la façon de chanter, ce que beaucoup ne font pas et vous parleront de la façon de chanter à partir du diaphragme mais tout cela me vient naturellement, je pense ; je crois que le truc du diaphragme est vrai mais j’ai un avis très basique sur la façon de chanter. C’est du genre « Fais-le. N’y pense pas trop et débrouille-toi, donc je m’y mets et ça a toujours été comme ça. Je me souviens enregistrer, euh, ça devait être Kansas City avec les Beatles et j’étais (raclement de gorge) je vais leeeeee faire c’était comme, tu dois sortir de la peau de cette personne qui parle assez sensiblement et tu dois t’y mettre (cris) « Bon ! Bon ! » et tu dois y aller et j’avais pour habitude de dire « ça vient de me traverser l’esprit et j’en parlais à John et (chante) je ne sais pas, ça me vient à l’esprit. Je me souviens avoir eu des problèmes avec (chante) « Kansas City » et je ne pouvais pas laisser passer, puis il est arrivé à Abbey Road et a dit « ça te traverse l’esprit c’est ça ? » « oui ». (chante) « Bon je » et c’est tout ce que je sais, ce genre de truc stupide qui te traverse l’esprit et je suis sûr que c’est pas vrai mais c’est assez pour moi puis je suis allé à mon ancienne école qui est maintenant un centre artistique àLiverpool, LIPA, une école dont je m’occupe et j’y aidais des gamins, certains des gamins paroliers, nous étions en classe vocale et ils ont eu une grande discussion, montrant ce qui se passe là-dedans, comme le larynx et autres et je leur ai dit « Je pense que vous feriez mieux de laisser tomber ça parce que si j’avais su comment tout cela fonctionne, j’aurais commis beaucoup d’erreurs. Je veux dire, j’y pense comme étant un tube qui ressort au sommet de la tête. » Donc, quelle était la question ? Ma voix a-t-elle changé ? Je pense que oui avec la maturité, je pense qu’elle doit changer mais c’est toujours dans la même tonalité et je pense encore la même chose pour ce qui est de la façon de faire, tout simplement tu te lèves et tu t’y mets. Et tu sais, ça m’a rendu grand service depuis plusieurs années.

 

Où as-tu enregistré Chaos and Creation in the Backyard ?

 

On a commencé par enregistrer l’album dans les studios préférés de Nigel parce que je ne suis pas un gars du son. Je suis de l’autre coté du micro et il est important pour lui d’écouter dans un environnement auquel il est habitué ou qui lui convient, je lui ai donc dit « Bon, où veux-tu travailler ? » ou quelque chose de ce genre et il m’a répondu « Rak à Londres les anciens studios Mickey Most ». J’ai répondu « C’est génial, j’y ai déjà travaillé et j’aime bien » puis à Ocean Way à Los Angeles qui est l’un de ses grands studios préférés dans lequel je n’ai jamais travaillé mais il m’a dit « Oh, c’est une grande pièce. J’aime vraiment le son de cette pièce. Il se passe quelque chose de magique dans cette pièce. » Alors j’ai répondu « ça me va » une bonne excuse pour aller à L.A. Donc ici et là, Air Lyndhurst, Air Studios. J’ai déjà travaillé ici mais c’était vraiment, la raison était que ce sont les studios dans lesquels Nigel aime travailler et c’est lui l’homme du son, je me soumets à ça.

 

L’album a-t-il été enregistré d’un trait ou en plusieurs fois ?

 

C’était arrêter et recommencer. Je voulais juste passer deux semaines dans les studios Rak pour voir comment ça se passait entre Nigel et moi parce qu’on aurait très bien pu ne pas s’entendre et après deux semaines et ça aurait donné : laisse tomber, je ne veux pas faire ça, mais en fait ça c’est bien passé. J’ai vraiment aimé travailler avec lui et on a fait ensemble quelques titres sympas qui sont encore sur l’album puis nous avons fait un break et chacun de nous réfléchissait quand nous devrions faire la suite puis je crois qu’on a travaillé un mois, qu’on s’est à nouveau arrêtés, puis un autre mois, on s’arrêtait donc je pense que ça a dû nous prendre deux ans mais je n’en suis pas tout à fait certain. Peut-être qu’en tout ça nous a pris quatre ou cinq mois mais étalés sur une longue période.

 

Quelle musique écoutais-tu lorsque tu faisais l’album ?

 

J’ai écouté différentes choses. Un de mes amis, Nitin Sawnhey, que j’aime bien et j’aime ce qu’il fait, je suis allé à quelques concerts et j’ai écouté un peu ce qu’il faisait puis j’ai envoyé tout ça à Nigel et lui ai dit « C’est peut-être le genre de choses que j’aimerais faire ». Et il a immédiatement répondu « Non, je ne crois pas ». « Bon, d’accord ». Il me dit « Non, je veux que ce soit toi. Tu peux oublier tous les autres. Je veux que ce soit toi. » Il a ajouté “Je pense que c’est ce que les gens veulent entendre. Concentre-toi sur ce que tu fais et fais-le bien. J’ai écouté d’autres personnes qui étaient des pointures mais ce n’était pas leur musique. Je veux dire par exemple quelqu’un comme Nat King Cole où la voix est très présente, si je vais acheter un disque j’aime entendre celui qui l’a fait, vraiment entendre chaque petite syllabe et c’était ce que Nigel voulait que je fasse. Je lui ai envoyé le disque de Nitin et il a dit « Non, ça c’est Nitin, c’est de la bonne musique mais nous ne voulons pas suivre cette voie, ça doit être toi ».

 

Tu écoutes autre chose lorsque tu es vraiment pris dans le système de l’enregistrement ?

 

J’écoute tout le temps de la musique mais ce n’est pas nécessairement dans l’optique de l’utiliser pour ce que je suis en train de faire. Parfois oui. Tu ne peux pas t’en empêcher. Si j’écoutais quelqu’un comme Neil Young je pourrais penser « Ouais, j’aimerais faire un titre en acoustique. » mais ça ne va généralement pas plus loin. Je ne pense pas vouloir qu’il soit canadien ou dans le style de Neil. Ca sera juste une vague partie de quelque chose mais j’écoute beaucoup de musique et c’est tellement varié que ça ne pourrait pas m’influencer pour l’album.

 

Nigel Godrich (Radiohead etc) est le producteur. Est-il vrai que Sir George Martin (le producteur des Beatles) t’a recommandé de travailler avec lui ?

 

Oui. Je ne savais pas qui allait produire l’album mais je savais que je voulais le meilleur mais je ne savais pas qui c’était, j’ai donc pensé « Bon, j’aimerais vraiment que ce soit George Martin » mais il ne fait plus de productions, son fils Giles en fait et George supervise les projets mais il ne produit pas, je l’ai appelé et lui ai dit « Je pense faire un nouvel album. J’ai déjà quelques chansons. Qui me recommandes-tu ? Qui penses-tu être le meilleur ? » Il m’a rappelé une semaine plus tard et m’a dit « J’ai parlé avec Giles et avec d’autres personnes et il nous semble que ça devrait être Nigel Godrich. Je sais ce que fait Radiohead et j’aime particulièrement leurs sons, c’est super et c’est très important pour Travis et moi, je savais qu’il avait fait cet album « The Invisible Band », donc j’aime ce qu’il fait, particulièrement le son, on s’est donc rencontrés pour savoir si on avait le même genre de choses en tête et c’était bien ça. Je pense qu’il est allé un peu plus loin que moi et a dit « Je veux aussi que ce soit un super album mais nous devons nous concentrer sur toi, j’y ai réfléchi, j’en ai discuté avec d’autres personnes. Que voudriez-vous sur un album de Paul McCartney ? Voudriez-vous que ça sonne comme lui, un bon album de cette sorte ? » Donc oui, tout est venu de George.

 

En quoi l’approche de Nigel Godrich pour faire un disque était-elle différente de la tienne ?

 

A la base c’était pratiquement similaire sauf que la chose importante, je pense, était lorsque j’ai commencé à faire l’album ces deux semaines à Rak. Je suis arrivé et lui ai dit « Tu sais, j’aimerais travailler avec mon groupe parce que c’est mon équipe et on en a parlé lors de la dernière tournée. Tu sais je suis impatient d’attaquer les prochaines chansons. Nigel a répondu « Tu sais, j’y ai pensé. J’aimerais te sortir de ta zone de sécurité. Ces gars, c’est ta zone de sécurité et tu sais ce que tu fais avec eux. J’aimerais te sortir de cette zone » Il s’est donc révélé qu’apparemment il voulait que je joue de la batterie par exemple alors que Abe, mon batteur, est maintes fois meilleur batteur que moi mais Nigel voulait cette sorte de fibre anglaise, ce que j’ai et je ne suis pas un grand batteur mais j’ai la fibre, donc j’écoute. J’aime bien jouer de la batterie mais c’est la fibre que j’ai. Alors il a dit : « Je veux essayer ça, vas-y ! » On a juste essayé sur une des chansons que j’avais faite avec le groupe et il a dit « C’est ce que je voulais dire, c’est ce que je recherche » alors petit à petit j’ai vraiment dû dire, j’étais très gêné mais j’ai dû dire aux gars « Bon, il veut qu’on fasse comme ça et c’est le producteur donc je ne peux vraiment pas refuser, non tu dois travailler avec mon groupe ». J’ai dit « Qu’en pensez vous ? » et ils étaient vraiment cools. Ils ont juste dit « Fais ce que tu veux pour faire un disque. On ira en tournée. On le jouera mais quoiqu’il en soit pour le faire, vas-y et fais-le. » C’est donc ce qu’on a fait et je pense que c’est la grande différence que Nigel a apportée, comment j’aurais pu le faire avec le groupe, je pense, mais c’est une grande différence, ça a change l’ambiance de l’album et ça voulait dire que j’étais hors de ma zone de sécurité. C’était comme « Oh mon Dieu, je vais devoir jouer de la batterie. Oh mon Dieu, je dois faire ça. Je vais devoir penser à tout ! » au lieu de « Bon tu fais ce morceau-là », donc ça l’a vraiment fait, c’était beaucoup plus de travail pour moi, je pense qu’il a eu raison de faire ça.

 

As-tu eu des divergences ou des disputes avec Nigel Godrich ?

 

Je pense que oui. J’apportais quelques chansons et Nigel disait ce genre de chose “Ouais, j’aime pas trop ça” et tu sais, c’était comme, je pensais “Tu sais, ça aurait été dans d’autres conditions, je me serais cassé, aurais réfléchi, bien, je vais le faire, c’est aussi simple que ça. » mais avec lui c’était comme « Pourquoi tu n’aimes pas ça ? »Il répondait « regarde, ça semble un peu ringard, tu as fait mieux que ça. » et c’était assez décontracté et il n’y avait rien du genre béni oui-oui, ce qui est assez facile dans ma position. Les gens peuvent dire ce genre de choses « bon, tu es celui qui sait » mais travailler avec un bon producteur, tu sais, ils diront comme Nigel « Je ne suis pas vraiment satisfait de cette chanson. On ne fait pas celle-la ». Alors il barre ces chansons puis d’autres choses puis il dit « j’aime la ligne d’ouverture » et je dis « OK ».On en est presque venus à une grande tension parce que j’en avais marre. Je disais « Dis-moi ce que tu n’aimes pas. Ne dis pas simplement que tu n’aimes pas. Sois explicite. Regardons les paroles.” Il répondait “d’accord, bon, j’aime la ligne d’ouverture. Je répondais “OK, on garde”. Il disait “mais je n’aime pas ce qui suit. C’est barbant”. Je répondais “OK, on barre”. On a fait ça, on a tout passé en revue puis j’ai dit “Que recherches-tu ?” Il répondait « c’est barbant, je l’ai déjà dit. » « OK, Mmm » On a eu quelques moments comme ça. Je crois que le pire moment a été lorsque j’étais à la basse, je faisais la basse d’une chanson etje me sentais bien (chante) et j’étais vraiment bien. « OK, allons-y » Et juste avant que je m’assoies, que j’aie le son, tout ça, je savais vaguement ce que j’allais faire sur ce morceau puis Nigel a vraiment choisi son moment pour dire : « Tu sais cette chanson qu’on faisait l’autre jour, je pense que c’est de la merde ». J’ai répondu « OK très bien, de toutes façons on continue avec la basse » et bien entendu je continue (siffle) « Plungerino, OK, bon (chante) « Qu’est-ce que ça veut dire que tu ne l’aimes pas ? » « Je n’aime vraiment pas, c’est de la merde ». J’ai répondu « Bien, tu sais quoi Nigel, ce n’était pas le meilleur moment. J’allais juste, tu aurais pu attendre que j’aie fait ça » et c’était une de ces fois, j’étais juste, je l’ai perdu, je veux dire, je ne me mettais pas en colère mais je perdais toute confiance, je pensais « Oh la chanson est de la merde, n’est-ce pas ? Super ! » Il répondit « Je ne pensais pas que tu le prendrais comme ça, je ne pensais pas que ça te ferait du mal ». J’ai répondu « Bon, réfléchis encore tu sais, parce que ça m’a heurté », ce fut le moment pivot de l’album et j’ai dit « OK, d’accord » Le lendemain « Faisons cette basse. Il est entré, je l’ai intercepté assez en colère puis on a remis ça. Et j’ai dit « Ecoute, ce n’était vraiment pas le moment et tu sais, je suis habitué a George Martin, un vrai diplomate, « Paul, ne crois-tu pas, peut-être… ? » Je répondais « non, je ne crois pas ». Il disait « Bon, peut-on essayer. Et on pourrait peut-être… ? » George est comme ça. Fabuleux. Donc je pense que Nigel a beaucoup appris. On a tous les deux appris avec cet album et on a remis ça ensemble. Maintenant on savait où on en était et c’était « OK si tu n’aimes pas dis-le moi mais pas juste avant que je fasse une prise. Et soyons très spécifiques. Qu’est-ce que tu n’aimes pas ? » On a fait ça avec toutes les chansons et il y a une chanson qu’on a totalement refaite, c’est une chanson intitulée Riding to Vanity Fair”. Elle est sur l’album et on l’a faite, il a dit « je n’aime pas ça, je n’aime pas la mélodie, je n’aime pas blah, blah, blah », donc je suis allé dans le studio et j’ai dit « D’accord, OK. Que penses-tu de ça ? » « Wow, bien meilleur ». J’ai donc tout re-écrit et ça n’allait pas affecter l’album mais ça l’a fait et beaucoup de gens remarquent cette chanson, donc ce qu’il a fait était définitivement bien mais a causé quelques moments de tension mais c’était bien qu’on le fasse. J’aime bien mieux cette chanson maintenant que lorsque je suis arrivé avec.

 

OK, maintenant qu’on a parlé de morceaux spécifiques, parlons de l’album, chanson par chanson, la première Fine Line. Quelle est l’inspiration derrière cette chanson ?

 

C’était juste la ligne d’ouverture. « There’s a fine line between recklessness and courage » (Il y a une ligne subtile entre la témérité et le courage) Tu sais, tu vois des gens qui y vont (chante) « Waaah » et tu penses « c’est comme ca que tu fais et parfois c’est insensé et casse-cou mais ils pensent qu’ils ont été courageux donc cette réflexion était vraiment mon point de départ et j’ai suivi cette idée que tu dois choisir ce que tu vas être, téméraire ou courageux, donc les paroles sont basées sur ça. Puis je me suis assis au piano et j’ai commencé cette sorte de halètement, restant très simple, puis le petit crochet (chante) « Fine line, it’s a fine line » est venu alors j’ai apporté ça au studio à Los Angeles et je la travaillais et il y a un petit riff autour de Fine line (chante) et quand j’ai joué ça j’ai fait une faute, j’ai joué une mauvaise note a la basse et Nigel a dit « C’est super. Tout à fait ça. » J’ai dit « en fait, ce n’était pas la bonne note ». Il dit « Non, non, vérifie, écoute ». « Ooh, je vois ce que tu veux dire ». Je ne suis pas allé là où on m’attendait. C’était supposé être un Fa dièse et j’ai fait un Fa et ça a pris une tournure intéressante. C’était comme “Ah, OK, c’est bon. Ca apporte une petite note d’originalité aux paroles et à la mélodie, alors on a assemblé le tout.

 

La deuxième est How Kind of You. Choix intéressant de terminologie…

 

C’est quelque chose que j’ai fait il y a longtemps mais j’y ai récemment porté plus d’attention peut-être, comme la façon dont les gens parlent, les phrases qu’ils utilisent et j’ai un couple de vieux amis bourges anglais qui, au lieu de dire « That’s very nice of you » (c’est très gentil de ta part)ou « Thanks a lot » (merci beaucoup), ce que j’entendais dans mon enfance – disent « How kind of you » (comme c’est aimable à vous), j’ai donc commencé avec cette phrase et cette idée globale « How kind of you to think of me when I was out of sorts » (Comme c’est aimable à vous d’avoir pensé à moi lorsque je ne me sentais pas très bien) au lieu de « Thanks very much for thinking of me when I wasn’t feeling too good » (Merci beaucoup d’avoir pensé à moi quand je n’étais pas dans mon assiette), ce qui est la manière ordinaire de le dire. J’aime cette sorte de langage légèrement élégant, donc je l’ai imaginée du point de vue de quelqu’un comme ça, écrivant une lettre de remerciement. « How kind of you to think of me. It was very nice… » etc, etc. Ce n’était pas au sujet de quelque chose de particulier, juste m’amuser avec ce langage puis essayer d’y ajouter une mélodie plus rock and roll, pop, pour mieux y coller et tout est parti de la phrase “How kind of you”.

 

How Kind of you était-elle terminée lorsque tu as commencé à enregistrer ou as-tu dû la travailler en studio ?

 

On l’a travaillée en studio. C’en était une que j’ai apporté comme une sorte de, je ne me souviens pas de la tonalité (chante) « How kind of you to think of me, when I was out of sorts », c’était comme un bourdonnement et une sorte d’harmonium (chante) « how kind of you to think of me ». On l’a juste mise dans une sorte de terre oubliée, comme une terre indienne (chante) « When I was out of sorts », ça a donc changé sa nature d’y intégrer l’harmonium donc elle est devenue comme une sorte de continent indien, puis cette chanson pop assise à son sommet puis on y a ajouté de la batterie vers le milieu et de la basse sur une sorte d’air des années 60, me rappelant presque les Doors, une sorte de deux battements étranges ; mais oui, elle a évolué en studio.

 

Jenny Wren est la suivante : comment as-tu écrit cette chanson ?

 

Avec Jenny Wren c’est une de ces choses. J’aime jouer de la guitare en acoustique donc j’ai fait des choses telles que Blackbird, Mother Nature’s Son, – Calico Skies plus récemment juste parce que j’aime joue de la guitare en acoustique. C’est agréable. Des millions d’autres personnes et moi aimons faire cela. J’étais à Los Angeles et j’étais d’humeur « Je veux partir et jouer de la guitare dans un endroit gigantesque » donc je suis allé dans l’un des canyons, super paysage, loin du trafic et de tout, j’ai trouvé un petit endroit et je me suis assis et j’ai commencé à jouer de la guitare et j’étais, quand tu joues Blackbird c’est en deux parties, Blackbird, au lieu de juste (joue) gratter tu fais un peu de picking (joue) et tu as les deux notes, j’essayais de jouer quelque chose de similaire donc c’était comme (joue) donc j’avais toujours les deux notes, comme une ligne de basse et une petite mélodie (joue) et lorsque j’y suis arrivé, c’était cool parce que ça aurait dû être (joue) plus en accord majeur parce que ça a toujours été dans l’accord majeur jusqu’ici (joue) mais c’était vraiment sympa et la chose cool était que quand je l’ai jouée, une autre note est venue (joue), cette petite note est venue par erreur (chante) et j’étais un petit peu fasciné. « OK, bien » (chante) « Like most other girls, Jenny Wren could sing, but a broken heart took her song away… » (Comme beaucoup d’autres filles, Jerry Wren pourrait chanter mais un cœur brisé a emporté sa chanson…). C’est ce genre de choses que j’aime et je me suis bien amusé, j’ai écrit la base dehors, dans le canyon, beau temps, je suis rentré à la maison le soir et je me suis assis avec les filles alors qu’on préparait le dîner, je l’ai chantée et je l’ai jouée.

 

Et qui est Jenny Wren en réalité ?

 

Tu sais c’était, c’est personne. C’est comme beaucoup de mes trucs, c’est une chose fabriquée. Mais c’est drôle parce que je parlais avec quelqu’un hier et je disais combien j’aime Dickens, je lis beaucoup Dickens. Elle en parlait pour d’autres raisons. Et cette personne me dit « Ah Jenny Wren. Notre amie commune » qui est ce personnage dans le livre de Dickens « Our Mutual Friend » (Notre ami commun) et c’est une petite fille très cool avec quelque chose de magique, qui voit le bien dans les choses et je pense qu’inconsciemment ça m’a rappelé d’où ça m’est venu mais pour moi c’était juste lié à Blackbird, au roitelet : le roitelet est l’un des mes oiseaux préférés, petit oiseau anglais, c’est le plus petit oiseau anglais et je me sens toujours privilégié lorsque j’en vois un parce qu’ils sont très peureux et c’est juste « Ah ! », donc un amalgame de tout cela. C’est mon oiseau favori et au lieu d’en faire un oiseau, une fois encore comme pour Blackbird, plus précisément cette fois j’en ai fait une femme, tu sais, une fille. Je me suis bien amusé à faire cette chanson.

 

La chanson suivante est intitulée At The Mercy.

 

J’ai écrit At The Mercy un jour de repos à Los Angeles. Parfois, lorsque tu enregistres un album, tu commences à ressentir ce que le producteur et toi recherchent et quelle sorte de nouvelle chanson devrait convenir avec ce qui a déjà été enregistré. Celle-ci a été écrite quelque chose comme un dimanche alors que j’étais de repos pour le week-end. On avait travaillé toute la semaine. Alors le dimanche j’ai pensé « Oh, j’aimerais arriver au studio avec celle-là demain » et j’avais quelque chose de totalement nouveau qu’il n’avait jamais entendu et que je n’avais jamais entendu non plus. Juste très, très fraîche ! Je tapotais sur le piano et il y avait un ou deux accords que j’aimais bien, des accords légèrement plus sombres que ceux que j’ai pour habitude de jouer. Puis cette phrase m’est revenue. Beaucoup de gens font ça quand ils écrivent, ils laissent les choses arriver, ça peut être « Scrambled Eggs, Baby o var, Baby’s legs Oh no ver, Man of here, Man of Fire » puis tout d’un coup tu pars sur « ‘Ooh Man of Fire that could be a direction you know” (ooh Man of Fire ça pourrait être un bon truc) et avec moi c’est devenu « At the Mercy », A la merci de quoi ? A la merci d’une route embouteillée. A la merci d’une route embouteillée et je n’y attachais aucune signification mais une des choses que j’aime pour mes chansons c’est qu’après les avoir écrites tu peux y apporter une signification. Je parlais à Heather de celle-ci et elle m’a dit « Whoa ! Pour moi à la merci d’une route embouteillée ». Souviens-toi qu’elle a perdu sa jambe dans un accident. Tu sais c’est très approprié. C’était le genre de choses auxquelles je pensais, aux surprises que la vie peut te réserver, tout va bien puis soudainement « Oh non ! » et c’est une scène similaire à celle de Maxwell’s Silver Hammer. Sauf que celle-là était une sorte de comédie sombre basée sur cette idée : tu ne sais jamais ce qui t’attend au tournant. Donc At The Mercy c’est ça, je l’ai apportée à Nigel le lendemain et lui ai dit « Que penses-tu de ça ? » Il a répondu « Génial, génial » C’est devenu sa chanson préférée. On l’a donc travaillée, à la base il fallait trouver un ou deux accords qui soient suffisamment sombres pour faire passer ce genre de message que la vie peut te réserver des surprises et qu’est-ce qu’on fait ? Je ne sais pas, restons déterminés quoiqu’on fasse.

 

Quelle inspiration se cache derrière la chanson suivante, Friends to Go ?

 

Ce qui est drôle à propos de certaines chansons est que lorsqu’on les écrit on pense être quelqu’un d’autre (il prend la guitare). Je veux dire que lorsque je faisais The Long and Winding Road je pensais que j’étais Ray Charles. (la chante). En fait, son enregistrement avec les Beatles n’a absolument rien à voir avec Ray Charles. Mais dans ma tête j’étais lui. Je jouais du Ray. Et pour Friends to Go j’ai réalisé que je jouais du George Harrison. Donc pour moi ça commençait à sonner comme une chanson de George Harrison. J’écrivais avec cette idée dans ma tête, ça ressemblait à (chante) « I’ve been waiting on the other side for your friends to leave so I don’t have to hide. » (J’attendais de l’autre côté que mes amis s’en aillent afin de plus avoir à me cacher)

 

Tu sais toute cette séquence (joue) je peux voir George la faire (chante) I’ve been waiting on the other side for friends to go ». Donc c’était ça. Tu sais c’était juste s’asseoir pour écrire et l’impression que George venait me rendre visite et j’ai continué à écrire en pensant “George pourrait l’avoir écrite”, c’était sympa. C’était comme une sorte de chanson amicale à écrire. Je continuais à imaginer que j’étais dans une sorte de logement social, là où ces gens vivaient, dans une sorte de bloc d’appartements et j’étais comme de l’autre côté, les regardant et attendant qu’ils partent pour que je puisse entrer. Je ne sais pas pourquoi, un psychiatre pourrait probablement bien s’amuser sur celle-ci.

 

La chanson numéro 6 est English Tea, un titre qui fait sourire…

 

C’est euh, les paroles disent “très maniéré, très moi” et je pense que c’est vraiment moi. Les Beatles ont fait une sorte de musique anglaise, après qu’ils se soient défaits de leurs racines, de leurs influences américaines. Tu sais beaucoup de nos trucs au début étaient « Some other guy now » et tu sais le pur rythm and blues qu’on aimait (chante Twist and Shout) venait directement d’Amérique. Puis nous avons commencé à jouer des choses qui nous ressemblaient plus et ce genre de chose c’est particulièrement moi, cette sorte de English Tea. Une fois encore c’était cette fascination pour la façon dont les gens parlent, la façon dont certains Anglais parlent. Mais l’idée a commencé, j’étais en vacances et si tu veux une tasse de thé, tu ne fais pas ce que tu fais en Angleterre, dire « une tasse de thé s’il vous plait », ils demandent toujours « quelle sorte de thé ? »Tu sais en Angleterre jamais personne ne te demandera « quelle sorte de thé ? » Maintenant ils le font mais dans le temps on ne te demandait jamais « quelle sorte de thé ? » Ca aurait été « que voulez-vous dire ? une tasse de thé. ». Donc maintenant ils disent « quelle sorte de thé ? » et tu dois répondre « English Breakfast tea » puis ils disent « OK, OK » et quand on te l’apporte tu sais que tu as une tasse de thé ordinaire. Donc je pensais que c’est ahurissant d’appeler ça thé anglais mais je pense que c’est original pace qu’on ne dit pas ça. J’ai donc commencé à jouer avec cette idée de thé anglais. Puis, comme je l’ai dit, il y a un Anglais plus âgé auquel je pense qui, au lieu de dire « Do you want a cup of tea ? » (Voulez-vous une tasse de thé ?) pourrait dire « Would you care for a cup of tea ? » (Aimeriez-vous une tasse de thé ?) c’est juste la façon dont ils le disent et j’aime ça. « Would you care ? » et dans ce cas « Would you care to sit with me for a cup of English tea ? » (Aimeriez-vous vous asseoir auprès de moi pour une tasse de thé ?).Donc je suis vraiment parti sur cette façon succédanée de parler, ce langage édulcoré que j’aime. Je pense que c’est très sympathique, très anglais, et je me suis même arrangé pour travailler sur le mot « peradventure » (par hasard) dont je suis très fier. Comme j’ai pas mal lu Dickens, ça m’est venu de… je crois qu’il y a un mot « peradventure » et je pense, comme je l’ai dit, l’avoir lu dans Dickens (tu y trouves tous ces mots anciens). Puis j’ai pensé « j’espère ne pas m’être trompé car je l’ai mis dans la chanson ». ‘Do you know the game croquet … Per adventure we might play’ … You know I thought ‘Oh I hope this is right ‘ I looked it up in the dictionary, : ‘peradventure – perhaps, maybe’ ‘Yes !’ (« Vous connaissez le jeu de croquet… pourrions-nous y jouer par hasard ? » Tu sais je pensais « Oh j’espère que c’est ça ». J’ai regardé dans le dictionnaire « par hasard – peut-être » « Oui »)

 

Je pensais “Oh super je suis quasiment sûr que peu de gens mettent ça dans une chanson”. Puis aussi « Do you know the game croquet, peradventure we might play, Very gay Hip hooray » (Vous connaissez le jeu de croquet, peut-être pourrions-nous y jouer. Très gai Hip Hurrah) tu sais le vieux sens du mot « gai » donc c’était sympa, c’était ce croquet, très anglais, les pelouses, les roses trémières, les roses, très Alice au Pays des Merveilles, j’avais aussi ça en tête, qui nous a beaucoup influencé John et moi, pour l’écriture des chansons. Lucy in the Sky with Diamonds, c’est Alice pour nous (chante) Picture yourself… ». Toute l’idée de « Picture yourself » (Imagine-toi), tu sais dans un bateau sur une rivière, très Alice, très Lewis Carroll, c’est juste la façon que j’aime d’écrire ça, une petite chanson très fruitée.

 

Too Much Rain vient ensuite. D’où vient cette chanson ?

 

La véritable inspiration de Too Much Rain est Smile, une chanson que Charlie Chaplin a écrite, peu de gens savent que c’est lui qui l’a écrite, tu penses généralement à lui en tant que comédien mais ça m’a toujours fasciné d’apprendre qu’il avait écrit cela, une belle chanson. Le bon vieux Charlie l’a écrite. Je pense que c’était pour un film, Les Temps Modernes ou quelque chose du genre, c’est ça ? C’est une belle chanson et l’idée de Smile (chante), « Smile even though your heart is breaking Smile when your heart is breaking do do » (souris même quand ton cœur se brise, souris quand ton cœur est brisé). C’était une allusion à quand tu te sens très mal, tu sais quand tu ne vas pas du tout cette chanson te remonte le moral. La chanson Smile te fait cette sorte d’effet, te pousse, tu te sens bien parce que tout ira bien. Donc c’était ça. Je pense aussi que d’une certaine façon je pensais à ma femme Heather qui a connu beaucoup de moments difficiles dans sa vie et le refrain dit ce genre de choses « Ce n’est pas juste dans une vie. Beaucoup trop de pluie ». C’était cette sorte d’inspiration et je ne suis jamais vraiment spécifique, je ne dirais jamais exactement de quoi il s’agit puis ça prend de l’ampleur et c’est pour tous ceux qui ont connu trop de moments difficiles dans leur vie. Et c’est vrai pour un nombre affolant de gens. Mais c’était ça, c’était juste une sorte d’aide.

 

Prochaine sur la liste, Certain Softness.

 

Pour moi, Certain Softness est une chanson d’amour. J’aime la musique brésilienne, j’aime cette sorte de rythmique, latino et les choses de ce genre. Je pense que c’est sexy, très romantique, en fait j’étais en vacances où j’écris beaucoup parce que j’ai beaucoup de temps. C’est bien moi, je suis en vacances pour travailler ! Je n’y pense pas comme du travail, c’est plus… j’aime bien traîner. J’étais en Grèce, sur un bateau, et cette musique latino est venue en moi. J’ai juste trouvé de bons accords et l’idée d’une certaine douceur dans ses yeux et d’une certaine tristesse m’a hanté. C’est le genre de chanson d’amour que j’ai écouté et que j’aime car j’aime bien les trucs rétro, c’est tellement bien fait. J’ai beaucoup d’influences d’avant mon époque, d’avant celle de mon père, les gens comme Fred Astaire, des gens comme ça que j’écoute et que j’aime vraiment. Parfois tout cela remonte en moi et devient une nouvelle chanson, si j’ai de la chance. C’était une de celles-la et j’aime beaucoup la façon dont on l’a enregistrée, qui est très simple. C’était juste moi jouant de la guitare et on a décidé de l’essayer. Ca se passait à LA et le joueur de bongo, Joey, était assis sur le plancher et le guitariste était assis par là, et j’avais une guitare, c’était juste deux guitares et les bongos, c’était très informel. Mais on a fait une bonne prise puis on est partis de là et ça donne un son très intimiste sur le disque. J’aime vraiment le son de cet enregistrement.

 

Comment as-tu travaillé le titre 9, Vanity Fair, en studio ?

 

Vanity Fair j’avais à l’origine un tempo assez rapide, je l’avais comme (joue et chante), I bit my tongue (je me tais). C’était comme (joue et chante) c’était toutes sortes de saccades et très rapide et je suis arrivé un soir et toutes ces choses avaient reposé un peu et on a dit OK allons-y juste pour (joue et chante « I bit my tonge ». J’étais comme submergé (joue) on l’a jouée ce qui a totalement changé l’ambiance mais c’était celle que Nigel n’aimait pas (chante) « I bit my tongue… » C’était toutes ces phrases courtes alors il m’a encouragé à essayer de trouver autre chose donc ça s’est terminé en gardant la première ligne, celle qu’il aimait (chante) « I bit my tongue. I never talked too much…. » (je me tais, je n’ai jamais trop parlé) et on a joué beaucoup plus doucement les deux lignes suivantes et « Where did it get me ? Where did it get me ?’ » (Où cela m’a-t-il amené ? Où cela m’a-t-il amené ?) J’ai juste travaillé ça, garder le genre de signification lorsque tu approches quelqu’un amicalement et qui n’en a rien à faire, te rejette et ce n’est pas envers quelqu’un de particulier, c’est à ropos des gens qui sont comme ça, on en rencontre tous dans la vie, tu t’entends bien avec quelqu’un et « Well, I bit my tongue, I didn’t talk too much » et c’est une de ces chansons ou tu rends la monnaie de leur pièce à ces gens en écrivant une chanson à propos d’eux et à quiconque se sent concerné, les gens qui sont juste une sorte de berck et c’était ça ouais, on a fait le fond musical mais on n’aimait pas la chanson de base. On aimait ce morceau. C’était sympa, sombre et un peu triste. Nigel a fait des trucs avec des échos, ce genre de trucs zarbi mais on l’a retravaillée dans le studio et on a continué à la travailler jusqu’à ce qu’on aime toutes les paroles et toute la mélodie et à la fin j’ai dit “OK Attendez une minute. C’est une bonne chanson maintenant ». parce qu’elle allait être écartée de l’album. Elle n’allait pas être dessus et quand on a fini c’était « OK on aime celle-là maintenant » et elle est revenue sur l’album donc tout ce travail en valait la peine.

 

Et la suivante est Follow Me.

 

Follow Me est une de ces chansons qui s’écrit presque toute seule. Tu sais parfois tu te sens bien dans ta vie, pas toujours mais tu as eu de la chance. Tu te sens bien (joue) et j’ai en fait fait quelque chose lorsque j’ai chanté Let It Be et je pensais « C’est sympa d’avoir une chanson comme ça parce que c’est presque religieux mais c’est très édifiant, tu sais. « There will be an answer, let it be, » etc. (joue) C’est en Do, en ouvert (chante) « When I find myself, in times of trouble »,’donc je patouillais autour de ça et je pensais au même genre de chose. Qu’est-ce que c’est ? C’est juste quelqu’un de très important dans ta vie ou c’est son esprit de bontéou autre, quelque chose de géant donc c’était juste. « You lift up my spirits, you shine on my song, whenever I’m empty, you make me feel whole, I can rely on you to guide me through any situation, hold up the sign that reads, Follow Me » (Tu me redonnes courage, tu brilles sur ma chanson, chaque fois que je suis au plus profond tu me remontes, je peux compter sur toit pour me guider dans toutes sortes de situation, tenant cette pancarte qui dit « suis-moi »). Allons-y les gars, tout le monde s’y met. C’est une de ces chansons qui s’écrit toute seule une fois que tu t’y mets. C’était comme : tu fais ça, c’est super, tu m’as donné la voie, juste l’inspiration.

 

Comment as-tu travaillé Promise to you Girl ?

 

Ca a commencé au piano. Je voulais juste… c’est une chanson en deux parties de piano. La main droite joue la mélodie puis la basse a un rôle bien défini au lieu de juste improviser des accompagnements, donc c’était comme un petit problème mathématique essayant de trouver comment je pourrais faire ça et j’ai juste commencé à chanter (chante). « Gave my promise to you, girl. I don’t wanna take it back. » (je t’ai donné ma parole, je ne veux pas la reprendre). Puis c’est devenu une sorte de chanson Motown, je pouvais entendre les tambourins et les chooka, chooka, chooka, je pouvais entendre les gars de la Motown, The Funk Brothers faisant les chœurs « You and me, side by side, we know how to save the world. » (Toi et moi, côte à côte, nous savons comme faire pour sauver le monde). En réalité, à l’origine, ça ne l’était pas, c’était légèrement moins positif. Je ne me souviens pas comment c’était mais ce n’était pas ça, « we know how to save the world. » De toutes façons, on a travaillé sur ce titre aux airs de la Motown (chante). « That is why I gave my promise to you girl, » second verse, diddly, diddly der. Puis j’avais cette autre chose qui commence (chante) « Looking through the backyard of my life, Time to sweep the fallen leaves away, Gave my promise to you girl. » (Je revois le jardin de ma vie, il est temps de balayer les feuilles mortes, je t’ai donné ma parole). Et c’est aussi la fin. C’est en fait deux petites chansons mises ensemble et on l’a faite en studio, c’était en multi-pistes parce que c’était juste moi qui jouait, je pense que j’ai commencé au piano, ensuite j’ai mis la basse, un peu de batterie puis Nigel a commencé à m’encourager à jouer de la guitare donc c’est devenu un peu plus compliqué, un ensemble de petites choses mais je pense que ça sonne comme un groupe.

 

Le numéro 12 est This Never Happened Before. Parle-nous de cette chanson.

 

Une fois encore c’était, It’s Never Happened Before est une chanson d’amour et tu sais, je suis un amoureux, pas un combattant comme ils disent. Je pense que c’est une chose vraiment importante dans le monde et on en parle, on le chante beaucoup, tu connais certainement Silly Love Songs, qu’est-ce qui ne va pas dans le message ? J’aime ça, j’aime faire ça, donc c’est une vraie chanson d’amour. Elle s’est écrite un peu toute seule, c’est juste (chante) « I’m very sure it’s never happened to me before. » (Je suis certain que ça ne m’est jamais arrivé auparavant). Ca aide toujours d’avoir des cordes et les cordes en ouverture du couplet y ont leur place et ça t’installe avec ta mélodie et tu te sens aller quelque part, c’est ce qui est arrivé, j’ai écrit et enregistré. C’est l’une des premières choses qu’on a fait à Rak avec Nigel, c’était une des choses qui nous permettrait de voir si on pouvait travailler ensemble et j’ai pensé « C’est bon. On va en faire quelque chose ». Celle-ci et Follow Me sont réellement les deux premières sur lesquelles Nigel et moi avons travaillé et une belle petite histoire à ce propos, j’étais en Amérique, je me faisais faire un massage et je l’ai jouée et la fille qui m’avait fait le massage a dit « Oh, j’aime cette chanson, elle est magnifique » puis elle m’a dit qu’elle allait se marier donc je la lui ai envoyée quelques semaines plus tard, elle m’avait donné la date de son mariage, j’ai pris son numéro et je lui ai envoyé une petite lettre disant « Si vous aimez tellement cette chanson, pourquoi ne pas la passer lors de votre mariage ? », et j’ai dit « mais ça peut faire un bon bootleg » « donc passez-la et renvoyez-la moi. Vous ne pouvez pas la garder mais je vous enverrai l’album quand on l’aura terminé » et c’était génial, très charmant. Ils ont fait ça. Ils se sont mariés et ça a été leur première danse. C’est très romantique mais c’est très mignon car elle vient de m’envoyer une lettre, me remerciant, me parlant du mariage, de son mari et elle a juste écrit cette petite ligne, elle disait « Nous avons passé un super moment. On a ri, pleuré » et je crois que ça résume cette chanson pour moi.

 

Le « dernier » titre est Anyway.

 

 (Chante) « Anyway, anyway » yeah, ça commence avec le petit couplet (chante) « If you need me, won’t you call me ? » (si tu m’aimes, tu m’appelles). Puis c’est allé tout seul et une fois encore j’avais cette impression, pourquoi as-tu ces impressions ? Je ne sais pas mais j’avais l’impression que c’était comme le sud profond de l’Amérique, comme Charleston, Savannah, quelque chose à voir avec les cordes peut-être. Il y avait quelque chose qui me rappelait Randy Newman. Une fois encore ça ne lui ressemblait pas du tout mais au moment où je faisais ça, j’avais cette impression. Puis il y a ces autres cordes qui arrivent vers le milieu du couplet, qui étaient Oooh, ça a vraiment commencé à m’inspirer. (chante) « Only love is strong enough to take it on the chin, » (Seul l’amour est assez fort pour ne pas se laisser abattre) et c’est légèrement parti dans une autre direction qui a donné ceci (chante) « Anyway, anyway, you can make that call. » (de toutes façons, de toutes façons, tu peux appeler). Quand elle a été écrite, je l’ai prise et amenée à Los Angeles où il y avait l’arrangeur pour les cordes, on fait appel àdeux personnes pour les cordes, l’une d’elles est David Campbell, il se trouve que c’est le père de Beck, ou il se trouve que Beck est son fils, puis on fait appel un autre gars, Joby Talbot, qui est aussi très bon, c’est notre gars anglais, donc je l’ai apportée à David et on a fait un petit arrangement sur les cordes et ça a ficelé le tout, et ça a donné une sorte de ballade : Anyway.

 

Anyway n’est pas vraiment la dernière chanson. Il y a un instrumental caché en 3 parties qui termine l’album…

 

On avait bien avancé sur l’album. On avait presque terminé puis on a pensé « Si on commençait l’album avec quelque chose pour rien, pas comme une chanson ? Commençons-le avec une sorte de jam, un bruit, juste quelque chose pour capter l’attention puis on attaque la première chanson », puis on a dit « OK, super » et j’aime toujours ça, tu te fous de tout et tu te lances « OK faisons quelque chose complètement différent ». Ce n’est pas une chanson, ce n’est pas une chose, on joue un peu et Nigel dit « Pourquoi pas quelques idées, chansons et on les jouera. Ca ne doit pas nécessairement être long. On verra laquelle marche » puis il dit « allez-y, faite deux trucs. Puisque vous y êtes pour un, autant en faire deux » puis j’ai pensé « OK, je vais en faire trois, juste pour lui montrer ». Le piano était là et j’ai commencé un premier truc, deuxième petit truc et j’ai dit « OK j’ai une ou deux idées » et il dit « OK, ça le fera » alors on a enregistré le premier morceau de piano. (Chante) juste rien du tout, juste face à toi, tirant la langue, on s’amusait. C’était comme si les adultes s’étaient barrés, tu sais, ils nous avaient laissé seuls dans le studio donc « OK on y va » puis je me suis mis à la batterie, je tapais dessus et on a enregistré en l’espace de dix minutes, bon, peut-être une heure mais on a juste fait les trois et à la fin, au lieu d’en choisir un pour le début, on les a assemblés et on les a mis a la fin.

 

Quelle est l’histoire derrière le titre de l’album ?

 

Tu sais, tu cherches toujours un titre une fois que tu as terminé un album. L’album des Beatles Abbey Road aurait dû s’intituler Everest puis soudainement ça n’a pas semblé être une bonne idée et on a décidé de l’intituler Abbey Road, une fois que tu l’as, tu te sens bien donc je cherchais et une fois qu’on a eu terminé l’album et Promise To You Girl (chante) « Looking through the backyard of my life, » j’ai pensé « Backyard ». ça semble être bon pour un album, juste Backyard. J’ai appelé Nigel et lui ai dit « Que penses-tu de Backyard ? » il a répondu « c’est bon mais pas très intriguant. C’est un peu percutant mais pas très intriguant. Pourquoi ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Tu sais” Donc “OK” Je l’ai rappelé le lendemain et j’avais eu l’idée de peut-être l’intituler « Looking in the Lyrics ». Dans Fine Line il est dit qu’il y a un long chemin entre le chaos et la création donc j’ai pensé « OK, peut-être chaos et création feraient un bon titre mais ça semblait un peu trop monumental, Chaos et création, le livre des ecclésiastiques, tu sais, c’était un peu trop bourge puis j’ai pensé « In the Backyard » et cette sorte de chose aussi et ça vient de Promise To You Girl alors j’ai rassemblé ces deux petits bouts de phrase et arrêté de plaisanter et d’être trop prétentieux on en a parlé puis il m’a envoyé un message : « Tu sais, c’est bien, c’est bien adapté car l’album a été un peu ça, chaos, création, c’est du fait-maison, c’est un peu dans ta cour tu sais. « Oui, on prend ça » Puis il m’a juste envoyé un texto « Oui, j’aime ça, ça convient bien, oui ». Et voila l’histoire.

 

En conclusion, Paul, que t’a apporté de faire cet album ?

 

Tu sais, d’avoir fait cet album, j’ai un disque que j’aime et c’est ce que j’ai entrepris. Je voulais être capable d’avoir un disque que je voudrais jouer et si d’autres personnes l’aimaient ce serait un bonus, donc, oui, j’ai un disque que j’aime.

 

Et que penses-tu ça apportera à l’auditeur gagnera qui l’écoutera ?

 

Je n’ai jamais vraiment pensé à ce qu’un disque apporte aux gens parce que c’est très difficile. Tu commences à vouloir qu’ils te donnent des choses qu’ils ne te donneront pas. Donc il y a longtemps j’ai appris, faire quelque chose que j’aime puis les gens y apportent leur propre interprétation et ça me va. Le principal est qu’il me plaise et j’aime celui-là.

Questions réponses avec Paul McCartney

 

Faire le jardin ? Enlever les mauvaises herbes ? Qui pourrait demander plus ? Mais ne vous attendez pas à ce que Paul McCartnery lève le pied quand il aura 64 ans. Juste un an avant l’âge qu’il a immortalisé en chanson, McCartney est fin prêt pour la sortie du 20ème album de sa carrière post-Beatles et pour sa grande tournée aux Etats-Unis. « Chaos and Creation in the Backyard » arrive dans les bacs le 13 septembre sous le label de Capital records aux Etats-Unis et sous celui d’EMI partout ailleurs dans le monde. McCartney’s US Tour, comme il l’appelle, commencera le 16 septembre à The American Airlines Arena à Miami. Mais ce chevalier liverpoolien du royaume ne se confine pas dans le cycle classique album-tournée-album tournée. L’été dernier, McCartney était sur la scène du célèbre festival de Glastonbury et a joué en hommage à ses copains maintenant décédés : John Lennon et George Harrison.

 

En février, il jouait au Super Bowl XXXIX à Jacksonville, Floride. Lorsqu’il a été appelé pour rejoindre le mouvement mondial de prise de conscience du Live8 en juillet, McCartney était partout. Dans un autre domaine de créativité, McCartney publiera le 4 octobre « High in the Clouds », pour les livres d’enfants des éditions Penguin, en collaboration avec l’auteur Philip Ardagh et avec l’animateur Geoff Dunbar. Mais pour les fans de longue date de McCartney, concentrons-nous d’abord sur sa musique.

 

Sur « Chaos », l’artiste reprend le rôle de multi-instrumentiste qui faisait la particularité de « McCartney », son premier projet post-Beatles – sorti il y a 35 ans – et de « McCartney II » sorti dix ans plus tard. – pour ajouter du piquant au challenge de McCartney, c’est son premier retour en studio depuis quatre ans, après la sortie de « Driving Rain » en 2001, qui fut une modeste performance sur le marché par rapport aux standards exigeants de McCartney. En interview avec Billboard à la veille de la sortie de « Chaos and Creation in the Backyard », McCartney précise que les seuls challenges dont il a maintenant besoin sont ceux qu’il se fixe lui-même. Avant cette interview, Billboard a écouté la copie presse du nouvel album, crédité sous un pseudonyme pour des raisons de sécurité.

 

Q : Je crois que les gens seront surpris de voir que c’est ton 20ème album en solo.

 

PAUL : Je suis moi-même surpris car je ne compte pas le nombre d’albums que j’ai faits, je fais juste le suivant et il me plaît. Il y a toujours des gens pour dire « Tu sais que ça fait 40 ans depuis les Beatles ? » et je réponds « Fiche-moi la paix » ou « tu as fait 3000 concerts », je dis « jamais ». Bien sûr, plus les années passent, plus les chiffres augmentent. Mais ça n’a pas vraiment d’importance pour moi que ce soit le 30ème ou le 3000ème. Mais en même temps c’est plutôt impressionnant.

 

Q : Comment s’est passée ta première rencontre avec le producteur Nigel Godrich ?

 

PAUL : Nos idées étaient étonnamment similaires. Je crois que j’ai dit « Je vais faire un super album » au lieu de dire « J’aimerais faire un bon album », je vais me mettre la pression et me motiver » et il a répondu « si je le fais avec toi, il faut que ce soit toi ». J’ai suggéré quelques trucs que j’écoutais à ce moment-là dont nous pourrions nous inspirer et il a dit « Non, on a suffisamment d’inspiration, les gens veulent un album qui sonne comme toi. » Nous avons donc décidé de passer deux semaines dans les studios Rak à Londres pour voir si on pouvait travailler ensemble ou si on ne pourrait pas du tout nous entendre. Ca semble avoir bien marché. La première semaine, je suis arrivé avec mon groupe, pensant que c’était la façon dont on devait travailler mais il a commencé à faire savoir vers la fin de la semaine qu’il voulait, comme il l’a fait d’ailleurs, me mettre hors de ma zone de sécurité, faire quelque chose qui soit différent.

Q : En quoi ?

 

PAUL : Il a dit « J’aime ta façon de jouer de la batterie » J’ai répondu « J’ai un des meilleurs batteurs du monde, Abe (Laboriel) » il a répondu « Oui, mais c’est assez rassurant. Tu connais ces gars, ils te connaissent. J’aimerais essayer de faire quelque chose sans eux. » J’aime jouer de la batterie, j’aime jouer sur beaucoup d’instruments. J’ai beau ne pas être le meilleur batteur du monde mais il aime ma façon de jouer. Je me souviens de ce que me disait Elvis Costello sur ma façon de jouer de la batterie. Il s’est avéré que c’était ce qu’il voulait et j’ai dû dire aux gars du groupe « Ecoutez, on jouera ça en live mais j’espère que vous comprendrez » Ils ont été vraiment cool et on s’est mis en route.

 

Q : Tu as parlé d’Elvis Costello avec qui tu as collaboré sur l’album « Flowers in the Dirt » (en 1989) et il semble que ce soit ton meilleur album depuis celui-ci. Y a-t-il un lien, en termes d’amener quelqu’un de nouveau qui soit prêt à te dire ce qui va et ce qui ne va pas ?

 

PAUL : je pense que c’est probablement vrai. Quelqu’un que tu respectes, qui a son propre respect dans la communauté et qui est assez franc pour te dire : « Non, on peut faire mieux que ça ». Ce qui est amusant, j’aime toujours ça, mais ce qu’il se passe quand tu arrives à une certaine position, les gens penseront naturellement, dans un sens, que quoique tu dises tu auras raison. Mais dans beaucoup de domaines dans lesquels je travaille, les tournées ou le bureau, si tu pouvais assister à l’une de nos réunions, tu entendrais : « OK, qui a une bonne idée ? Que faisons-nous maintenant ? » J’aime vraiment le travail en équipe. 

 

Q : lorsque tu rencontres de nouvelles personnes, pas seulement au bureau mais aussi dans la vie, tu dois mener la conversation. Tu dois savoir qu’un nombre affolant de personnes sont très intimidées à l’idée de te rencontrer.

 

PAUL : Oui c’est vrai. Ca serait comme lorsque j’ai rencontre Phil Everly. C’était un tel personnage pour moi lorsque j’étais jeune que j’ai été stupide et lui ai dit « euh…. J’étais toi…. John était Don… » et toutes sortes d’idioties et il était vraiment gêné. Je suis très conscient de ça même avec les gens chez le marchand de journaux. Je vais un peu ce que l’on fait à Liverpool (en plaisantant) « Voila, je ne voudrais pas vous créer d’ennuis » ou autre. Je suis face à eux et ils disent « Oh, il est comme tout le monde » et on est vite à l’aise. C’est très commode dans des situations telles que celle-ci. Les gens s’attendent toujours à ce que tu te ballades en limousine mais il m’arrive de prendre les transports en commun si c’est plus facile et ça surprend les gens, donc je prends parfois le bus. Certaines personnes me remarquent et cette femme noire me dit « Hey, vous êtes Paul McCartney ? », elle parlait assez fort. J’ai répondu « Oui mais je ne veux pas vous créer d’ennuis » et elle a rit. Je lui ai dit « si vous voulez me parler, venez vous asseoir à côté de moi. » C’est ce qu’elle a fait et elle m’a raconté sa vie, qu’elle allait rendre visite à sa sœur, etc.

 

Q : Bientôt une nouvelle tournée aux Etats-Unis laisse penser que tu vas bien t’amuser maintenant.

 

PAUL : A la fin de ma dernière tourne américaine, les promoteurs ont dit : « on pourrait en faire plus, prolongez-la ». Parce que je ne pars pas en tournée pour plus de trois mois, car ça devient ennuyeux pour moi et ça devient vraiment une corvée. Nous faisons des tournées de trois mois, ce qui est déjà beaucoup, nous avons un jour de concert, un jour de repos, c’est assez relax par rapport à notre rythme de travail.

 

Q : penses-tu jouer plus de « nouvelles vieilles » chansons ? 

PAUL : oui, j’en ai trouvé quelques-unes je dois dire, ce sera la surprise. C’est l’un de mes grands plaisirs maintenant parce que je résistais à jouer des chansons des Beatles. C’était comme si je mettais une croix sur le passé mais j’ai réalisé que le public les aimait, ça ne les gêne pas que tu fasses ça – tout au contraire en fait. Mais j’ai trouvé que, lors de la dernière tournée américaine, des choses telles que « Hello Goodbye », que je n’avais chantée en live auparavant était très entraînante pour moi et pour le public. Donc c’est devenu un grand bonus. Il y a quelques chansons que j’ai jouées en Europe mais jamais sur le sol américain et je pense à quelques autres que je n’ai jamais jouées avant donc ça veut dire que c’est très frais.

Sold On Song

Le 28 Juillet 2005, dans le cadre de la promotion de « Chaos and Creation in the Backyard », Paul McCartney donnait un concert au studio 2 d’Abbey Road. Nous vous présentons ci-dessous un mini-dossier sur cet événement.

Nous vous livrons ci-dessous la set-list de ce concert exceptionnel donné au studio 2 d’Abbey road devant un parterre de 50 personnalités :

  • Friends To Go 
  • In Spite Of All The Danger 
  • Twenty Flight Rock 
  • Things We Said Today 
  • Too Much Rain 
  • How Kind Of You 
  • Band On The Run 
  • Fine Line 
  • Lady Madonna 
  • English Tea 
  • Heartbreak Hotel 
  • Jenny Wren 
  • I’ve Got A Feeling’ ’Follow Me 
  • Blackbird 
  • Mellotron samples / ’Strawberry Fields Forever 
  • Anyway 
  • Jamming Track Finale

Interview présente dans le livret promo fraçais (EMI/JS) 

Comment vous sentez-vous maintenant que l’album est terminé et prêt à sortir ? 
PM : Publier l’album n’est pas le moment que je préfère car c’est comme laisser partir votre bébé. L’enregistrer, par contre, est passionnant. Le publier est plus difficile. Il faut penser à la promotion et ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus motivant. Mais j’ai adoré faire ce disque et j’aime l’idée qu’il sorte car les gens vont pouvoir l’entendre. 
Lorsque vous vous apprêtez à enregistrer un nouvel album, en passez-vous toujours par le même processus ? 
PM : C’est très étrange, même avec les Beatles, on se disait : « OK, on a fait un grand disque, maintenant on sait comme il faut faire, ça va être facile. » Et puis on s’y remettait et on se disait : « Comment fait-on ça ? » Alors j’écoutais toujours le disque précédent pour voir où on en était. Cette fois, le challenge était de faire quelque chose de bon. Je me suis dit que j’allais enregistrer un bon disque. Habituellement, je me disais : « J’espère qu’il sera bon » ou « J’aimerais en faire un bon ». Cette fois, j’ai mis un point d’honneur à en enregistrer un bon et je me suis dit que j’allais le faire car il était peut-être question que je tourne à nouveau et autant le faire avec un album dont je suis fier.

 
Peut-on décrire d’où vient votre musique ? 
PM : En fait, je ne veux pas savoir car c’est ce qui la rend fascinante. Ne rien avoir, être juste assis là, prendre la guitare et puis, après une heure ou deux, avoir une chanson, et si elle fonctionne, il ya des gens qui vont vous dire « J’aime bien celle-là. » Je ne sais pas d’où ça vient. Certainement de mon amour pour ce que je considère comme de la grande musique, celle qui remplit d’un extraordinaire sentiment d’aise lorsqu’on l’écoute. Tous ceux qui aiment la musique connaissent ce sentiment et ce qu’il a de spécial. C’est mystique. Pourquoi créer ces combinaisons de vibrations, pourquoi affectent-elles tant 7 Comment affectent-elles vos émotions ? Ce que je veux dire c’est que je ne peux pas entendre « God Only Knows » sans ressentir une très vive émotion. Ca a à voir avec les mots, avec les changements d’accord, c’est mystique. Les gens me demandent pourquoi je continue, mais c’est parce que j’adore ça. N’est ce pas formidable de faire un métier qui procure ce genre de sensation ? J’ai beaucoup de chance. 
Comment décririez-vous le disque ? 
PM : Il est à la fois très profond et très simple. Nous ne voulions pas qu’il soit surproduit. J’ai travaillé avec Nigel Godrich qui est un très bon producteur et l’un comme l’autre, n’avons jamais perdu notre objectif de vue. C’est un album très personnel. Je suis très fier des chansons. A la différence de mes autres disques, je joue beaucoup d’instruments sur celui-là : du piano, de la guitare, de la basse et même du bugle. 
Et George Martin vous a aidé à ouvrir un nouveau chapitre avec un nouveau producteur. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce point ? 
PM : Je ne savais pas qui prendre pour produire l’album, mais je voulais le meilleur, tout en ne sachant pas exactement qui il était. En fait, je voulais George Martin mais il ne produit plus. Je lui ai téléphoné pour lui dire que j’avais l’intention d’enregistrer un nouvel album et lui ai demandé qui il considérait comme le meilleur producteur. Il m’a rappelé une semaine plus 
tard pour me dire que le nom qui revenait le plus était celui de Nigel Godrich. Je connaissais
Radiohead dont j’aimais particulièrement le son. Et Travis, je savais qu’il avait fait l’album « Invisible Band », et donc j’aimais son travail. On a parlé ensemble pour savoir si on avait la même chose en tête et il s’est avéré que oui. Toujours est-il que tout est venu de George. 
On a entendu dire que vous aviez mis deux ans à faire l’album, est-ce vrai ? PM : On a mis beaucoup de temps mais on n’était pas constamment en studio. On y est resté un mois, puis on a arrêté deux mois, et on y est retourné un mois. En fait, l’enregistrement a pris quatre ou cinq mois sur une période de deux ans. Nous n’étions pas pressés. L’idée était de réussir le disque sans se précipiter. Nigel et moi avons dû apprendre à connaître nos styles respectifs et en trouver un commun. On y est arrivé et nous avons tous les deux apprécié de travailler ensemble. Il sait ce qu’il veut et n’hésitait pas à le dire quand il n’obtenait pas satisfaction. Il a été très bénéfique pour moi. Il a fallu que je fasse des choses qui nous plaisaient à tous les deux, c’était une bonne façon de travailler. 
Avez-vous le sentiment que Nigel, en tant que producteur, vous a poussé à en faire plus ? 
PM : Oui. Vous savez, Il ya des chansons que j’amenais et Nigel me faisait comprendre qu’elles ne l’emballaient pas. Je me disais alors que si le contexte avait été différent, je serais parti mais je préférais lui demander pourquoi il n’aimait pas. Et Il me répondait que j’avais déjà fait mieux, et c’était vraiment bien. Un bon producteur aurait dit la même chose que Nigel : « Je n’aime pas vraiment cette chanson. Ne la faisons pas. » L’ambiance a commencé à devenir lourde parce que j’en ai eu un peu marre. Je lui ai demandé de me dire ce qu’il n’aimait pas, d’être plus spécifique. Il m’a dit : « OK, j’aime le premier vers. » Et je l’ai coché. « Mais je n’aime pas ceux d’après, ils m’ennuient. » OK, on les barre. Vous savez, il y a eu quelques moments assez intenses parmi lesquels un en particulier : j’étais assis en train de me préparer pour enregistrer une partie de basse, de la stick bass sur une chanson, et je me sentais bien. J’avais le son, tout était OK, je connaissais ma partie et puis Nigel, choisissant le moment parfait, s’est mis à me dire : « Tu sais cette chanson qu’on a faite l’autre jour, je la trouve nulle. » Alors je lui ai fait : « Oh, oui. OK, super, bon, on verra. Continuons avec cette basse. » Mais bien sûr je me suis mis à cogiter tout en jouant. Je lui ai demandé : « Comment ça tu ne l’aimes pas ? » Il a répondu : « Je ne l’aime vraiment pas, elle est nulle. » Je lui ai alors rétorqué : « Bien, Nigel, tu sais quoi, ce n’est pas exactement le meilleur moment pour me dire ça. » Puis j’ai perdu mes moyens. Je n’étais pas furieux mais j’ai perdu mon assurance. Ca a été le moment charnière de l’enregistrement et je lui ai dit : « OK, j’ai compris. » Le lendemain, je suis arrivé en studio, j’ai enregistré la partie de basse en une prise, un peu furieux, et on a commencé à remettre les choses en place ensemble. Je lui ai dit : « Franchement, ce n’était pas le moment idéal. » Je pense que Nigel a beaucoup appris. On a tous les deux énormément appris durant l’enregistrement et on a commencé à remettre les choses en place ensemble. A partir de là, on a vraiment su où on en était et je lui ai dit : « OK, si tu n’aimes pas une chanson, dis-le moi mais pas juste avant que j’enregistre une prise. Et sois plus spécifique. » 

Et donc les meilleures chansons seraient nées de ces moments de tension ? 
PM : Il yen a une qu’on a refaite complètement. Elle s’appelle « Riding To Vanity Fair ». On a travaillé dessus et Nigel disait : « Je n’aime pas ça, je n’aime pas la mélodie, je n’aime pas ci. » Alors je lui ai dit : « D’accord, OK. Et comment trouves-tu ça ? » « Woaw, beaucoup mieux » m’a-t¬il répondu. Alors j’ai tout réécrit. La chanson a failli ne pas figurer sur l’album mais elle y est aujourd’hui. Et donc il a eu raison de procéder de la sorte mais il y a eu un ou deux moments difficiles à vivre. C’est bien qu’on en soit passés par là. La chanson me plaît plus que quand je l’ai apportée. 
Que pouvez-vous dire sur ce titre, « Chaos And Creation ln The Backyard » ?
PM : Vous savez, on cherche toujours un titre quand on a terminé un disque. « Abbey Road », des Beatles, aurait dû s’appeler « Everest », et on a soudain réalisé que ce n’était pas une très bonne idée et on a choisi « Abbey Road ». Quand on a trouvé le bon titre, on le sent. Je cherchais quelque chose lorsqu’un vers de « Promise To You Girl » m’est venu à l’esprit : « Looking through the backyard of my life ». Je me suis alors dit que « Backyard » était pas mal comme titre d’album, facile à se rappeler, mais pas très excitant. Et puis j’ai pensé l’appeler « Looking ln The Lyrics ». Dans « Fine Line », je chante « II y a un long chemin entre le chaos et la création » et je me suis alors dit que « Chaos And Creation » pourrait être un bon titre mais il sonnait un peu trop massif. Puis j’ai songé à « ln The Backyard », qui vient de « Promise To Vou Girl », et j’ai finalement mis les deux ensemble. Ca passe alors au second degré et ce n’est plus prétentieux. Ca convient bien, et c’est également ce que pense Nigel car c’est vraiment ce qu’est l’album : le chaos, la création, et son côté fait à la maison, dans le jardin de derrière. 
Et vous avez joué la plupart des instruments. Est-ce la première fois depuis l’album IMcCartney » ? 
PM : Oui, « McCartney » et « McCartney Il’’ sont deux disques sur lesquels j’ai joué la plupart des instruments et, effectivement, c’est la première fois depuis. Nigel tenait à ce que je joue la batterie car il aime mon jeu. On a donc commencé comme ça et j’ai rajouté le reste. En fait, je ne me rappelle pas exactement de combien d’instruments j’ai joués, je suppose qu’il va falloir qu’on les compte. 
Il est intéressant de constater combien votre voix a changé depuis vos pre¬miers enregistrements. 
PM : Effectivement. J’écoute les vieux disques et ma voix est différente mais le plus drôle c’est que lorsque je joue les anciennes chansons sur scène, c’est toujours dans la tonalité d’origine. J’ai une vision très simple de ma façon de chanter, du style « Vas-y fonce ». Et vous savez, ça me maintient en bonne position depuis des années. 
Pouvez-vous nous parler du processus d’écriture de vos chansons. Qu’est¬ce qui vous inspire ? 
PM : Avant tout, il faut que je sois dans le bon état d’esprit. Deuxièmement, Il me faut assez de temps pour écrire la chanson. Ensuite, ça peut partir de quelques mots, d’une idée ou d’une idée musicale. « English Tea » : j’ai remarqué que quand je me trouve à l’étranger … Vous savez en Angleterre on dit english tea. N’importe où ailleurs il vous demande : « Quelle sorte de thé voulez-vous ? » Et il faut répondre : « English breakfast tea ». C’est celui-là que j’aime, english breakfast. Alors je me suis dit que c’était intéressant. C’est comme ça qu’elle est arrivée. On commence à écrire une chanson simplement en pensant à des choses. C’est une inspiration, parfois des mots ou une mélodie. Vous élaborez à partir de là. 
Savez-vous, en écrivant une chanson, qu’elle deviendra un tube ? 
PM : Je pense qu’on essaye toujours de faire une chanson que les gens aimeront mais il faut que ce soit d’abord quelque chose que j’aime moi. Si je peux avoir les deux, c’est OK. J’essaye seulement de faire une bonne chanson et si c’est un tube, tant mieux. 
Vous partez en tournée en septembre, en même temps que vous publiez l’album. A quel genre de spectacle doit-on s’attendre ? 
PM : Ce sera un nouveau spectacle avec des chansons extraites du nouvel album ainsi que d’autres que je n’ai jamais jouées en concert jusqu’alors, et peut-être aussi quelques vieilles des Beatles ou des Wings. 
On a le sentiment que, depuis quelque temps, vous jouez de plus en plus de chan¬sons des Beatles. Pourquoi cela, et comment élaborez-vous votre set-list ? 
PM : Vous savez, lorsque je me suis produit en tant que Wings pour la première fois, j’avais décidé de ne rien jouer des Beatles pour que le groupe forge sa propre identité. Mais dès que Wings a été reconnu en tant que tel, j’ai commencé à me dire, à propos des chansons des Beatles : « Elles sont bonnes ». Celles que je joue sont principalement celles que j’ai écrites. Alors j’ai estimé que c’était la bonne chose à faire. Le public les aime et je joue désormais plus de chansons des Beatles que par le passé.

Pensez-vous parfois à la retraite ? Combien de temps allez-vous encore continuer ? 
PM : Étrangement, je n’y pense jamais. C’est dû au fait que j’aime tellement ce que je fais. J’arrêterais que si je n’aimais pas ça ou en avais marre, ou si le public n’aimait pas ça. On met les billets en vente pour quelques concerts en Amérique et on voit à quelle vitesse les salles se remplissent, ou si elles se remplissent. Cette fois, les billets se sont vendus en quinze minutes. Ce n’est certainement pas un argument pour prendre sa retraite : c’en est un pour continuer. 
Toutes les choses qui vous sont arrivées dans votre vie ont-elles affecté votre écriture d’une façon ou d’une autre ? 
PM : Il est difficile de dire ce qui affecte l’écriture car on ne sait pas ce qui l’a affectée au départ. Je peux très bien écouter des chansons écrites lorsque j’avais 24 ans et les trouver très matures pour quelqu’un de cet âge. « Yesterday » est une chanson plutôt mature. Toujours est-il que vous ne savez pas vraiment ce qui affecte les choses. C’est une des raisons pour lesquelles j’aime ça et continue : parce que je ne comprends pas tout. 
Qu’aimeriez-vous que les gens retiennent de ce disque ? 
PM : Je ne pense jamais vraiment à ce que je veux que les gens retiennent d’un disque car c’est trop difficile. Je publie un disque que j’aime et c’est ce que je voulais faire. Je voulais faire un disque que j’aime écouter et si les gens l’aiment aussi, c’est du bonus. Depuis longtemps, j’ai appris à faire les choses que j’aime et les gens peuvent les interpréter à leur façon, et j’aime ça. Le plus important est que le disque me plaise à moi, et j’aime beaucoup celui-là.

 

Informations complémentaires

Producteur : Nigel Godrich

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