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Rushes – Paul McCartney : les secrets de l’album (paroles, tablature)

Rushes - Paul McCartney : les secrets de l'album (paroles, tablature)

Informations sur l’album

  • Pays : International
  • Support : CD
  • Label : Hydra
  • Numéro de série : HYDRA 4 97055
  • Mixage : Mono
  • Date de publication : 21/09/1998

Track-listing de l’album

Description de l’album

Rushes est le deuxième album de The Fireman, un duo constitué de Paul McCartney et Youth, paru en 1998.

la présence de Linda McCartney

C’est éprouvant et déprimant. Jamais on aurait cru le pompier aller si loin . Pourtant, on le réel sentiment de malaise de voir le pompier éteindre avec résignation toutes les montées enchanteresses qui l’animaient au début et au milieu du disque ; Comme si ce qui avait été enregistré avec Linda fut remodelé dans un style funèbre après son décès.

Pourtant c’est toujours improbable car Linda avait évoqué ce disque dans une interview parue en mars 1998. Et dans son spectacle cybernétique du 2 octobre suivant, Paul avait laissé planer une certaine ambiguïté. Il était apparu le visage masqué méconnaissable en jean et en lunettes noires. Les questions adressées par e-mail furent répondues avec un obscurantisme déconcertant d’opacité.

La pochette intérieure de Rushes

Autre mystère de taille : Sur la pochette, apparaît une créature pourvue de charme que Dame Nature n’avait pas omis de doter.

Choquant Non ? Qu’en penserait Linda, se sont demandés de nombreux fans ?

Entre Nostalgie et Incompréhension

Néanmoins, avec ce disque Paul laisse entrevoir une nature vive, abrupte et sans miroir déformant. Un visage qui effraie le fan de base et qui déroute les gardiens protecteurs du son Beatles. Mais Paul n’est que plus fascinant et attachant quand ses gardes fou, trop souvent vitrifiés par une presse obstinée, volent en éclats. On a alors le sentiment que les morceaux de la glace ainsi brisée ne se recolleront jamais. Qu’un point de non retour a été, pour un temps seulement, atteint. Peu revendiqué par le maître en personne, Rushes, malgré ses défauts éparpillés, reste un salutaire dépassement de soi. II est donc rassurant de constater que la longueur d’onde de Paul avec les Chemical Brothers, Prodigy, Goldie, Vegas ou Marilyn Manson passe 5 sur 5. Car John Lennon avait raison de dire que Paul était l’un des bassistes les plus novateurs du siècle. On sait désormais que ses incursions dans le monde électronique ne laissent pas indifférents et influencent encore la scène musicale contemporaine.

Quant à la presse, certains ignorent encore que Paul se cache sous ce pseudonyme. D’autres n’accrochent pas faute de modernité, de boucles de synthé ou encore faute de retrouver la verve mélodique habituelle de McCartney. Les plus éclairés expliquent qu’il est désolant de voir le pompier pleurer sa femme, toujours persuadés que Linda n’a pas pris part à l’enregistrement. Quoiqu’il en soit, Paul a surpris et a débarqué là où on ne l’attendait pas. II a pris de court tout le monde sans qu’il ait eu le besoin de se montrer sous son meilleur jour. Privé de leur sève nutritionnelle, les médias s’ébrouent et s’étiolent.

Ce Pompier reste étrangement attaché à cette période d’essais électroniques période 66 67. II n’est pas faux de croire que Paul tenait en suspens une revanche contre John. D’autre part, Penny Lane semble avoir eu sur Paul une influence démentielle qui, composée à l’heure des premiers essais électroniques, alimente aujourd’hui les oeuvres les plus radicales de Paul. The Fireman est donc bien issu des Beatles, à l’inverse des dires de la presse. Et le récent hymne de techno, Clean Machine, enregistré en 1999, conforte une fois de plus ces dires. Les seules paroles de ce titre euphorique sont un passage de Penny Lane. Mais Paul n’a pas endossé le costume ni empoigné l’extincteur pour soutenir les cyclistes végétariens.

II y’ aura donc toujours Paulo (ou Macca) le sympa, Sir Paul l’ ennuyeux et surtout ce pompier surprenant, très secret mais oh combien plus attrayant puisque unique et singulier. Personnalités fragmentées par la presse ou oiseau noir indomptable, fugace et évanescent. La sortie de Rushes fait nettement peser la balance vers ce dernier côté. N’en déplaise aux admirateurs ou aux détracteurs un peu trop simplistes. Et si la nomination de Paul au Rock Hall Of Fame fut influencée par cette supposition, alors un grand pas aura été fait pour anéantir les poncifs qui n’ont cessé de tâcher, pour ne pas dire d’obstruer la carrière de Paul. Mais encore faut il maintenant être capable de confondre, ou mieux de concilier le pompier à James Paul McCartney. Il y’a encore du pain sur la planche, à commencer peut être dans le simple esprit de l’auteur de ces sons.

Les secrets de Rushes

En 1997, lorsque Paul et Linda rappellent Youth pour officier avec eux, il n’est aucunement question de refaire une sorte de long remix de Flaming Pie. Car STRAWBERRY OCEAN SHIPS FOREST était en quelque sorte, le pendant surprenant mais redondant de Off The Ground agrémenté d’extraits de Back To The Egg, entre autres. Donc le mot d’ordre n’est plus cette transe hypnotique technoïde, mais bel et bien un univers troublant, changeant, tel un kaléidoscope sonore et qui ne devait pas être l’album de remixes, composés de chutes ou extraits de FLAMING PIE. Pourtant, deux airs inédits, composés en même temps que par exemple, « Little Willow » ou encore « The Song We Were Singing » vont donner à Paul la première mouture de Rushes. Il s’agit de deux titres enregistrés, d’après Chris Brewer, webmestre du site des Recording Sessions de McCartney, en décembre 1995, peu après l’annonce à Linda de son cancer. « Let Me love you always », que l’on entend en filigrane sur « Palo Verde » mais également « Hey Now » dont les mots agissent comme un mantra sans fin sur « Auraveda ».

RUSHES, avant les dernières chansons enregistrées pour WIDE PRAIRIE, est l’ultime œuvre de Paul et Linda, et non véritablement de Paul après Linda. Il fut enregistré vraisemblablement entre septembre 1997 et juillet 1998. Il témoigne, artistiquement parlant d’une période extrêmement trouble pour Paul McCartney lorsque Linda se battait contre un cancer et certains se sont même demandé si l’ordre de la musique ne traduisait pas musicalement de la progression des métastases, de la lutte puis du découragement de Linda, de la mort….C’est effectivement ce que l’on a pu lire sur les forums Internet consacrés au disque au moment de sa sortie. S’agit-il de l’état de santé de Linda ? du désespoir de Paul ? les deux sûrement. Un autre fait est capital, on l’a appris peu de temps avant le concert de New York donné au profit des victimes des attentats du World Trade Center. En octobre 2001, Paul donne une interview à la presse New Yorkaise qui fut intitulée : « My Year Of Cocaine ». En 1997, Paul est retombé dans une consommation frénétique de cocaïne et c’est Linda qui l’aida, peu avant sa mort, à le faire décrocher de sa nouvelle dépendance. Que ceux qui s’offusquent de l’influence des drogues sur les orientations musicales protestent est une chose. C’est malgré tout c’est un fait documenté, Rushes est de tous les disques de Paul celui qui transpire le plus l’interdit, la liberté, le psychédélisme. Comme le fit remarquer la presse, on est à mille lieux de « We All Stand Together » et de ses Frog Chorus célèbres.

Ici, on entend du post-rock, des sabots de chevaux numérisés, des serveurs vocaux érotiques anglais, des lectures de poèmes, des théories sur l’existence des extra-terrestres, des cours de sophrologie sur l’acceptation de la mort, des sitars, des violons éplorés, le tout sur un fond d’ambient froide et qui fait même froid dans le dos parfois. Rien de commun (hormis les violons et les sitars) à ce qui compose un habituel disque de Paul McCartney. Et malgré tout, de la très longue liste des œuvres expérimentales du bassiste gaucher des Beatles, c’est RUSHES qui reste la plus cohérente, la plus mélodieuse et sans doute la plus abordable. Dire même que Rushes fait partie des œuvres à part de Paul est presque inexact. Certes ce n’est pas de la pop, mais c’est un disque à part entière qui aujourd’hui est reconnu par les critiques comme un opus supplémentaire, au même titre que Ram ou Tug Of War.

Youth explique à Ian Peel, auteur de « The Unknown McCartney », que le disque est un fidèle témoignage de ce que Paul endurait dans sa vie à ce moment là. C’est un disque qui au final dépeint l’état de santé de Linda. Celle-ci figure quand même sur le disque, car l’on entend sa voix sur « Palo Verde » notamment. Linda avait aussi participé à STRAWBERRY OCEAN SHIPS FOREST en jouant des percussions et en participants aux harmonies. Curieusement, durant toute la période d’enregistrement, aucune tension ni aucune tristesse ne transparaissait dans le studio de Paul. « Je me souviens que Paul et Linda étaient très calmes mais il se peut que je ne me rendais pas compte du réel état de santé de Linda ».

Voici donc pour le contexte qui entoure l’enregistrement de Rushes.

OnOn parle d’ambient pour ce disque, mais peu ont tenté de décrire ce qu’est ce mouvement musical. C’est le britannique Brian Eno, célèbre musicien et producteur du groupe U2, qui a initié le mouvement en 1976. Il explique que c’est une nouvelle forme de musique qui permet à l’auditeur d’y nager, d’y plonger, de s’y perdre. Avant l’ambient, il existait déjà la Muzak, que l’on qualifiait souvent de musique d’ascenseur. Des artistes inconnus, créaient, et ce dès les années 50, avec des instruments et bientôt des synthétiseurs, des reprises allégées de morceaux très célèbres et c’est ainsi que la Muzak est née. Puis elle évolua avec des airs originaux mais sans paroles ni sons humains. Paul d’ailleurs n’était pas étranger à ce mouvement puisqu’il enregistra une version Muzak de RAM, nommée THRILLINGTON. Mais malgré tout, la Muzak faisait encore office de décoration sonore pour espaces publics ou émissions de télévision. Brian Eno, fut le premier à tenter une Muzak évoluée avec lignes mélodiques et paroles. Ses premières armes dans ce domaine sont à rechercher dans les disques LOW et HEROES de David Bowie, qu’il produisit en 1976 et 1977. Ces disques présentent des face B originales et nouvelles de musiques instrumentales, liées les unes aux autres. Brian Eno l’appela Ambient pour la différencier de la Muzak et la décrivait également comme un univers sonore pour se ressourcer et réfléchir. Le premier véritable album d’ambient fut donc MUSIC FOR AIRPORTS, sorti en 1978 par Eno. Il avait sorti un album du nom de DISCREET MUSIC en 1975, mais il enfonça le clou avec ces mélodies nouvelles et créa en 1978 un label du nom de Ambient Record Labels et qui a produit Harold Budd ( THE PLATEAUX OF MIRRORS) ainsi que Laraaji ( DAY OF RADIANCE). Le traitement subliminal des sons et des cassures sonores de MUSIC FOR AIRPORTS était tel que les critiques ont d’abord crû à une plaisanterie grossière, prise à tort, pour de l’incapacité de la part de l’ex membre de Roxy Music. Malgré cet accueil froid, ce disque titilla la curiosité de nombreux groupes comme Robert Fripp de King Crimson, Laurie Anderson ou Michael Brook et bien d’autres. C’est aussi cet usage de l’ambient qui plut à des groupes comme les Talking heads, U2 ou David Bowie qui demandèrent à Eno de produire leurs disques à la fin des années 70 et début des années 80. Robert Fripp fut le plus fidèle disciple dans la durée de ce genre de style et il collabora entre autres avec Peter Gabriel, un autre maître du genre. Dans les années 80, des artistes comme Kraftwerk en Allemagne ou Jean-Michel Jarre en France ont exploité ce filon prometteur. Mais les critiques ont alors commencé à être insupportés par cet avènement massif de musiques relaxantes et zen. La fin des années 80 allaient relancer l’ambient avec l’arrivée notamment de la techno, de l’acid house et des premières rave. Ce fut l’apparition de « l’ambient house » dont Paul McCartney fut inspiré en 1992 pour l’enregistrement avec Youth de STRAWBERRY OCEAN SHIPS FOREST. Cette acid-house peupla les boites de nuit jusqu’à l’arrivée en 1995, d’un nouveau genre, le « chill-out », sorte d’ambient froid et moins relaxant ou entraînant qu’à l’accoutumée. Ce mouvement est née des clubs d’Ibiza et des îles des Baléares pour ensuite apparaître dans des compilations à tel point qu’il n’y avait réellement pas d’artistes connus pour ce nouveau mouvement.

 

++++ Paul</font></b><font face=RUSHES s’est nourri de ce chill-out dont le son le plus flagrant est le synthé que l’on entend dans « Auraveda » et surtout l’ensemble du fond sonore de « Appletree Cinnabar Amber », sans doute le titre le plus directement lié au chill-out. Plus qu’une collection de remixs d’acid-house très à la mode, Paul, selon Youth a voulu enregistrer un album à part entière de The Fireman. Et les coutumiers du genre, ont considéré Rushes à sa sortie, comme une excellente synthèse d’ambient, sans même souvent savoir que c’est Paul qui se cachait derrière les manettes de ce disque singulier. Les autres effets singuliers de l’ambient dans Rushes, ce sont par exemple les samples (échantillons) de piano de « Fluid », les guitares de « Watercolour guitars » ou encore les voix enterrées loin dans le mixage final comme celles de Paul et Linda dans « Palo Verde » ou les voix féminines de « Fluid ». Et si après STRAWBERRY OCEAN SHIPS FOREST, Paul a délaissé l’électronique pour se plonger dans l’ANTHOLOGY et Flaming Pie, Paul Youth lui est resté en contact très proche avec la scène danse et ambient londonienne et new yorkaise. Il a également eu le temps de produire URBAN HYMNS de The Verve, qui lui valut même un grammy award. Il créa en 1992 un label du nom de Dragonfly qui abrite des DJ. Dragonfly fut divisé en trois sous labels, consacrés à respectivement l’acid House, la Goa et l’ambient Chill-out. Le label de Goa fut nommé Liquid Sound Design et contient une sorte de charte, créée par Youth et approuvée par McCartney. C’est d’ailleurs même ce texte qui a inspiré le projet Rushes.

• Transformer le son pour atteindre les sens
• Diminuer au mieux l’ensemble de sens
• Savoir définir la frontière entre copie et inspiration
• Exprimer ce que l’on sait, plus que ce que l’on voit
• Déplacer, Traduire et Posséder à nouveau
• Revisiter, Expérimenter, Créer
• De la peinture sonore fidèle aux visions
• Faciliter le processus de recherche et de conception de toute idée créative
• Chérir les vues de la réalité apparente
• Créer des structures qui facilitent et permettent la cohésion sociale et l’expression libre
• Rendre le monde meilleur

Cette charte incita Paul a se cacher derrière le pseudonyme de The Fireman pour mieux s’extraire de la vision habituelle des fans des Beatles. Et d’un autre côté, les méthodes employées par Paul sont pour Rushes, encore une fois les mêmes. « Paul et moi avons enregistré l’ensemble des sons très vite, peut-être en six ou sept jours. On a passé peu de temps sur les prises, mais c’était ce qu’il voulait. Il aime travailler vite pour laisser transparaître le plus d’émotions possible. Il n’aime pas intellectualiser la musique et c’est aussi pour cette raison, qu’il m’a plu de travailler avec lui. » De ces sessions, dont ignore toujours la date exacte, restent deux morceaux inédits à savoir « Plum Jam » et « Through the Marshes » Même si Rushes est d’une apparente accessibilité, Youth assure que pour Rushes, Paul a laissé venir toutes ses idées expérimentales et Youth les a canalisées. « Il écoutait pas mal de musiques électroniques, depuis longtemps même, et venait souvent en studio en disant qu’il voulait essayer des nouvelles combinaisons sonores. Il travaillait très vite et il n’y avait jamais de temps mort. Je n’ai jamais connu un tel rythme de travail d’ailleurs avec aucun autre artiste ou DJ. »

Le double-album qui résulte de ces sessions est donc impressionnant. Le début, ces 18 minutes de musique aérienne que sont « Watercolour Guitars » et « Palo Verde » sont exceptionnelles. A tel point que lorsque l’on entend ces boucles de guitare, on croit entendre David Gilmour, des Pink Floyd, jouer de la guitare. Laurence Juber, ex guitariste des Wings, a même révélé qu’en écoutant Rushes pour la première fois, il n’a pas réussi à croire que c’était bel et bien McCartney aux manettes de l’album. Curieusement, David Gilmour, l’un des meilleurs amis de Paul McCartney, a fait ensuite son apparition aux côtés de Paul pour l’album Run Devil Run, paru en octobre 1999, ainsi que pour les quelques concerts qui suivirent, dont le fameux LIVE AT THE CAVERN. Youth a même réalisé en 2000 un disque du nom de ORCHESTRAL PINK FLOYD, preuve que Rushes s’est bel et bien nourri de ce groupe, que Paul connaît et aime depuis ses débuts à Abbey Road en 1967. Une autre influence, rarement mentionnée, est celle de Mike Oldfield. Paul le connaît et par exemple Mike Oldfield fut souvent invité à des premières de films comme à celle de Rockshow par exemple le 8 avril 1981. On sent dans Rushes, de grandes similitudes avec des disques comme TUBULAR BELLS ou encore « Sentinel » et le style de Mike Oldfield y transparaît de bout en bout.

« Palo Verde » qui suit est une magnifique pièce d’ambient et sans doute ce que Paul a écrit de plus poignant pour Linda. Lorsque en mars 1998, les médecins décelèrent une tumeur inopérable au foie de Linda, Paul avait, selon Youth, choisi de poursuivre le projet de The Fireman et même de tenter d’enregistrer les dernière chansons de Linda à savoir « Appaloosa », « I Got Up » (déjà reprise au temps des Wings » et « The Light Come From Within ». De ces titres, se ressentent les convictions de Linda pour les animaux et le droit des femmes. Mais dans Rushes transparaît une autre passion, celle des Haikus, ces poèmes japonais que Yoko Ono, entre autres avait popularisé au dos de la pochette d’Imgaine. Paul et Linda aimaient les Haikus et leur ami Allen Gingsberg a grandement contribué à leur en faire écrire. Tandis que Paul avait contribué avec Ginsberg en 1995 à écrire avec Philip Glass « The Ballad Of The Skeletons », Paul se souvient que les soirées passées chez lui avec Allen Ginsberg étaient souvent occupées à écrire de la poésie. De ces écrits ne restent aujourd’hui que deux témoignages. Le premier est ce livre de Photographies du nom de LIGHT FROM WITHIN, qui rassemble des Haikus de Linda, ces petits poèmes d’origine japonaise, que Linda écrivait beaucoup avant sa mort en 1998. A tel point d’ailleurs que l’écriture et la Photographie se rivalisaient dans ses activités. Au milieu de Photographies représentant Allen Ginsberg, Jerry Garcia, Paul et bien d’autres, de très nombreux Haikus peuvent être lus dans les photos.

L’autre témoignage, ce sont les vocalises déformées de Linda dans les graves et les aigus de « Palo Verde ». Les haïkus existent depuis plus de 700 ans et se caractérisent par des vers sans rimes, sensés être porteurs de sens universel. Et même si les maîtres de haïkus ont longtemps enseigné la discipline, ils mirent beaucoup de temps avant de les publier. Des écrivains tels que Blyth ou Higginson ont essayé de définir cette poésie en approchant cette définition : « De la poésie qui en quelques lignes permettent de transcender et de s’interroger à partir de l’observation de la nature et des hommes, qui s’écrit au présent seulement, qui doit parvenir à capter les cinq sens humains. ». C’est donc de cela que Linda s’est inspiré pour Rushes dans les paroles de « Palo Verde », un style que seule Yoko Ono avait introduit dans l’univers des Beatles. Et que Paul reprendra par la suite en 2001, sur le titre « Rinse The Raindrops » de l’album Driving Rain. Trois des haïkus de l’ouvrage LIGHT FROM WITHIN sont récités sur « Palo Verde ». Le texte évoque généralement, la vue du paysage d’Arizona, que Linda pouvait admirer lors de ses multiples ballades à cheval dans la propriété que Paul possède encore. Youth a extrait la première phrase et l’a remixée à loisir. On ne sait pas quand la phrase a été enregistrée (certains ont avancé sans preuves qu’il s’agissait des derniers mots de Linda après la dernière ballade à cheval des McCartney le 15 avril 1998). Il s’agit de « The Adreline Rushes through you », « Spectacular Visions ». La suite des phrases décrit un magnifique coucher de soleil depuis les plaines avec ses couleurs vives « Bright Colours ». Les phrases ont ceci de particulier qu’elles sont mixées de façons quasi inintelligibles dans la musique comme celle-ci répétée à loisir « So amazing that you think you’re on drugs ». Ces enregistrements de Linda mixés dans la musique de Youth et Paul, avec l’extrait de « Let Me Love You Always », titre toujours inédit, est extrêmement émouvant. Mais ce qu’il y’a aussi de remarquable, c’est cet excellent solo de basse, qui prouve une fois de plus l’extraordinaire talent de Paul, talent que Brian Wilson avait suggéré à Paul de développer du temps des Beatles. Le duo basse-haiku est bien plus percutant et subtil qu’un duo de harmonies que l’on trouvait jusqu’ici dans les disques de Paul.

« Auraveda » est tout aussi exemplaire, que ce soit en longueur qu’en complexité sonore. Porté notamment par un sitar, instrument que Paul réserve la plupart du temps pour ses projets expérimentaux. Tablas, tam-tams, maracas et sitar sont ensuite rejoints par un harmonium, des flûtes (que l’on croirait sorties de The Fool On The Hill) et un bruit hybride fait de guitare et de voix. Du McCartney pure souche. Puis au bout de sept minutes, le sitar est remplacé par les arpèges de synthétiseur et s’en suit un instrumental dans le pur style de Youth. On entend également Paul ponctuer l’ensemble de « Hey Now ». Le tout se termine par une basse dissonante et des guitares bizarres, annonciatrices du post-rock de « Bison ». L’ensemble du titre évoque aussi bien Ravi Shankar, George Harrison, Magical Mystery Tour que Tangerine Dream.

 

++++ Paul </font></b><font face=Si Palo Verde était une chanson d’amour Ambient, alors « Fluid » est sans doute une chanson de sexe ambient. Grande nouveauté depuis « Hi, Hi, Hi » et ses « body gun » qui firent scandale à la BBC. Puisque ce titre comprend des extraits d’enregistrements que Paul et Youth ont fait en appelant une ligne de téléphone érotique. Et avant même que l’album n’arrive dans les bacs, l’annonce fit scandale dans la presse avec même une campagne tentant de faire croire que Paul n’avait jamais pris part à l’enregistrement. Le titre commence de façon ambient avec un piano réverbéré, des bruits et des vagues. Puis surgit une voix qui semble rassurer du passage vers la mort avec ces mots : « What does the concept of time mean To You ? » (que signifie le concept du temps pour vous ?), répétée par Paul ; et cette phrase « Have You ever had an out of body experience ? » (vous êtes-vous déjà extrait de vous-même ? ». D’où vient cette voix ? mystère, mais ce n’est pas celle de Paul. Ce titre, semble être une intraveineuse sonore, très douce au départ mais ensuite toxique. Comme peut l’être une chimiothérapie. Une exploration des fluides du corps en somme. D’autres critiques y ont vu l’interprétation en musique de la progression d’un cancer. Et même si le titre reste sur un tempo calme, les pistes se multiplient pour finir par former un ensemble complexe et troublant. A l’un des moments les plus calmes, on entend ce « Ooh Yeah » extrait d’une ligne téléphonique rose. Puis l’ambiance devient menaçante et troublante, avec la voix d’une femme décrivant ce qui ressemble à une vision d’extraterrestres. Des mots en apesanteur que Youth avait utilisé avec le groupe The Orb et qui ici retranscrits donnent : « White light, but not like a plane. It was..too bright for that. It was, um…..travelling quite slowly and then became really bright, brighter than any star I’d ever seen and then..faded away and then became bright again and then travelled away at the same speed…it had me convinced anymay.” (une lumière blanche mais pas comme celle d’un avion. C’était trop aveuglant par rapport à çà. Ca bougeait plutôt lentement et ensuite çà s’est mis à briller, encore plus que toutes les étoiles que j’avais vues et ensuite c’est devenu sombre puis à nouveau brillant et ensuite çà s’est éloigné à la même vitesse….de toute façon, çà m’a convaincu)

Au bout de dix minutes, plus aucun rythme si ce n’est une voix qui semble provenir d’une ligne téléphonique d’astrologie : « When you least expect it, things are going to start changing » (lorsque vous vous y attendrez le moins, les choses se mettront à changer). Les mots et le mystère qui les auréole parlent d’eux même.

Les éléments musicaux de « Fluid » sont gardés ensuite pour « Appletree Cinnabar Amber », l’un des meilleurs moments de Rushes. Avec ces boucles de batterie que Paul joue réellement, le style de rythme est très proche du hip hop. Il y’a aussi cette ligne de guitare que Paul joue dans le plus pur style de Ry Cooder. Et surtout ce clavecin malsain. Bref, encore une bizarrerie sonore troublante

Mais ce qui est aussi réellement très inédit dans Rushes, c’est cette incursion dans le territoire jusqu’ici inexploré du post rock à travers « Bison ». Il s’agit d’une jam sans direction particulière et dont le seul point commun pourrait être le titre inédit des Wings : « The great Cock and seagull Race ». Ici on quitte l’ambient pour un univers très basique mais néanmoins complexe. Avec seulement des extraits de « Auraveda ». Pour ce titre, Paul est à la batterie et à la guitare. Paul Youth joue de la basse et produit l’ensemble. « Paul est un excellent batteur et son travail à la batterie a souvent impressionné des grands batteurs comme John Bonham de Led Zeppelin. Sur Band On The Run ou Flaming Pie il joue de la batterie quasiment tout du long. Donc un jour, j’ai suggéré de jouer, lui à la batterie et moi à la basse. J’en ai parlé à des amis, qui n’en revenaient pas que sur un disque de Paul McCartney, quelqu’un d’autre que lui puisse jouer de la basse. Mais c’est pourtant ce qui est arrivé. D’ailleurs, quelques amis étaient là lorsque nous avons joué et ils n’en revenaient pas. C’était assez drôle. C’était assez instinctif, tribal. Sans fioritures. » Le post-rock, c’est un peu le dernier soubresaut du rock, un mouvement de fin de siècle, originaire de Chicago et d’Angleterre. Les critiques l’ont comparé au freejazz qui rencontrerait le grunge. D’autres expliquent que ce genre de musique s’écoute comme on essaie de comprendre un texte de philosophie. Des groupes tels que Laika, Fridge, Labraford ou Ui ont exploré à loisir ce mouvement. Le groupe phare reste sans doute Tortoise avec deux disques qui semblent avoir inspiré Paul à savoir MILLIONS NOW LIVING WILL NEVER DIE (1996) et l’excellent TNT (1998). Ou de la musique punk croise du free jazz, du dub, de l’électronika et même de la musique classique. Un titre comme « a simple way to go Faster than light that does not work » ou encore le disque LIFELIFE de Ui sont des voisins directs de “Bison” et que Paul ait choisi de s’aventurer dans ce domaine est réjouissant. Il existe toujours une version de plus de six minutes de « Bison » inédite et dont la sortie serait très intéressante à entendre, ne serait-ce que pou savoir dans quelle mesure Paul se serait inspiré des disques sus-mentionnés.

Le titre est ensuite transformé à loisir par Youth avec l’arpège accéléré de « Auraveda » et des paroles de Paul en apesanteur une fois de plus à la fin du titre. Des paroles extraites de « Hey Now (What are you looking at me for ?) Watercolour Rush revient et la boucle est bouclée.

Nitin Sawhney, qui a réalisé les remixes de Rushes a dit ceci de l’album : « J’ai été impressionné que le nom de Paul ne figure nulle part. Il a aussi joué de tout lui même et a voulu que son album soit écouté pour ce qu’il est et non parce que son nom était célèbre. Ce qui est plutôt courageux pour une rock-star de son calibre. Les photos même n’indiquent en aucune façon qu’il s’agit d’un disque de Paul McCartney. Une pompe, une plage, le dos de Paul sur lequel on lit FIRE, un ciel, une vue d’une voiture depuis un judas, un parterre de fleurs jaunes. La pochette du disque semble être un morceau d’une porte rouge. Et il y’a surtout cette femme inconnue et dénudée entièrement recouverte de signes mystiques jaunes. Rien de commun à aucun pochette d’un album de Paul. Sauf peut-être celle de Back To The Egg.

Le jour de sa sortie le 20 octobre 1998, aucune publicité si ce n’est que cet obscur entrefilet dans la presse signé « Rudely, 7am »

The Fireman brings Bison for trancing in the streets The Fireman gives a watercolour rush, fluid. The Fireman understands darsh walls and emerdeen sky. Do you ? The Fireman know’s a lemon peal. And the Powers of the equinox The Fireman heard a Girl’s snatch-talk of a saucer flying The Fireman likes the sound of mud The Fireman plays it all ; Bass, Watercolour Guitar, Keyboards, Cymbal. And the Fool The Fireman looped a shadow’s clipclop. And made auraveda. The Fireman taped the talk of sex The Moon is Right. So the Fireman Comes The Moon is Right. So the Fireman Comes

Que RUSHES soit un succès commercial importait peu à Paul selon les dires de Nitin Sawhney. C’était surtout le premier disque sorti après la mort de Linda. Et il ne voulait pas que ce soit un succès planétaire mais plus un album à découvrir au fur et à mesure du temps. Quitte à ce que ce soit par un nombre limité d’auditeurs. Mais dès lors que Rushes est sorti, il a contribué à faire découvrir à de nombreux fans de rock ce qu’est l’ambient et de nombreux auditeurs ont découvert une musique tout à fait accessible. Les critiques rock ont pour leur part fait la moue devant ce disque qu’ils ont considéré comme inhabituels et donc revêches à autre chose que le son Beatles auquel Paul McCartney les avaient habitués avec Flaming Pie. Le magazine Q par exemple a regretté une absence de mélodies et des accompagnements légers. Rolling Stone est allé plus loin dans l’immobilisme musical en terminant une critique de l’exposition des peintures de Paul à Siegen par ces mots : « Quelle aurait pu être une collaboration entre John Lennon et The Orb ? De toute évidence, çà aurait été au dessus du pitoyable niveau de ces résidus de Flaming Pie. » Rock’n Folk disait aussi qu’il est regrettable de voir « que Paul donnerait tout pour que sa femme revienne » Les inrockuptibles se sont enflammés traitant l’album d’abord de Bijou puis ensuite en parlant de Rushes, de WIDE PRAIRIE et de la réédition de Band On The Run avec des ordres décroissants de priorité. En revanche des magazines tels que Aural Innovations ont acclamé le disque ainsi que toute la presse électronique du moment, Les Inrockuptibles compris. Jerry Kranitz de Aurol Innovations disait notamment : « Il fait plaisir à entendre que Paul McCartney est toujours ouvert à des sons et des possibilités musicales contemporaines, preuve que ses expérimentations des années 60 n’étaient pas qu’un feu de paille ». The Weekly Wire a jugé l’album en ces termes : « Il est quand même dommage que Paul ait mis autant de temps à faire un album écoutable et passionnant depuis au moins Venus And Mars. S’il pouvait maintenant transcrire ses expérimentations dans son prochain disque de pop, ce serait extraordinaire. » Les vastes plaines d’Arizona, ces mots « the flowers turn into fruit », l’esprit de Linda sont omniprésents sur l’album. Ce fut son dernier lieu de résidence car en mars 1998, elle avait choisi d’y aller. Et c’est dans ces plaines qu’elle rendit son dernier souffle le 17 mars 1998 à 5h04 du matin…..RUSHES en somme.

• Le WEB CHAT DU 2 OCTOBRE 1998

La première apparition musicale de Paul après la mort de Linda fut un très étonnant chat sur Internet que j’ai pu voir le 2 octobre 1998. Avec des messages subliminaux, des extraits de l’album joués live, un question réponse troublant et incompréhensible. Youth explique : « Paul avait terminé Rushes, mais ne voulait pas s’embarquer pour une tournée de promotion. Alors le chat a servi de promotion en quelque sorte. » Sauf que durant toute la durée du chat, tourné à Abbey Road, Paul était en tee-shirt noir et portait un masque étrange. Et ne tenait pas à être reconnu. Le décor comprenait de nombreux bâtonnets d’encens, des toiles, des bougies, des jeux de lumière. D’après Youth, il n’y avait qu’une quinzaine de personnes, pour la plupart des ingénieurs du son et des ingénieur web. Les spectacles ou événements musicaux par Internet n’existent que depuis 1994 à l’initiative d’un groupe peu connu :Severe Tire Damage. Puis les Rolling Stones ont été les premiers à tenter un spectacle interactif. Et si à cette époque, l’équipement moyen ne permettait pas la vision aisée de webcasts, en 1998 avec l’événement de Windows 98, il devenait très simple de pouvoir suivre un chat ou un concert filmé. Pour Paul ce n’était pas une première malgré tout car le 17 mai 1997, il avait initié un chat au London’s Bishopsgate Memorial Hall avec le concours de VH1 afin de promouvoir Flaming Pie. Par la suite le 17 décembre 1998, il organisa un chat sur Internet afin de promouvoir WIDE PRAIRIE. Paul a adoré pouvoir faire un concert de cette façon là, qui soit accessible à tous et en même temps qui soit un concert confidentiel (combien d’internautes de yellow-sub l’ont vus ?). Ceci dit, Paul, depuis au moins 1973 avec le James Paul McCartney TV special, avait l’habitude de préparer des mini spectacles musicaux de ce genre. Mais sachant que Rushes ne devait pas être diffusé de façon massive, le web semblait être un excellent outil. Mais là on ne voit guère Paul, et lorsque l’on peut le voir, il est déguisé. Malgré tout, une publicité a circulé sur le web et qui indiquait en substance ceci : « Comme vous le savez sans doute, il y’a eu des rumeurs répétées au sujet d’un album de musique ambient-chill-out, Rushes, de The Fireman. Sauf qu’il semble que ce ne soit pas l’œuvre de The Fireman mais de Paul McCartney en collaboration ave un producteur de musique ambient, Youth. Rumeur bien sûr démentie. Le fait prouvé que quelques années auparavant (1993) Paul McCartney et Paul Youth aient sorti un album (STRAWBERRY OCEAN SHIPS FOREST) sous le sobriquet de The Fireman n’a strictement rien à voir avec ce disque. Les porte paroles de cet événement sont encore incapables de vous dire si The Fireman ira sur Internet pour d’une part s’expliquer et d’autre part confirmer s’il s’agit d’un nouveau projet associé au nom de Paul McCartney.

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Paul </font></b><font face=Et donc ce vendredi après midi d’octobre 1998, de nombreux internautes et membres du personnel de EMI ont assisté au concert le plus avant-gardiste qui soit de Paul. Pour ceux qui l’ont vus ce fut une heure excellente. Paul avait un chapeau jaune, des lunettes de soleil, un passe montagne sur lequel il avait placé des écouteurs. Il se tenait souvent à l’arrière plan immobile ou jouant de sa guitare (l’Epiphone Casino) ou des claviers. Derrière lui se trouvait Youth entrain de mixer des extraits de Rushes. Youth se souvient : « Il jouait de la guitare et de la basse que je devais mixer instantanément au reste. Mais c’était de la folie car je n’avais qu’une après midi pour tout faire. Jusqu’à huit heures du soir, où il a fallu diffuser le concert, j’ai du tout organiser avec des ordinateurs et des bandes préenregistrées. C’était moi qui produisait et le reste était joué live. Pour mixer l’ensemble, je me suis servi de Pro Tools. Je me trouvais dans la cabine du studio et Paul était dans le studio avec quelques instruments. Je devais mixer le tout en instantané. Le web chat débute avec une version longue de 21 minutes de « Watercolour guitars ». Les boucles originelles étaient conservées et Paul a rejoué d’autres bandes en live tandis que d’autres étaient enregistrées sur CD et mixées par Youth. Quelques dialogues d’inconnus ont aussi été rajoutés. Puis Youth a poursuivi trois minutes de boucles de synthétiseur avant de jouer une nouvelle composition de The Fireman avec guitares, synthés, basse et batterie. A suivi ensuite une nouvelle version de « Bison » agrémentées de bruits, effets sonores et synthétiseurs, tous joués par Paul. Durant toute la durée de la musique, on a pu voir des photos incrustées dans le chat, le plus souvent des extraits de la pochettes, des photos de femmes à moitié nues, certaines avec des plumes, d’autres entrain de méditer. Il y’a eu aussi un pingouin prenant son envol, Paul jouant de la basse Hofner, un dessin d’un pompier, un graphique sonore qui criait Oh Yeah, Le tout avec des effets de lumières et de sons. Une sorte de « Carnaval Of Light » des années 90. On est même en droit de se demander si quelques extraits de cette mystérieuse pièce n’ont pas été adjoints durant le chat. Puis après plus de 40 minutes de musique, un chat était organisé. Il est d’ailleurs intéressant de se Souvenir que ce genre de questions-réponses bizarre et surréaliste, n’était pas nouveau. En 1973, Paul avait enregistré l’album Red Rose Speedway dans le même studio que les Pink Floyd, qui eux enregistraient alors DARK SIDE OF THE MOON. Alan Parsons étant l’ingénieur du son des deux albums. Paul et Linda avaient été interviewés pour la fin de l’album des Floyd. Ils avaient demandé à tous y compris des membres du personnel de répondre à des questions et ont utilisés des extraits des réponses pour la fin de DARK SIDE OF THE MOON. Et bien que Paul et Linda se soient prêtés au jeu, leurs voix ne sont pas entendues à l’issue du disque. En revanche on peut entendre Henry Mccullough, l’ex guitariste des Wings.

Paul a donc voulu faire ce question-réponse avec des fans par un chat et en voici la transcription :

Q : How do you like other contemporary rock or techno-artists like Prodigy, Marilyn Manson, Smashing Pumpkins, or Nine Inch Nails ?
A : We like Prodigy at breakfast, Marilyn Manson for tea, and Nine Inch Nails for bedtime.

Q : adriangarciasierra@iname.com asks, I want to know Why Palo Verde has a name, it is in Spanish, sorry I Don’t speak good English.
A : Neh, neh, you speak good. Palo Verde is green tree found where no tree grow.

Q : SallieAnnBrink@courier.net asks why no naked man. Over half of us want One of them too.
A : Show us the money. We go all the way.

Q : vega3@aol.com asks, Is the CD being released in the US and when will the Fireman play live ?
A : Yes to the US, live depends on the seasonal cycles.

Q : JessicaRuthouse@campus.tdl asks, What does Rushes music desire to symbolize to the people ?
A : Rushes desires only the fertility of the imagination.

Q : roryborwon@aol.com asks, What originally inspired these recordings ?
A : Inspiration is derived from the cosmic creative force of the univeral fire.

Q : AngelaConiver@aol.com asks, How do you classify your music ?
A : Ambient Dreams in Rainbow arches describe the Circles of the Fireman

Q : Carol@aol.com asks, What is the significance of the naked woman on the inner sleeve of Rushes ?
A : The symbolism of the unknown naked woman is an ancient mystery. We do not have her number.

Q : denniswillard@interavenue.net asks, What inspired you to do this album ?
A : Night skies, flowing streams and whipped cream fire extinguishers.

Q : jane@voicenet.com asks, What is the Fireman’s musical bent and where did he learn to play so fluidly.
A : Hidden in the Rushes, the Fireman smooths his bent hose daily.

Q : jpftd@aol.com asks Maybe I’m just not deep enough but I just don’t get the Web Page. Could you explain ?
A : The purpose is to meet you at your fireplace.

Q : EricLensing@aristotle.net asks, How many instruments were used in making Rushes ?
A : Countless numbers

Q : EileenNeff@capital.net asks, Are the sounds of the horses on Paulo Verde taped from your horses ?
A : Live wild horses rushed past our mike. They are owned by no One.

Q : Snoopy@aol.com asks, How did the Fireman get his nickname ?
A : The Fireman is no nickname – simply a warm place in the head.

Q : bob.alaska@kpfd asks, What would you consider the best listening conditions for the new music ?
A : Best conditions vary from planet to planet.

Q : jjules@interaccess.com asks, So what is Fireman ? You said we wouldn’t believe… briefs, boxers, union shorts ; non-women edibles ?
A : The answer is… what is your question Oh naked One ?

Q : shaggdas@aol.com asks, A clue to the new direction ? Can we expect more of the same ?
A : More of the same would involve less of the rest.

Q : henrickasweden@sweden.gu.se asks, Is it your intention for the music to be played when people relax and what is influenced by you ?
A : News of cosmic relaxation influence all decisions made by the burning man.

Q : Carol@cnf .canal.edu asks, Does the sentence « The Fireman is no mason » use an anagram to say ’The Fireman is soon man’ ?
A : No, no sam, it ain’t no anagram.

Q : sheonKiss@aol.com asks, How is your belly for spots ?
A : The Fireman’s belly is clear and facing towards a bright future.

Tous les membres d’Abbey Road présents ainsi que des fans se sont prêtés au jeu et ont dictés des questions. Paul répondait par écrit et tendait les réponses à une femme inconnue qui récitait les réponses devant une caméra numérique. Le tout dura près de 20 minutes. Puis après le chat, Paul entama une version de près de 30 minutes de « Fluid ». Paul jouait parfois une fois seulement d’une partie de guitare et elle était ensuite instantanément mixée par Youth. Ensuite il jouait de chaque instruments et ainsi de suite. Puis au bout de 7 minutes de mix, il ajouta des éléments de « Palo Verde ». Mais curieusement la partie de piano n’est apparue qu’au bout de 20 minutes ce qui a déconcerté beaucoup de fans. Puis à la fin de cette performance « hors normes » Paul prononça ces mots : « Thank You for Coming In….signing off ». Et l’écran se mit alors à projeter d’autres images. Il était aussi écrit « The Fireman loves you » Dingue, mais vraiment surprenant, ce spectacle gagnerait sûrement à sortir un jour en DVD. C’est en tous cas le concert le plus surprenant de Paul. Une sorte de « Carnival Of Light » des temps modernes ?

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