Lorsque l’on parle de l’influence des Beatles sur la génération musicale qui leur a succédé, il est impossible de ne pas mentionner Badfinger. Le groupe gallois, signé chez Apple Records, a souvent été qualifié de « héritiers » des Fab Four, non seulement en raison de leur son pop raffiné, mais aussi en raison des liens étroits qu’ils ont entretenus avec Paul McCartney et George Harrison. En 1972, ce dernier leur offre l’un de leurs plus grands succès avec « Day After Day », une ballade poignante qui porte l’empreinte indéniable du guitariste des Beatles.
Sommaire
Badfinger et les Beatles : Une Relation Privilégiée
Dès ses débuts, Badfinger est fortement associé aux Beatles. En 1969, c’est Paul McCartney qui leur ouvre la voie du succès en leur offrant « Come and Get It », un single irrésistible qui devient leur premier grand tube. Mais si McCartney leur donne un tremplin, c’est George Harrison qui leur apportera un véritable accompagnement musical et spirituel.
George Harrison, alors en pleine transition post-Beatles, s’investit pleinement dans la carrière du groupe. Il est à la recherche de nouveaux défis artistiques, explorant son amour pour la production et le travail en studio, tout en soutenant des talents qu’il juge sous-estimés. Son implication auprès de Badfinger culmine avec « Day After Day », une chanson extraite de leur album Straight Up (1971).
Une Production Soignée et un Solo de Légende
Lorsque Pete Ham, leader de Badfinger, écrit « Day After Day », la chanson possède déjà un fort potentiel mélodique. Mais c’est George Harrison qui lui donne une dimension supplémentaire. Il produit le titre, y ajoute sa signature musicale distinctive, et joue un rôle actif dans l’arrangement.
L’élément le plus marquant de la chanson reste son solo de guitare en slide, une marque de fabrique de Harrison, immédiatement reconnaissable. Ce son cristallin, à la fois nostalgique et lumineux, évoque ses propres compositions comme « My Sweet Lord » ou « Give Me Love (Give Me Peace on Earth) ». Il s’agit d’un parfait exemple de l’influence qu’il a eue sur la musique de Badfinger, leur apportant une sophistication supplémentaire.
Leon Russell, pianiste et collaborateur fréquent de Harrison (notamment lors du Concert for Bangladesh en 1971), apporte également sa touche au morceau avec des parties de piano qui enrichissent son atmosphère mélancolique et élégante.
Le Succès de « Day After Day »
Dès sa sortie, « Day After Day » trouve un écho important auprès du public. Aux États-Unis, où Badfinger jouit déjà d’une solide popularité, le titre grimpe rapidement dans les charts, atteignant la 4ᵉ place du Billboard Hot 100 en janvier 1972. Il devient un véritable tube et permet à l’album Straight Up de s’imposer également dans les classements.
En Royaume-Uni, le succès est plus modéré au départ, le single entrant à la 45ᵉ place du classement. Pourtant, il ne tarde pas à gagner du terrain, confirmant Badfinger comme un groupe majeur de la scène pop britannique du début des années 70.
L’album Straight Up, lui, reste l’un des plus acclamés du groupe. Malgré des difficultés liées à sa production initiale, il bénéficie de l’implication de Todd Rundgren, qui reprend le projet en main après que Harrison ait dû se concentrer sur le Concert for Bangladesh.
Badfinger : Un Talent Sous-Estimé
Malgré leur immense talent et leur affinité évidente avec la musique des Beatles, Badfinger n’a jamais réellement atteint la stature qu’ils méritaient. Pete Ham, dans une interview à Disc & Music Echo en 1972, exprimait son souhait de voir le public britannique percevoir son groupe autrement qu’un simple « groupe pop pour adolescents ».
En effet, aux États-Unis, le groupe bénéficie d’un public plus attentif, prêt à reconnaître leur richesse musicale. Mais au Royaume-Uni, ils sont encore considérés comme un groupe de seconde zone, éclipsés par l’ombre immense des Beatles et la montée du rock progressif. Pourtant, leurs compositions rivalisent avec les meilleures productions de l’époque, alliant mélodies accrocheuses, harmonies vocales sophistiquées et arrangements soignés.
Une Collaboration Marquée par le Destin
L’histoire de Badfinger est aussi tragique que brillante. Après le succès de « Day After Day », le groupe subit de nombreux revers liés à Apple Records, à des problèmes de gestion et à des litiges financiers. Pete Ham, principal compositeur du groupe, se suicide en 1975, suivis quelques années plus tard par Tom Evans, un autre membre clé du groupe.
Quant à George Harrison, il continue à évoluer vers de nouveaux horizons, multipliant les collaborations et perfectionnant son art du slide guitar, qui deviendra l’un des éléments les plus caractéristiques de son style solo.
Aujourd’hui, « Day After Day » reste l’un des plus grands classiques de Badfinger, un morceau intemporel qui témoigne de la brillance de Pete Ham et du soutien indéfectible de George Harrison. Il représente aussi un exemple poignant de ce que la connexion entre les Beatles et leurs protégés pouvait produire : un moment de pure magie musicale.
Un Héritage Toujours Vivant
Bien que souvent éclipsé par le mythe des Beatles, Badfinger reste un groupe essentiel pour comprendre l’évolution du rock mélodique des années 70. « Day After Day » est une preuve éclatante de leur génie et de leur potentiel, sublimé par la présence d’un mentor aussi influent que George Harrison.
Le temps ayant fait son œuvre, Badfinger est aujourd’hui redécouvert par une nouvelle génération d’auditeurs qui reconnaissent enfin leur place dans l’histoire du rock. Et à chaque écoute de « Day After Day », le solo de Harrison résonne toujours comme un hommage vibrant à l’âge d’or d’Apple Records et à l’esprit de transmission musicale entre légendes et disciples.














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