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Quelques questions hyper spécifiques pour fans hardcore
Posté : sam. 30 sept. 2017 16:35
par EmmanuelP.
Bonjour tout le monde ; voici quelques interrogations qui me trottent dans la tête, et je me suis dit : que faire de mieux que de lancer un appel dans la salle des machines du sous-marin ? Un matelot va bien finir par me répondre. Voici donc :
les questions que je me pose et qui peut-être n'intéressent que moi mais tant pis répondez-y quand même merci
1. Les chansons de McCartney interprétées par Lennon et réciproquement sur les albums des BeatlesIl est entendu que la norme en vigueur sur les albums des F4, c'est que l'auteur principal ou unique de la chanson en est l'interprète principal :
All My Loving/Hey Jude/Yesterday/Maxwell vs
Sexy Sadie/Help!/Benefit of Mr Kite/I Want You. Je crois qu'il n'y a que quelques exceptions :
Love Me Do, si j'ai bien compris, pour permettre à Lennon de jouer de l'harmonica. Et je me souviens d'une interview où Lennon déclare qu'il aurait bien aimé chanter Oh! Darling.
Question : y a-t-il d'autres cas où ce n'est pas l'auteur principal de la chanson qui en fournit le
lead vocal ?
2. Anthology : le choix des titres interprétés par les F3Dans le documentaire
Anthology, une séquence montre les 3 Beatles jouer des morceaux ensemble, et si je me souviens bien il n'y a aucune composition personnelle ni d'anciens titres des Beatles, mais des standards rock 50's je crois (exception : une chansons de Harrison au yukulele). Cela peut se comprendre pour des questions de rééquilibrage, surtout en absence de Lennon. Et puis il y a un parfum de nostalgie et de retour aux sources.
Questions : Y a-t-il eu des morceaux Beatles/perso enregistrés lors du tournage d'
Anthology et qui ne sont pas sortis officiellement, et lesquels ? Sait-on s'il y a eu des tractations/difficultés quant aux choix des chansons interprétées ?
3. La session alternative de I'm Losing You avec les Cheap TricksUne vidéo montre Lennon durant l'enregistrement de
Double Fantasy (ou autour de cette période) interpréter
I'm Losing You avec des arrangements un peu différents mais surtout un style et des musiciens différents. J'ai cru comprendre que ça avait été fait aussi pour un 2è titre, puis que de nouvelles versions avaient finalement été enregistrées pour la version qui figure dans l'album.
Question : Quel est le contexte et pourquoi ces versions ne sont pas sorties sur l'album (ni même en bonus) ?
4. Mal EvansMal Evans est le fidèle assistant des Beatles. On l'entend compter sur
A Day In The Life. On le voit par-ci par-là sur les photos. On le voit jouer du tambourin sur la vidéo de
Instant Karma!. Après la séparation des Beatles, il vivra aux USA et en 1976, dans des circonstances dramatiques, il disparaît (abattu par la police après un coup de sang ?). George Harrison le cite quelques années après dans une interview, pour illustrer la violence qui régnait à l'époque. Mais je n'ai rien lu/entendu des autres Beatles ou sur leur entourage (George Martin, etc.) concernant Mal Evans : sa personnalité, ce qu'il a apporté au groupe, comment ils ont réagi à sa mort, etc.
Questions : Y-a-t-il des sources fiables quant à ce que les Beatles ou leur entourage ont pensé/dit de Mal Evans (et de sa disparition en particulier) ? Quelles étaient les relations de Mal Evans avec les membres du groupe avant et après leur séparation ?
Merci de vos réponses !
Posté : sam. 30 sept. 2017 17:50
par AlainLacasse1
Bonjour Emmanuel P.,
Quelques réponses rapides à certaines de tes questions:
1- Every Little Thing. Écrit par Paul et chanté par John.
2- Pendant le tournage, je dirais Dehra Dhun par George Harrison.
Voilà pour moi. Je cède la place à d'autres pour te répondre.
Merci beaucoup et à bientôt!
Alain Lacasse.
Posté : sam. 30 sept. 2017 18:04
par JBBarras
1)
- 'Every Little Thing' est essentiellement composée par le Mc et essentiellement chantée par Lennon.
- Macca chante le pont de 'A Hard Day's Night'.
- Le dernier pont de 'Magical Mystery Tour' est le fait de Lennon.
Posté : sam. 30 sept. 2017 21:03
par CimryaDeal
Pour la 2: Ils jouent un morceau de McCartney: Thinking Of Linking (dans les bonus DVD, pas pendant la séance d'interview 'posés dans le parc'). Globalement sur toute cette session (dans une sorte de salle de musique chez Harrison) Harrison semble assez tendu. Quand McCartney se lance dans Blue Moon (si je me souviens bien) Harrison répond 'Ok. A short version.'. On sait que Harrison avait été convaincu de se lancer dans le projet Anthology uniquement parce qu'il avait des problèmes financiers suite aux déboires de Handmade Films. Bref, il y a été un peu à reculons (je crois que c'est aussi lui qui avait mis son véto pour un 3ème titre des Threetles). Donc oui, même cette session qui était censé être à la cool parait assez froide et tendue.
Posté : sam. 30 sept. 2017 21:41
par JBBarras
3)
Une partie des Cheap Trick a participé à l'enregistrement de deux chansons : 'I'm Losing You' et (Ono) 'I'm Moving On'.
La rumeur prétend que la patronne n'a pas trop apprécié la présence des membres du groupe alors au sommet de sa popularité et aurait fait en sorte qu'on ne les revoit plus.
Pourtant, c'est la version 'Cheap Trick' qu'on entend sur le double 'Working Class Hero: The Definitive Lennon' de 2005.
Posté : mer. 18 oct. 2017 21:10
par aldejerph
[quote quote=108829]Globalement sur toute cette session (dans une sorte de salle de musique chez Harrison) Harrison semble assez tendu. Quand McCartney se lance dans Blue Moon (si je me souviens bien) Harrison répond ‘Ok. A short version.’. On sait que Harrison avait été convaincu de se lancer dans le projet Anthology uniquement parce qu’il avait des problèmes financiers suite aux déboires de Handmade Films. Bref, il y a été un peu à reculons (je crois que c’est aussi lui qui avait mis son véto pour un 3ème titre des Threetles). Donc oui, même cette session qui était censé être à la cool parait assez froide et tendue.
[/quote]
J'avais lu que la réaction de George avait été mal interprétée. S'il disait "a short version" ce ne voulait pas nécessairement dire "on la fait courte parce que ça ma saoûle" mais plutôt "on va la jouer plus gaiement" -> plus rapidement -> un morceau qui sera joué dans un délai plus court. Rajouter à cela, une phrase dite par un bonhomme avait un coté pince sans rire, loin d'un Macca qui par moment surjoue tout,
Posté : mer. 18 oct. 2017 22:16
par EmmanuelP.
Bonjour ; merci de ces commentaires et infos, n'hésitez pas à compléter !
Posté : jeu. 19 oct. 2017 07:31
par CimryaDeal
[quote quote=109279]
J’avais lu que la réaction de George avait été mal interprétée. S’il disait « a short version » ce ne voulait pas nécessairement dire « on la fait courte parce que ça ma saoûle » mais plutôt « on va la jouer plus gaiement » -> plus rapidement -> un morceau qui sera joué dans un délai plus court. Rajouter à cela, une phrase dite par un bonhomme avait un coté pince sans rire, loin d’un Macca qui par moment surjoue tout,
[/quote]
Je l'avais jamais interprété comme ça! Je préfère ça en fait! Il est des fois un peu compliqué à 'lire', George Harrison; la première fois que j'avais vu l'engueulade entre lui et McCartney dans Let It Be, je m'étais dit 'oh bah ça se termine bien, il lui dit 'whatever pleases you, I'll do it!', c'est plutôt gentil!' (oui bon j'étais assez jeune!)
Posté : jeu. 19 oct. 2017 11:55
par EmmanuelP.
Je vous recommande la lecture de "Tune In", qui m'a éclairé davantage sur la personnalité de George Harrison, ainsi que les interviews que l'on trouve en ligne, les siennes et celles de ses amis. Je crois avoir compris qu'il y a une espèce de contentieux avec McCartney, lequel s'est depuis le début montré un peu condescendant (à cause de son âge, et sans doute d'un décalage de compétences techniques au départ) ; et puis, si Harrison est le "Quiet Beatles", il n'en a pas pour autant un caractère fade et sans humour.
Très jeune, il s'exprime remarquablement bien en interview, et il y a chez lui un mélange de pudeur, de réserve, un peu aussi de protection devant les événements ébouriffants et face aux personnalités voraces de Lennon & McCartney, le côté immédiatement "goofy" et attachant de Ringo. Ne pas oublier qu'Harrison n'a pas fait d'études (contrairement à Lennon et McCartney qui sont suivi un parcours certes pas très long, mais où ils ont été confrontés à l'art, la littérature, etc.). C'est un autodidacte, et il en éprouve peut-être à la fois de la fierté et un peu de complexe. En s'attachant à la musique indienne, il manifeste son originalité et sa personnalité tout en investissant un champ qui n'a pas été piétiné par les trois autres. Comme le cadet, quoi.
Dans "Tune In", il est rappelé qu'Harrison a failli arrêter les Beatles (vers 1961 je crois) et a bossé plusieurs semaines dans un magasin d'appareils électriques et a plus ou moins suivi une formation dans ce domaine, c'est à dire dans l'univers de la "working class". Et il en parle très simplement.
L'humour d'Harrison est davantage "Tongue In Cheek" (sorte de sarcasme en douceur avec sous-entendus, litotes, etc.) et il semble avoir pas mal de recul sur l'aventure Beatles même pendant qu'elle se déroule. Je trouve que ses chansons reflètent cet aspect de sa personnalité : Don't Bother Me, Taxman, Think For Yourself, etc., font le contrepoint de ses morceaux plus lyriques et "spirituels" (The Inner Light, Here Comes The Sun, etc.)
Cette personnalité, et en particulier ce qu'il en montre au public, peut à certains moments le rendre moins sympathique, il me semble. Une autre manière de le voir, c'est qu'il n'a pas l'air d'adhérer complètement au mythe...et peut-être que le public (dont moi-même) lui en veut un peu pour cela, ça ternit un peu la représentation qu'on s'en fait. Certes, Lennon l'a fait aussi, mais assez peu de temps (70-71), et puis ensuite il est passé à autre chose, et on ne retient pas que ça.
Harrison a tendance à démystifier les Beatles dans Anthology (allant jusqu'à évoquer des sujets triviaux comme le papier toilette) ; dans une autre interview il parle de Lennon de manière pas nécessairement hagiographique : interrogé sur le fait que dans son autobiographie I Me Mine il semble ne pas reconnaître ce qu'il lui doit, il rétorque qu'inversement Lennon n'a jamais reconnu qu'il avait reçu son aide sur tel ou tel vers d'une chanson, etc. Il dit que Lennon était "une espèce de génie" tout en rappelant qu'il était un simple humain. Tout ça reflète bien ce mélange de simplicité, sincérité, avec une petite dose de recul ironique. Voilà ma perception en tout cas.
Posté : jeu. 19 oct. 2017 14:27
par VALTON
[quote quote=109286]Je vous recommande la lecture de « Tune In« , qui m’a éclairé davantage sur la personnalité de George Harrison, ainsi que les interviews que l’on trouve en ligne, les siennes et celles de ses amis. Je crois avoir compris qu’il y a une espèce de contentieux avec McCartney, lequel s’est depuis le début montré un peu condescendant (à cause de son âge, et sans doute d’un décalage de compétences techniques au départ) ; et puis, si Harrison est le « Quiet Beatles », il n’en a pas pour autant un caractère fade et sans humour.
Très jeune, il s’exprime remarquablement bien en interview, et il y a chez lui un mélange de pudeur, de réserve, un peu aussi de protection devant les événements ébouriffants et face aux personnalités voraces de Lennon & McCartney, le côté immédiatement « goofy » et attachant de Ringo. Ne pas oublier qu’Harrison n’a pas fait d’études (contrairement à Lennon et McCartney qui sont suivi un parcours certes pas très long, mais où ils ont été confrontés à l’art, la littérature, etc.). C’est un autodidacte, et il en éprouve peut-être à la fois de la fierté et un peu de complexe. En s’attachant à la musique indienne, il manifeste son originalité et sa personnalité tout en investissant un champ qui n’a pas été piétiné par les trois autres. Comme le cadet, quoi.
Dans « Tune In », il est rappelé qu’Harrison a failli arrêter les Beatles (vers 1961 je crois) et a bossé plusieurs semaines dans un magasin d’appareils électriques et a plus ou moins suivi une formation dans ce domaine, c’est à dire dans l’univers de la « working class ». Et il en parle très simplement.
L’humour d’Harrison est davantage « Tongue In Cheek » (sorte de sarcasme en douceur avec sous-entendus, litotes, etc.) et il semble avoir pas mal de recul sur l’aventure Beatles même pendant qu’elle se déroule. Je trouve que ses chansons reflètent cet aspect de sa personnalité : Don’t Bother Me, Taxman, Think For Yourself, etc., font le contrepoint de ses morceaux plus lyriques et « spirituels » (The Inner Light, Here Comes The Sun, etc.)
Cette personnalité, et en particulier ce qu’il en montre au public, peut à certains moments le rendre moins sympathique, il me semble. Une autre manière de le voir, c’est qu’il n’a pas l’air d’adhérer complètement au mythe…et peut-être que le public (dont moi-même) lui en veut un peu pour cela, ça ternit un peu la représentation qu’on s’en fait. Certes, Lennon l’a fait aussi, mais assez peu de temps (70-71), et puis ensuite il est passé à autre chose, et on ne retient pas que ça.
Harrison a tendance à démystifier les Beatles dans Anthology (allant jusqu’à évoquer des sujets triviaux comme le papier toilette) ; dans une autre interview il parle de Lennon de manière pas nécessairement hagiographique : interrogé sur le fait que dans son autobiographie I Me Mine il semble ne pas reconnaître ce qu’il lui doit, il rétorque qu’inversement Lennon n’a jamais reconnu qu’il avait reçu son aide sur tel ou tel vers d’une chanson, etc. Il dit que Lennon était « une espèce de génie » tout en rappelant qu’il était un simple humain. Tout ça reflète bien ce mélange de simplicité, sincérité, avec une petite dose de recul ironique. Voilà ma perception en tout cas.
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Je ne connaissais pas ce livre, mais tout cela est bien connu et documenté, ce recul sur les choses, ce recul sur la notoriété (difficile à supporter dès 1965), bref ce "détachement" oui c'est bien la perception dominante qu'on a de George (a compléter bien sur du remarquable film - attachant - réalisé par Scorcese). Mais il est bon de rappeler "qu'il n'a pas fait d'études", et ça vient en contrepoint total avec la qualité de beaucoup de ses textes, qui offrent souvent une certaine profondeur.
Quant a sa volonté de "démystifier", bah je trouve ça au contraire intéressant et salutaire. Ce sont des etres humains, et pas des personnalités faciles faut-il le rappeler. Je ne sais plus si ce n'est pas Geoff Emerick qui avait dit qu'aucun d'entre eux ne l'avait jamais reconduit à son domicile après de longues et fatigantes séances d'enregistrement (!). Bref, la notion de mythe est pénible et jamais bonne conseillère quand il s'agit de regarder honnetement et si possible objectivement l'oeuvre des Fabs (qui, rappelons le, selon les mots memes d'un des quatre, Macca je crois, étaient 'quatre salopards"...)
Posté : jeu. 19 oct. 2017 18:07
par JBBarras
C'est Lemmy qui (de mémoire) a déclaré : "Les gens croyaient que les Beatles étaient des tapettes et les Rolling Stones des durs. C'était juste le contraire".