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Le vinyle a du plomb dans l'aile...

Posté : mar. 1 août 2017 05:16
par ludo
Un article très intéressant
http://www.telerama.fr/musique/le-vinyle-ne-tourne-plus-tres-rond,161200.php

Posté : mar. 1 août 2017 14:53
par Strawberry
Oui c'est un article très intéressant en effet car il montre bien que l'oreille du grand public et celle des professionnels n'est pas la même. D'accord aussi pour dire que le prix est souvent prohibitif (plus de 20 EUR pour les nouveautés). Mais les déceptions quant à la qualité sont permanentes quel que soit le support. Qui ne s'est jamais plein d'une remasterisation CD ? Qui se souvient de la pauvreté des "cassettes" en vogue dans les années 80-90 ? Qui a toujours des MP3 de qualité parfaite ? A l'heure où l'on va aussi piocher sur des videos youtube pour écouter des titres en vitesse, il semble que la perfection du son n'est plus la première condition recherchée, d'autant plus qu'un vinyle s'apprécie aussi grâce à un bon et coûteux équipement que nous ne possédons pas tous (j'ai une mini-chaîne à 100 EUR pour ma part... correcte mais évidemment pas exceptionnelle). Quant aux défauts de pressage, c'est plus rare. Dans tout ce que j'ai acheté, j'ai un soupçon sur mon exemplaire des Dead Can Dance (le dernier album) qui produit un effet de distorsion anormal qu'il n'est guère imputable à ma chaîne... Mais c'est tout. On ne peut pas en dire autant des DVD par comparaison... C'est hélas tellement fréquent de tomber sur un DVD avec défaut voire carrément illisible...

Posté : mar. 1 août 2017 17:29
par OlivierNorthernSon
Pour les vinyles, il y a eu effectivement beaucoup de n'importe quoi, mais j'ai l'impression que ça s'améliore, non?

Les DVD illisibles, c'est terrible car il ne sert à rien de les échanger, ils sont tous pareils...

Posté : mar. 1 août 2017 18:17
par JBBarras
Les pressages vinyle pourris sont légion depuis toujours, même si on n'en parle jamais, préférant sacraliser ce support peu fiable, limité, fragile, qui s'use à chaque écoute, perdant tout doucement la -relative- brillance initiale. Avant l'avènement du compact disc, les disques étaient souvent pressés sur du plastique recyclé, cassant, misérable : on récupérait en effet les vinyles invendus, broyés puis refondus. EN LAISSANT LES ETIQUETTES PAPIER collées dessus. La matière était donc "impure", puis, un peu plus tard, récupérée à nouveau, toujours avec les étiquettes papier, donc encore plus dégradée, etc.
A part ça, les matrices employées pour le pressage étaient employées jusqu'à ce qu'elles deviennent inutilisables, d'où une invraisemblable quantité de disques au rendu médiocre.
Aujourd'hui, on presse à tout va parce que c'est à la mode. Rien d'autre. Car, comme le relève justement Strawberry, il faut une très bonne platine (avec un très bon disque vinyle, ce qui n'est pas si fréquent) pour un rendu correct. Et attention ! Le diamant, ça s'use, il faut le changer régulièrement. la cellule aussi a tendance à se détériorer au fil des ans...
Bref.
Dans une interview, il y a 2 ans, Tracey Thorn (Everything But the Girl, Massive Attack) donnait son avis d'artiste quant au vinyle : "Ce qu'on entendait en studio lors du mix final et le résultat sur le disque était toujours différent". Eh oui, lors de la gravure, il faut limiter certaines fréquences, en booster d'autres, sinon ça ne passe pas. Donc, non, le vieux support porté aux nues est très loin de la qualité suprême. Par contre, rayon défauts, il y a foule. A noter aussi qu'un bon 45 tours est plus performant qu'un 33 tours.
Actuellement, la majorité des artistes semble privilégier le vinyle. C'est normal, naturel même, car on ne copie plus un 33 tours aujourd'hui, il y a donc de quoi se faire un petit peu de sous dans ce monde où "la musique gratuite" est devenue la norme.
Sinon.
Pou retrouver une sonorité plus arrondie, plus "chaude" (en réalité, tout simplement moins précise), une astuce digne des castors juniors : enregistrer un CD, à fort volume, juste avant la désagréable saturation, dans le rouge donc mais pas trop, sur une cassette avec un enregistreur pas trop cheap. Résultat étonnant.

Posté : mar. 1 août 2017 23:53
par JohnnyMoondog
C'est aussi un effet de mode.

Il y a un marché pour le vinyle mais il reste une niche.


Posté : jeu. 3 août 2017 22:35
par JBBarras
[URL=http://www.casimages.com/i/17080304583983630.jpg.html]Image[/URL]

Il faudrait, avec Zager & Evans, se téléporter en l'an 2525, consulter le wikipedia du futur et, pour peu qu'un pop historien en ait retrouvé la trace, estimer le distrayant "retour du vinyle" qui fit -minuscule- fureur des siècles avant.
Parce que, sans rire -il y a pourtant de quoi, nous sommes en train d'assister, en direct, au plus consternant revival de toute l'histoire.
Uh ?
C'est exactement comme si on annonçait le retour en force de la VHS.
Ah! Ah! Ah!
Pas de quoi frétiller, c'est le même plan, la piste aux gogos. En taureau de bataille, l'ANALOGIQUE !
Uh vol.2
Comme si le fameux analogique poussait dans les prés depuis Napoléon. Pour situer.
L'analogique, ce nirvana de polichinelles, est, dans le domaine musical, un ruban de plastique magnétique. Wow!, la nature en effervescence. Mais ce n'est pas tout, il s'agit de transférer le bazar sur un autre produit plastique, le vinyle. Qui sert aussi à fabriquer des sachets, des sacs-poubelle.
---
Hum
---
Il n'y a aucune noblesse dans le vinyle, c'est un produit pétrolifère, certainement pas de l'acajou ni de l'amarante, mais un bête autant qu'ordinaire produit domestique, vraiment rien d'extraordinaire, un plastique bien dosé. Il est où le romantisme là-dedans ?

Posté : lun. 7 août 2017 00:33
par JBBarras
Bon.
Il restera malgré tout de braves gens persuadés que le vinyle est la meilleure façon d'écouter, et apprécier, la musique.
Oublions tous les défauts du support, ses limites, la force centripète qui fait que, plus le bras avance vers le centre du disque, plus la qualité se dégrade.
Parlons du son.
Tout d'abord, il y a du souffle, du bruit de fond. Même avec un disque tout neuf, une super platine. Quand on met du Muse ou du Village People, ça ne se remarque pas trop, ok, il y aurait même un certain charme avec du dub. Ok, ok.
Pour le reste, le mieux est de comparer à l'aveugle, sur du bon matos, avec des enceintes de studio : le même disque, de la même année, neuf, version CD et version vinyle. Passer de l'un à l'autre, à volume identique, et essayer de déterminer ce que tu es en train d'entendre. Expérience faite (avec 'Legend', Bob Marley), c'est impossible de ne pas se planter. Nous étions une bonne dizaine à faire le test en même temps, personne n'a réussi à différencier à coup sûr le vinyle et le disque compact.

A part ça, il y aura toujours des cloportes qui viendront chercher des poux dans la tête de -rions un peu- "l'industrie musicale" parce qu'on leur vend des vinyles repiqués sur des CDs et l'inverse. Oui, l'inverse aussi, quand les masters (les bandes magnétiques) ont disparu. Chaque beatlemaniac sait que le 'Love Me Do' avec Ringo à la batterie provient d'un 45 tours vinyle, non ?

Posté : lun. 7 août 2017 06:30
par JohnnyMoondog
[quote quote=106966]Oui, l’inverse aussi, quand les masters (les bandes magnétiques) ont disparu. Chaque beatlemaniac sait que le ‘Love Me Do’ avec Ringo à la batterie provient d’un 45 tours vinyle, non ?
[/quote]

L'info sur le repiquage du 45T vient d'EMI?

Posté : lun. 7 août 2017 15:07
par JBBarras
[quote quote=106975]


Oui, l’inverse aussi, quand les masters (les bandes magnétiques) ont disparu. Chaque beatlemaniac sait que le ‘Love Me Do’ avec Ringo à la batterie provient d’un 45 tours vinyle, non ?


L’info sur le repiquage du 45T vient d’EMI?

[/quote]
Oui, c'est écrit à la fin du livret figurant dans la box 'The Beatles in Mono'.

Posté : lun. 7 août 2017 16:53
par JohnnyMoondog
[quote quote=106986]




Oui, l’inverse aussi, quand les masters (les bandes magnétiques) ont disparu. Chaque beatlemaniac sait que le ‘Love Me Do’ avec Ringo à la batterie provient d’un 45 tours vinyle, non ?


L’info sur le repiquage du 45T vient d’EMI?


Oui, c’est écrit à la fin du livret figurant dans la box ‘The Beatles in Mono’.

[/quote]

Ok merci. Par contre rien n'est précisé sur le disque source ayant servi au repiquage.
Imaginons.

EMI a perdu la bande mais dispose-t-elle encore des matrices d'origines?
Avec la technologie actuelle il serait tout à fait possible de les modéliser en 3D et de recréer informatiquement une piste aussi fidèle que possible. Bien entendu cela n'est qu'une question de moyens et d'argent que (feu) EMI est prêt à investir ou non dans la restauration d'enregistrement.


Posté : lun. 7 août 2017 17:35
par JBBarras
[quote quote=106987]
EMI a perdu la bande mais dispose-t-elle encore des matrices d’origines? (...)

[/quote]
Bonne question.
On peut supposer que non, les matrices étant tout de même assez encombrantes.
Ceci dit, on peut également repiquer le son d'un disque, vinyle, ou de très anciens 78 tours en caoutchouc dur, en cire, en celluloïd, shellac, etc., sans passer par le needle dropping (réenregistrement, le plus souvent en numérique, d'un disque lu sur un électrophone) : le procédé Visualaudio, entre autres, scanne le support le plus précisément possible et transforme les données visuelles obtenues en un équivalent audio.

Posté : mar. 5 sept. 2017 16:54
par paulgossart2


Il restera malgré tout de braves gens persuadés que le vinyle est la meilleure façon d’écouter, et apprécier, la musique.
Oublions tous les défauts du support, ses limites, la force centripète qui fait que, plus le bras avance vers le centre du disque, plus la qualité se dégrade.
Parlons du son.
Tout d’abord, il y a du souffle, du bruit de fond. Même avec un disque tout neuf, une super platine. Quand on met du Muse ou du Village People, ça ne se remarque pas trop, ok, il y aurait même un certain charme avec du dub. Ok, ok.
Pour le reste, le mieux est de comparer à l’aveugle, sur du bon matos, avec des enceintes de studio : le même disque, de la même année, neuf, version CD et version vinyle. Passer de l’un à l’autre, à volume identique, et essayer de déterminer ce que tu es en train d’entendre. Expérience faite (avec ‘Legend’, Bob Marley), c’est impossible de ne pas se planter. Nous étions une bonne dizaine à faire le test en même temps, personne n’a réussi à différencier à coup sûr le vinyle et le disque compact.


Le problème, c'est qu'à une époque (dont je n'ai pas connu le début), on a commencé à apprécier la musique de manière complètement technicienne. Je suppose que ce type de délire date des années 1980. D'ailleurs, je pense à une scène d'American Psycho, où il vante la perfection inégalable de ses enceintes qui ont une forme en V (ou quelque chose du genre, je ne me rappelle plus très bien). Vision positiviste, qui croit toujours que le moment présent est l'apogée, la correction des erreurs précédentes. La vision inverse, décliniste, c'est celle du c'était mieux avant. Bref, des choses bien connues.
Comme tu l'indiques, la musique s'apprécie autrement. J'ai tendance à penser que si on la voit sous l'angle technique, c'est qu'on cherche à l'approfondir, mais on ne sait comment. Alors on réécoute le même truc, en espérant qu'on s'approche au plus près de sa vérité grâce au matériel, qui sert, en somme, de lunette sur l'univers musical de l'album, de l'enregistrement... Symptomatique de la musique enregistrée ? Sans doute. Il faut admettre qu'un disque, qu'une production culturelle industrielle a ses limites en tant que production physique. La persistance de la musique par d'autres moyens (discussion, comme ce forum le fait depuis longtemps, reprise, interprétation), c'est autre chose, et c'est sûrement là qu'elle peut s'approfondir : mais cela demande à l'auditeur d'être actif, comme un interprète doit (devrait) l'être.

Le vinyle aujourd'hui n'a quasiment aucun autre intérêt que celui de neutraliser l'interprétation de la musique, et la réduire au collectible et à l'objet. D'ailleurs, quand vous parlez de vinyle au "grand public" concerné (souvent jeune, un peu "petit bourgeois" comme on disait, car après tout faut les moyens), ils vantent le son par a priori, mais surtout, certains disent "pour les pochettes". On est loin du son en réalité. Qu'on vende des platines mp3 indique bien que cela n'a rien à voir avec du qualitatif. La musique enregistrée n'a quasiment jamais rien eu à voir avec le qualitatif : sur la production passée de vinyles, combien étaient achetés et écoutés par des audiophiles ? Quand on imagine le support sur lequel la plupart ont entendu l'EP "Quatre garçons dans le vent", on voit bien que la question n'est pas là.

En revanche, le vinyle reprend un intérêt lorsqu'il y a un déclin sur la production matérielle elle-même, mais pas en soi au niveau du support. Dans de rares cas, il m'est arrivé de numériser un disque tellement mieux conçu dans son format original que dans sa réédition CD. Je suis assez fan de Balavoine (je sais, ce n'est pas le cas de tout le monde). "Sauver l'amour" est inégalable dans sa version SACD, tout comme "Le chanteur" et "Loin des yeux de l'Occident" (jamais entendu de différence avec le vinyle pour les deux derniers). En revanche, prenez "Vendeur de larmes". Ecoutez l'une des dernières rééditions CD, et écoutez la première (que j'ai, mais je n'ai jamais su de quand elle datait : certains disent 1982 ! mais ça me paraît bien tôt). La version récente est ignoble et bourrée de compression, désagréable au possible à entendre (surtout la voix). La première est peu compressée, le spectre est quasi identique au vinyle, mais manque d'ampleur (mauvais aigus, basses faibles, sur vivre ou survivre). Que cela vienne de la cellule ou non, le vinyle sonne mieux, et ça s'entend. Le seul intérêt du vinyle est de pallier soit au déclin qualitatif de la reproduction sonore (pas dû au matériel, qui peut faire mieux, comme le SACD de Sauver l'Amour le montre, mais au travail humain, comme la réédition CD le montre), soit à son absence, ce qui devient de plus en plus rare. Aucun intérêt au vinyle neuf : il vaut mieux directement sortir un bon remaster numérique, ça reviendra au même.

Posté : mar. 5 sept. 2017 18:02
par OlivierNorthernSon
Je suis passé au CD presque au début de ma passion musicale. J'ai gardé la platine vinyle pour ce qui n'existait pas en CD. Depuis peu, j'achète quand-même quelques trucs en vinyle. Je crois que la nostalgie du geste et la pochette géante y sont pour beaucoup. Le son? Parfois je n'y pense pas, parfois je peste contre les craquements ou autres perturbateurs. Mais bon, si un CD ne craque pas, il y a les enfants autour, les camions qui passent dans la rue...