SI MARK CHAPMAN, l’assassin de John Lennon, est libéré cette semaine de prison, il a intérêt à bien regarder de chaque côté de la rue lorsqu’il traversera au passage clouté. L’annonce de son audition par la commission des libérations sur parole de l’Etat de New York demain ou mercredi a en effet suscité un déluge de réactions outrées et violentes de la part des fans de l’ancien Beatle. Comme celle-ci, postée dans un forum sur Internet : « Si Chapman est libéré, il ne survivra pas une journée.
Il y a trop de gens qui veulent sa mort. » Ou celle-là, rédigée par un New-Yorkais : « S’il est remis en liberté, quelque chose risque de survenir : à New York, un accident est vite arrivé. » Cela fait maintenant vingt-quatre ans que Mark Chapman est emprisonné à Attica, depuis sa condamnation à un minimum de vingt années derrière les barreaux pour le meurtre par balles de John Lennon, le 8 décembre 1980. Il a déjà demandé deux fois sa libération sur parole (en 2000 et 2002) et, à chaque fois, les fans de l’icône musicale se sont manifestés pour condamner son éventuel affranchissement. Peu de monde, semble-t-il, est prêt à l’accueillir à nouveau dans la société libre, et certainement pas Yoko Ono, la veuve de Lennon. Elle s’est régulièrement prononcée pour son maintien en prison et a une nouvelle fois réitéré sa demande la semaine dernière en écrivant une lettre à la commission chargée d’étudier le dossier de Chapman. Disant craindre pour sa propre vie, ainsi que pour celle des deux enfants du chanteur, Sean et Julian, elle explique que cette libération « ferait à nouveau revenir le cauchemar, le chaos et la confusion ». Mark Chapman a beau être un prisonnier modèle, autorisé à voir régulièrement sa femme qui, curieusement, comme Yoko Ono, est d’origine japonaise, il n’est pas considéré comme un détenu comme les autres et réside dans une aile séparée de la prison d’Attica. Lors de sa première audition en 2000, il avait commis le faux pas de suggérer que Lennon lui-même aurait demandé sa libération s’il était encore vivant : « Il était progressiste. Il aurait voulu cela », a-t-il prétendu. Les autorités avaient jugé que Chapman était encore trop obsédé par sa victime pour être affranchi. En 2002, lors de sa seconde audition, il avait joué profil bas et la commission avait noté son « comportement très positif », mais avait expliqué qu’on ne pouvait en déduire qu’il se réinsérerait bien.
Une pétition demande son maintien en prison Mardi ou mercredi, les dés vont être de nouveau lancés. Un porte-parole de la commission explique « n’avoir aucune idée de ce qui sera décidé ». Mais les fans, au moins sur Internet, attendent la décision de pied ferme. Ils ont initié une pétition pour demander le maintien de Chapman derrière les barreaux, qui a recueilli plusieurs milliers de signatures en provenance de tous les pays. Accompagnant leur paraphe, ils joignent souvent un commentaire qui ne laisse aucun mystère sur leur absence de compassion : « Peu de gens méritent véritablement de mourir, écrit Richard Lenti. Mais Chapman, le meilleur ami du diable, en fait partie. J’attends avec impatience le jour où je pourrai cracher sur sa tombe. »












