Lorsque Ringo Starr rejoint les Beatles en 1962, il se heurte immédiatement à la méfiance de George Martin. Lors de l’enregistrement de « Love Me Do », Martin préfère faire appel à un batteur de session, reléguant Ringo aux percussions. Une humiliation que le batteur mettra des années à digérer. Pourtant, au fil du temps, Martin reconnaîtra le talent unique de Ringo, et leur relation finira par s’apaiser. Après la disparition du producteur en 2016, Ringo lui rendra un hommage touchant, prouvant que les tensions avaient laissé place au respect.
Lorsqu’on évoque les Beatles, il est impossible d’ignorer l’apport décisif de George Martin, leur légendaire producteur. L’homme en costume élégant, aux manières distinguées, a joué un rôle clé dans l’évolution sonore du groupe, au point d’être surnommé « le cinquième Beatle ». Cependant, tout n’a pas été rose entre lui et les Fab Four, notamment avec Ringo Starr. Derrière les harmonies célestes et les albums mythiques se cache une tension qui marquera à jamais le batteur du groupe.
Sommaire
Le choc de l’arrivée de Ringo Starr
Lorsque Ringo Starr rejoint les Beatles en 1962, il ne se doute pas que son premier grand défi ne viendra pas de ses camarades, mais de leur producteur. Avant son arrivée, le groupe comptait sur Pete Best, un batteur talentueux mais jugé incompatible avec leur évolution musicale. Sa mise à l’écart crée un vide que Starr, déjà réputé sur la scène de Liverpool, vient combler. Pourtant, à peine intégré, il se heurte à une réalité brutale : George Martin ne croit pas en lui.
Ce scepticisme éclate lors de la session d’enregistrement de « Love Me Do », l’un des premiers singles des Beatles. Martin, soucieux du rendu final et peu convaincu des capacités de Starr, fait appel à Andy White, un batteur de session, pour enregistrer la piste officielle. Ringo, relégué au simple rôle de percussionniste à la tambourine et aux maracas, est anéanti.
Une humiliation difficile à digérer
Dans une interview des années plus tard, Ringo Starr se souvient de cette journée comme d’un moment particulièrement douloureux. « J’étais dévasté que George Martin ait eu des doutes sur moi », confie-t-il. « J’étais prêt à jouer, et là j’entends : ‘Nous avons un batteur professionnel’. Il s’est excusé plusieurs fois par la suite, mais ça a été un vrai choc. Je l’ai haï pendant des années. »
Cette blessure mettra longtemps à cicatriser. Paul McCartney lui-même a reconnu que Ringo n’a jamais vraiment surmonté cet épisode. «. »
George Martin et la perfection musicale
Le choix de Martin de ne pas faire confiance immédiatement à Starr s’inscrivait dans une démarche perfectionniste. En tant que producteur, il cherchait avant tout à obtenir le meilleur rendu possible, quitte à froisser des égos. Il avait déjà appliqué cette rigueur avec d’autres musiciens et n’avait pas hésité à utiliser des musiciens de studio lorsque nécessaire.
Malgré tout, cette décision souligne une méfiance initiale qui tranche avec la philosophie de camaraderie du groupe. Starr, loin d’être un batteur anecdotique, possédait un style distinctif et une assise rythmique qui allaient bientôt devenir une marque de fabrique des Beatles. Martin finira par reconnaître son erreur et lui laissera toute la place qu’il mérite dans les albums suivants.
Une relation qui finit par évoluer
Si leurs débuts furent houleux, Ringo Starr et George Martin finirent par entretenir une relation professionnelle et amicale plus apaisée. Avec le temps, Martin a su apprécier le jeu unique de Ringo, capable d’insuffler groove et subtilité aux morceaux des Beatles.
Des titres comme « A Day in the Life », où la batterie de Ringo joue un rôle fondamental, ou encore « Come Together », témoignent de son importance capitale dans la dynamique du groupe. Le style fluide et intuitif du batteur finira par être célébré et respecté par Martin lui-même.
L’hommage tardif de Ringo à George Martin
Après la disparition de George Martin en 2016, Ringo Starr lui rend hommage en des termes touchants, preuve que les tensions du passé avaient été reléguées à l’arrière-plan. « C’était un homme gentil, génial et aimant », déclare-t-il. Une façon élégante de refermer une blessure qui, bien que cicatrisée, restera à jamais gravée dans sa mémoire.
Cette relation en dents de scie illustre bien la dynamique des Beatles : un groupe où les tensions et les épreuves n’ont jamais empêché la naissance de quelques-uns des plus grands chefs-d’œuvre de l’histoire de la musique. Derrière chaque note, il y avait des egos, des doutes et des conflits, mais aussi une admiration et un respect mutuels qui ont permis de créer l’une des discographies les plus influentes du XXe siècle.














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