Célébrités et Beatles : quand les personnalités parlent des Fab Four

Il y a quelque chose de fascinant dans la manière dont les Beatles débordent leur seule histoire pour devenir, au fil des décennies, un miroir tendu à tous ceux qui les regardent. Écrivains, journalistes, comédiens, hommes de télévision, figures politiques ou grandes plumes françaises : chacun projette sur les Fab Four ses enthousiasmes, ses souvenirs, ses préjugés, parfois sa tendresse, parfois son agacement. Et c’est précisément ce qui rend ce florilège si passionnant. D’une formule assassine à un hommage bouleversé, d’un souvenir d’adolescence à une réflexion sur le génie, la modernité ou la jeunesse, ces citations racontent autant ceux qui les prononcent qu’elles éclairent le phénomène Beatles. On y croise des admirateurs fervents, des sceptiques, des amoureux de Lennon, des nostalgiques de “Michelle” ou de “Yellow Submarine”, et même quelques esprits rétifs que le quatuor de Liverpool laisse de marbre. Au bout du compte, une certitude demeure : rares sont les artistes capables de susciter, aussi longtemps après leur séparation, une telle diversité de réactions. Preuve, s’il en fallait une, que les Beatles n’ont jamais cessé d’habiter notre imaginaire collectif.

Les citations

JEAN-LUC GODARD

Je ne suis pas « Une Personnalité », et je ne sais pas ce que veut dire « re-présenter ». Voilà.

JEAN CAU

Je n’ai rien à dire sur les Beatles.

FRÉDÉRIC MITTERRAND

Je suis sûr que Yoko Ono est formidable contrairement à tout ce qu’on a dit. Je suis sûr qu’elle était le cinquième Beatle. Elle a fait de la musique qui était bien, et elle avait en plus un certain charisme. Je suis sûr que si les autres ne l’ont pas supportée, c’est à cause de ça. Elle était à la fois trop proche d’eux et trop différente. Forcément un élément de destruction.

NICOLE AVRIL

J’étais extrêmement politisée à cette époque, et trop jeune pour être frivole… mais s’il faut tricher… Je vous dirais qu’il faut s’entendre : ou ils ont été les précurseurs de 68, ou les chevaliers servants de Margaret, qui les a anoblis. En fait, ils n’étaient que des pauvres garçons qui ont réussi, et dans leur plaisir de réussir, ils ont tout accepté… Quant à la veuve Yoko, dans le reportage télé c’était vraiment la mémère américaine qui essaye de gérer au mieux son patrimoine.

PAUL PRÉBOIST

Paul Préboist admire beaucoup les Beatles. Du reste, le roi a très bien fait de les anoblir (c’est qu’il a beaucoup de goût cet homme !). Mais Paul Préboist n’a pas de Beatle préféré : ils ne font qu’un, comme les mousquetaires. Nous, on parle des Beatles en tant qu’artistes. L’assassinat et tout ça, ça regarde la justice. Voilà, Paul Préboist vous salue – hi ! hi !

LUCIEN BODARD

Ils ont créé l’influx. Une volonté de mœurs nouvelles, ce sentiment extraordinaire d’appartenir à une époque différente, et un désir de vivre brûlant. Ils ont été comme une bombe atomique jetée dans la société.

SERGE GAINSBOURG

…Une overdose de plomb… je pense à John Lennon… Il a été flingué. Voilà ! Et moi, je l’aimais beaucoup… Quant à Yoko Ono, c’est une des sept cent fortunes du monde. Alors… y’a pas à avoir de compassion… Et j’ai oublié la musique…

STÉPHANE COLLARO

Les Beatles sont arrivés, et subitement, ça a démodé Elvis. Leur son, leurs voix aiguës, c’était différent de ce que j’avais entendu jusqu’alors ! J’avais vingt ans, et il « fallait » entrer dans la mode Beatles. En tout cas, pour savoir ce qu’il fallait faire, on était carrément obligés d’aller en Angleterre. J’y suis allé moi-même, et j’ai tous leurs disques à la maison. J’aime tout. Mais je ne suis pas du style à demander des autographes (je déteste les foules), et je me suis toujours foutu de savoir qui couchait avec la femme de l’autre…

JEAN-LOUIS BARRAULT

J’ai beaucoup d’admiration pour eux, car c’est un phénomène de jeunesse authentique. Mais c’est bien tout ce que je pourrais dire. Je ne suis qu’un pauvre paysan de Paris, attaché à mon piquet.

ULLA

À Lyon, j’allais danser dans une boîte où on les entendait beaucoup : le Gold Chast (mes grands-parents m’avaient chaudement recommandé de ne pas y mettre les pieds). Et puis je les ai vus dans ce fameux concert avec Sylvie Vartan (un vrai navet, heureusement que les gens n’étaient pas venus pour elle). Mais les Beatles étaient délirants, et les filles s’évanouissaient. J’admire surtout leur honnêteté. Ils n’ont jamais dit aux journalistes qu’ils avaient pris une cuite, quand on les interviewait complètement shootés. Et quand ils se faisaient arrêter aux frontières bourrés à blanc, ils ne s’effondraient pas en criant « Maman je ne recommencerai plus ! » Leur séparation est normale : quand les femmes entrent en jeu, il y a toujours de la zizanie ! (Bizarre que des hommes si talentueux aient pu rester avec des femmes si quelconques…)

JEAN-MARIE LE PEN

Bien souvent les contorsions musicales novatrices me hérissent l’oreille. Tout ce qui est nouveau n’est pas forcément bien. Le président Bidault disait d’ailleurs : « Quand il n’est pas nécessaire de changer, il est nécessaire de ne pas changer. » Mais moi, j’ai beaucoup aimé les Beatles. Et je ne regrette qu’une chose : qu’ils aient été anglais au lieu de français. « Le Sous-Marin Jaune » est un disque extraordinaire. Cependant, je reste très sceptique quant à son pouvoir de transformation de la société. Car l’homme ne change pas beaucoup, et les artistes sont exactement comme le vent sur la mer : ils font bouger la mer, d’autres font encore bouger la mer, mais la mer reste la mer…

ROGER PEYREFITTE

Je me suis toujours intéressé au show-business et aux jeunes (c’est peut-être là la qualité de mon esprit). Je crois que l’on peut dire qu’il y a beaucoup de groupes, mais ils sont LE groupe des groupes. Et on ne me contestera pas si je dis qu’ils ont autant remué l’âme que charmé les oreilles. J’aime bien Johnny, par exemple, mais vous ne sentez pas d’âme chez lui : c’est un animal fabuleux et féroce, qui terrasse. Les Beatles, c’est plus subtil. C’est anglais, enfin. Je les ai entendus pour la première fois en Italie, chez mon ami, en 67. « Yellow Submarine » je crois. Ça a été une incroyable révélation : c’était la musique moderne qui entrait, comme ça, dans le cadre de Florence… Lennon était un des plus attachants. Je ne dirais pas à cause de sa fin tragique, mais sûrement à cause de sa femme si émouvante. Ils étaient tous les deux la concrétisation du mythe Beatles tout entier. Et l’assassinat de John, c’était autre chose que le rite du subconscient freudien : le meurtre d’Abel par Caïn.

YVES ADRIEN

Qu’est-ce que je peux bien dire de ces gens… qui ont fait, paraît-il, tant pour nous ? Sinon qu’ils ont eu un des publics les plus bêtes… L’évocation des Beatles, ce serait : un souvenir irisé un jour de brume, et, au contraire, un souvenir austère un jour d’azur…

MICHELLE MORGAN

C’est Beatles, c’est Mick Jagger. C’est ça ? Non ? Je les ai tellement vus sur les magazines… On a beaucoup parlé de Mick Jagger. Il fait partie des Beatles, Mick Jagger…? Ah les Rolling Stones… !!?!… Vous allez écrire que Michelle Morgan est une idiote, et vous aurez raison. Mais vous savez, depuis vingt ans, quand j’entends ces rythmes modernes, j’ai envie de me mettre du coton dans les oreilles…

FRANÇOIS CHÂTELET

On ne va pas faire de philosophie. La musique des Beatles utilise des instruments électriques, et je n’aime pas beaucoup ça. Malgré tout, j’ai été frappé par l’excellence de leur œuvre. Je me suis beaucoup réjoui pour la jeunesse : c’était un moyen pour elle de reprendre le contact avec des voix justes. Car la musique rock, globalement, c’est toujours la brutalité. Celle des Beatles avait la subtilité de la musique classique, et l’album qu’on a traduit en français par « Le Sous-marin Vert » était un petit chef-d’œuvre. J’aurais encore une pensée pour le pauvre John Lennon : c’est vraiment effroyable de se faire assassiner comme ça, pour une connerie.

JEAN LARTEGUY

J’étais en train d’écouter du Mozart et du Stravinsky, et mes enfants m’ont dit : « ce qui est important aujourd’hui, c’est les Beatles. » On m’a traîné voir « Yellow Submarine », et c’était bien. Mais c’est Lennon qui est le plus intéressant. Quand on veut tuer un mythe, c’est comme ça qu’on s’y prend. Il y avait là un désir de tuer Dieu. Et je crois, d’ailleurs, qu’on a crucifié un certain Jésus pour les mêmes raisons…

MARGUERITE DURAS

Je les ai trouvés merveilleux.

Pourquoi ?

Je ne sais pas… (silence)

Pour la jeunesse ?

Je ne sais pas… Pour la jeunesse, rien n’arrive… (silence)

C’était une époque assez gaie quand même…

Pourquoi « c’était » ? Ils n’existent plus maintenant ?

Non, ils se sont séparés en 1969 !

Je ne le savais même pas… (silence)

Quelle musique aimez-vous ?

La musique éternelle…

HERVÉ BAZIN

Dans la chute verticale de la poésie, heureusement que des gens comme eux ont pris le relais. Mais ça, ce n’est pas du tout mon genre. Moi j’ai plutôt été élevé dans le silence et l’harmonium.

GÉRARD DE VILLIERS

Power To The People, c’était une chanson extraordinaire, avec des paroles pas connues, un rythme. Maintenant, ça fait rétro. Mais à l’époque, il y avait quelque chose. En plus, les gens ne voulaient plus croire en Dieu : c’était l’aubaine ! La beatlemania s’est développée essentiellement en Amérique, car là-bas ils sont tous hystériques. L’Amérique est un prodigieux accélérateur de succès : une espèce de caisse de résonance. Ceci dit, mon dada, c’est plutôt les Pink Floyd.

ALAIN DECAUX

Je ne veux pas professer des opinions sur tout et n’importe quoi. Je suis comme Courteline, qui utilisait un texte déjà imprimé : « M., j’ai bien reçu votre demande sur… et, en réponse, je vous avoue que je m’en fous complètement. »

ANNE-MARIE CARRIÈRE

J’ai été très Beatles. J’adorais celui qui a un petit nez retroussé : George, je crois. Il avait une petite tête fine et charmante, et je me disais que celui-là… si j’avais eu vingt ans. Il avait une race sur le visage. Et puis ils avaient gardé cette élégance britannique qui me plaît infiniment. On dit aussi qu’ils se droguaient, mais ça ne devait pas être énorme, car aucun d’eux n’est mort d’une overdose. … En tout cas, quand nous étions fâchés, mon mari et moi, il y en avait toujours un des deux qui mettait « Michelle ». Ça voulait dire : « Attention, cessons de nous bouder… »

BERNADETTE LAFFONT

Physiquement, je les trouvais affreux, absolument affreux ! Tellement moches qu’ils n’arrivaient pas à me brancher. Par contre, je trouvais Vince Taylor sublime, et plus près de ce que j’aimais. À quatorze ans, je ne décollais pas d’Elvis Presley. Y’a pas de problème, les Beatles ne m’ont absolument pas marquée. Et je n’ai rien à cirer, non plus, de ce qu’ils étaient dans la vie. Des sortes de trésors nationaux, comme Brigitte Bardot.

CAVANNA

Pour moi il y avait trois personnages coulés dans le même moule, plus un qui avait une gueule de métèque : Ringo Starr. On ne remarquait que lui. Il avait l’air tellement exotique au milieu de ces trois jumeaux, prototypes de l’adolescent anglais. Il avait justement été pris pour montrer à quel point les autres se ressemblaient… Il pouvait être slave, arménien, arabe ou juif. En tout cas, il a fallu que John Lennon se fasse assassiner pour que je réalise qu’il y avait un autre leader. J’ai été complètement sidéré par la portée du phénomène Beatles. J’étais au bord de la plage, et je ne comprenais pas que la vague soit si grosse. Les Beatles ou le Mundial… Il faut vraiment que les gens s’emmerdent pour s’accrocher à ça.

GUY LUX

C’est le premier groupe à avoir eu un son. Mais mon admiration est limitée par ce que j’appellerais le phénomène de l’exclusif. On est les premiers, alors forcément, on marque. C’est un peu comme la première chaîne dans les débuts de la télévision : à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

ANGELO RINALDI

Je me souviens, dans la nuit des temps, de les avoir vus à Nice, donner un spectacle accompagné d’une petite émeute. J’avais trouvé ça parfait. Tellement supérieur à la plupart des aphones qui sévissent dans le music-hall français. Ils avaient déjà un demi-siècle d’avance, un demi-siècle d’expérience. Une vitalité qui effaçait le professionnalisme, et qu’on ne revoyait qu’après coup. Cette simplicité géniale dont on soupçonne, bien après, qu’elle a été faite et refaite.

FRANK TÉNOT

L’émission « Salut les Copains » a commencé en 1959, et le mensuel en 1963. Ils devinrent très vite les chouchous de l’émission, et ils étaient pratiquement en couverture tous les quatre numéros, chaque fois qu’ils faisaient un tube – c’est-à-dire tout le temps. Je les ai donc rencontrés à Europe 1, ils étaient très professionnels et excessivement gentils, seul Ringo semblait plus renfermé.

ALAIN PACADIS

De cet hôpital neuropsychiatrique, je fais un élevage de coléoptères. Ces quatre insectes bouffent mon crâne végétalo-onomato-poétique, tandis que Keith Richard les déteste, et que Bryan Ferry rêve à Frank Sinatra…

L’infirmière en blouse blanche ressemble à Lucy, et les petites pilules roses brillent dans le ciel comme des diamants. Le cadavre des Beatles s’est décomposé, tandis que sont apparus les Sex Pistols. King’s Road a remplacé Carnaby Street, et Malcolm McLaren a pris la place de Mary Quant. En 1982, on nous ressort le Mersey sound, mais il n’y a plus que les Flamin’ Groovies pour s’intéresser aux mélodies alambiquées de ces quatre garçons qui furent dans le vent…

En 1982, il n’y a plus ni Lennon, ni Elvis. Et moi j’écoute le dernier Clash. Alors tel un robot mal graissé, je sens des craquements dans les turbines de ce sous-marin jaune qui sombre lentement dans l’huile de vidange…

ALBINA DE BOISROUVRAY

Pour moi, les Beatles ont été très importants et sont le symbole du grand changement des années 60 et de ce mouvement d’imagination qui a eu lieu à Londres. L’époque de « Yellow Submarine » était le début de quelque chose de complètement psychédélique qui se répercutait partout. Je me souviens que j’étais mariée et que je venais d’avoir un enfant ; j’essayais d’être une jeune épouse modèle ; tout à coup cette espèce de musique m’a remuée complètement ; j’en ai eu marre et j’ai divorcé. Je suis montée à Paris et j’ai recouvert mes murs de photos des Beatles. J’avais décidé une bonne fois pour toutes que je voulais l’imagination dans ma maison. On entendait les Beatles partout : chez les amis, dans les boîtes et à la radio. … Et puis j’aimais beaucoup Harrison, il avait l’air tellement timide !

WOLINSKI

À leur époque, on allait tous à Londres : les garçons en vieux costumes militaires, les filles en jupes courtes. Et on passait notre temps à jouer des « souverains » dans les bars. J’aurais bien pris un verre avec Lennon et Yoko Ono… c’était un couple intéressant… j’ai vu, d’ailleurs, des photos de Yoko toute nue : elle est mignonette ! Mais leur musique, c’était quand même de la variété, c’était Tino Rossi. Gentillet, quoi.

PHILIPPE BOUVARD

J’ai dit la même chose aux gens de RTL, qui pourtant sont des amis : je n’ai pas d’opinion sur les Beatles, étant donné que je n’ai jamais écouté leurs chansons. En revanche, je peux vous parler de l’œuvre de Dietrich Buxtehude. La seule chose qui me touche beaucoup, c’est qu’ils sont les seuls chanteurs qui ont été cotés en bourse.

JEAN DUTOURD

Je vis dans mon petit atelier, loin des bruits du monde. Alors les B…. c’est comme si vous demandiez à un menuisier ce qu’il pense de la ferronnerie. En 64, je frisais la quarantaine, j’étais sur mon rabot. Alors, encore une fois, c’est comme si on me demandait ce que je pense de la capacité amoureuse des éléphants.

JACQUES CHANCEL

Il y a deux ou trois ans, je rêvais encore des Beatles. Je me demandais qui aurait la chance de faire une grande émission avec eux. J’aurais tellement aimé les analyser et comprendre comment une réussite peut aller aussi loin. On ne peut pas dire : je n’ai pas aimé, sinon, peut-être, pour être tout à fait à la mode. Car les Beatles, ce n’était pas la mode. Il n’y avait pas de tricherie chez eux. L’assassinat de Lennon, c’était un acte d’amour : la preuve qu’ils étaient allés un peu plus loin que tous les autres. Il ne pouvait y avoir que cassure, rupture et déchirure. Mais « Michelle » restera comme « Plaisir d’Amour » ou « Le Temps des Cerises ».

Je ne vois pas, d’ailleurs, sur quel groupe d’aujourd’hui on pourrait faire ce genre de grande enquête.

SERGE KRUGER

Ça a beaucoup vieilli. Et pas vraiment bien. Certains trucs comme les Doors ou Bob Dylan sonnent vieux, mais en même temps plus éternels. Les branchés, dont j’ai toujours fait partie, ont d’abord vécu avec Dylan et les Doors. Et puis, il y a eu cette espèce de fourche entre les Beatles et les Stones. Mais la beatlemania, ça a toujours gardé un côté mouton…

GÉRARD LENORMAN

C’est ma musique. Nos premières chansons en anglais. J’étais chanteur d’orchestre, et je piochais à mort dans leur répertoire. C’était presque une école : une musique standard. J’en connais plus d’un qui a écouté Sgt. Pepper’s et qui a pensé : « Tiens, je vais aller écrire des chansons. » Un chanteur qui me dit aujourd’hui, que ce soit Elton John ou Sardou, qu’il n’a rien à faire des Beatles, je vais le faire examiner tout de suite. Parce qu’il va très mal. Quand j’ai écrit « Michelle », je voulais faire une chanson sur mon adolescence, et donc bien sûr sur les Beatles. Je ne pouvais pas parler d’eux directement : j’en aurais dit trop, ou pas assez…

MICHEL HIDALGO

Il y avait quelque chose chez eux de complètement excessif. Ils devaient mener une vie un peu dingue : c’était quelque chose d’écrasant d’être aussi constamment harcelé, sollicité et adulé. Au bout d’un moment, chacun aspire à une vie moins collective, moins publique. J’étais dans une équipe de football professionnel à Monaco, mais on ne s’entraînait pas avec des écouteurs sur les oreilles et à cause du sport on n’allait pas beaucoup en boîte. Non, on les écoutait à la maison. Ils avaient réussi à être complémentaires, de bons équipiers, et c’était harmonieux et efficace. Un vrai coup de poing à la figure de tout le monde.

SUZY WIZZ

Quand ils jouaient pour nous, tout le monde était heureux. Même les garçons de deux ans chantaient « Yellow Submarine ». Je les ai vus en concert : ce devait être en septembre 65. J’étais avec une copine devant la porte et j’avais pas d’argent. Deux messieurs nous ont dit : « vous voulez voir le concert au premier rang ? » On a dit : « Oui ! Bien sûr ! » Et c’est comme ça qu’on s’est retrouvées au premier rang, juste devant les caméras de la télé. Derrière nous, il y avait Zouzou, la belle twisteuse, avec son fiancé, Michel Taittinger. Je ne sais plus qui il y avait avant, mais c’était tellement mauvais que tout le monde sifflait. Et puis les Beatles sont arrivés en courant sur la scène, très légers, et ils ont pris la salle, comme ça. Ils avaient un réel magnétisme. Iggy Pop l’a aussi, mais quatre en même temps avec une telle aura…

On sentait qu’il n’y avait pas de sexe entre eux, comme dans les vraies histoires d’amour. Ils étaient simples. C’était ça, leur secret. Après le concert, tout le monde a été danser chez Castel. Brian Epstein, leur manager, est venu me demander si je voulais me joindre à leur table. J’ai refusé : ils n’avaient qu’à venir me le demander eux-mêmes ! Pourtant, j’aurais beaucoup aimé Lennon : il était si serviable avec les femmes. Yoko Ono l’a rendu ridicule, elle en a fait son esclave. Je la déteste !

Les Beatles nous ont apporté le bonheur, les petits joints et les autres drogues aussi (« Happiness Is A Warm Gun… »), et bien que les hippies soient l’horreur de ma vie, ils ont tout sauvé à mon égard. Aujourd’hui, même en Suisse, les vieux schnocks chics portent les cheveux longs. Enfin, le style Beatles a pris en Suisse !

JEAN D’ORMESSON

Ils ont joué un rôle économique certain en contribuant de façon non négligeable à la balance des paiements de l’Angleterre. Ils ont eu en plus, en tant qu’anglo-saxons, l’avantage extraordinaire d’avoir un marché très étendu. L’Amérique leur était ouverte. Quant aux individus, c’est un peu flou dans ma tête, je ne sais plus qui est Harpo et qui est Groucho…

LÉON ZITRONE

Les Beatles sont l’expression de la jeunesse triomphante. Une véritable explosion. D’ailleurs, personnellement, je les trouvais un peu bruyants, et, pour pouvoir travailler tranquillement, j’étais obligé à l’époque de fermer portes et fenêtres. N’empêche que le fait qu’ils aient réussi si vite et qu’ils aient amassé une fortune si grande démontre qu’ils correspondaient à ce qu’on appelle un créneau.

EDDY BARCLAY

La Duchesse de Bedford m’avait invité dans son château, me priant de venir avec quelques amis artistes. C’était en 63, et je lui avais dit en plaisantant que j’avais bien envie de rencontrer ces sacrés Beatles. On était douze en tout, dont Aznavour, Brel et Delpech. Et quand on est arrivés, ils étaient là, sur le parvis, avec Mary Quant, pour nous recevoir. On était drôlement surpris ! Ils ont joué pour nous dans le château, et c’était bien excitant. J’ai tous leurs disques dans ma collection personnelle, et même une photo de moi et Harrison à Saint-Tropez.

MARCEL BIGEARD

Moi, je rentrais de Centrafrique, j’avais quarante-cinq ans. Et j’ai été surpris par cette ambiance « yéyé ». J’ai dit à ma femme : « D’un coup, tout a changé. Viens, on va se mettre à l’heure. » On avait acheté tous les disques, et il y avait de la gaieté à la maison, vous pouvez me croire. J’aurais bien voulu avoir vingt-cinq ans pour en profiter encore plus. C’était une époque tellement sympathique pour notre jeunesse !!! Dommage… quand même… que Lennon se droguait…

FRANÇOIS CHALAIS

C’est peut-être le chant du cygne d’une époque. En tout cas, c’était la joie et l’explosion. Maintenant, c’est la dévastation et la violence. Je ne dis pas que ce ne soit pas bien : si cela donne une bonne musique, alors, vive la dévastation et la violence. Mais les Beatles étaient l’explosion dans la vie, et pas dans la mort. À cette époque-là, j’avais une émission qui s’appelait « Cinépanorama », et je me débrouillais toujours pour y caser mes montages musicaux favoris. C’est ainsi que j’ai été le premier à montrer les Beatles sur le petit écran. Mais il y a un âge où il faut se méfier de ce qu’on a trop aimé dans le passé.

VIRGILE TANASE

On sait depuis belle lurette que le monde est plutôt mal fichu, mais nous ne prenons la mesure de sa stupidité qu’en remarquant les héros qu’il se donne. Lorsque l’humanité se pâme entre les Beatles et Dallas, on a envie de demander à Dieu pourquoi il a pris la peine de nous offrir un déluge qui n’a réussi qu’à donner un peu de goût aux poissons…

MURIEL CERF

J’avais 13 ans en 1963, et ils ont été toute ma jeunesse. Quand j’allais en week-end à Londres, incognito, il m’est arrivé plusieurs fois de dîner avec eux, car mon ami faisait partie de leur bande. C’était l’époque où Paul McCartney était avec cette actrice rousse, Jane Asher, qui ressemblait d’ailleurs complètement à Pattie, la copine de Harrison. C’était ces deux couples que je voyais le plus souvent. On se rencontrait à la Casserole, et on faisait les quatre cents coups… On ne parlait pas beaucoup de musique : c’était plutôt l’astrologie et le paranormal. Ce n’était pas triste ! J’ai beaucoup aimé Londres pendant trois ans. Les filles avaient le teint complètement blanc, l’anti-cernes sur les lèvres, les faux cils en haut et en bas, les cheveux sur les reins et la minijupe. Fou !!

FRANÇOIS LÉOTARD

Le phénomène Beatles, au vrai sens du terme, c’est une révolution. On est passé de Luis Mariano aux Beatles, et cette révolution musicale a entraîné une révolution sociale… D’autre part, les Beatles ont contribué à l’évolution de l’Angleterre, renfermée sur ses traditions : ils ont créé l’impulsion. J’ai eu l’occasion d’accueillir Wings dans les arènes de ma ville de Fréjus, et j’ai rencontré Paul McCartney, comme il se doit. Il est fidèle à la tradition des Beatles. Mais jamais on ne retrouvera vraiment cette précieuse harmonie qu’ils avaient tous les quatre… Ignorer les Beatles, ce serait ignorer toute une génération.

VIRGINIE LEMOINE

L’éducation que j’ai reçue m’a conduit à plus m’intéresser à la musique classique qu’à la moderne. Des Beatles, j’ai surtout le souvenir d’une chanson, « Imagine », de Lennon, que mon frère m’avait fait écouter avant de me laisser en pleurs et de me quitter pour aller passer un an aux États-Unis. Mes chanteurs préférés sont français et disparus : Jean-Roger Caussimon et Bobby Lapointe.

VALÉRIE PAYET

Je me souviens d’un jeu de la vérité auquel j’ai participé avec, en fond musical, John Lennon en solo dans « Imagine ». Je n’ai pas de disques des Beatles, je suis plutôt fan des Rolling Stones.

STÉPHANE COLLARO

Je sors d’un concert où j’ai écouté des chansons des Beatles pendant trois heures trente d’affilée ! Grâce à un groupe français, baptisé Liverpool, qui n’a à son répertoire que des chansons des Beatles. Nous étions une cinquantaine sur l’île de Bendor à y avoir assisté et le concert a cessé… parce que l’orchestre n’en pouvait plus alors que nous, on en redemandait ! Je suis resté un fan. J’ai même acheté une toile d’une grande artiste allemande, Rebecca Horn, qui s’intitule « Pelicans and Beatles », où l’on voit des scarabées affublés de jambes de pélicans…

PHILIPPE GILDAS

Les Beatles ont contribué à réorienter ma carrière. De journaliste pur et dur, je suis passé à cause d’eux, ou grâce à eux, au journalisme d’animation. C’était au printemps 1966. J’étais chef de l’information à Radio-Luxembourg et je raccompagnais un jeune journaliste de ma rédaction du matin en voiture. À la radio, on diffusait « Penny Lane », des Beatles. J’ignorais alors tout du groupe. Le journaliste m’a expliqué qu’il était anormal qu’un chef d’infos comme moi ignore ça, que c’était aussi important que la politique. Ce journaliste, c’était Pierre Lescure. Ce jour-là, j’ai commencé à réfléchir sur l’idée du journaliste-animateur. Ce que j’ai inauguré dès la rentrée 1966 sur RTL entre 6 h et 9 h, puis sur France Inter et Europe 1. Aujourd’hui, je possède l’intégrale des Beatles en coffret de luxe. Mon album fétiche : « Sgt. Pepper’s ».

PHILIPPE AUBERT

Mon frère aîné était Rolling Stones, j’étais Beatles. Un jour, il a refusé de m’accompagner à l’Olympia pour le concert de mes quatre idoles. J’étais trop petit pour que ma mère me laisse y aller seul. J’en veux à mon frère. J’en veux aussi à Yoko Ono. Pour moi, elle est la sorcière qui a poussé les Fab Four au divorce. Ma fille n’aura pas à m’en vouloir plus tard. Dans la sélection des « 10 indispensables » que je lui ai offerts pour ses 18 ans, j’avais glissé le CD de « Let It Be ».

PAUL AMAR

Ne me demandez pas de choisir entre les Beatles et les Rolling Stones. J’aime les deux. Les premiers me bercent, les seconds me secouent. Les Beatles me renvoient à l’adolescence et aux années d’insouciance et de romantisme. J’en ai fait une grande consommation plus tard, au milieu des années 70, quand j’étais correspondant de France Inter à Washington. Tous les copains français de passage chez moi se régalaient avec ce qu’on n’appelait pas encore leurs « compils ». Je compte acheter les cassettes vidéo des Beatles qui vont sortir pour les offrir à mes deux garçons. Raphaël et Jérémie découvrent aussi les tubes des années 60 et 70. Ils vont s’attaquer aux Beatles !

PATRICE LAFFONT

Je ne suis pas un beatlemaniaque. Pour les slows, c’était plutôt les Platters et, en général, je préfère la chanson française, Brel, Brassens, Bécaud et Aznavour en tête, à la musique anglo-saxonne.

PASCAL SEVRAN

Les Beatles, ce sont mes 15 ans, mes premiers cheveux longs, pour leur ressembler… et mes premières surprises-parties. J’ai dansé sur « Yesterday », ma chanson préférée. J’ai aimé leur musique, à la folie. Leurs voix, leurs mélodies sont chez moi. J’ai tous leurs disques.

PASCAL BRUNNER

Mon premier souvenir date du début des années soixante-dix. J’avais une dizaine d’années, nous partions en colonie de vacances et nous chantions à tue-tête « Yellow Submarine » dans le car. À l’époque, dès qu’un moniteur prenait sa guitare, il jouait un air des Beatles. Un ou deux ans plus tard, j’ai emballé mon premier flirt avec « Michelle ». Ça tombait bien, c’était son prénom. La moitié du chemin était déjà fait ! Je connais par cœur la plupart des chansons des Beatles. « Yesterday » est ma préférée.

MICHEL DRUCKER

Pour « Champs-Élysées », en 87, je suis allé passer deux jours avec Paul McCartney dans son moulin, à Hastings, près de Southampton. Ce végétarien, l’un des hommes les plus riches d’Angleterre, vivait dans la plus grande simplicité dans une ferme au milieu de ses moutons, ses poneys, ses chiens… Près de là, il a fait construire une piste d’atterrissage rien que pour lui. Le seul luxe de ce multimilliardaire est son jet de six places. Grâce à lui, il revient toujours dormir dans sa ferme, après chaque concert donné en Europe. Si Paul se produit à moins de 2 000 km de sa ferme, il rentre dans la nuit chez lui pour pouvoir accompagner ses enfants le lendemain à l’école. Ce petit avion permet également à Paul et à sa femme, Linda, de faire de temps en temps un aller-retour dans la soirée pour une escapade gastronomique, en amoureux, à Paris.

MAUREEN DOR

Je me souviens que, petite, j’écoutais « Abbey Road » sur un vieux tourne-disque de mes parents, mais pas à la bonne vitesse. J’ai été très étonnée quand j’en ai découvert la bonne version ! Depuis un an, je vis avec un musicien, fan des Beatles. Nous écoutons beaucoup « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band ». Je suis devenue une inconditionnelle.

LAURENT GERRA

Je ne me réveillerai pas la nuit pour aller acheter un disque des Beatles au Virgin Megastore. Je n’aime pas beaucoup la musique anglo-saxonne. Sauf quelques crooners du genre Dean Martin, Nat King Cole, Sinatra ou Fred Astaire. Je suis un amateur de chanson française. Au-dessus de tous, je place Georges Brassens. À mon arrivée à Paris, avant même d’aller visiter les monuments ou la tour Eiffel, je me suis précipité dans le XIVe pour voir l’extérieur de la maison où il habitait.

LAURENT CABROL

Avec trois amis, nous avions créé une formation baptisée le Trio Tournesol, au début des années soixante. Le plus gros succès de ces jeunes fous chantant et jouant dans les Maisons des jeunes et de la culture était « Twist And Shout ». Un tube des Beatles bien sûr.

JULIEN LEPERS

J’ai été bercé, alimenté par les Beatles ! Un vrai coup de foudre mélodique. Je crois bien que c’est grâce à eux que j’ai fait de la musique. Enfant, chez ma grand-mère, dans le Midi, j’ai commencé à jouer du piano pour reproduire « She Loves You » ou « From Me To You ». Plus tard, interne, je jouais leurs musiques à la guitare dans un petit groupe que nous avions formé et, chaque soir, nous faisions des concours à qui connaîtrait le mieux leurs titres. Je gagnais toujours. Il y a quelques jours encore nous avons, avec des copains, fait un bœuf avec une bonne partie de leur répertoire.

JÉRÔME BONALDI

N’ayant pas de tourne-disque à l’époque, et de toutes façons pas d’argent pour acheter des disques, les Beatles je les ai connus sur le tard. En revanche, ils m’ont valu de très mauvaises notes en anglais. Mon prof s’était mis dans la tête de nous apprendre cette langue à partir des chansons des Beatles. Moi, je n’en connaissais aucune… J’aime bien « Fool on the Hill », mais je regrette de ne pas avoir cette chanson dans ma discothèque.

JEAN ROUCAS

Un jour, avenue Montaigne, au siège de France 2, je sors de l’ascenseur et me trouve nez à nez avec McCartney. C’était lors d’un des premiers Téléthon. Il était venu jouer « Yesterday » à la guitare sèche. J’étais si pétrifié que j’ai balbutié deux ou trois banalités. J’aurais été encore plus impressionné si, ce jour-là, j’avais eu Lennon en face de moi. John, c’était mon maître à penser. Et à danser. C’est à lui que je dois de porter des lunettes rondes. Mon look a toujours suivi le sien : cheveux coupés au bol, puis longs avec la barbe… À sa mort, j’ai pleuré. Et ça m’a repris le jour où j’ai reçu le prix de la SACEM, dix ans jour pour jour après sa mort.

JEAN-PIERRE FOUCAULT

J’ai tous les albums en vinyle des Beatles. Sauf un, qui a disparu, et je le regrette, celui qui avait une pochette blanche. Les chansons des Beatles, je les aime toutes, avec une au-dessus des autres : « Strawberry Fields Forever ». C’est vraiment magique.

JEAN-MARC ROBERTS

Je suis dans une salle de classe. Il y a au moins autant de filles que de garçons. Davantage de filles, peut-être. Nous n’avons pas tous le même âge. C’est le jour de la rentrée et on nous demande de répondre à une question très banale : « Qu’est-ce que tu feras quand tu seras grand ? » Certains sont déjà grands, mais ils répondent quand même « avocat », « docteur », « aviateur », « président ». Les filles, « vétérinaire », « infirmière » ou « danseuse ».

À mon tour, sans réfléchir, je réponds « Beatles ». Je dois avoir l’air assez sérieux et convaincant, car on me croit sur parole. On m’explique gentiment que ça ne va pas être commode. Les Beatles sont quatre et je suis tout seul. On me raisonne : je ne connais pas le solfège, je ne sais jouer d’aucun instrument et mon anglais est très approximatif. Enfin, Beatles ne serait pas un métier.

Je demeure très calme, mais ferme sur ma position. Je serai Beatles plus tard, beaucoup plus tard, comme on promet à son éditeur d’écrire un jour un vrai roman. J’ai tout mon temps. Je révèle à la petite assistance que j’ai une dette incroyable envers les quatre garçons de Liverpool. Je leur dois mes premiers baisers et mes premiers enfants. Chacun de mes livres a été écrit au rythme de leurs chansons, au son de leur musique. Ils me paraissent bien plus indispensables à ma vie que mon avocat, mon docteur ou le président de la République. Je suis très applaudi. Puis des doigts se lèvent. Certains demandent s’ils peuvent modifier leur réponse. Bientôt, la majorité de la classe… C’est gagné : nous serons tous Beatles.

JACQUES PRADEL

J’étais étudiant au lycée Condorcet, à Paris. Une rumeur étrange nous est parvenue : Paul McCartney était mort et, pour entendre le message qu’il nous avait laissé, il fallait écouter l’un de ses disques à l’envers. Patiemment, à la main, j’ai fait tourner en sens contraire la galette de vinyle sur mon électrophone. J’aurais dû entendre cette confidence : « Je m’appelle Paul. Ne vous faites pas de souci pour moi. Je vais bien… » Hélas ! je n’ai rien compris à cette pseudo voix d’outre-tombe. Paul McCartney était en vie, heureusement…

JACQUES MARTIN

Au début des années 60, je devais présenter les deux concerts qu’un groupe, alors peu connu, venait donner à l’Olympia. Bruno Coquatrix m’a demandé d’emmener Paul, George, John et Ringo dans un restaurant de l’île Saint-Louis. Spécialité : le gigot. Mes quatre protégés d’un jour ont surtout fait honneur au brouilly. Qu’ils ont dégusté jusqu’à 15 h ou 16 h 30. À notre retour à l’Olympia, c’est moi qui ai dégusté… les remontrances de Coquatrix pour n’être revenu qu’à 17 h, alors que les Beatles devaient commencer à jouer à 20 h 30 ! Mes quatre garçons… dans le vin, n’avaient pas tout à fait récupéré de leurs joyeuses libations. Ça a été un concert comme l’Olympia n’a pas dû en connaître souvent !

FABRICE

La première fois que j’ai entendu les Beatles, à la radio, c’était « From Me To You ». Je me suis précipité chez un disquaire en fredonnant la chanson pour ne pas en perdre le titre puisque je n’avais pas retenu le nom du groupe. Le vendeur m’a fait écouter la chanson interprétée par une femme. « Non ! C’est un groupe de mecs. » Avec des cheveux longs comme je l’ai découvert sur la pochette. Dès le lendemain, j’ai laissé pousser…

ÈVE RUGGIERI

Il y a eu trois grands bouleversements dans la musique de notre époque : Jimi Hendrix, Michel Polnareff, et les Beatles. Je me jetais avec frénésie sur leurs disques dès leur sortie. Une musique poétique, onirique, dynamique, magique. Je partage cette passion avec ma fille, Marion, dont l’autre idole est Édith Piaf.

EMMANUEL CHAIN

C’est en quatrième au lycée Stanislas, à Paris, que j’ai, je crois, découvert les Beatles. L’album « Blue » fait sans doute partie des premières cassettes que j’ai achetées avec mon argent de poche. Les chansons des Beatles sont comme la madeleine de Proust. Chaque fois que j’en entends une, ce sont des souvenirs que je croyais oubliés qui me reviennent instantanément. Parmi mes préférées, « Let It Be », « Yesterday ».

DANIELA LUMBROSO

Les Beatles me rappellent mon premier reportage à la télé, pour le 10e anniversaire de la mort de John Lennon dans le « Mini-journal », sur TF1. Et aussi mon premier séjour linguistique en Angleterre, où j’ai connu mes premières boums et mes premiers slows, notamment sur la musique de « Hey Jude ».

CLAIRE CHAZAL

Comment ne pas aimer les Beatles ? Ils ont bercé toute mon adolescence. Je possède la trilogie des albums bleu, blanc et rouge et je prends plaisir à les écouter très souvent.

BRUNO MASURE

L’album « Sgt. Pepper’s » constitue pour moi la perfection de A à Z. Je ne suis jamais allé à un concert des Beatles, préférant le plaisir solitaire d’une écoute concentrée, seul, chez moi. L’assassinat de Lennon m’a beaucoup affecté. Ce vrai pacifiste n’avait rien fait pour mériter un tel sort.

BERNARD BENYAMIN

Dans la famille Benyamin, on est beatlemaniaque de père en fils. J’ai été un fan de la première heure des Beatles. Mon fils, Gaël, qui poursuit des études musicales, est un fan des Beatles. La prochaine génération le sera aussi car la musique des Beatles durera longtemps, longtemps…

ANNE SINCLAIR

Depuis toujours, je suis une fan des Beatles. Je me suis précipitée à l’Olympia quand ils sont venus en France pour la première fois au même programme que Sylvie Vartan et Trini Lopez. Je crois que je possède tous leurs albums.