Carl1970 a écrit : ↑ven. 20 juin 2025 11:25
Mais je vais, comme je l'ai dit, essayer de dégoter la version Deluxe.
Je te conseille alors de bien chercher, car les prix de l'édition deluxe sont montés en flèche. Tu trouves des prix pouvant aller jusqu'à 1000 € dans certains cas extrêmes. Un prix "correct" serait aujourd'hui serait entre 150 et 250 €.
Bien content pour ma part d'avoir fait le pied de grue à la FNAC le matin même de sa sortie. Le vendeur que je connais était juste en train de déballer l'objet pour le mettre en rayon. Je l'ai désigné du doigt en lui disant "Non, non, pas la peine de l'installer, il est à moi".
Carl1970 a écrit : ↑ven. 20 juin 2025 11:25
En attendant, j'ai poursuivi mes réécoutes avec cette fois l'album "Sunflower" et très franchement, je n'ai pas été vraiment convaincu. Il y a de bons moments (Slip On Through, It's About Time, Forever), mais les compositions me semblent être d'un niveau inférieur aux années 66-69, même si les harmonies sont toujours magnifiques.
C'est peut-être lié au fait que Brian était moins présent sur cet album.
"Sunflower" est un bon album des BB. Si on pouvait y sortir les 2 morceaux de Bruce Johnston "Deidre" et "Tears in the Morning" (avec des arrangements de Michel Colombier, beurk, ça ne cadre pas du tout avec les BB), il serait encore meilleur.
Mais des albums 70's, je préfère largement "Surf's Up" et "Holland". Ce dernier étant sans conteste, le dernier grand album du groupe.
Eric a écrit : ↑mar. 24 juin 2025 05:37
Merci pour ces infos.
J'ai les Smile Sessions, acheté le coffret a l'époque mais finalement assez peu écouté tant c'est foisonnant, je m'y suis totalement perdu, et maintenant tu m'as donné envie de redecouvrir cet album si particulier.
J'ai le Brian Wilson également, j'avais apprécié à l'époque mais je ne l'ai pas réécouté depuis des lustres, je vais me le remettre et comparer avec la version Beach Boys.
Il y a se documentaire sur C+ je crois, ou Brian est interviewé sur sa vie et sa carrière, très bien foutu, mais à la question de savoir pourquoi l'album a été abandonné à l'époque, les explications de Brian sont assez floues, et j'avais toujours lu que Brian avait pété les plombs durant les séances, ce qui me semble être une explication un peu diplomatique et facile.
Qu'en est il en réalité ?
Le documentaire dont tu parles est plutôt celui d'Arte je présume !
Si tu veux voir un vrai documentaire sur "SMiLE" et "Brian Wilson present Smile", il te faut voir "Beautiful Dreamer".
Il a été réalisé lors de la publication du DVD du concert de Brian Wilson interprétant en live l'album. Mais il ne se trouve que dans l'édition Deluxe du DVD. Mais tu peux le voir aussi sur YouTube.
A voir absolument :
https://youtu.be/_Nb7T0lrEAQ?si=B6gHzllHxQgFys3J
Concernant les raisons de l'abandon de "SMiLE", les raisons sont multiples.
Les relations avec Capitol Records :
Depuis le printemps 1966, les relations avec leur label Capitol se sont détériorées. Le label n'était pas fan de "Pet Sounds" et de cette nouvelle approche loin des bonbons "surf, sand, cars and girls" d'avant, et donc ne le promotionnera pas correctement aux USA. Il n'atteindra que péniblement le Top 10 pendant une semaine à la dixième place. Des résultats bien inférieurs en comparaison des albums précédents du groupe.
Capitol dans la foulée sortira un "best of" des débuts des Beach Boys pour restaurer l'image du groupe que Capitol veut promouvoir.
Ce "best of" sera publié seulement 6 semaines après la publication de "Pet Sounds", et il vendra beaucoup plus.
L'album en question :
Autant dire, que ceci n'a absolument pas plu à Brian.
A cette époque, Brian avait de nouveaux amis, qui étaient les gens "hip" de Californie incluant Michael Vosse et David Anderle (ce dernier était le gars qui avait obtenu un contrat d'enregistrement aux Mothers of Invention de Zappa - "Freak Out" étant leur premier album).
Avec ceux-ci, il décida de créer leur propre label, à savoir "Brother Records" fin 1966.
Capitol qui finançait les interminables sessions du nouvel album voyait la création de ce nouveau label comme problématique.
Là dessus, les Beach Boys début 1967 attaquèrent Capitol en justice pour des royalties impayées pour une somme de 250 000 $.
Les Beach Boys allant jusqu'à déclarer lors de ce procès que le nouvel album pourrait ne pas être délivré à Capitol.
Capitol riposta en publiant un single des BB au printemps 1967, une cover des Crystals "Then I Kissed Her" qui était vieille de plus de 2 ans (extraite de leur album "Summer Days (and Summer Nights)", et qui est devenu un tube dans de nombreux pays, mais était à contre sens de qui était le groupe en 1967 !
Allait suivre, quelques semaines plus tard.... "The Best of the Beach Boys Volume 2" qui était encore une fois, un recyclage d'anciens tubes, et qui détruisait donc la nouvelle image du groupe façonnée par .... Derek Taylor (oui, oui, LE Derek des Fabs), devenu le publicitaire de Brian et du groupe. C'est Derek le premier, qui, en écrivant sur Brian, le décrivait comme un génie. Ceci est resté !
La compilation de 1967 :
Le procès sera réglé avec un accord entre Capitol et les BB, Capitol devenant le distributeur de Brother Records.
Ne sera publié que 3 disques, 2 singles et un album.
L'album sera "Smiley Smile" et les 2 singles seront "Heroes and Villains" (la version revisitée de "Smiley Smile") ainsi que le single "Gettin' Hungry", qui sera attribué à Brian Wilson & Mike Love
Suita à cela, le label "Brother Records" sera mis en sommeil. La suite sera publié que par Capitol.
Le label ne sera réactivé qu'en 1970, quand le groupe quitta Capitol pour Reprise Records.
Les relations avec les autres BB :
Il est évident que Brian nageait dans des eaux bien différentes que celles des autres membres du groupe à l'époque.
Pendant que Brian façonnait le nouvel album, avec ses nouveaux amis et avec les membres du Wrecking Crew, le groupe était en tournée, essentiellement en Europe.
Quand le groupe retourna à Los Angeles, il découvrit la nouvelle musique de Brian, et là, d'autres problèmes survinrent.
Si il avait le soutien de ses 2 frères, il en était tout autrement avec les autres. Brian se retrouva à devoir convaincre les autres du bien fondé de sa démarche artistique. Le cas problématique étant Mike Love ! Celui-ci éructa envers Brian en lui disant "Don't fuck with the formula". Il allait même interroger Van Dyke Parks, le parolier des titres de "SMiLE" sur les paroles des chansons, n'en comprenant pas le sens. Van Dyke, se retrouvant en mauvaise posture, à devoir justifier ses paroles (notamment "Cabinessence"), décida de quitter le projet.
A un moment où Brian défrichait de nouveaux territoires, la confiance était primordiale pour mener le projet à terme.
Sous pression constante avec Capitol, voilà qu'il se retrouve en plus déstabilisé par son propre groupe, et notamment Mike Love.
L'un ajouté à l'autre ont eu raison de la confiance de Brian envers son oeuvre la plus personnelle, la plus précieuse à ses yeux.
L'oeuvre qu'il considérait comme allant être son Everest. Brian accusa le coup et tomba en dépression sévère.
Le 6 mai, c'est Derek Taylor qui informa le monde que la récréation était terminée et que le projet "SMiLE" était abandonné.
Les conséquences de l'abandon de "SMiLE" sont incalculables.
Pour Brian d'abord, qui ne sera plus le même après coup. Et cela continuera pendant des années de mal en pis !
Ensuite, pour les BB ensuite. Il était prévu que le groupe soit en tête d'affiche du festival de Monterey cet été là.
LE festival de la nouvelle vague, le "Summer of Love" qui allait faire apparaitre de nouvelles stars, qui allait en confirmer d'autres.
Bien évidemment, les BB finalement ne participeront pas au Monterey Pop Festival, car n'ayant rien de neuf à proposer (hormis "Good Vibrations") vu l'abandon de l'album qui aurait tout changé pour le groupe. Album qui l'aurait fait pénétrer dans l'ère psychédélique avec tapis rouge, gloire et honneur. Mais non...
A partir de ce moment précis, le groupe sera perçu aux USA comme un groupe has-been. Il faudra des années, et un nouveau manager, pour remettre partiellement le groupe au goût du jour. Ce sera avec l'album "Surf's Up" en 1971 et son contenu écologique ainsi que des concerts avec notamment le Grateful Dead pour restaurer l'image du groupe sur le sol américain.
