Revolution in the Head
Posté : sam. 20 avr. 2019 20:43
Bonjour,
Peut-être avez-vous déjà lu ce livre, Revolution in the head ?
Qu'en pensez-vous ?
Sa réédition donne lieu à un article sur Médiapart
https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/200419/l-erudit-et-les-beatles?onglet=full
Dans Les Mondes de l’art, Howard Becker s’arrête momentanément sur le traitement critique subi aux États-Unis par les quatre garçons dans le vent au plus fort de la Beatlesmania qui s’empara des années 1960. Le sociologue et jazzophile analyse ainsi la tendance des critiques (et la sienne) à supposer que la musique des Beatles, nécessairement irréfléchie, trahissait une absence de connaissances musicales forcément coupable. Son explication repose sur les tensions sociologiques entre la culture musicale savante et distinguée, et une culture populaire alors naissante – Bourdieu aurait certainement préféré les termes de culture légitime ou illégitime.
Plus d’un demi-siècle après les premiers tubes des Beatles, la donne a bien changé, et la réédition de Revolution in the Head en est un indice parmi d’autres. D’abord en termes de forme : Ian MacDonald, critique musical et essayiste spécialiste autant de rock que de Chostakovitch (et décédé en 2003), suit chronologiquement les presque 200 titres enregistrés par le groupe anglais en studio ; et en fournit des commentaires parfois très longs, toujours marqués par une érudition formidable et mise au service d’analyses esthétiques directement inspirées des pratiques de la critique des œuvres dites de musique classique.
Revolution in the Head, paru pour la première fois en anglais en 1994, est ainsi la première somme livresque notable cherchant à traiter des Beatles en adoptant une forme discursive issue de la « culture légitime ». À ce titre, il faut comprendre le livre comme un symptôme pionnier de la maturation des cultures populaires de l’après-guerre, mais aussi comme l’expression d’antagonismes au sein du champ intellectuel et artistique, à une époque où le rock cherche à se faire une place parmi les ors des arts respectés par les élites culturelles....
Peut-être avez-vous déjà lu ce livre, Revolution in the head ?
Qu'en pensez-vous ?
Sa réédition donne lieu à un article sur Médiapart
https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/200419/l-erudit-et-les-beatles?onglet=full
Dans Les Mondes de l’art, Howard Becker s’arrête momentanément sur le traitement critique subi aux États-Unis par les quatre garçons dans le vent au plus fort de la Beatlesmania qui s’empara des années 1960. Le sociologue et jazzophile analyse ainsi la tendance des critiques (et la sienne) à supposer que la musique des Beatles, nécessairement irréfléchie, trahissait une absence de connaissances musicales forcément coupable. Son explication repose sur les tensions sociologiques entre la culture musicale savante et distinguée, et une culture populaire alors naissante – Bourdieu aurait certainement préféré les termes de culture légitime ou illégitime.
Plus d’un demi-siècle après les premiers tubes des Beatles, la donne a bien changé, et la réédition de Revolution in the Head en est un indice parmi d’autres. D’abord en termes de forme : Ian MacDonald, critique musical et essayiste spécialiste autant de rock que de Chostakovitch (et décédé en 2003), suit chronologiquement les presque 200 titres enregistrés par le groupe anglais en studio ; et en fournit des commentaires parfois très longs, toujours marqués par une érudition formidable et mise au service d’analyses esthétiques directement inspirées des pratiques de la critique des œuvres dites de musique classique.
Revolution in the Head, paru pour la première fois en anglais en 1994, est ainsi la première somme livresque notable cherchant à traiter des Beatles en adoptant une forme discursive issue de la « culture légitime ». À ce titre, il faut comprendre le livre comme un symptôme pionnier de la maturation des cultures populaires de l’après-guerre, mais aussi comme l’expression d’antagonismes au sein du champ intellectuel et artistique, à une époque où le rock cherche à se faire une place parmi les ors des arts respectés par les élites culturelles....