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Album blanc, clivant ?

Posté : jeu. 1 mars 2018 18:46
par los paranoias
C'est son année, et ça me rappellera, si besoin est, que j'avais 8 ans en 68 lorsque mon grand frère, stonien, me le fit écouter dans notre chambre commune.
Cela fera donc 50 ans qu'il m'accompagne, et si mes préférences ou déceptions ont pu changer au fil des décennies, elles concernent peu de compositions. En fait, les proportions demeurent les mêmes, en minutage, je n'écoute jamais un peu plus d'un tiers de l'album. Quelques morceaux que je juge moyens, en gros une dizaine de minutes, passent parfois. Ensuite, c'est du bon, voire de l'excellent, et cet excellent dépasse les 20 minutes. Mais tout de même, la masse que je rejette, si je compare aux autres albums, c'est énorme. Je sais bien que Paul est radical lorsqu'il en parle : pas de débat, c'est un album très varié, et qui s'est très bien vendu !
Un peu court, non ?
Mais bon. Hâte cependant d'écouter le remix, et là, je ferai une exception, j'écouterai tout ! (Avec des pauses...)

Posté : jeu. 1 mars 2018 18:51
par OlivierNorthernSon
Moi je l'écoute rarement, mais en entier.

Au début, je passait Helter Skelter pour que ma mère ne se mette pas à hurler plus fort que Paul.
Et puis, de la cuisine, on n'entendait jamais Long Long Long.
Je mettais la photo de Paul sur mon visage et j'étais Paul.
Il y avait les paroles et j'essayais de traduire avec ma mère.
C'était bien.
Je n'avais pas beaucoup de disques. J'écoutais le double blanc le samedi après-midi pour avoir le temps et Imagine le dimanche mattin à la place de la messe.
C'est mon album préféré de tous les temps, de tous le genres et de toutes les planètes.

C'est la pochette que je sais le mieux dessiner.

Posté : jeu. 1 mars 2018 23:11
par JBBarras
Nous voici de retour dans le petit salon "Goûts, couleurs, usages et habitudes". Ma foi, pourquoi pas ?
Le Blanc aurait pu, en restant double, être implacable si on avait remplacé 'Ob-La-Di' et 'Don't Pass me By' par 'Not Guilty et 'Junk'. Tous deux plausibles : le premier était en voie de finition après des heures (et des heures) de travail, le deuxième avait été composé en Inde, Macca était alors dans une forme olympique/mélodique. Médailles.
On peut, en parallèle, parfaitement imaginer un 45 tours (celui de la honte, le single Schlager des fabs) qui eut connu un immense succès, publication juste avant le Blanc, quand la fête de la bière bat son plein. Deutschland über alles. Sans ces deux horreurs* et via un single tout pourri, nous tenions le deuxième disque ultime des Beatles, après un 'Revolver' où 'Rain' eut remplacé l'efficace (autant que navrant) 'Yellow Submarine :

[URL=http://www.casimages.com/i/18030103122665245.jpg.html]Image[/URL]

* John Lennon détestait la première, alors que Starkey tentait de placer sa misère depuis 1963 !

Posté : ven. 2 mars 2018 02:17
par OlivierNorthernSon
Ob la di ne plait pas aux rockeurs, mais c'est une superbe chanson. "Clivant" qu'ildisait, Los Gringos.

En parlant de "clivant" quel est l'avis de Clive?

Posté : ven. 2 mars 2018 03:22
par JBBarras
[quote quote=110604]Ob la di ne plait pas aux rockeurs, mais c’est une superbe chanson.[/quote]
Les "rockeurs", ça ne veut plus rien dire depuis 1965.
La ligne la moins courbe serait celle des guitares, de la rébellion adolescente et disons, de Gene Vincent. Passé les '70s, on évoquera encore les guitares, une pulsion vive.
Dès leurs débuts, les pionniers du rock'n'roll ont tapé dans la ballade, voire l'exotisme, une simple oreille jetée sur les disques '50s de Chuck Berry éjecte le miel.
Donc, 'Ob-La-Di...' serait une superbe chanson. Dans ce cas, 'Fernando' des Abba en est une autre. Des couplets simples, un refrain martelé, oui, ami(e)s, c'est le basic des Schlager. Le principe est qu'on puisse brailler avec, "les saucisses de l'exploit", comme le regretté Charlie Schlingo aimait les mettre à l'autocuiseur.

Posté : ven. 2 mars 2018 07:17
par los paranoias
Ha, s'il n'y avait que zobladi zoblada, ce serait moindre mal ! Même si, déjà... Morceau diablement clivant au sein du groupe. Mais l'album déchirait au-delà des 4, Martin et Emerick n'étaient pas les moindres à sentir partagés. Ça sent la crise de nerfs, les dérapages, les lâchages, les trous d'air, pour le meilleur, ou pour le pire. Ne serait-ce que dans la marque Beatles des harmonies vocales, que l'on retrouvera un an plus tard, il y a comme un manque, sur la longueur.

Posté : ven. 2 mars 2018 18:22
par JBBarras
[quote quote=110608]Ça sent la crise de nerfs, les dérapages, les lâchages, les trous d’air (...)[/quote]
C'est un peu le suc du Blanc, ces trous et amusantes bricoles : Wild Honey Pie, l'intro de Bungalow Bill (au mellotron), Can You Take Me Back, l'avion de Back In The U.S.S.R., le finish de I'm So Tired, l'oiseau de Blackbird...
On retrouvera quelques un de ces interludes dans le 'Let It Be' remanié par Spector, rendant l'album plus "Beatles" que le glacial '...Naked'.

Posté : ven. 2 mars 2018 19:03
par JBBarras
Il semble que, durant un certain temps, le Blanc aurait pu être nommé 'A Doll's House', et que la pochette (illustration de John Patrick Byrne) aurait pu être celle-ci :

[URL=http://www.casimages.com/i/180302110502620909.jpg.html]Image[/URL]

Bon, Byrne replacera son concept visuel en 1972-73 pour le premier LP des Stealers Wheel (avec Gerry Rafferty), un disque fort recommandable pour qui apprécie la tonalité soft-rock et un certain héritage de la manière Lennon/McCartney :

[URL=http://www.casimages.com/i/180302110603860837.jpg.html]Image[/URL]

Posté : ven. 2 mars 2018 19:14
par los paranoias
Là tu cites des passages que j'apprécie particulièrement. D'ailleurs, si Can you take me back avait duré en boucle trois minutes, j'aurais adoré ! J'ai le sentiment que ce double album est celui qui engendre les opinions les plus diverses et contrastées. Je rejoins Martin et Emerick sur l'appréciation globale, à savoir, pour résumer, que la variété de l'ensemble relève en partie du foutraque et d'un chaos non maîtrisé, mais cela peut porter sur des morceaux différents. Ainsi Emerick se désole de voir les Beatles ne faire que du bruit, en citant Everybody's got something to hide..., qui est un des mes morceaux préférés. Bref, et après tout nous sommes en 1968, la contestation, ainsi que la contestation de la contestation peuvent venir de partout, et de tous ! C'est l'album du slogan Il est interdit d'interdire, mais cela a fait surgir de très dispensables oeuvrettes, sans créer forcément une dynamique de groupe autour, ou des interprétations discutables, peu abouties. Oui, je sais, je devrais illustrer ces qualificatifs par des exemples, mais je n'ai pas le temps ! Disons que le double blanc, je me le recompose, en y ajoutant un Hey Jude, une Lady Madonna, une Révolution single, un Hey Bulldog (non, pas The inner light). Sacrilège, je suis même tenté d'y ajouter le Junk 1970...
En vitesse, ce que je n'écoute plus : Ob-la-di Ob-la-da, The continuing story of Bungalow Bill, Rocky Raccoon (que j'écoutais dans ma jeunesse), Don't pass me by, Revolution 1, Revolution 9, Goodnight (que ma maman, 50 ans à l'époque, aimait beaucoup).

Posté : ven. 2 mars 2018 19:25
par JBBarras
[quote quote=110614](...) je suis même tenté d’y ajouter le Junk 1970…[/quote]
En parallèle, pour que la symétrie McCartney|Lennon perdure, on peu glisser 'Look At Me', également conçu en Inde. John et Paul se mettaient au picking, Donovan prétend les y avoir -un peu- initiés.

Posté : ven. 2 mars 2018 19:51
par OlivierNorthernSon
[quote quote=110614]D’ailleurs, si Can you take me back avait duré en boucle trois minutes, j’aurais adoré ! [/quote]

Ca ferait un excellent Inner Groove!

Posté : lun. 5 mars 2018 22:29
par Polmac.
Clivant? Sans doute à bien des égards. D'abord et avant tout pour les 4 (grands) gars de Liverpool bien sûr.
Peut-être plus que tout autre, cet album des Beatles est le reflet le plus honnête, le plus sincère de ce qu'étaient les Beatles à cette époque précise. Toute la singularité (plus ou moins) mise en commun. Le fameux monstre à quatre têtes prend ici son envol.

Clivant pour le public ... pareil. Chacun y va de sa sensibilité, de sa préférence et aime tel morceau et en déteste tel autre. Cela finirait par donner autant de versions du white album (qui deviendrait même simple du coup) en supprimant "ce foutu truc qui n'a rien à faire sur un disque des Beatles". Un disque des Beatles, quoi !!!

On parle de Ob-La-Di, Ob-La-Da. Un titre refrain-couplet, "simple", doit-il être qualifié de muzak? Jeté aux orties avec autant d'enthousiasme? Pour certains, oui. Pour moi, non. C'est bon, très bon. Cette intro sautillante à souhait, cette voix à l'enthousiasme (encore lui !?) communicatif, cette mélodie qui tombe dans l'oreille sans effort. Voilà qui correspond assez bien aux caractéristiques qui me font dire qu'un morceau est bon.

Ce que je lis entre les lignes dans le message de 4JB à propos de cette chanson de Paul s'applique plutôt, pour moi, à The Continuing Story of Bungalow Bill. Non, je ne (re)lance pas la vaine comparaison (c'est lui le meilleur; c'est l'autre le plus ceci, le moins cela; ...), je couche sur l'écran des sentiments qui m'accompagne depuis plus de trente ans.

L'album blanc, clivant? Vivant surtout ! 50 ans et toujours debout. En traînant ses défauts (qui heureusement ne sont pas les mêmes pour tout le monde) mais en portant haut ses couleurs (!) diluées dans ses nombreuses qualités.


Ben Polmac


Posté : mar. 6 mars 2018 01:12
par OlivierNorthernSon
[quote quote=110645]

Clivant pour le public … pareil. Chacun y va de sa sensibilité, de sa préférence et aime tel morceau et en déteste tel autre. Cela finirait par donner autant de versions du white album (qui deviendrait même simple du coup) en supprimant « ce foutu truc qui n’a rien à faire sur un disque des Beatles« . Un disque des Beatles, quoi !!!

[/quote]

Hello Polmac!
Pour certains dingues -dont moi- le blanc ne deviendrait pas simple mais triple : Helter Skelter allongé, Junk et pourquoi pas les deux chansons du single... quelques autres chansons composées en Inde.
Car le concept, cette fois, c'est le fourre-tout, le souk merveilleux!

Posté : mar. 6 mars 2018 16:57
par los paranoias
Y avait de quoi faire un excellent double, s'ils avaient été davantage soudés, et à l'écoute de chacun. Et le problème est qu'il n'y a pas qu'un seul morceau dont on peut se dire qu'il n'a rien à faire sur l'album !

Posté : jeu. 8 mars 2018 20:34
par JBBarras
En 1968, les 4 étaient encore au sommet, tant en mode créatif que populaire.
Mais, comme souligné plus haut, l'esprit "la belle équipe" ne soufflait plus dans les voiles.
Tiens, prenez 'Martha My Dear' : il y a des musiciens complémentaires, comme déjà du temps du LP 'Help!'. Sinon, le quidam entendra, hormis ces derniers, les Beatles, avec de la batterie, de la basse, du vocal, de la guitare et du piano. Ben oui, quoi.
Sauf que non : c'est McCartney qui joue toutes les parties, en solo. Mais ça reste "les Beatles", n'est-ce pas ? "The Beatles", c'est gaufré en relief à même la pochette blanche.

Posté : ven. 9 mars 2018 19:08
par OlivierNorthernSon
[quote quote=110679]En 1968, les 4 étaient encore au sommet, tant en mode créatif que populaire.
Mais, comme souligné plus haut, l’esprit « la belle équipe » ne soufflait plus dans les voiles.
Tiens, prenez ‘Martha My Dear’ : il y a des musiciens complémentaires, comme déjà du temps du LP ‘Help!’. Sinon, le quidam entendra, hormis ces derniers, les Beatles, avec de la batterie, de la basse, du vocal, de la guitare et du piano. Ben oui, quoi.
Sauf que non : c’est McCartney qui joue toutes les parties, en solo. Mais ça reste « les Beatles », n’est-ce pas ? « The Beatles », c’est gaufré en relief à même la pochette blanche.[/quote]

Comme quoi, les albums solo, c'est encore les Beatles, n'est-ce pas? Même si ce n'est pas écrit dessus comme sur le Port Salut.

Posté : ven. 9 mars 2018 22:00
par los paranoias
Les ex-Beatles, oui. Mais sans la flamme insufflée par le groupe, même en bisbille.
Les carrières solos, on les perçoit par moments dans le blanc, pas toujours les meilleurs d'ailleurs, et ils sauront faire pire. Mais ces carrières en solitaire, c'est un peu comme le jeu de Louis de Funès après sa crise cardiaque. On ne peut que regretter l'avant !

Posté : ven. 9 mars 2018 22:14
par JBBarras
[quote quote=110695]Les ex-Beatles, oui. Mais sans la flamme insufflée par le groupe, même en bisbille.
Les carrières solos, on les perçoit par moments dans le blanc, pas toujours les meilleurs d’ailleurs, et ils sauront faire pire. Mais ces carrières en solitaire, c’est un peu comme le jeu de Louis de Funès après sa crise cardiaque. On ne peut que regretter l’avant ![/quote]
Et comment !
Même si, en 1970-71, il y a encore un peu de sang beatle à couler dans les veines des ex. Sans oublier, plus tard, ce 'Band On The Run' à 75% impressionnant.
Alors oui, le Blanc préfigure, par endroits, l'aurore des '70s, écouter 'Love', 'Every Night' ou 'Apple Scruffs' pour relier les points.

Posté : mer. 14 mars 2018 19:00
par fabfour22
Que de souvenirs raccrochés au double blanc !!! ...
Je me souviens précisément du jour de la sortie.. un jour où mes parents n'avaient rien trouvé de mieux que de m'imposer un concert de flamenco à la salle Pleyel à Paris rattrapé le soir par la diffusion de tous les titres du double blanc sur Europe 1 , avec bien sûr des morceaux écourtés ou de commentaires superposés pour gêner les mordus de l'enregistrement..
Pas de tunes pour aller l'acheter comme beaucoup quand on a 16 ans , j'étais même allé chez un poto enregistrer l'album avec mon Grundig à bandes mais pas top au micro vous en conviendrez.. voilà pour la petite histoire ..
Sinon cet album me plaisait davantage que Pepper même si je déplorais les titres comme "Don't pass Me By " par exemple.
Rock, balades superbes de Paul ,quelques bijoux de George .. vraiment un excellent album .. et puis 30 titres ça a de quoi nourrir ça fringale beatlemaniaque hein..
"Sexy Sadie" et Black Bird je les avais prises naïvement au premier degré.. sans connaitre le vrai sens des paroles..
ça me fait penser que je nl'écoute plus maintenant que j'irai plus volontiers vers Pepper .. comme quoi on peut changer

Posté : mer. 14 mars 2018 21:13
par los paranoias
Et si j'étais sadique, hein, en demandant un classement de 1 à 30 des compos de l'album !