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Ca m'énerve !
Posté : dim. 17 sept. 2017 15:16
par ludo
Non, je vais pas vous parler de Helmut Fritz et de son titre "Ca m'énerve" :
https://www.youtube.com/watch?v=4mNDYWhRSaw
... mais des diverses interview que je lis de Ringo depuis quelques jours suite à la publication de son nouvel album "Give More Love" ...
En effet, au fil des interviews, on se rend compte qu'est uniquement, voire quasiment mis en avant que le passé Beatlesien de Ringo Starr... Et quand on s'aventure sur le dernier opus de Ringo, c'est surtout et voire uniquement pour parler de sa collaboration avec macca...
J'essaye de me mettre à la place de Ringo et je me dis : à quoi bon sortir un disque si les medias ne retiennent que le passé...
Dur, dur d'être un bébé un Beatles
Posté : dim. 17 sept. 2017 18:25
par TheBeenjoy
Peace and love ☮
Posté : lun. 18 sept. 2017 17:47
par AlainLacasse1
Bonjour Clive LD,
Il faut se mettre à la place de Ringo et des artistes de sa génération.
Ces personnalités ont plus de 70 ans. Ils sont souvent, peut-être d'ailleurs trop souvent, confrontés à des journalistes de 20, 30, 40 et même 50 ans plus jeune qu'eux lors d'interviews.
Ils constatent alors que la majorité ne les connaît pas, ignore pratiquement tout de leur parcours artistique et professionnel et se rabat sur certains Beatles mais surtout Wikipédia pour s'informer.
Les artistes s'en rendent compte. Alors, ils sortent leur "cassette" rempli de lieux communs et clichés qu'ils répèteront à satiété.
Par contre, quand ils rencontrent un journaliste curieux, connaisseur et qu'il leur démontre par ses questions, ils revivent, d'une certaine façon, et éprouve un réel plaisir à parler musique.
J'en parle par expérience car étant journaliste, j'ai eu la chance d'interviewer plusieurs artistes et c'est tellement évident, quand on a bien fait son travail et sa recherche, qu'ils se montrent la plupart du temps plus généreux qu'on s'y attendait. Et je dirais que c'est vrai pour la quasi totalité des artistes.
C'est vrai pour Paul, Ringo, Pete Best, Dick Rivers et sûrement d'autres. Je suis sûr qu'une Nolwen Leroy sera très loquace si on parle musique avec elle. Elle a une solide formation musicale.
Échanger sur leur nouveau disque ou des titres plus anciens de leur répertoire, c'est ce qu'ils préfèrent.
Merci beaucoup et à bientôt!
Alain Lacasse.
Posté : mar. 19 sept. 2017 12:01
par ludo
Hello Alain

Je comprends ton argumentaire, mais finalement quand on considère le prix que coûte la réalisation d'un nouvel album, c'est super frustrant pour un artiste de ne pas en parler.
je lis, je relis les interviews de Ringo Starr pour "Give more love" : on aurait pu les écrire avant la sortie du disque... dommage, dommage, dommage
Posté : mar. 19 sept. 2017 17:06
par AlainLacasse1
Bonjour Clive LD!,
Je partage ton opinion. Je suis convaincu que Ringo n'est pas fermé à l'idée de parler du passé et des Beatles. Mais il désire prioritairement discourir sur son nouvel album.
Un bon journaliste est conscient de cette donne. Il sait pourquoi il peut interviewer Ringo Starr. Il sait que ça fait partie d'une campagne de promotion pour le nouveau disque. La moindre des choses est au minimum d'écouter le disque et poser quelques questions pertinentes à son sujet. Par la suite, il pourra interroger l'artiste sur d'autres aspects de sa carrière. Personnellement, c'est ainsi que je fonctionne.
Et n'oublions pas une chose. Des artistes comme Ringo, ce ne sont pas des débutants. Les relations avec la presse, ils connaissent ça depuis longtemps. Ils savent très bien comment ça marche. Ils sont au fait de la mécanique médiatique. Et ils sont entourés de professionnels pour bien les conseiller. Par contre, je pense que certains devraient changer d'attaché de presse en raison de leur incompétence.
Autre chose, les artistes, quand ils ont un bon attaché de presse, savent quand ils rencontrent un journaliste d'un magazine spécialisé ou un autre qui fait son travail dans un média généraliste comme un quotidien. Compte tenu du lectorat, le journaliste posera des questions qui, selon lui, sauront satisfaire ses lecteurs.
Prenons mon cas en exemple. On est en 2007 et j'ai la possibilité de faire une entrevue avec Dick Rivers. Je sais qu'il a enregistré plusieurs adaptations de chansons des Beatles dans les années 60 en France. Connaissant très bien le sujet pour ce qui est du Québec, je pense que nos lecteurs seront curieux de voir comment ça fonctionnait en France. Rivers est au Québec pour la promotion de son nouvel album.
A ma grande surprise, il accepte de me rencontrer. Il sait l'objet de notre rencontre et que l'interview sera publié dans la publication officielle du fan club.
Je fais ma job de journaliste. Je m'intéresse à la carrière du chanteur par l'entremise de Wikipédia, j'écoute son nouvel album (qui était franchement pas mal du tout) et je consulte le livre de François Jouffa pour noter les titres Beatles qu'il a fait en français.
En principe, j'ai 20 minutes pour faire mon entrevue. J'ai donc commencé par lui poser quelques questions sur son nouvel album. Ainsi, il a pu faire sa promo. Après, nous avons consacré notre temps aux Beatles, ses adaptations, les sessions d'enregistrements, ses rencontres avec le groupe. On a aussi parlé de sa carrière en général en France et au Québec. Il nous a même raconté des anecdotes savoureuses et fascinantes sur le succès des Chats Sauvages "Twist à St-Tropez". Il a été d'une grande générosité.
Au final, cette entrevue, qui devait durer 20 minutes, a pris fin près 60 minutes plus tard.
Voilà, ma façon de procéder. J'ai aussi un ami qui m'a appris une chose très importante dans le cas d'une entrevue avec un artiste. L'attaché de presse à beau vous dire que vous avez 15 minutes pour votre interview, au final c'est l'artiste qui décidera. C'est le patron. Bref, c'est au journaliste d'être suffisamment intéressant pour que l'artiste fasse abstraction de la limite de temps. L'artiste en question c'est Paul McCartney. Et les témoignages en ce sens abondent. Je connais des journalistes dont leur 10 minutes avec Paul est devenu 30.
Si un journaliste pose des questions banales, il aura des réponses banales. Ringo connaît très bien comment ça marche. Tu veux des réponses intéressantes, originales et sérieuses de Ringo? Pose-lui des questions en conséquence. Je suis sûr que le journaliste ne sera alors pas déçu.
Merci beaucoup et à bientôt!
Alain Lacasse.