Le concept Sgt Pepper's

Ce sujet a 6 réponses, 3 participants et a été mis à jour par  john mama, il y a 2 ans et 2 mois.

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  • #102642

    4JB
    Participant

    Le concept Sgt Pepper’s

    A la base, c’en est un : l’orchestre du sergent accorde ses violons, lance le morceau d’introduction et enchaîne avec la vedette du jour, Billy Shears.
    « Grave » opine du chef l’auditoire né en ce XXIe siècle. D’autant que, juste avant la pièce rapportée, ‘A Day In The Life’, (un « encore » stylisé), les musiciens en costumes d’opérette bouclent l’abstraction sur ces paroles toutes américaines (Pepper’s a des racines US) : « We hope you have enjoyed the show ».
    Sauf que McCartney, initiateur du projet, n’était ni Townshend ni Ray Davies.
    Impossible pour lui d’imposer, hum hum, un concept dont Lennon n’était pas franchement solidaire.
    Tout eut été différent si les comparses avaient tiré sur la même corde.

    Mieux, moins bien ?

    1967.
    Nous entrions là dans une nouvelle ère, celle de l’album. Oui, bon. Lennon publiera, avant le fab-split, des « expériences » en mode avant-garde, au format 33 tours, à chacun(e) de mesurer la valeur de ces albums-concept-là.

    Plus tard, le même Lennon, en période délestée, déclamera sa flamme aux chansons fortes, aux singles. Comme tout le monde, en fait.

    Plus ou moins bâti sur un concept, ‘Sgt Pepper’s’ en est un au niveau de la forme, de la mise en vente. Mais, contrairement à ‘SF Sorrow’ ou  »Tommy’*, articulés autour d’un sujet, d’un thème, il est essentiellement le fait de compositions sans rapport les unes avec les autres.

    * Pretty Things, Who. Il y en a plein d’autres, c’est juste pour situer with a little help from de groupes ultracélèbres.

  • #107202

    Emmmanuel P.
    Participant

    Bonjour ; d’accord avec JB sur le fond. Sgt. Pepper, c’est l’album, pas l’abum-concept. Il est souvent dit que les chansons de Revolver, prises séparément, sont plus puissantes et innovatrices, etc., que la plupart de celles de Pepper, et je crois que c’est vrai.

    Dans le livre inclus sur la version deluxe du coffret paru en juin 2017, un auteur assimile Revolver à une série de photographies et Pepper à un film. Les morceaux sont davantage liés : leur production est moins hétérogène que sur Revolver, un son d’un morceau se complète par la première mesure du morceau suivant (Good Morning –> Sgt. Pepper reprise), le thème global qui est celui de la vie ordinaire. J’écoute d’ailleurs souvent Pepper en entier ou presque. Sur ce plan, il y a « unité », mais pas « concept » à mon avis.

    Il y a cependant un aspect artificiel : le concept est au départ intéressant et novateur, mais c’est celui de McCartney, et les autres suivent plus ou moins, plutôt moins que plus. L’emballage, la « closure » entre le morceau n°1 et la « reprise », la pochette, etc. alimentent ce sentiment d’unité, de même que la facilité médiatique, la promo, l’auto-hypnose, les interviews de McCartney et George Martin, etc. Une des astuces est de combiner l’imagerie GB classique (militaire, instruments à vent….) et l’innovation rock.

    Il y a aussi ce que nous percevons mal et qui alimente le mythe du « concept-album » : c’est la conjonction d’éléments (ultra-célébrité, évolutions politiques et sociales, etc.) qui ont fait que les semaines qui ont suivi la sortie de Pepper ont baigné dans la musique de Pepper. Pepper était partout (dans le monde anglo-saxon en tout cas) nous racontent les témoins et les historiens. Une image : sans doute que Pepper est la bande-son de l’été 1967 comme Thriller celle des années 1982-83. Un mélange d’ironie, d’espoir, de fun, etc. Mais où chacun projette sur son propre écran ce que Pepper est pour lui. Pour moi, Pepper est l’ambition, le sérieux, le monde adulte.

    Tout ceci, toujours selon moi, mêlé confère à Pepper le statut d’album-concept, qui a bien vieilli, même si à titre personnel je trouve qu’il manque d’émotion : pas trop de joie, pas trop de mélancolie. Il y a le dynamisme, il y a un peu d’humour, il y a une rythmique assez puissante mais manquant un peu d’âme. J’écoute (avec beaucoup d’intérêt) le coffret mais je suis moins touché que lorsque j’entends le White Album, Abbey Road ou Rubber Soul.

  • #107204

    john mama
    Participant

    oui je comprend Sgt Pepper est assez propre sur lui et assez proche de son père spirituel McCartney quand le double blanc – son négatif absolu – est dépressif et lennonien. Après je commence à voir depuis quelques années un Sgt Pepper-bashing qui commence à me déplaire, comme une opposition aux dythirambiques critiques qui ont suivi dans les années de sa sortie. Pour moi il reste un des meilleurs albums des Beatles – difficile de dire si c’est le meilleur – sur lequel il n’y a quasiment rien à jeter (à part good morning good morning, mais c’est plus la faute de Martin que de Lennon)

  • #107205

    Emmmanuel P.
    Participant

    @ john mama : à quoi fais-tu allusion concernant Good Morning ?

    Pour continuer sur la discussion, vous savez bien sûr que Penny Lane et Strawberry Fields étaient au menu du projet initial. Nous avons tellement l’habitude de les considérer « à part » qu’on a tendance à l’oublier : or ces deux chansons me semblent survoler les autres compositions de Pepper, excepté A Day In The Life. Certes elles sont encore plus « léchées » que les chansons de Pepper, mais il y a dans Penny Lane une exubérance et dans Strawberry une sensibilité qui manquent un peu à Pepper (à mon avis). Sans compter que les musiciens ont l’air de se faire plaisir. Getting Better reprend un peu le ton et l’esprit (rythme accrocheur, chœurs joyeux, voix aiguë….) mais elle me paraît plus froide et affectée.

    Avez-vous fait l’expérience d’intégrer les deux chansons dans une Playlist Pepper ? Je n’ai jamais essayé.

    George Martin a toujours regretté l’exclusion des deux titres, exclusion qu’il considère comme « sa plus grosse erreur professionnelle » (mais si j’ai bien compris, il a agi sous pression d’Epstein et de la maison de disques). Dans son livre The Making of Sgt. Pepper, il réfléchit à ce qu’aurait été la suite des morceaux : George Harrison aurait eut comme de coutume « sa » chanson, et donc il aurait fallu « sacrifier » d’autres titres. Je crois me rappeler que George Martin cite When I’m 64 comme victime, dans cette histoire alternative des Beatles.

  • #107213

    john mama
    Participant

    salut emmanuel, je pense que GM a voulu « épaissir » une chanson faiblarde de JL en y ajoutant des bruitage dans le style de yellow submarine qui la rendent encore moins bonne. Il a récidivé par la suite avec cry baby cry et octopus garden (comme disait je ne sais quel internaute, on est carrément dans bob l’éponge) avec ce concept déjà démodé. Quel dommage qu’il n’ait jamais su apprécier la beauté minimaliste des compos lennonienne post-rishikesh. Ceci dit le lennon spectorisé des années suivantes ne vaut guère mieux.

  • #107216

    4JB
    Participant

    Les bruits d’animaux ainsi que la section de saxes dus aux épatants Sounds Incorporated (ils avaient partagé l’affiche avec les Beatles peu avant) vient du souhait de Lennon. Lire les comptes-rendus détaillés de Lewishon, tout est bien noté, picco bello.

  • #107225

    john mama
    Participant

    au temps pour moi

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