Red Rose Speedway - Des épines et des ailes
Posté : lun. 31 oct. 2022 14:16
Comme pour McCartney il y a quelques mois. L'envie de coucher sur papier, enfin, sur écran, mon ressenti à propos de cet album ... Hop, clavier au bout des doigts, c'est parti !
Red Rose Speedway – Des épines et des ailes.
Sans doute l’album studio de Paul que j’apprécie le moins après McCartney. Et si j’analyse mes impressions à l’écoute des morceaux qui le composent, elles sont assez semblables à celles ressenties pour son premier disque solo. Même constat ? Partiellement.
J’y retrouve de trop rares fulgurances, pas assez d’inspirations mccartnéennes qui rassurent mais qui, surtout, transportent, élèvent nos émotions. Je dois reconnaître que les aptitudes qui définissent le brio de Paul sont, ici, trop peu présentes.
Big Barn Bed est un bon départ, l’intro ronronne, nous prend la main et nous conduit à Paul qui commence à chanter en mode rock posé, pas enragé mais idéalement dosé. On sent l’homme de métier qui sait y faire mais on aurait sans doute adoré qu’il force son talent. Le morceau déroule et c’est juste bon.
Dans My Love, la touche de Paul est feutrée, tendre et enivrante. Inspirée. Que demander de plus ? Rien, ça frise la perfection. Le son nous colle sans attacher, sans débordement aucun. Tout est en place, la voix, les instruments et le solo est aérien … les ailes sont déployées et on décolle. On s’émerveille au-dessus des plus beaux reliefs et océans. Quelle vue ! Pas de splashdown à l’horizon, on ne risque pas de redescendre de sitôt. Paul est aux commandes, c’est un as. Rien à craindre donc. Enfin, c’est ce que je pensais …
A l’entame du 3e extrait, j’y crois. La vitesse de croisière semble atteinte et on ne devrait rencontrer que quelques oiseaux ou autres cumulus et beaucoup de soleil. Un album de Paul qui devrait donc nous assurer un vol serein et agréable. Malheureusement, tout ne va pas se passer comme souhaité, on va même connaître quelques avaries ...
Ainsi, ce Get On The Right Thing délivre les premières épines de la rose de la pochette. J’avais oublié combien cette jolie fleur pouvait se transformer en un végétal tranchant. Paul semblait manier le sécateur avec finesse et talent mais il fait pousser ici une fleur sans éclat. L’intro sera la seule partie à flatter l’oreille. La partie vocale de Paul offre des couleurs chatoyantes mais les chœurs sont fanés avant même d’avoir éclos. Et le morceau manque d’inspiration, il tourne vite en rond ; l’imagination absente ouvre les pétales de la déception.
Avec One More Kiss, la déconvenue atteint des sommets. Petit morceau un peu mid-tempo aux légers accents country terriblement assommant et même plus … Paul dans ses remplissages sans intérêt, sans magie.
Little Lamb Dragonfly enfonce l’épine ou crache l’avion, c’est selon. L’intro, pas vilaine, est vite descendue, mitraillée par les voix et la mélodie sans beauté sa vautre avec le reste. La suite met la carcasse en bouillie. Les « la la la » sont des plus indigestes et finissent d’emporter les dernières minutes dans un mortel ennui. Et ce n’est pas l’envolée vocale pourtant très réussie sur « Don't know why you hang around my door, … but I miss you so » qui suffira à sauver le morceau.
Tant qu’à parler d’ailes, celles du Single Pigeon manquent définitivement d’envergure. Décollage pénible et vol chaotique. Malaise en vue. L’illustration parfaite d’une chanson que Paul aurait dû laisser au stade de démo, perdue sur une K7.
Voler de nuit n’est pas plus indiqué pour Wings. Sans visibilité, tenter de voler aux instruments ne leur réussit pas avec ce When the night poussif et très, très ennuyeux.
Par contre, qui pouvait croire que le 1er indien sur la lune allait intéresser l’auditeur ? Pas moi et pourtant. Ce Loup est finalement plus attrayant qu’imaginé. Bon, je ne suis pas ses aventures toutes les semaines mais elles m’ont titillé les oreilles plus d’une fois.
L’atterrissage va-t-il planter l’album ou permettre aux passagers d’applaudir l’équipage ? Un medley … Danger. L’exceptionnel montage de près de 16 minutes clôturant Abbey Road a posé des jalons devenus référence absolue. La comparaison risque d’être bien cruelle.
Elle engendre bien quelques désillusions - comme attendu - mais bien moins profondes que redoutées. Et puis, je me pose la question : « Si je suis amoureux de ce final éblouissant des quatre garçons ensemble, puis-je trouver quelque beauté aux hybridations et autres boutures du jardinier gaucher ? ». Et bien oui. D’un point de vue richesse mélodique, Paul frappe plutôt juste. Les quatre parties distinctes Hold Me Tight/Lazy Dynamite/Hands Of Love/Power Cut sont réjouissantes. Pas géniales mais assez charmantes pour occuper l’espace sonore avec un certain plaisir. La partie finale de ce medley n’est pas véritablement brillante mais bien plus digne que ce que certains ont pu écrire au moment de dézinguer l’œuvre (presque) solo de Paul.
Red Rose Speedway se révèle au final trop peu constant et manque globalement d’inspiration pour revendiquer le statut de grand album de Paul McCartney. Tout comme pour son premier album d’avril 70, le bassiste nous livre une galette contenant une seule merveille et quelques jolis moments, c’est bien trop peu. Surtout pour l’artiste qu’il est.
Red Rose Speedway – Des épines et des ailes.
Sans doute l’album studio de Paul que j’apprécie le moins après McCartney. Et si j’analyse mes impressions à l’écoute des morceaux qui le composent, elles sont assez semblables à celles ressenties pour son premier disque solo. Même constat ? Partiellement.
J’y retrouve de trop rares fulgurances, pas assez d’inspirations mccartnéennes qui rassurent mais qui, surtout, transportent, élèvent nos émotions. Je dois reconnaître que les aptitudes qui définissent le brio de Paul sont, ici, trop peu présentes.
Big Barn Bed est un bon départ, l’intro ronronne, nous prend la main et nous conduit à Paul qui commence à chanter en mode rock posé, pas enragé mais idéalement dosé. On sent l’homme de métier qui sait y faire mais on aurait sans doute adoré qu’il force son talent. Le morceau déroule et c’est juste bon.
Dans My Love, la touche de Paul est feutrée, tendre et enivrante. Inspirée. Que demander de plus ? Rien, ça frise la perfection. Le son nous colle sans attacher, sans débordement aucun. Tout est en place, la voix, les instruments et le solo est aérien … les ailes sont déployées et on décolle. On s’émerveille au-dessus des plus beaux reliefs et océans. Quelle vue ! Pas de splashdown à l’horizon, on ne risque pas de redescendre de sitôt. Paul est aux commandes, c’est un as. Rien à craindre donc. Enfin, c’est ce que je pensais …
A l’entame du 3e extrait, j’y crois. La vitesse de croisière semble atteinte et on ne devrait rencontrer que quelques oiseaux ou autres cumulus et beaucoup de soleil. Un album de Paul qui devrait donc nous assurer un vol serein et agréable. Malheureusement, tout ne va pas se passer comme souhaité, on va même connaître quelques avaries ...
Ainsi, ce Get On The Right Thing délivre les premières épines de la rose de la pochette. J’avais oublié combien cette jolie fleur pouvait se transformer en un végétal tranchant. Paul semblait manier le sécateur avec finesse et talent mais il fait pousser ici une fleur sans éclat. L’intro sera la seule partie à flatter l’oreille. La partie vocale de Paul offre des couleurs chatoyantes mais les chœurs sont fanés avant même d’avoir éclos. Et le morceau manque d’inspiration, il tourne vite en rond ; l’imagination absente ouvre les pétales de la déception.
Avec One More Kiss, la déconvenue atteint des sommets. Petit morceau un peu mid-tempo aux légers accents country terriblement assommant et même plus … Paul dans ses remplissages sans intérêt, sans magie.
Little Lamb Dragonfly enfonce l’épine ou crache l’avion, c’est selon. L’intro, pas vilaine, est vite descendue, mitraillée par les voix et la mélodie sans beauté sa vautre avec le reste. La suite met la carcasse en bouillie. Les « la la la » sont des plus indigestes et finissent d’emporter les dernières minutes dans un mortel ennui. Et ce n’est pas l’envolée vocale pourtant très réussie sur « Don't know why you hang around my door, … but I miss you so » qui suffira à sauver le morceau.
Tant qu’à parler d’ailes, celles du Single Pigeon manquent définitivement d’envergure. Décollage pénible et vol chaotique. Malaise en vue. L’illustration parfaite d’une chanson que Paul aurait dû laisser au stade de démo, perdue sur une K7.
Voler de nuit n’est pas plus indiqué pour Wings. Sans visibilité, tenter de voler aux instruments ne leur réussit pas avec ce When the night poussif et très, très ennuyeux.
Par contre, qui pouvait croire que le 1er indien sur la lune allait intéresser l’auditeur ? Pas moi et pourtant. Ce Loup est finalement plus attrayant qu’imaginé. Bon, je ne suis pas ses aventures toutes les semaines mais elles m’ont titillé les oreilles plus d’une fois.
L’atterrissage va-t-il planter l’album ou permettre aux passagers d’applaudir l’équipage ? Un medley … Danger. L’exceptionnel montage de près de 16 minutes clôturant Abbey Road a posé des jalons devenus référence absolue. La comparaison risque d’être bien cruelle.
Elle engendre bien quelques désillusions - comme attendu - mais bien moins profondes que redoutées. Et puis, je me pose la question : « Si je suis amoureux de ce final éblouissant des quatre garçons ensemble, puis-je trouver quelque beauté aux hybridations et autres boutures du jardinier gaucher ? ». Et bien oui. D’un point de vue richesse mélodique, Paul frappe plutôt juste. Les quatre parties distinctes Hold Me Tight/Lazy Dynamite/Hands Of Love/Power Cut sont réjouissantes. Pas géniales mais assez charmantes pour occuper l’espace sonore avec un certain plaisir. La partie finale de ce medley n’est pas véritablement brillante mais bien plus digne que ce que certains ont pu écrire au moment de dézinguer l’œuvre (presque) solo de Paul.
Red Rose Speedway se révèle au final trop peu constant et manque globalement d’inspiration pour revendiquer le statut de grand album de Paul McCartney. Tout comme pour son premier album d’avril 70, le bassiste nous livre une galette contenant une seule merveille et quelques jolis moments, c’est bien trop peu. Surtout pour l’artiste qu’il est.
