Album blanc, clivant ?

Ce sujet a 54 réponses, 11 participants et a été mis à jour par  Flowers, il y a 1 an et 7 mois.

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  • #110590

    los paranoias
    Participant

    C’est son année, et ça me rappellera, si besoin est, que j’avais 8 ans en 68 lorsque mon grand frère, stonien, me le fit écouter dans notre chambre commune.
    Cela fera donc 50 ans qu’il m’accompagne, et si mes préférences ou déceptions ont pu changer au fil des décennies, elles concernent peu de compositions. En fait, les proportions demeurent les mêmes, en minutage, je n’écoute jamais un peu plus d’un tiers de l’album. Quelques morceaux que je juge moyens, en gros une dizaine de minutes, passent parfois. Ensuite, c’est du bon, voire de l’excellent, et cet excellent dépasse les 20 minutes. Mais tout de même, la masse que je rejette, si je compare aux autres albums, c’est énorme. Je sais bien que Paul est radical lorsqu’il en parle : pas de débat, c’est un album très varié, et qui s’est très bien vendu !
    Un peu court, non ?
    Mais bon. Hâte cependant d’écouter le remix, et là, je ferai une exception, j’écouterai tout ! (Avec des pauses…)

  • #110591

    Moi je l’écoute rarement, mais en entier.

    Au début, je passait Helter Skelter pour que ma mère ne se mette pas à hurler plus fort que Paul.
    Et puis, de la cuisine, on n’entendait jamais Long Long Long.
    Je mettais la photo de Paul sur mon visage et j’étais Paul.
    Il y avait les paroles et j’essayais de traduire avec ma mère.
    C’était bien.
    Je n’avais pas beaucoup de disques. J’écoutais le double blanc le samedi après-midi pour avoir le temps et Imagine le dimanche mattin à la place de la messe.
    C’est mon album préféré de tous les temps, de tous le genres et de toutes les planètes.

    C’est la pochette que je sais le mieux dessiner.

  • #110598

    4JB
    Participant

    Nous voici de retour dans le petit salon « Goûts, couleurs, usages et habitudes ». Ma foi, pourquoi pas ?
    Le Blanc aurait pu, en restant double, être implacable si on avait remplacé ‘Ob-La-Di’ et ‘Don’t Pass me By’ par ‘Not Guilty et ‘Junk’. Tous deux plausibles : le premier était en voie de finition après des heures (et des heures) de travail, le deuxième avait été composé en Inde, Macca était alors dans une forme olympique/mélodique. Médailles.
    On peut, en parallèle, parfaitement imaginer un 45 tours (celui de la honte, le single Schlager des fabs) qui eut connu un immense succès, publication juste avant le Blanc, quand la fête de la bière bat son plein. Deutschland über alles. Sans ces deux horreurs* et via un single tout pourri, nous tenions le deuxième disque ultime des Beatles, après un ‘Revolver’ où ‘Rain’ eut remplacé l’efficace (autant que navrant) ‘Yellow Submarine :

    * John Lennon détestait la première, alors que Starkey tentait de placer sa misère depuis 1963 !

  • #110604

    Ob la di ne plait pas aux rockeurs, mais c’est une superbe chanson. « Clivant » qu’ildisait, Los Gringos.

    En parlant de « clivant » quel est l’avis de Clive?

  • #110606

    4JB
    Participant

    Ob la di ne plait pas aux rockeurs, mais c’est une superbe chanson.

    Les « rockeurs », ça ne veut plus rien dire depuis 1965.
    La ligne la moins courbe serait celle des guitares, de la rébellion adolescente et disons, de Gene Vincent. Passé les ’70s, on évoquera encore les guitares, une pulsion vive.
    Dès leurs débuts, les pionniers du rock’n’roll ont tapé dans la ballade, voire l’exotisme, une simple oreille jetée sur les disques ’50s de Chuck Berry éjecte le miel.
    Donc, ‘Ob-La-Di…’ serait une superbe chanson. Dans ce cas, ‘Fernando’ des Abba en est une autre. Des couplets simples, un refrain martelé, oui, ami(e)s, c’est le basic des Schlager. Le principe est qu’on puisse brailler avec, « les saucisses de l’exploit », comme le regretté Charlie Schlingo aimait les mettre à l’autocuiseur.

  • #110608

    los paranoias
    Participant

    Ha, s’il n’y avait que zobladi zoblada, ce serait moindre mal ! Même si, déjà… Morceau diablement clivant au sein du groupe. Mais l’album déchirait au-delà des 4, Martin et Emerick n’étaient pas les moindres à sentir partagés. Ça sent la crise de nerfs, les dérapages, les lâchages, les trous d’air, pour le meilleur, ou pour le pire. Ne serait-ce que dans la marque Beatles des harmonies vocales, que l’on retrouvera un an plus tard, il y a comme un manque, sur la longueur.

  • #110610

    4JB
    Participant

    Ça sent la crise de nerfs, les dérapages, les lâchages, les trous d’air (…)

    C’est un peu le suc du Blanc, ces trous et amusantes bricoles : Wild Honey Pie, l’intro de Bungalow Bill (au mellotron), Can You Take Me Back, l’avion de Back In The U.S.S.R., le finish de I’m So Tired, l’oiseau de Blackbird…
    On retrouvera quelques un de ces interludes dans le ‘Let It Be’ remanié par Spector, rendant l’album plus « Beatles » que le glacial ‘…Naked’.

  • #110612

    4JB
    Participant

    Il semble que, durant un certain temps, le Blanc aurait pu être nommé ‘A Doll’s House’, et que la pochette (illustration de John Patrick Byrne) aurait pu être celle-ci :

    Bon, Byrne replacera son concept visuel en 1972-73 pour le premier LP des Stealers Wheel (avec Gerry Rafferty), un disque fort recommandable pour qui apprécie la tonalité soft-rock et un certain héritage de la manière Lennon/McCartney :

  • #110614

    los paranoias
    Participant

    Là tu cites des passages que j’apprécie particulièrement. D’ailleurs, si Can you take me back avait duré en boucle trois minutes, j’aurais adoré ! J’ai le sentiment que ce double album est celui qui engendre les opinions les plus diverses et contrastées. Je rejoins Martin et Emerick sur l’appréciation globale, à savoir, pour résumer, que la variété de l’ensemble relève en partie du foutraque et d’un chaos non maîtrisé, mais cela peut porter sur des morceaux différents. Ainsi Emerick se désole de voir les Beatles ne faire que du bruit, en citant Everybody’s got something to hide…, qui est un des mes morceaux préférés. Bref, et après tout nous sommes en 1968, la contestation, ainsi que la contestation de la contestation peuvent venir de partout, et de tous ! C’est l’album du slogan Il est interdit d’interdire, mais cela a fait surgir de très dispensables oeuvrettes, sans créer forcément une dynamique de groupe autour, ou des interprétations discutables, peu abouties. Oui, je sais, je devrais illustrer ces qualificatifs par des exemples, mais je n’ai pas le temps ! Disons que le double blanc, je me le recompose, en y ajoutant un Hey Jude, une Lady Madonna, une Révolution single, un Hey Bulldog (non, pas The inner light). Sacrilège, je suis même tenté d’y ajouter le Junk 1970…
    En vitesse, ce que je n’écoute plus : Ob-la-di Ob-la-da, The continuing story of Bungalow Bill, Rocky Raccoon (que j’écoutais dans ma jeunesse), Don’t pass me by, Revolution 1, Revolution 9, Goodnight (que ma maman, 50 ans à l’époque, aimait beaucoup).

  • #110617

    4JB
    Participant

    (…) je suis même tenté d’y ajouter le Junk 1970…

    En parallèle, pour que la symétrie McCartney|Lennon perdure, on peu glisser ‘Look At Me’, également conçu en Inde. John et Paul se mettaient au picking, Donovan prétend les y avoir -un peu- initiés.

  • #110622

    D’ailleurs, si Can you take me back avait duré en boucle trois minutes, j’aurais adoré !

    Ca ferait un excellent Inner Groove!

  • #110645

    Polmac
    Participant

    Clivant? Sans doute à bien des égards. D’abord et avant tout pour les 4 (grands) gars de Liverpool bien sûr.
    Peut-être plus que tout autre, cet album des Beatles est le reflet le plus honnête, le plus sincère de ce qu’étaient les Beatles à cette époque précise. Toute la singularité (plus ou moins) mise en commun. Le fameux monstre à quatre têtes prend ici son envol.

    Clivant pour le public … pareil. Chacun y va de sa sensibilité, de sa préférence et aime tel morceau et en déteste tel autre. Cela finirait par donner autant de versions du white album (qui deviendrait même simple du coup) en supprimant « ce foutu truc qui n’a rien à faire sur un disque des Beatles« . Un disque des Beatles, quoi !!!

    On parle de Ob-La-Di, Ob-La-Da. Un titre refrain-couplet, « simple », doit-il être qualifié de muzak? Jeté aux orties avec autant d’enthousiasme? Pour certains, oui. Pour moi, non. C’est bon, très bon. Cette intro sautillante à souhait, cette voix à l’enthousiasme (encore lui !?) communicatif, cette mélodie qui tombe dans l’oreille sans effort. Voilà qui correspond assez bien aux caractéristiques qui me font dire qu’un morceau est bon.

    Ce que je lis entre les lignes dans le message de 4JB à propos de cette chanson de Paul s’applique plutôt, pour moi, à The Continuing Story of Bungalow Bill. Non, je ne (re)lance pas la vaine comparaison (c’est lui le meilleur; c’est l’autre le plus ceci, le moins cela; …), je couche sur l’écran des sentiments qui m’accompagne depuis plus de trente ans.

    L’album blanc, clivant? Vivant surtout ! 50 ans et toujours debout. En traînant ses défauts (qui heureusement ne sont pas les mêmes pour tout le monde) mais en portant haut ses couleurs (!) diluées dans ses nombreuses qualités.

    Ben Polmac

  • #110647

    Clivant pour le public … pareil. Chacun y va de sa sensibilité, de sa préférence et aime tel morceau et en déteste tel autre. Cela finirait par donner autant de versions du white album (qui deviendrait même simple du coup) en supprimant « ce foutu truc qui n’a rien à faire sur un disque des Beatles« . Un disque des Beatles, quoi !!!

    Hello Polmac!
    Pour certains dingues -dont moi- le blanc ne deviendrait pas simple mais triple : Helter Skelter allongé, Junk et pourquoi pas les deux chansons du single… quelques autres chansons composées en Inde.
    Car le concept, cette fois, c’est le fourre-tout, le souk merveilleux!

  • #110653

    los paranoias
    Participant

    Y avait de quoi faire un excellent double, s’ils avaient été davantage soudés, et à l’écoute de chacun. Et le problème est qu’il n’y a pas qu’un seul morceau dont on peut se dire qu’il n’a rien à faire sur l’album !

  • #110679

    4JB
    Participant

    En 1968, les 4 étaient encore au sommet, tant en mode créatif que populaire.
    Mais, comme souligné plus haut, l’esprit « la belle équipe » ne soufflait plus dans les voiles.
    Tiens, prenez ‘Martha My Dear’ : il y a des musiciens complémentaires, comme déjà du temps du LP ‘Help!’. Sinon, le quidam entendra, hormis ces derniers, les Beatles, avec de la batterie, de la basse, du vocal, de la guitare et du piano. Ben oui, quoi.
    Sauf que non : c’est McCartney qui joue toutes les parties, en solo. Mais ça reste « les Beatles », n’est-ce pas ? « The Beatles », c’est gaufré en relief à même la pochette blanche.

  • #110689

    En 1968, les 4 étaient encore au sommet, tant en mode créatif que populaire.
    Mais, comme souligné plus haut, l’esprit « la belle équipe » ne soufflait plus dans les voiles.
    Tiens, prenez ‘Martha My Dear’ : il y a des musiciens complémentaires, comme déjà du temps du LP ‘Help!’. Sinon, le quidam entendra, hormis ces derniers, les Beatles, avec de la batterie, de la basse, du vocal, de la guitare et du piano. Ben oui, quoi.
    Sauf que non : c’est McCartney qui joue toutes les parties, en solo. Mais ça reste « les Beatles », n’est-ce pas ? « The Beatles », c’est gaufré en relief à même la pochette blanche.

    Comme quoi, les albums solo, c’est encore les Beatles, n’est-ce pas? Même si ce n’est pas écrit dessus comme sur le Port Salut.

  • #110695

    los paranoias
    Participant

    Les ex-Beatles, oui. Mais sans la flamme insufflée par le groupe, même en bisbille.
    Les carrières solos, on les perçoit par moments dans le blanc, pas toujours les meilleurs d’ailleurs, et ils sauront faire pire. Mais ces carrières en solitaire, c’est un peu comme le jeu de Louis de Funès après sa crise cardiaque. On ne peut que regretter l’avant !

  • #110697

    4JB
    Participant

    Les ex-Beatles, oui. Mais sans la flamme insufflée par le groupe, même en bisbille.
    Les carrières solos, on les perçoit par moments dans le blanc, pas toujours les meilleurs d’ailleurs, et ils sauront faire pire. Mais ces carrières en solitaire, c’est un peu comme le jeu de Louis de Funès après sa crise cardiaque. On ne peut que regretter l’avant !

    Et comment !
    Même si, en 1970-71, il y a encore un peu de sang beatle à couler dans les veines des ex. Sans oublier, plus tard, ce ‘Band On The Run’ à 75% impressionnant.
    Alors oui, le Blanc préfigure, par endroits, l’aurore des ’70s, écouter ‘Love’, ‘Every Night’ ou ‘Apple Scruffs’ pour relier les points.

  • #110752

    fabfour22
    Participant

    Que de souvenirs raccrochés au double blanc !!! …
    Je me souviens précisément du jour de la sortie.. un jour où mes parents n’avaient rien trouvé de mieux que de m’imposer un concert de flamenco à la salle Pleyel à Paris rattrapé le soir par la diffusion de tous les titres du double blanc sur Europe 1 , avec bien sûr des morceaux écourtés ou de commentaires superposés pour gêner les mordus de l’enregistrement..
    Pas de tunes pour aller l’acheter comme beaucoup quand on a 16 ans , j’étais même allé chez un poto enregistrer l’album avec mon Grundig à bandes mais pas top au micro vous en conviendrez.. voilà pour la petite histoire ..
    Sinon cet album me plaisait davantage que Pepper même si je déplorais les titres comme « Don’t pass Me By  » par exemple.
    Rock, balades superbes de Paul ,quelques bijoux de George .. vraiment un excellent album .. et puis 30 titres ça a de quoi nourrir ça fringale beatlemaniaque hein..
    « Sexy Sadie » et Black Bird je les avais prises naïvement au premier degré.. sans connaitre le vrai sens des paroles..
    ça me fait penser que je nl’écoute plus maintenant que j’irai plus volontiers vers Pepper .. comme quoi on peut changer

  • #110756

    los paranoias
    Participant

    Et si j’étais sadique, hein, en demandant un classement de 1 à 30 des compos de l’album !

    • #110759

      J’aurais préféré que tu sois sexy plutôt que sadique, mais je vais réfléchir à la question. pas facile, entre le beau et l’intéressant, un vrai casse-tête philosophique!

  • #110757

    4JB
    Participant

    Bon.
    ‘Pepper’s’ a longtemps été considéré (5 semaines au moins) comme le gros truc. Ce qui impressionnait alors était le temps passé en studio, rendez-vous compte, plusieurs mois !
    Depuis, le grand public pop-rock lui a clairement préféré ‘Abbey Road’, plus proche du mainstream albums à la Pink Floyd, Supertramp, Elton John…? N’exagérons rien.
    Mais enfin, cette rondeur hi-fi qui rassemble les amateurs de Camel et ceux de Fleetwood Mac.
    Les deux points faibles de ‘Pepper’s’ sont, pour M.-Mme Toutlemonde, ‘When I’m 64’ et ‘Good Morning, Good Morning’ : la première est trop mamie, la deuxième, sauvée des eaux en 2017 par un Giles Martin magistral, passe au-dessus de la tête du bourgeois herbe-fromage : normal, c’est une espèce de gag sans la moindre profondeur. Les babas sont consternés et Steve Warson lui-même préfère ‘Abbey Road’, c’est dire.

  • #110760

    Steve Warson

    Parce que « Road » ça lui parle, forcément, en tant que pilote… Encore que l’album « San Francisco Circus » fasse penser à Pepper… mais s’il met en scène Michel, y voit-on Steve?

  • #110762

    fabfour22
    Participant

    Les deux points faibles de ‘Pepper’s’ sont, pour M.-Mme Toutlemonde, ‘When I’m 64’ et ‘Good Morning, Good Morning’ : la première est trop mamie, la deuxième, sauvée des eaux en 2017 par un Giles Martin magistral, passe au-dessus de la tête du bourgeois herbe-fromage : normal, c’est une espèce de gag sans la moindre profondeur. Les babas sont consternés et Steve Warson lui-même préfère ‘Abbey Road’, c’est dire.

    Je n’ai jamais trouvé  » When I’m Sixty Four » … »mamie » .. ( je ne savais même pas que c’était un clin d’oeil à son père )
    C’est simple ..efficace .. original .
    Je trouvais plutôt audacieux qu’un mec de 25 ans se projette sur un avenir très lointain .
    Même en étant attiré par nature par des titres plus rocks comme ceux présents sur ce double , je trouvais rien à redire non plus pour « Honey Pie  » ,une chanson que j’ai toujours beaucoup appréciée ..certains la trouverait ringarde ..
    Paul a su revisiter tous les styles en y apportant sa touche personnelle avec un grand talent .

  • #110768

    4JB
    Participant

    (…)
    pour M.-Mme Toutlemonde, ‘When I’m 64’ et ‘Good Morning, Good Morning’ : la première est trop mamie, la deuxième (…)

    Je n’ai jamais trouvé » When I’m Sixty Four » … »mamie » ..

    Euh oui, c’est selon, n’est-ce pas.
    Les amateurs de rock psychédélique (ou assimilés) n’ont pas forcément la même oreille, surtout s’ils tendent vers le Grateful Dead ou le Jimi Hendrix Experience. Deux exemples renommés, mais l’espace est vaste, même si on se concentre sur 1966-67-68 seulement.
    La formule « musique de mamie » est du fait de Lennon quant à ce genre de ritournelles (même réussies) que son ex-compère pondait tout à son aise.

  • #110769

    fabfour22
    Participant

    Je me faisais la réflexion que des paroles en anglais nous incitaient sûrement à plus d’indulgence avec ce type de chansons en les valorisant juste ce qu’il faut…

  • #110784

    Smithers-Jones
    Participant

    Et si j’étais sadique, hein, en demandant un classement de 1 à 30 des compos de l’album !

    Pourquoi pas ? Pas facile de prendre position pour les meilleures. Plus facile pour celles que l’on sortirait à coup de pompes de l’album. Et à cet exercice, ce ne serait pas ‘Obladi Oblada’ qui prendrait le premier coup, loin de là. Le parfum ska-pop anglaise de la rengaine de Paul, 12 ans avant Madness, m’a toujours plu. Non, ce serait plutôt ‘Bungalow Bill’, ‘Don’t Pass Me By’, ‘Good Night’ et ‘Revolution N°9’ que je jetterais par la fenêtre du Maharishi-orient Express. Et ‘Piggies’ pourrait aussi subir le même sort les jours de mauvaises lunes.

    A part ça, que dire du reste ? C’est tout simplement abominablement génial. Un big up à ‘Back in the USSR/Dear Prudence/Glass Onion’, ‘WMGGW/Gappiness is a Warm Gun’, ‘Martha My Dear’ et tous les morceaux joliment acoustiques de l’album ‘Blackbird’, ‘I Will’, ‘Julia’, ‘Mother Nature’s Son’, ‘Long Long Long’, ‘Revolution’ et ‘Cry Baby Cry’.

    ‘Obladi Oblada’/While My Guitar Gently Weeps’ fut l’un de mes tout premiers 45 tours avec ‘It’s Five O’Clock’ du groupe de Vangelis et Demis Roussos et comme je n’avais pas les moyens avec mon petit argent de poche de m’acheter le double, j’ai usé pendant quelques années, la cassette correspondant au disque 1 du double. En effet, on pouvait acheter en cassette le disque 1 séparément du disque 2. La cassette blanche pour le 1 et la cassette noire pour le 2. Ils reprendront le même principe pour les ‘Past Masters’.

  • #110790

    Les amateurs de rock psychédélique (ou assimilés) n’ont pas forcément la même oreille, surtout s’ils tendent vers le Grateful Dead ou le Jimi Hendrix Experience. Deux exemples renommés, mais l’espace est vaste, même si on se concentre sur 1966-67-68 seulement.
    La formule « musique de mamie » est du fait de Lennon quant à ce genre de ritournelles (même réussies) que son ex-compère pondait tout à son aise.

    En fait, les Beatles sont un groupe généraliste. Les groupes plus récents sont souvent spécialisés dans un type de musique.

  • #110794

    Goodnight Vienna
    Participant

    Tout à fait d’accord avec Smithers-Jones pour Ob-la-di Ob-la-da. Sans cette chanson, pas de « Why don’t you get a job ? » par the Offspring 30 ans plus tard ! Et celle-là, je l’adore !
    J’éjecterais aussi vite fait Bungalow Bill (j’aurais peut-être une opinion différente sans la voix horripilante de Yoko).

    Mais, en fin de compte, je crois que c’est un album beaucoup mieux adapté au format CD (ou dématérialisé) qu’au vinyl, parce qu’il comprend tellement de choses différentes que chacun peut y faire sa propre playlist pour avoir son « simple blanc » idéal.

  • #110795

    4JB
    Participant

    Souvent oui, toujours non.
    Mini tiercé de -très bons- disques des années 2000 qui ne sont pas cloisonnés dans un genre :

    Il y en a d’autres, par joyeuses centaines, le syndrome AC/DC (ou Metronomy) n’est pas la règle absolue.

  • #110796

    fabfour22
    Participant

    Oui on peut éjecter « Bungalow Débill » , « Wild Honey Pie » et le poussif « Don’t Pass Me By »
    Je garderais  » Revolution 9″ pour son côté avant gardiste .
    Il ne reste plus que 27 titres à classer .. 😉

  • #110801

    4JB
    Participant

    Oui on peut éjecter « Bungalow Débill » , « Wild Honey Pie » et le poussif « Don’t Pass Me By »

    Sûrement pas.
    ‘Bungalow’ a, dans son refrain une figure rythmique inédite, c’est si malicieux qu’on ne le remarque pas. ‘Wild Honey Pie’, c’est du Macca qui semble répondre à Lennon, « moi aussi je peux », en symétrie avec ‘Revolution9’.
    ‘Don’t Pass Me By’ ?
    C’est le tout premier pas vers l’hilarante carrière de Richard Starkey. Tout y est, pataud, mal foutu et, pour les fans (ahlala), sympatoche. Pour les autres, le symbole en pur caillou de la plus absolue insignifiance. Car, hormis son jeu de batterie grandiose, impérial, derrière les trois, ‘Don’t Pass Me By’annonce en scope le néant créatif du comédien.
    Du comédien ?
    Oui, du comédien.
    D’ailleurs, c’est le seul des Beatles qui ait un nom d’emprunt.’Don’t Pass Me By’, ça faisait depuis 1963-64 qu’il essayait de la glisser sur un disque des Beatles.
    Et bien, cette horreur de ‘Don’t Pass Me By, Richard Starkey la chante toujours !
    Hum hum.

  • #110808

    4JB
    Participant

    Il faudra bien, un jour, écouter les disques de rocksteady et de ska originaux avant de, comme un beignet tombé du four, évoquer de telles racines pour « excuser » ‘Ob-La-Di…’.
    Du proto-reggae ?
    N’importe quoi.
    Il suffit d’entendre ‘Israelites’ (1968), un hit en GB et ailleurs, pour que la lumière soit.
    ‘Ob-La-Di…’. s’articule autour d’une ligne de basse influencée par le calypso, le reste est, dans son arrangement, de souche germanique. C’est martelé sur tous les temps, dénué de tout swing et, mais oui, très réussi dans le genre ach-so.
    Les Marmelade ont décroché le N°1 avec leur version, copiée-collée, mais encore plus laide. Si.
    En imaginant que les Beatles ne l’aient pas enregistrée, ils est fort probable que beaucoup penseraient aujourd’hui que « ouf, Dieu merci’.
    En attendant, plus ‘Festhalle’ qu’Ob-La-Di… au Royaume Uni. on ne trouve pas.
    Que l’on mette les chaises en rang.

  • #110818

    fabfour22
    Participant

    On a pas le même niveau de tolérance mon cher 4JB
    Même si « Ob la di » n’est pas une perle je le place au dessus de « Bungalow »

  • #110822

    4JB
    Participant

    On a pas le même niveau de tolérance mon cher 4JB
    Même si « Ob la di » n’est pas une perle (…)

    Et bien, comment dire ?

    ‘Ob-La-Di’ est non seulement un tube en puissance, ce fut un puissant hit (par les Marmalade). Or, comme chacun sait, un gros succès populaire n’est pas à la portée du premier petit malin venu. ‘Yellow Submarine’ est du même fût, leur apparente facilité à séduire le plus grand nombre tient de la diablerie. Idem concernant ‘La Danse des Canards’, ‘Pop Corn’ ou ‘L’Avventura’ : les distrayants esthètes en mocassins à glands se lâchent sur ses invraisemblables scies sitôt passé le cap des mojitos de trop.
    Et ?
    Un bon plan eut été de publier le single ‘Ob-La-Di’ partout sauf au Royaume-Uni* et, pour le Blanc, d’y faire figurer la version (take 5), vraiment bien, que l’on entend sur ‘Anthology 3’. Là, tout le monde était content.
    Tout le monde ?
    Non. Parce que l’habitude-la routine-l’accoutumance fait que, debout en marcels à 6H du matin, la vieille garde sonne le clairon du respect. C’est rigolo, pas Beatles pour un penny, mais c’est ainsi que les hommes (pas tous) vivent. Tradition, rubans et pantoufles**.

    * à ce moment-là, la jeunesse anglaise se moquait bien des Schlager, la contre-culture était dans le vent. Dans l’air.

    ** les fans ! Enfin, la partie visible, genre Volcouve, gardiens du temple. Plus maton que gardien en fait, réactionnaire, en voie de -ouf- disparition.

  • #110826

    fabfour22
    Participant

    ** les fans ! Enfin, la partie visible, genre Volcouve, gardiens du temple. Plus maton que gardien en fait, réactionnaire, en voie de -ouf- disparition.

    Un fan qui perd son sens critique perd son âme de fan…
    S’extasier sur tout ce qui touche aux Fabs sans discernement m’indispose
    Les fans « genre Volcouve  » ne permettent pas des échanges fructueux

  • #110828

    4JB
    Participant

    Absolument.
    Le sens critique n’est pas forcément réduit au « j’aime, j’aime pas » des gamins face à la carte du restau.
    Ne pas aimer les huîtres en entrée ne signifie pas qu’elles sont mauvaises.

  • #110829

    4JB
    Participant

    « Le fan », en mode ordinaire, a t-il une âme ?
    Oui, si l’on considère que le non-fan en possède une, lui aussi.
    C’est un peu caricatural, mais ça se comprend : toujours se référer aux fans de Johnny. C’est le même élan, une passion analogue. Grotesque ? Oui, c’est évident. A 100 %.
    Bienvenue sur terre.

  • #110830

    fabfour22
    Participant

    On est d’accord 4JB
    il faut toujours prendre un léger recul pour ne pas se laisser aveugler..

  • #110831

    fabfour22
    Participant

    J’ai eu Jacques V. au phone il n’y a pas très longtemps et cela confirme bien mes impressions ..et malheureusement ma déception

  • #110846

    Smithers-Jones
    Participant

    Mon sens critique me fait préférer le goût ska de Obladi-Oblada au côté ‘un matin un lapin’ de l’horrible Bungalow Bill. Si la première n’est pas Beatles pour un penny, la seconde ne l’est pas pour tous les farthing de l’ancien empire britannique.

  • #110852

    4JB
    Participant

    (…)le goût ska de Obladi-Oblada (…)

    Si l’on souhaite entendre le ska original de 1964-65, jeter une oreille aux fameux Skatalites.

    Sinon, dès 1966-67, ce genre jamaïcain se transforme en rocksteady, puis en reggae. Voici, ce qui se passait en 1967-68, les sources originales. ‘Ob-La-Di’ ne bénéficie pas de cette manière sexy de chalouper le beat :



  • #110936

    Anthony
    Participant

    Bon, à part ça, la fameuse réédition du White avec remix à la clé promise pour cette année, ça en est où? Quelqu’un a des infos?

  • #110942

    4JB
    Participant

    Bon, à part ça, la fameuse réédition du White avec remix à la clé promise pour cette année, ça en est où? Quelqu’un a des infos?

    Le flou est de mise, il y eut quelques confirmations, ça reste frileux. Giles Martin avait annoncé, il y a plusieurs mois, que le Blanc allait être la prochaine publication Beatles updatée. Peu après, dans le New York Times, Ringo Starr avait approuvé telle refonte.
    Nous restons dans l’expectatif.
    Le probable.
    En attendant, on peut toujours se régaler de la version longue de ‘Sexy Sadie’, disponible en qualité optimale sur une tapée de bootlegs : les 4 Beatles (oui, les quatre) sont terriblement ensemble.

  • #110943

    Il va y avoir une collection de T-shirts blancs et des chaussettes du même métal.

  • #110945

    Alain Lacasse
    Participant

    Bonjour 4JB!,

    Avouons que le flou est généralisé. A part Ringo qui sera en tournée cette année, qu’y a-t-il à venir? pour l’instant rien. Si le Blanc remixé sort à la fin de novembre, Paul devra sortir son nouvel album d’ici l’été ou l’an prochain. Je ne pense pas qu’il y aura 2 produits Beatles sur le marché cet automne.

    Et si Paul sort son nouveau disque en 2019, pourrait-il sortir un « archives collection » d’ici l’été? D’autre part, il n’y a rien du côté spectacle en ce qui le concerne. Mon « feeling », c’est qu’il présentera un nouveau spectacle (Fini One on One) dans le sillage du nouvel album afin de promouvoir ses nouvelles chansons.

    On verra.

    Merci beaucoup et à bientôt!
    Alain Lacasse.

  • #110946

    Pas sûr, coupler les deux sorties permettrait à Paul d’accéder plus facilement aux médias : on parle de Beatles et hop, on signale le nouvel album : « L’ex Beatle qui d’ailleurs n’a pas pris sa retraite… »… je vois déjà ça d’ici.

    • #110990

      Flowers
      Participant

      coupler les deux sorties permettrait à Paul d’accéder plus facilement aux médias.

      comme si ça y était, je ne vois pas ça autrement,
      et c’est de bonne guerre.
      De toute façon, c’est mieux qu’il y ait un effet « masse », ça permet un écho plus large dans une période finalement assez creuse…il y a comme ça des « années » Beatles, des « années » McCartney, et je pense qu’il fait tout pour s’y préparer. D’autant plus que, s’il en a encore la capacité, c’est probablement une des dernières fois qu’il pourra frapper un grand coup. Et je suis convaincu qu’il s’y prépare plus que d’habitude…Après, bon, la réception c’est autre chose. Mais vu le temps qui s’écoule il a peut etre en main un double album, ce n’est pas impossible.

  • #110948

    sailor sam
    Participant

    J’ai eu Jacques V. au phone il n’y a pas très longtemps et cela confirme bien mes impressions ..et malheureusement ma déception

    V comme Voldemort?

    En tous les cas Giles Martin a dit ceci :

    « ‘The ‘White Album,’ which is the next release — that is where they started becoming indulgent. There are 70 takes of ‘Sexy Sadie,’ for instance. »

    Il a utilisé le présent pour parler du passé car l’album blanc est l’album qui suit Pepper.

    Giles a immédiatement signalé que ceux qui attendaient quelque chose de nouveau se trompaient. Il y avait un « misunderstanding ».

    • #110983

      fabfour22
      Participant

      V comme Volcouve bien entendu
      Plus fan que lui tu meurs !! 🙂

  • #110950

    S’il y a 70 prises de Sexy Sadie, je réclame alors un coffret par chanson!

  • #110988

    fabfour22
    Participant

    Bon j’espère que dans le double blanc remix sortira vous me ferez un compte rendu objectif ..en comparaison avec le remix de Pepper qui m’a laissé un peu dépité .
    En a encore le temps d’en reparler et surtout d’en juger si c’est prévu en novembre..

  • #110992

    4JB
    Participant

    Flowers a écrit : Et je suis convaincu qu’il s’y prépare plus que d’habitude…Après, bon, la réception c’est autre chose. Mais vu le temps qui s’écoule il a peut etre en main un double album, ce n’est pas impossible.
    …………………………………………………………………………………………….

    Après le double blanc des Beatles, le double sapin du Mc.
    Amusant.

  • #110993

    Flowers
    Participant

    Ah excellente idée de pochette !!

  • #110994

    Flowers
    Participant

    Après le double blanc des Beatles, le double sapin du Mc.
    Amusant.

    Bah le Mac est un habitué des « clins d’oeil » hein, comme certains de ses titres parfois à double sens…ce serait pas très étonnant de sa part d’autant qu’il ne l’a jamais fait, après bon c’est juste une idée…

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