Promenade à Liverpool

Au mois d’Août 2002, notre ami co-webmaster Phil s’accordait quelques jours de vacances à Liverpool, ville natale des Beatles.

A cette occasion, il nous rapportait quelques Souvenirs, et vous propose via ce dossier, un album photo, et nous propose de découvrir (ou redécouvrir) les lieux « magiques » de cette ville qui a inspiré les Beatles dans la composition d’oeuvres telles que « Penny Lane » ou « Strawberry Fields Forever ».

Bonne découverte !

LE ROYAUME UNI : UN PEU D’HISTOIRE

C’est le pays de nos cher Beatles mais qu’en connaissons-nous ? L’Angleterre est-elle un pays comme les autres ? Les Anglais sont-ils , aux yeux du monde entier , des êtres mal connus, mystérieux, énigmatiques, étranges, stupéfiants, inhumains ou surhumains ?

La Grande-Bretagne, proclament fièrement ses habitants, n’a jamais été envahie depuis Guillaume le Conquérant.

Effectivement, c’est avant Guillaume qu’elle fut cent fois conquise et mille fois envahie. Par qui ? Il est difficile de le savoir , les experts n’étant pas d’accord. Ce qui semble certain, c’est que, depuis toujours et de partout, par petites vagues d’abord, on pris pied sur cette île lointaine , et qu’on y resta , ne pouvant aller plus loin. On nous parle des Beaker Folk de l’âge de pierre, civilisés et pacifistes, venus de la Méditerranée disent les uns, de l’est, disent les autres , d’immigrants alpins à l’âge de bronze, seules têtes rondes parmi tant de têtes longues, des Celtes qui déferlèrent à partir de 600 avant J-C. Puis viennent les Belgae de Belgique, et ces nouveaux venus sont englobés avec les Celtes sous le nom de Prythons ou Britons, qui ne veut rien dire et qui est resté.

En fait, on ne sait rien de certain ni sur les arrivants pré-celtiques, pour qui le nom d’Ibères fut longtemps à la mode, vrais ou faux.

Avec la conquête Romaine de Jules César (deux commandos en 55 et 54 avant J- C, une conquête en règle en 43 après J-C sous Agricola, une héroïne de la résistance britannique, la reine Boadicée, et une occupation continue jusqu’en 410 ) nous sommes en terrain plus solide. Mais cette occupation fut beaucoup plus superficielle que celle de la Gaule, et il n’en resta presque rien après que Rome eut rappelé ses légionnaires : les mots street (strata), mile, et quelques routes bien droites en partie conservées jusqu’à nos jours, le mot wall ( vallum) et le mur d’Hadrien érigé contre les barbares d’Ecosse , Pictes et Scots, enfin un nombre respectable de bains qui tombèrent vite en ruine , car on cessa de se laver comme de se chauffer jusqu’en 1900, et c’est dans la crasse et le froid que la Grande- Bretagne chemina vers de glorieuses destinées.

Les invasions Anglo-Saxonnes qui se succédèrent du 5 au 8 ème siècle sont encore largement légendaires. D’abord fratricides, les tribus Anglo- Saxonnes s’unissent, se groupent, se hiérarchisent, se donnent des rois élus par des Conseils des Sages. La Mercie ( un des royaumes de l’Heptarchie Anglo-Saxonne) l’emporte au huitième siècle , Charlemagne assure ensuite la prééminence du roi du Wessex, Ecbert, qui devient en 827 le premier roi d’Angleterre.

Puis viennent les Danois. Le roi Alfred doit céder du terrain, une vaste zone appelée Danelaw au nord- est du pays. Plus tard, au dixième siècle, c’est par un lourd tribut, le Danegeld, que les Anglais obtiennent la paix ; puis ils massacrent traîtreusement, dans la foulée, les Vikings, qui eux même sont vengés par les rois danois Svend et Canute, dont le second s’adjuge, tant qu’a faire, la couronne d’Angleterre (1017-1035). Mais ce qui devait devenir un grand peuple n’était encore qu’un mélange barbare et mal malaxé lorsque Guillaume débarqua en Angleterre en 1066 et vainquit Harold à Hastings. En cinq ans, avec ses 10 000 guerriers, il avait entièrement soumis une population d’environ deux millions d’habitants.

Que doit l’Angleterre à Guillaume ? le système féodal ? sa fameuse aristocratie terrienne ? ou, au contraire, une centralisation du pays, une réorganisation méthodique dont la marque est le grand recensement des personnes et des biens consignés dans le Domesday Book de 1084 ? l’architecture romane ? tout cela à mon avis, et aussi le français qu’il apporte de Normandie et qui, en se fusionnant avec le parler germanique des indigènes, allait en faire cette langue extraordinaire qu’est l’anglais.
Sous Henri I et Henri II (1154-1189) , les transactions officielles se font toujours en latin. Mais c’est la guerre de 100 ans (1337-1453) qui porte le coup le plus dur à la langue de Guillaume, considérée dès lors comme celle de l’ennemi. On peut dire que toute la nation dorénavant parle anglais.

Marie Tudor, fille de Catherine d’Aragon , est une fervente catholique.

Très gentille, elle livra aux flammes les évêques Cranmer et Latimer car ces cuistres avaient le tord d’être protestants. Elisabeth I (1558-1603) calma enfin ces fureurs religieuses en instaurant le compromis anglican.

En 1563, les Trente-Neuf articles formulent le credo de la religion officielle. La nouvelle souveraine est tolérante. Quoique . Elle fit, il est vrai, exécuter sa cousine Marie Stuart, qui avait failli être reine de France ainsi que d’Ecosse. Elle fit aussi tomber quelques autres têtes, par exemple celle d’Essex, un de ses favoris, coupable non seulement d’avoir intrigué contre elle mais d’avoir dit que la reine n’était plus qu’une « vieille femme, aussi racornie et tordue d’esprit que de corps ». Un goujat en sommes. Soit dit, ce fut une grande reine : glorieuses pirateries de Francis Drake contre l’or d’Espagne, victoire contre Philippe II et déroute de son invincible Armada, fondation de la compagnie des Indes, essor du commerce et de l’industrie…..

Il y a aussi Cromwell ou le puritanisme. D’un point de vue psychologique , réaction excessive contre les outrances immorales de la Renaissance. D’un point de vue religieux , le puritanisme est l’expression britannique des doctrines rigoristes de Calvin. Politiquement, il inspira deux tendances très différentes, l’une bourgeoise et libérale, l’autre militaire et communiste, dont seule la première a survécu. La nouvelle bourgeoisie commerçante ne pouvait qu’être séduite par la doctrine de Calvin, car elle faisait du travail une vertu et tolérait même l’usure jusqu’à un certain point. Ce puritanisme bourgeois , c’est celui des Pilgrim Fathers qui émigrèrent en 1620 vers l’Amérique et s’installèrent en Nouvelle- Angleterre.

Les souverains du dix-huitième siècle méritent d’être mentionnés pour avoir, par leurs plus ou moins grandes incapacités, aidés à la création du conseil des ministres, c’est à dire du régime parlementaire. Lorsque George I, flanqué de grasses maîtresses, est appelé de son cher électorat de Hanovre pour lui succéder, son ignorance de la langue anglaise fait passer le pouvoir aux mains de ses ministres.

Dans la guerre de la succession d’Espagne, l’Angleterre réaliste abandonne l’allié Autrichien, en 1712, lorsque l’empire menace de s’octroyer la couronne d’Espagne. Plus tard, en 1742, dans la guerre de succession d’Autriche, elle prends parti pour l’Autriche contre les Prusses, puit pour les Prusses contre l’Autriche dans la guerre des sept ans(1756-1763), la France, elle, s’alliant automatiquement avec l’ennemi de l’Angleterre.

Victoria ou le victorianisme, ou le mythe de la respectabilité. Sur le trône, un être fluet qui, après avoir épousé son cousin Albert de Saxe- Cobourg, s’arrondit bien vite dans le parfait bonheur familial. Cette souveraine dont le règne durera de 1837 à 1901 est une bourgeoise qui menait avec son époux une vie simple , laborieuse et régulière.

Nous avons une grande dette envers Winston Churchill. Il appartient à un type d’excentrique corpulent, il a un certain romantisme, il a le goût de l’émotion et de l’action, du panache , de l’aventure, de la vie ,c’est un joueur de polo, , un correspondant de guerre intrépide, un biographe, un romancier , un peintre , un maçon , un chasseur de fauves. Churchill n’a pas le respect britannique des traditions vénérables : il n’a jamais eu que mépris pour la Chambre des Lords . La première chose que l’apprenti gentleman apprend à l’école, c’est à réprimer ses émotions, à acquérir la maîtrise de soi ; mais on a vu pleurer Churchill en public, et le faire sans honte : pour lui c’est montrer qu’on est un homme.
Il fallut que la situation soit bien mauvaise , le 10 mai 1940, pour que GeorgeVI se décide à appeler Churchill au pouvoir. Joie du grand lutteur et acteur qui se voit enfin confier un rôle à sa taille, et dans une conjoncture combien dramatique !
« Je n’ai rien d’autre à vous offrir que sang, peines, larmes et sueurs », phrase historique de Winston.

Le Royaume-Uni a bien changé depuis, et après la guerre 1940-1945 c’est le déclin industriel, comme un peu partout en Europe.

« Lorsqu’on fait ton portrait, Britannia, il est d’usage de te coiffer d’un casque. Cet emblème guerrier, qui ne te va plus tellement bien, pour symboliser ce grain de folie, ce quelque chose de farfelu dont un lutin malicieux semble semer les germes les plus féconds, comme par priorité.
Chère et inimitable Britannia ! Certains de tes enfants, irrités de ton déclin, tournent en ridicule tes vénérables institutions. Ils vont jusqu’à reprocher à ta famille royale de coûter trop cher à la nation. Ils voudraient faire de toi un pays neuf, dynamique. Ils voudraient en sommes t’américaniser. Bref, ils voudraient te tuer.

Mais tu es immortelle, ô Britannia ! ».

LIVERPOOL : UN PEU D’HISTOIRE

Un uniforme bleu, pas très net, Richard porte une barbe dans laquelle il parle très vite avec cet étrange accent de Liverpool qu’aucun Anglais n’a jamais compris, le « scouse ». Richard est le guide chauffeur du « Beatles’ Tour » en minibus. Tous les jours, il balade ses touristes à travers la ville, de l’école primaire de Paul (McCartney) à la maison de la tante Mimi de John en passant par Mathew Street où le vrai, l’authentique Cavern Club, boîte des débuts des Beatles a été détruit d’un coup de bulldozzer malheureux. Mais il demeure dans cette rue une petite statue de Jung l’inventeur suisse de l’inconscient collectif qui déclarait en 1927 « Liverpool is a pool of life ».

Aujourd’hui, Jung comme John Lennon ne sont plus et Liverpool bat de l’aile. Richard, gai comme une mouette, n’a pas envie de parler de tout ça. Il stoppe brusquement son engin devant deux vieilles grilles cadenassées mais sympathiques. En tout petit, peint en rouge, on peut lire le nom du domaine, Strawberry Fields, devenu une chanson des Beatles. Un nostalgique du refrain qui passait par là a rajouté au pinceau noir « for ever » . Richard se tourne alors vers trois étudiantes japonaises et un couple de quadragénaires munichois : « C’est ça aussi Liverpool ». Derrière les grilles de Strawberry Fields, de vertes pelouses et des résidences cossues. Plus loin s’étire un terrain de golf, et l’on peut croiser dans la rue des petits garçons en blazer bleu marine dûment écussonnés. British, ineffablement. Richard, qui est né à Everton, un quartier beaucoup moins cosy, ajoute que ce « champ de fraises » est très différent de tout ce qu’on peut nous montrer à la télé des autres districts de Liverpool : la drogue à Croxteth, les émeutes à Toxteth,les queues devant les « job centers » dans un centre ville déserté ces derniers temps par les commerces haut de gamme.

Le drame de Liverpool, aujourd’hui, c’est d’être mal aimée, pour de multiples raisons historiques, géographiques, psychologiques. C’est d’être excessive, insolente, baroque. Excessifs, ces énormes bâtiments néogothiques ou Art déco. Baroques dans leur asymétrie ces deux cathédrales, l’une catholique, l’autre anglicane reliée par une rue « de l’Espérance ». Insolents ces Irlandais (catholiques) qui ont investi la ville il y a un siècle et demi et qui n’en sont jamais repartis. Grandes gueules et paresseux, dirait Margaret Thatcher qui a toujours eu, dit on, Liverpool dans le collimateur. Oui, mais les Liverpooliens sont tellement chaleureux, si drôles,
« so friendly », répondent les bienveillants (sans doute des travaillistes catholiques d’origine irlandaise). Ce n’est sûrement pas par hasard si les Beatles, le politicien Gladstone, la plupart des artistes comiques du music hall anglais, et « même le Bon Dieu » sont nés à Liverpool. « Nous avons peut être péché par orgueil », confesse Father Lynch, le prêtre (catholique d’origine irlandaise) de la paroisse Our Lady of Sorrows (Notre Dame des douleurs) qui se trouve à la frontière de Croxteth.

LE TEMPS PERDU DES GRANDS PAQUEBOTS

Quand on a été pendant plus d’un siècle le deuxième port d’un empire qui ne voyait pas le soleil se coucher, avec une grosse spécialité dans le domaine du commerce triangulaire ; quand on a possédé le septième de la flotte mondiale, vu débarquer des cohortes de voyageurs du Nouveau Monde qui descendaient du « Britannia » ou du « White Star » , ces transatlantiques de la Cunard, pour investir de grands hôtels bâtis sur le modèle des paquebots, on joue l’autruche. On ne se préoccupe pas à temps de l’internationalisation du capital, de l’ouverture d’un Marché commun qui privilégie les ports du Sud, de l’apparition des containers qui priveront d’embauche des milliers de dockers, ou encore de l’invention du Boeing 707 qui démode les traversées de l’Atlantique en bateau.

Au musée des Travailleurs, ouvert au printemps 1987 derrière Saint Georges Hall, on peut acheter une carte postale narquoise. Une petite fille demande à son père : « Papa, que faisais tu quand il y avait du travail ? » Avant la Seconde Guerre mondiale, les chantiers navals de la Cammel Laird employaient 40 000 personnes. En 1970, il n’y avait plus que 10 000 ouvriers. Aujourd’hui, à peine 2 000. Depuis 1980, la ville a perdu 70 000 emplois. Dans le secteur manufacture, un poste sur deux disparaissait, sans que le secteur tertiaire prenne le relais. Tour à tour, United Biscuits, la raffinerie Tate and Lyle, Meccano, Dunlop, British Leyland, Schweppes licenciaient avant de fermer leurs portes. Bilan de cette restructuration qui n’a pas fait dans la dentelle : 27 pour 100 environ de la population active est actuellement au chômage. Ford, avec 11 000 travailleurs, reste la plus importante entreprise privée de la région, tandis que la municipalité décroche la palme du plus gros employeur en faisant vivre 32 000 salariés.

« Nous sommes pauvres » : le constat, chacun l’établit ici, brutalement. « Thatcher n’a rien fait pour nous » , disent beaucoup, insistant sur le manque de qualification professionnelle qui affecte la majeure partie de la population. A Liverpool, les taxis se sont multipliés ces dernières années, pratiquant les tarifs les plus bas de toute la Grande Bretagne. « Il faut bien manger » , dira ce chauffeur qui, thatcherien convaincu, se flatte d’avoir créé son emploi et impute au fichu caractère des gens de la ville sa décrépitude. Alors, l’éternel scénario « grandeur et décadence » ? Liverpool, dernier symptôme moribond d’une révolution terminée ?

ICI RIEN NE SE FAIT COMME AILLEURS

« Pas si simple » , répond Liam, un jeune journaliste (irlandais) qui refuse de partir travailler à Londres parce qu’il y a trop à faire ici. Cette ville a toujours eu une imagination étrange, des hauts et des bas comme si elle ne pouvait jamais rien faire comme les autres. » A l’apogée de la période victorienne, la vie n’y était pas rose tous les jours pour tout le monde. Des milliers de gens vivaient dans des caves et, quand ils n’avaient pas pu se faire embaucher, le matin très tôt, sur les docks, ils allaient se soûler dans des « gin palaces », des caboulots où le gin était, paraît il, de fort mauvaise qualité… « Dans le même temps, poursuit Liam, de riches armateurs se faisaient construire de belles maisons autour de Sefton Park, à Toxteth. » Armateurs qui, en visitant les soutes de bateaux en transit entre l’Afrique et l’Amérique, gardaient parfois pour leur usage personnel deux ou trois esclaves costauds.

On trouve à Liverpool la plus ancienne communauté noire de Grande Bretagne. Ils sont quelque 30 000 aujourd’hui, en général originaires d’Afrique occidentale, vivant à Toxteth ou autour de Sefton Park, dans ces maisons edwardiennes gagnées par un délabrement végétal. Souvent, au dessus des porches encadrés par les fameuses petites colonnes cannelées, des pancartes indiquent Centre culturel ghanéen ou Maison de la Somalie. A Liverpool Eight, l’autre nom de Toxteth, plus de 37 pour 100 de la population est sans emploi le plus fort taux de toute la ville si l’on décortique le chômage quartier par quartier. Mais, assurent les plus conservateurs, nous n’avons jamais connu d’émeutes raciales. En 1981, par exemple, ce n’étaient pas les Noirs contre les Blancs, c’était une émeute de là faim réunissant tous les plus démunis face à la police. Haut lieu de la délinquance, Toxteth ne connaît pourtant pas de déploiement policier. Des couples de bobbies déambulent, la matraque à la main. Ils s’arrêtent parfois pour faire un bout de causette avec des autochtones. A la différence d’autres quartiers de la ville, il n’y a pratiquement pas de trafic d’héroïne à Liverpool Eight. De la marijuana, des vols, des petits commerces illégaux, certes. Mais pas de ce « dragoon » (l’héro) qu’on laisse à Croxteth le dépravé ou au Wirral, banlieue chic résidentielle de l’autre côté de l’estuaire de la Mersey. La communauté noire a le souci de son intégrité.

Blanche ou noire, Liverpool ? « Les gens d’ici, dit Father Lynch, sont fiers, et leur sens de la communauté est très développé. » Father Lynch démontre volontiers qu’il n’y a pas plus de délinquance dans sa ville qu’à Birmingham, Glasgow ou dans certaines banlieues de Londres. Il refusera pourtant de raconter que son église se fait régulièrement piller par des gangs de petites filles qui dérobent l’argent du tronc ou la stéréo. « D’ailleurs, elles m’ont envoyé des lettres très gentilles pour se faire pardonner. » II en a assez de cette mauvaise réputation que Liverpool traîne comme une ancre. « Dès que Ford se met en grève, dès qu’un hooligan lance une canette de bière, cela fait la une des journaux… »

SOUS L’EMPRISE DU DRAME SURVENU AU HEYSEL

A demi mot, sans jamais être précisément évoqué, le Souvenir du drame dans le stade du Heysel à Bruxelles plane toujours à Liverpool sur les gradins d’Anfield et d’Everton. « Des minorités violentes, il y en a dans tous les clubs sportifs… Mais « on » était trop content de tout nous mettre sur le dos. » Ric est « Evertonian » c’est à dire supporter du Football Club d’Everton. Ceux qui ne sont pas « Evertonians » , l’autre moitié de la ville, sont « Liverpudlians », supporters du Liverpool FC, comme si les Horaces eues Curiaces avaient trouvé le moyen de se classer ensemble en première division. Mais le temps est révolu où Everton rassemblait sous ses couleurs, bleu et blanc, les catholiques irlandais tandis que les protestants conservateurs soutenaient le jaune et rouge club de Liverpool. Souvent les fins de matchs dégénéraient en émeutes. C’était il y a bientôt cent ans. « Maintenant, on vit une sympathique rivalité familiale » , estime Arthur Rose, ancien officier de l’armée britannique et président de l’Anfield Foundation. Cet organisme humanitaire, au nom du stade de Liverpool, est largement subventionné par le Football Club.

A sa création, il y a dix ans il faisait dans le caritatif. Depuis 1983, devant l’ampleur de la crise, Major Rose et son staff se sont reconvertis dans l’action sociale d’envergure et militent contre deux passe temps locaux qui n’ont pas grand chose à voir avec le football : le chômage et la toxicomanie. Cette année, l’Anfield Foundation a envoyé plus de 300 jeunes en stage de formation professionnelle. Elle a participé activement à l’expérience unique en Europe d’une clinique traitant la toxicomanie à l’acupuncture. Cure gratuite, sans contraintes : en six mois, 600 jeunes héroïnomanes en ont déjà bénéficié. Pour échanger leurs expériences et se serrer les coudes, des familles de drogués créent des groupes de ‘soutien. Se serrer les coudes : c’est un peu ça la « liverpudlian connexion ». « La plus grande richesse de Liverpool reste ses habitants » , affirme David, un très jeune militant du Labour Party, tendance trotskyste, humaniste et jogger impénitent. Il court souvent le soir, le long des docks désaffectés, pour respirer sa ville. Entre deux foulées, il raconte qu’un certain Michaël Foot, en 1934, aurait décidé de s’inscrire au Parti travailliste (Labour) après un séjour à Liverpool. Tant de misère, tant d’alcoolisme, tant de « slums » , c’était vraiment trop. En 1987, le jeune David en est convaincu, Foot serait un supporter des Militants, cette fraction dure internationaliste du Labour.

Des Militants, il y n a un peu par tout en Angleterre, particulier dans le nord du pays, déshérité. A Liverpool, ils tenaient le conseil municipal jusqu’en mars 1987, traitant de potiches leurs camarades travaillistes au profil plus traditionnel. « Les Liverpooliens, même en politique, ne font rien comme tout le monde », poursuit David. Au début des années soixante dix, alors que l’ensemble du pays avait plutôt le coeur à gauche, Liverpool élisait un conseil municipal libéral (centriste). Aux élections de 1983, le Labour se fait laminer, mais les Liverpooliens élisent des trotskystes, dont Derek Hotton, maire bringueur et play boy. Ils ne représentent qu’un tiers du conseil municipal mais ils mènent la ronde. Votent un budget en déficit, refusent d’augmenter les impôts et lancent un programme de reconstruction de 350 millions de livres, le plus ambitieux que le pays ait connu depuis la guerre. Ils l’appellent « Urban Regeneration Strategy » : définition d’une vingtaine d’aires prioritaires, démolition de 4 000 immeubles insalubres et construction d’autant de petits pavillons avec jardins…
Des quartiers aussi délabrés que Everton et Speke se voient alors dotés de nouveaux parcs et de centres sportifs. Mégalo et irresponsable, disent les détracteurs de cette stratégie de régénération urbaine. Et où trouver l’argent ? Depuis 1984, le conseil municipal votait chaque année avec constance le budget sans tenir compte du fait que le gouvernement avait réduit les ressources annuelles de la ville de quelque 30 millions de livres. Du vol pur et simple, se plaignaient les élus ; rigueur oblige, répondait le gouvernement. Pourparlers, rien n’y fit. La ville empruntera alors plusieurs dizaines de millions de livres à des banques étrangères.

Epilogue de ce feuilleton sur les rives de la Mersey : tous les Militants du Parti travailliste sont expulsés du conseil municipal. A l’échelle nationale, Neil Kinnock, le patron du Labour, a fait la. lessive des « taupes de la subversion », lors du congrès de Blackpool à l’automne 1986, avant de perdre les élections le 11 juin 1987 face à Maggie Thatcher. Liverpool, quant à elle, avait changé d’équipage un mois plus tôt. Les élections municipales ont amené sur la passerelle une majorité de conseillers travaillistes bon teint, adoubés par le Labour. Conséquence, le nouveau leader de la ville, Thomas McManus, va augmenter les impôts locaux de 50 pour 100. « Pas grave, soutient le Militant David, de toute façon, on s’en sortira. Notre chance, c’est de vivre dans ce musée en plein air à la mémoire d’un capitalisme moribond… Nous avons tout perdu, mais il nous reste cet environnement unique, et l’espace cela vaut de l’or. »

David en est aussi convaincu que les sponsors de la Merseyside Development Corporation, une bonne fée d’économie mixte introduite en 1981 par le gouvernement. Qui disait que Margaret Thatcher n’aimait pas Liverpool ? Dotée d’un solide budget et de quelques technocrates confiants dans l’avenir, la MDC s’est vu confier la tâche de nettoyer, retaper, restaurer 500 hectares de docks désaffectés, douze kilomètres de quais plus ou moins à l’abandon, bordant le plus vaste ensemble de bassins à écluses du monde. Vestige de la grande époque, le Waterfront périclitait dans la vase depuis la fin des années soixante. L’Albert Dock, par exemple, inauguré par le mari de la reine Victoria en 1845, avait servi pour la dernière fois en 1971. Les autorités l’avaient bien classé en tête de liste des monuments historiques nationaux mais, vraiment, cela sentait un peu la mort…

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RÉSIDENCE NEW-LOOK SUR LES DOCKS

En cinq ans, grues et bulldozers n’ont pas chômé au bord de la Mersey. De mémoire de Liverpoolien, on n’avait pas vu autant d’activité depuis longtemps autour de ces mausolées de briques rouges et noires. Tour à tour, les pavillons Charlotte, Edward, Britannia sortent de leur gangue de laisser aller, reprennent figure princière. L’Albert Dock Village, transformé en très propre complexe de bureaux, magasins, cafés et autres attractions, obtient à l’été 1986 un grand prix européen de rénovation architecturale. On attend une Tate Gallery pour 1988, à côté du Musée maritime qui a ouvert ses portes. D’autres docks sont reconvertis en résidences new look. « Une véritable reconnaissance… Un deuxième souffle « , se réjouissent les plus optimistes, qui ajoutent que tous ces travaux ont eu le bon goût de créer quelque 1 500 emplois. » De la poudre aux yeux, maugrée David, nous continuons de vivre comme un pays du Tiers Monde ».

Le port, le vrai car Liverpool est toujours un port s’est installé plus loin à l’ouest, à la sortie de la ville. C’est le plus important des six ports francs britanniques qui, pour attirer les clients, suppriment quotas et taxes ajoutées à l’importation. Point fort du Free Port de Liverpool : l’importation de bois et de grains en provenance des Etats Unis et du Canada. « Nous n’avons pas dit notre dernier mot, nos prix sont compétitifs, notre main d’oeuvre travailleuse. Et, après tout, il n’y a pas que la CEE sur terre… » Au fil des pages de luxueuses brochures vantant le Free Port, des managers assurent régulièrement qu’il n’y a pas eu de grèves sur leurs docks depuis bientôt trois ans et que les « humeurs irlandaises » de leur main d’oeuvre ne sont plus qu’un mauvais Souvenir. « Les dockers sont agressifs, certes, mais cette agressivité va dans la bonne direction. »

FESTIVAL DE JARDINS SUR LE NO MAN’S LAND

« Nous ne sommes pas tous des hooligans » , répétait en écho un supporter de foot, à la sortie du match Liverpool contre l’Arsenal de
Londres, alors que la foule s’écoulait tranquillement, encadrée par des bobbies à cheval de très bonne humeur. Ce samedi là, le Liverpool FC avait gagné 3 à 2, David, le Militant qui fait partie des 1,5 pour 100 de Liverpooliens n’aimant pas le foot, a préféré pousser une pointe à l’est des vieux docks ripolinés jusqu’au Gardens’ Festival. En 1985, dilemme en Grande Bretagne. A quelle ville confier l’organisation du quatrième Festival international des jardins qui doit se tenir cette année là au Royaume Uni ? En guise d’encouragement, Liverpool sera choisie. Sur un no man’s land, au bord de l’eau, on installe pelouses, petits ponts et fleurs rares. Quelque 3 500 000 visiteurs viendront. A l’inauguration, la reine déclarera que ces jardins étaient tout à fait symboliques de ce qu’elle souhaitait pour la ville, d’un renouveau que tout le monde appelait de ses voeux.

Church Street. Dans le quartier piétonnier du centre ville, Lena propose quelques fruits sur une charrette branlante. Pieds nus, les cheveux au vent froid et marin, elle rit tout le temps. « Ici, tout le monde a un grain. » Sa petite affaire des quatresaisons est illégale et régulièrement les commerçants patentés se plaignent de la prolifération de ces outsiders qui cassent les prix et gâchent le décor. « Ils salissent les rues », expliquent les notables dans les colonnes du « Liverpool Echo ». L’argument est cocasse : partout des papiers gras volent sur le pavé. Derrière Lena, la chômeuse qui vend à la sauvette sur le trottoir, des immeubles entiers, autrefois bourdonnants, affichent en lettres épaisses sur de grands panneaux : « A vendre>, « Bureaux à louer » . Pourtant, Lena dit qu’ici il fait bon vivre, que les gens sont formidables et trouvent toujours le moyen de survivre. Elle brandit son exemplaire du « Liverpool Echo » , qui publie ce jour là une interview de Frankie goes to Hollywood, ce groupe de rockers baroques nés à Liverpool, un quart de siècle après les Beatles. A la une, les « Frankies » s’exclament : « Tout ce que nous pourrons faire pour notre ville, nous le ferons. Dites Liverpool, et soyez fiers, OK ? »

Sur le ferry qui traverse la Mersey en direction de Birkenhead, Liam le journaliste contemple le Liver Building chapeauté par deux gros oiseaux mythologiques, emblèmes de la ville. Chaque fois qu’une jeune fille vierge passe les portes du Liver Building, ils battent des ailes, explique Liam. On dit aussi que le jour où ils tomberont du Liver, la ville sombrera définitivement. Les deux oiseaux, paraît il, n’ont jamais cillé…

LES 26 LIEUX « BEATLES » INCONTOURNABLES DE LIVERPOOL

Nous vous proposons de découvrir dans cette section de dossier, un inventaire de 26 lieux qui sont incontournables pour les fans des Beatles.

L’HÔTEL ADELPHI, PLACE RANELAGH, LIVERPOOL 1

Pendant de nombreuses années. ce bâtiment magnifique et imposant a été le plus prestigieux hôtel de Liverpool. Les Beatles y sont descendus au milieu des années 60, ainsi que Bob Dylan en 1965, lorsqu’ils ont séjourné à Liverpool pour donner une série de concerts. Ses somptueux salons et salles de bal luxueusement décorés accueillent aujourd’hui les réunions annuelles de l’association Mersey Beatle. Ces réunions sont habituellement programmées en août pour coïncider avec deux week ends prolongés d’un lundi férié.

LE BUREAU DE L’ETAT CIVIL, 64 MOUNT PLEASANT, LIVERPOOL 3

Ce bâtiment était autrefois un bureau de l’état civil. C’est ici qu’en août 1962 John a épousé Cynthia. Brian Epstein était l’un des témoins : Paul et George étaient aussi présents. L’on craignait que la popularité du groupe ne décline si les gens avaient vent de ce mariage. Par conséquent ce dernier resta un secret bien gardé. Ils se rendirent en taxi du bureau de l’état civil à « Reece’s » (un café du centre ville) pour y célébrer le mariage de John et de Cynthia.

LA MATERNITÉ, OXFORD STREET

John est né ici le 9 octobre 1940. Le mythe voulait qu’il soit né au cours d’un raid aérien mais ceci a été depuis démenti. Par patriotisme « temporaire » le bébé lut prénommé John Winston en hommage au premier ministre Winston Churchill. Environ une heure et demie s’était écoulée après la naissance de John lorsque Tarte Mimi, arriva. essoufflée à la maternité d’Oxford Street. Elle avait couru sur tout le trajet de Penny Lane jusqu’à Oxford Street. Elle était bien loin de se douter que c’est elle qui allait élever l’enfant.

L’HÔPITAL ROYAL POUR ENFANTS DE LIVERPOOL

Ringo fut victime de deux longues maladies alors qu’il était enfant. A l’âge de six ans il passa de nombreuses semaines dans cet hôpital pour enfants. Il en fut de même lorsqu’il était adolescent. C’est au cours de sa seconde maladie, qui dura pendant deux ans qu’il commença à s’intéresser à la batterie et à jouer pour le groupe de l’hôpital.

LE PHILARMONIQUE, HOPE STREET

 

Deux merveilleux bâtiments situés l’un en face de l’autre à l’intersection de Hope Street et de Flardman Street. Les magnifiques salles à manger du Philharmonique construites au début du siècle ont été décrites comme le pub le plus orné de Grande Bretagne. La grande carte du pub était autrefois une salle de snooker qui attirait John et ses amis étudiants qui fréquentaient l’École d’Art toute proche. De l’autre coté de la rue, le Philharmonic Hall qui a une acoustique exceptionnelle, n’a Jamais accueilli de spectacle des Beatles mais Paul McCartney est monté sur sa scène pour y recevoir un prix poux une dissertation qu’il avait écrite. Son lycée, le Liverpool Institute qui se trouvait à deux pas du Philharmonic a utilisé sa salle pour y décerner des diplômes. Au cours d’un concours de vedettes, Dick Rowe des disques Decca fut appelé à participer au jury avec George Harrison. Dick n’avait pas sélectionné les Beatles lors d’une audition en vue d’un enregistrement en janvier 1962 et il voulait à tout prix trouver un autre groupe du même calibre que les Beatles. George mentionna un groupe qu’il avait vu à Londres et qui s’appelait les Rolling Stones. Cette fois là Dick Rowe ne resta pas insensible.

YE CRACKE, RICE STREET

L’un des enseignants de l’École des Arts organisait régulièrement des cours dans l’une des salles de ce pub car il s’était aperçu que l’atmosphère de ce lieu faisait ressortir la créativité de ses étudiants. C’est ici que la romance entre John et Cynthia se développa.

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L’INSTITUT DE LIVERPOOL, MOUNT STREET

Paul et George fréquentaient tous les deux cette école. Pendant une brève période en, 1954 et 1955, ils se rendaient ensemble à l’école en bus. Ils vivaient en effet tous les deux à Speke, dans le même lotissement. Ce n’est que plus tard qu’ils devinrent amis tout simplement parce qu’ils partageaient un intérêt commun : le Rock ‘n’ Roll. Paul entra dans le groupe de John, The Quarry Men, avant que ce dernier n’obtienne une place à l’École des Arts et ne quitte Quarry Bank. Son établissement se trouvait à présent à côté de celui de Paul et de George. Ils pouvaient. par conséquent tous se rencontrer pour répéter (même parfois pendant les heures de cours !).Ce bâtiment accueille désormais la LIPA, école d’art placée sous le haut patronage de Paul McCartney.

L’ECOLE DES ARTS, HOPE STREET

En 1957, John obtint une place dans cette école sur la recommandation du directeur de l’école Ouarry Bank John resta sans illusion pour ce qui est de l’enseignement et accorda davantage d’attention à la musique. Pendant ces trois années passées dans cette école, John rencontra Cynthia Powell (qui allait devenir sa femme), Stu Sutcliffe (l’ancien Beatle qui mourut à Hambourg), Bill Harry. le directeur de la revue Merseybeat. En 1960, The Ouarry Men donnaient des représentations le vendredi après midi pour les étudiants dans la cantine située au sous-sol. En 1984, Yoko et Sean visitèrent cette école. Yoko fit don de 10 000 livres sterling à la faculté et donna à l’école un certain nombre de dessins de John.

3 GAMBLER TERRACE, LIVERPOOL

Pendant une courte période, en 1960, John partageait un appartement avec un certain nombre d’étudiants. Un jour alors qu’il faisait extrêmement froid, ils décidèrent de brûler tous les meubles. En juillet 1960 l’appartement décrit dans un article paru dans le journal du dimanche « The People » comme l’illustration du fléau Beatnik qui se propageait dans tout te pays. Une Photographie qui accompagnait I’article représentait John Lennon, à l’époque inconnu. alors qu’a écart allongé à même le sol dans cet appartement.

LA CATHÉDRALE ANGLICANE, ST JAMES ROAD

En 1953. Paul y passa une audition pour obtenir une place prestigieuse dans la chorale. Ce fut un échec. En mars 1981 un service de commémoration eut lieu dans la cathédrale en l’hommage de John. Pas moins de 2500 personnes vinrent présenter leur respect à celui qui était incontestablement le plus célèbre fils de Liverpool. Cette commémoration fut l’un des quatre hommages présentés à John par les habitants de la vile au cours des mois qui suivirent sa mort. C’est dans cette cathédrale que Paul McCartney donna la première représentation de son oeuvre Liverpool Oratorio le 28 juin 1991.

ROSEBEY STREET, LIVERPOOL 18

C’est ici que le 22 juin 1957 The Ouarry Men donnèrent l’un de leurs premiers concerts. Ils jouèrent en plein air sur la plate forme d’un camion utilisé pour le transport de charbon, lors d’un concert de rue pour célébrer le 75Oeme anniversaire de la réception par Liverpool de sa première Charte Royale octroyée par le Roi John.

RINGOLAND DINGLE

Cette zone de Liverpool est appelée localement « The Dingle »

  • Madryn Street, Liverpool 8 : Richard Starkey est né su 9 Madryn Street le 7 juillet 1940. Ses parents se séparèrent peu après sa naissance. Richie et sa mère furent donc obligés de chercher un logement moins onéreux. Ils déménagèrent et allèrent habiter dans une maison plus petite au coin de la rue.
  • 10 Admiral Grove, Liverpool 8 : Ringo habita au 10 Admiral Grove jusqu’à ce que son comme succès comme Beatle l’oblige à s’installer à Londres. En 1965 sa mère et son beau-père furent obligés contre leur gré, de déménager à cause d’admirateurs trop enthousiastes qui ne respectaient pas leur vie privée.
  • Empress Pub, High Park Street, Liverpool 8 : une Photographie de ce pub illustre la pochette du premier album de Ringo « Sentimental Journey ».
  • St Silas School, High Park Street, Liverpool 8 : St Silas fut la première école de Ringo. Mais malheureusement, à cause de ses deux longues maladies, il fut dans l’impossibilité de suivre assidûment ses années d’écoles primaire. Billy Fury était l’un de ses camarades de classe.

SEFTON PARK

C’est à Sefton Park qu’Alfred Lennon et Julia Stanley se rencontrèrent à la fin des années 20. Si on en croit les livres, c’est au cours de cette rencontre que Julia, qui n’appréciait pas le
chapeau que portait Alfred, décida de le Jeter dans te lac du parc. Cet incident n’affecta pas leur relation qu’ils scellèrent en 1938 par un mariage.

PENNY LANE, LIVERPOOL 18

La rue elle même est une petite route secondaire de banlieue mais, pour compliquer les choses. toute la zone située autour de cette rue est nommée « Penny Lane ».

  • L’École Primaire de Dovedale Road, Liverpool 18 : John et George ont tous les deux fréquenté cette école mais ni l’un ni l’autre ne se connaissait. Cependant le frère aîné de George se trouvait dans la classe de John.
  • L’église Saint Bamabas : Paul. autrefois enfant de choeur dans cette église. y retourna pour être témoin lors du mariage de son frère en mai 1982.
  • The Shetter in the Middle of the Roundabout (l’abri au milieu du rond point« ) : L’abri de bus est à présent occupé par un café mais c’est l’endroit où autrefois les gens qui se rendaient à Liverpool en bus et ceux qui en revenaient se rencontraient. De cet endroit là, l’on peut voir la »banque« et le »salon de coiffure« mentionnés dans la chanson »Penny Lane ». Les studios de photo Albert Marrion étaient autrefois à la place de la boutique Barnardos. C’est Albert Marrion qui prit la première Photographie professionnelle des Beatles après qu’ils aient signé avec Brian Epstein en décembre 1961.
  • 9 Newcastle Road, Liverpool 15 : Le numéro « neuf » de cette rue devait jouer un rôle important dans la vie de John et ce dernier avait l’impression que c’était un nombre mystérieux et magique pour lui. Il est né le 9 octobre et il devait mourir le 9 décembre 1980 (heure anglaise). C’est donc un autre « neuf » à ajouter à la longue liste des « neuf ». Sa toute première maison était au numéro neuf, lorsqu’il vivait avec sa mère Julia,. sa tante Mimi et ses grands parents. En 1942 le père de John reprit la mer et décida de quitter la maison pour toujours. En 1946 John était déjà parti habiter avec sa tante Mimi à Menlove Avenue.

12 ARNOLD GROVE, LIVERPOOL 15

 

George est né à cet endroit le 24 février 1943. Il était le benjamin d’un famille de quatre enfants. Par rapport à John, Paul et Ringo. George eut une enfance plutôt normale et stable. Il était aussi le seul membre du groupe à être pleinement encouragé par ses parents pour la musique qu’il composait. George habita 12 Arnold Grove jusqu’en 1950.

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197 QUEENS DRIVE, LIVERPOOL 15

Ce fut la première maison de la famille Epstein. Elle contraste avec toutes les autres maisons associées aux Beatles.

ST PETER’S CHURCH ET CHURCH HALL, CHURCH ROAD, LIVERPOOL 25

The Quarry Man jouèrent à la fête du village le 6 juillet 1957. Cette fête était organisée dans un champ situé derrière l’église. Après la fête, Ivan Vaughan, un ami commun de Paul et de John. qui ne se connaissaient pas, fit les présentations. Étant donné que c’était l’église paroissiale de John, il est approprié que le message arboré par le mémorial de guerre situé à l’extérieur de l’église porte l’inscription toute simple « PEACE » (paix).

STRAWBERRY FIELD, BEACONSFIELD ROAD, LIVERPOOL 25

Cette maison pour enfants, qui est sous la direction de l’Armée du Salut, était à l’origine un manoir victorien. Ce dernier a par la suite été remplacé par une construction moderne. Mais les grilles massives d’origine n’ont pas disparu. Lorsqu’il était entant, ce qui a le plus marqué John ce sont les fêtes annuelles qui se déroulaient en plein air à cet endroit. Nul doute qu’il avait beaucoup de choses en commun avec les enfants qui y habitaient du fait du mariage brisé de ses parents. En janvier 1984. Yoko amena Sean. le fis de John, à Liverpool. Ce fut l’un des premiers endroits qu’ils visitèrent.

MENDIPS, 251 MENLOVE AVENUE, LIVERPOOL 25

John habita au 251 Menlove Avenue entre 1945 et 1963. Lorsqu’il était enfant, il n’était pas du tout privé sur le plan matériel. Sa tante Mimi et son onde George satisfaisaient tous ses besoins. Malheureusement son oncle George mourut en 1955. Une autre tragédie devait frapper John en juillet 1958. En effet sa mère Julia fut renversée et tuée alors qu’elle traversait cette rue. Bien que ce soit Mimi qui ait acheté à John sa première guitare, elle n’aimait pas beaucoup l’idée de le voir devenir musicien. Par conséquent elle ne l’autorisait à jouer de la guitare que dans le porche qui donnait sur la rue. Mimi habita ici jusqu’en 1964, date à laquelle John lui acheta un. luxueux bungalow à Poole, dans le Dorset. Mimi mourut en décembre 1991.

MENLOVE AVENUE, LIVERPOOL 18

1986 fut une excellente année pour les fans de John. Yoko fit paraître la vidéo et la version 33 tours de « Live in New York City ». Le film « Imagine » sortit enfin en vidéo et un nouveau livre en prose : « Skywriting by Word of Mouth » fut publié. Cependant la sortie de l’album « Menlove Avenue » fut probablement l’événement le plus marquant. C’était un album constitué de nouveau matériel et d’extraits inédits tirés de « Walls and Bridges ». Pourquoi l’avoir appelé « Menlove Avenue » ? Ce sont les mots de Yoko sur la pochette de l’album qui l’expliquent le mieux : « Lorsqu’il était enfant, John a été élevé par sa tante Mimi et son oncle George dans leur maison de Menlove Avenue à Liverpool. En 1956, alors que John avait 16 ans, Elvis Presley avait alors acquis une réputation mondiale. Cela changea la vie de John. Les origines américaines de John. Elvis, les Fats Domino ainsi que Phil Spector ressortent sur ces plages. Mais ce que j’entends dans la voix de John ce sont les autres racines, celles du garçon qui a grandi à Liverpool et qui écoutait Greensleeves, la BBC et Tessie O’Shea.’

20 FORTHLIN ROAD, LIVERPOOL 18

Les McCartney déménagèrent plusieurs fois. 20 FortNrin Road fut la dernière maison de famille. Ils n’habitaient Ià que depuis quelques mois lorsque Mary McCartney (la mère de Paul) mourut. Paul se consacra davantage à la musique et faisait souvent l’école buissonnière pour répéter et écrire des chansons dans cette maison avec John. Le père de Paul, Jim quitta cette maison en 1964 en cachette, pendant la nuit. pour aller s’installer dans une grande maison individuelle située dans le Wirral qui se trouve de l’autre Côté du fleuve Mersey. Cette maison s’appelle « Rembrandt » et appartient toujours à Paul.

L’HÔPITAL GÉNÉRAL DE SEFTON, LIVERPOOL 15

Cet hôpital laissa de mauvais Souvenirs à John. Julia y fut amenée d’urgence en juillet 1958 et ! déclarée morte à son arrivée. Sur une note plus gaie : son premier fils, Julian, y vit le jour le 8 avril 1963.

BEATLES STORY, BRITANIA VAULTS, ALBERT DOCK

L’histoire des Beatles vous donne une occasion unique de revivre les jours de gloire de la Beatlemania. Elle vous montre, fait entendre et fait ressentir ce que les années 60 étaient réellement. C’est un profond hommage qui est rendu au plus grand groupe de musique pop du monde. Une expérience vraiment magique pour les gens de tous âges. Lorsque vous quittez l’exposition. la zone située en face de l’Albert Dock Warehouse est appelée Kings Dock Arena. C’est ici qu’eut lieu le concert que Paul McCartney donna en plein air le 28 juin 1990. Ce concert attira 55 000 personnes.

PIER HEAD, LIVERPOOL WATERFRONT

Toute histoire traitant du développement de Liverpool se doit de mentionner l’héritage maritime de la ville. C’est la navigation et les industries qui y ont associées qui sont à l’origine du développement de Liverpool.

Les Beatles et leur famille faisaient partie de ceux qui gagnaient leur vie grâce au port. Le père de George Harrison, Harold, était steward pour la compagnie White Star Liners dans les années 20 et 30. Le père de John était également steward sur des paquebots. Le père de Paul était représentant en coton (pendant de nombreuses années, le coton était la marchandise la plus importée à Liverpool). En 1945. Pete Best fit escale à Liverpool avec sa famille après être rentré d’Inde avec un navire de troupes. Ringo travailla un certain temps comme serveur sur les ferry qui traversent le fleuve Mersey. Au cours des années 50 ce sont les navigateurs qui travaillaient sur les cargos et les paquebots desservant la côte Est de l’Amérique qui Ramenèrent tout ce que la ville possède aujourd’hui d’américain. C’est l’apport constant de disques américains, qui autrement ne seraient pas parvenus jusqu’à Liverpool, qui façonnèrent le style et la musique des groupes de Rock ‘n Roll locaux. La compagnie Mersey Ferry, qui assure la traversée du fleuve au départ de Pier Head fut immortalisée en 1964 par le film de Gerry Marsden « Ferry ‘Cross the Mersey. Cet endroit fut utilisé pour un concert en plein air, en mai 1990, pour commémorer la vie de John Lennon. Ce concert aura sans aucun doute été l’événement le plus marquant qui ait eu lieu à cet endroit là.

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LE SIÈGE DE LA MARINE MARCHANDE, STRAND STREET

Le 2 juillet 1957, John signa le registre du chômage des marins avec son ami Nigel Whalley. Il avait quitté Quarry Bank et n’était titulaire d’aucun diplôme. Le siège téléphona à la tante de John, Mimi., qui fut horrifiée car elle pensait qu’il allait suivre la voie de son père. Elle ordonna à John de rentrer IMMÉDIATEMENT !

MATHEW STREET

Cette zone devint le noyau de la scène musicale à Liverpool au cours des années 60. On y trouvait des magasins de musique de disques, des cafés, des pubs et bien sûr LE club, où les musiciens et leurs fans échangeaient leurs idées, jouaient de la musique, idolâtraient celle ci et, par la suite. créèrent le MERSEY SOUND.

LE CANET DE BORD DE PHIL

LIVERPOOL VU PAR PHIL

Ce que je pense de Liverpool ? Avant mon départ, je pensais que c’était une ville très pauvre, grise et terne. Certes, il y a des signes de pauvretés évidents, le déclin industriel y étant pour beaucoup . Ils y a des bâtiments magnifiques et majestueux. Beaucoup d’églises aussi.

Comme nous sommes sans véhicule, nous décidons de loger dans un hôtel pas trop éloigné du centre. Nous jetons finalement notre dévolu pour l’hôtel Feathers sur Mount Pleasant. On nous donne la chambre 22.

Le centre est un immense piétonnier commercial. Il est agréable de s’y promener et de flâner quand le temps le permet, bien sûr. Il y a un magnifique point de repère si on est un peu perdu : la tour de Radio City, visible de très loin.

Derrière les rue piétonnières, il y a la Mathew Street. C’est la rue Beatles du centre ville, c’est là que l’on retrouve le Cavern Club, des pubs et des magasins de souvenir dédiés aux Beatles. La rue est étroite et d’une longueur de 200 mètres environ. Elle a gardé ce cachet un peu rétro, dans le style des années 50 et début 60, avec une atmosphère particulière.

A voir, sans modérations.

Quand on se promène dans la ville, on y découvre quelques œuvres d’art dédiées aux Beatles. Certaines sont bien réussie, d’autre plutôt moins. Par exemple la chose représentant le sous-marin jaune est horrible, il n’est pas ressemblant et très sale. Sinon, pour le reste rien à dire.

Non, Liverpool n’est pas Beatlesland. Du moins, je ne l’ai pas ressenti comme tel. Bien sûr, ils sont présent, mais pas envahissant. D’ailleurs, à certains moments je ne pensait pas du tout aux Beatles, j’étais redevenu un simple touriste, un comble pour un fan. La plus grande préoccupation de la ville, c’est le foot et principalement les Reds de Liverpool. Plus de la moitié des enfants porte les accoutrements aux couleurs rouge et blanche du club. Et des adultes aussi. J’ai bien sur visité le stade. C’est de la folie tout ce marchandising. Et il y a beaucoup de monde pour acheter les produits de toute sorte, à un prix prohibitif. Liverpool ville pauvre ?

Les alentours du stade sont affolants. Dans les 300 mètres à la ronde, les fenêtres des maisons sont barricadées, les portes sont en fer et blindées.

Je préfère ne pas être dans le coin lors d’un match, absurdité d’un monde désœuvré se défoulant au travers du foot-roi.

Il y a des clochards , oui. Et des alcooliques titubants dans les rues.

C’est aussi ça Liverpool. Je me souviens d’un mendiant qui avait construit sa guitare dans un carton, les cordes étant dessinées au feutre. Evidement, aucun son ne sortait quand il grattait mais j’ai trouvé ça pittoresque.

Il y a des guignols à l’effigie des Beatles, des musiciens de rue. Il est certain que Liverpool est une ville culturelle.

On sent aussi le lourd passé historique de cette ville. Une ville crée à la sueur de femmes et d’hommes, fier de leur vie et de leur ville, ne rechignant pas, allant toujours de l’avant , n’ayant peur ni des nouveautés ni des défis, une ville qui garde le front haut quoiqu’il arrive . Cette ville a enfanté les Beatles .Et sans ce caractère puissant, volontaire , rugueux et à la fois tendre de Liverpool , les Beatles n’auraient sans doute pas été ce qu’ils ont été.

PENNY LANE

Nous logeons dans le centre ville et Penny Lane se situe bien à trois bons kilomètres. Le matin avait été consacré au musée « Beatles Story » sur l’Albert Dock. L’après midi sera donc consacré à Penny Lane. Une idée me trotte dans la tête : faire la route à pied.

Stupeur de mon ami : il sait que mon pied gauche est malade et que ce sera difficile pour moi, 6 kilomètres aller-retour. Je dois probablement avoir l’air ridicule avec ma démarche de pingouin. Il me conseille plutôt de prendre le bus. Je suis pas d’accord, j’ai envie de sentir Liverpool, le bus va trop vite et j’ai peur de manquer quelque chose sur le chemin. En plus, le temps est délicieux. Je lui promet que le lendemain nous irions voir le stade des Reds. Il plie, je sais qu’il en crève d’envie. Alors en route !

Au fil des mètres qui s’égrainent sous nos pas, il est bien d’accord avec moi. Nous avions fait le chemin dans l’autre sens en venant de l’aéroport et c’est vrai qu’il y a des choses que nous n’ avions pas remarqué.

L’architecture de certains bâtiments est assez impressionnante et impose le respect. Nous sommes d’ailleurs assez surpris du nombre de maisons de culte et d’églises de toutes religions confondues rencontrées en chemin. Une église en moyenne tout les 300 mètres. Parfois côte à côte. Parfois aussi, hélas, à l’abandon ou même en ruine.

Nous décidons de faire un petit crochet par un endroit qui s’appelle le ‘Dingle’. C’est là où Ringo a vécut une partie de sa vie. Le ‘Dingle’
est certainement moins pauvre actuellement qu’il y a 40 ou 50 ans. Mais c’est toujours un endroit populaire, il y a des enfants qui jouent au ballon dans les rues, ce sont toutes des maisons semblable et rectiligne, de bonnes demeures d’ouvriers. Quelques unes sont en ruine. Evidement, je pense à Ringo, je fouille les alentours de mon regard en espérant voir Richard Starkey…je traîne trois longueurs derrière mon ami…je rêve déjà…

Bon, maintenant, nous nous sommes un peu paumés. Il faut retrouver la bonne route qui nous conduira sur Penny Lane. Nous longeons un parc. C’est vrai que les parcs sont nombreux et magnifiques. Nous arrivons à un carrefour.

D’après la carte, c’est ici, mais ou ? Je me retourne , je regarde la première rue à droite, je lève les yeux et je vois en hauteur une immense pancarte : Penny Lane….

Emotions. Je prends quelques photos sur place, je traîne un peu , comme pour faire durer le plaisir. Un air de déjà entendu traverse ma tête. Je reprends mes esprits. On y va ? …On y va ! Go !

Je n’en reviens pas. Je suis sur Penny Lane, je foule le sol de Penny Lane, je respire Penny Lane, je suis Penny Lane… Je pensais y voir des centaines de fans du monde entier, avec des clowns et des jongleurs dans leurs habits bariolés, un cirque avec des animaux, une musique tonitruante crachant la musique des quatre rejetons du coin, quelques hippies, je m’imaginais une fête éternelle dédiée aux Beatles…

Rien de tout cela. En fait, nous sommes pratiquement les seul à traverser la rue. Quelques quidams, sans plus ; des autochtones. Nous passons devant un magasin qui vendait du « Beatles » et qui doit être fermé depuis belle lurette. Les vitres sont sales et les photos qui y sont collées sont jaunies par la lumière, par le temps qui passe inexorablement. Les Beatles, c’est une vieille histoire pour Penny Lane.

Un peu plus loin , un parc où quelques kids jouent. Et puis, au milieu, un coiffeur….un photographe…et puis un petit pont par dessous duquel passe les trains qui font le va et viens via le centre de Liverpool. Rien de poétique. Penny Lane ressemble à beaucoup de rues de ce coin là de Liverpool.

La fin est mieux, un bas mur en pierre avec quelques arbres auquel j’ai chapardé quelques feuilles comme souvenir, les plaques de rue sont peintes dans la pierre pour éviter les vols. Jusqu’au jour où un type voleras les pierres. Je me laisse photographier.

Au bout de la rue, encore une plaque peinte, et un petit vent frais arrive soudain perturber la quiétude des arbres. Les feuilles s’émoustillent. Je regarde le ciel. C’est comme si John et George passaient en coup de vent me dire bonjour… salut les gars, ça va là-haut ?…. Je vous laisse…mon ami est déjà dix longueurs devant moi, il faut que j’y aille…

 

 BEATLES STORY

Le truc inévitable, c’est le musée « Beatles story » qui est situé sur l’Albert Dock, au bord de la Mersey. Un endroit magnifique et haut en couleur, un lieu que les marins aguerris apprécieront. Il faut descendre quelques marches et nous sommes à l’accueil. Le marchandising y est roi.

Porte-clefs, tasses, tee-shirt, cendriers, CD, sous-verres, pins, casquettes, cartes, posters, calendriers,…Assurément, c’est ici que ça se passe. Mais j’ai passé l’âge de me faire duper par le chant des sirènes, on ne bassine pas un vieux loup de mer avec des breloques et de la verroterie.

D’ailleurs, à vrai dire, je m’en fiche. ILS sont en moi. Le reste, ce n’est que des calembredaines. Mais je craque tout de même pour un tee-shirt et deux porte-clefs en forme de sous-marin ; un pour un ami et un pour moi… c’est le paradoxe Lennonien, mais ça restera mes seuls achats « Beatles » durant mon périple.

Au fond de la salle d’accueil, il y a un dessin représentant George en grandeur nature et des milliers de lettres ou de dessins d’ enfants lui rendant hommage. J’y suis scotché. Mon ami me sort de ma torpeur avec un : « bon, on va dans le musée quand tu seras réveillé ? ».

Le musée. Une pancarte signale qu’il est interdit de photographier. Mon petit sourire en coin et mes yeux moqueurs font comprendre à mon ami que durant la traversée de ce musée je lirais l’anglais aussi bien que le dialecte papou d’une tribu du Burundi. C’est là où durant une heure, je suis passé du stade de fan au stade de fanatique. Juste une heure. C’est génial. On suit la chronologie de leur carrière.

Une salle représentant les début, le Cavern Club y est reconstitué, une autre salle et on est à Hambourg au « Star Club », nous passons dans une salle représentant, avec des documents d’époque, les fans en délire. On s’y croirait. Quelques vrais costumes d’époque aussi . C’est la machine à remonter le temps. Le sous-marin, notre cher sous-marin, il y est aussi, quand j’y passe je pense à tous les yellowsubiens. Aussi la tombe d’Eléanor Rigby, avec par dessus un téléviseur avec les Beatles triste d’apprendre le décès de Brian Epstein, ensuite c’est Pepperland, endroit très psychédélique, le double blanc . Et puis c’est les Beatles qui se liquéfient, ils ne veulent plus être ensemble, chacun tiraille de son côté, c’est la fin du rêve, les Fab’s c’est fini.

Non c’est pas fini. La salle suivante remémore leurs carrières respectives de l’après-Beatles. On croit que c’est maintenant fini. Et bien non. C’est maintenant qu’un grand moment arrive, quelque chose que je n’oublierais jamais. Jamais tellement c’est beau et grand, tellement sa présence est forte, presque palpable, Il est là….

J’explique. La pièce suivante est entièrement noire. Je me dis : « c’est quoi ce truc ! ». Et soudain, plusieurs postes de télévision s’allume et c’est John qui chante. Comme si il était dans la pièce. Je suis tétanisé.
J’ai la chair de poule. Des spots s’allument et s’éteignent sur des photos représentant la vie de Lennon. C’est impressionnant et très bien fait, dans un respect confondant. J’ai les yeux rouge, la chaleur sans doutes… heureusement il fait noir. Mais c’est pas tout. Tout s’éteint et nous retrouvons le noir total. Et une lumière, au centre de la pièce, s’allume crescendo. Elle illumine un gros cube en verre. A l’intérieur, les lunettes rondes de John lors de l’enregistrement de « Imagine ». J’ai mon museau à 50 centimètres des lunettes de John, les vraies lunettes. Je suis mort et enterré. On ne me l’a jamais faite celle-là. Trop fort. Je suis aussi immobile qu’un chien de chasse ayant débusqué un terrier et ce pendant un quart d’heure . C’est fini.

Et non. Mon ami Skerli me tire vers la suite. La suite ? Une pièce blanche, un piano blanc surmonté d’une paire de lunettes noire, un vase avec une rose et « Imagine » qui tourne en boucle, la photo de John dans un cadre, c’est peu de chose mais c’est déjà beaucoup pour moi, j’y vois John….enfin, j’imagine très fort, tellement d’ailleurs que je le vois…

« Phil, on y va ? »

« Non, j’attends que Yoko arrive… , dans le clip elle arrive, ils s’aiment tellement… » « On va becqueter et après on va sur Penny Lane , tu te souviens ? » « OK !, il faut bien partir, … see you welcome John ! ».

Bon, les défauts :

  • 1. le prix diront certains, on frôle les 14 euros pour la visite mais,
  • bon, quand on est fan et qu’on va à Liverpool c’est incontournable, moi j’ai trouvé que ça valait bien ça, c’est un grand moment dans la vie d’un Beatles-fan.
  • 2. La mise à jour des carrières solos. Lors de ma visite, elles
  • s’arrêtaient à….1989. Un sacré retard, alors que après 1989, il s’en est passé des choses…
  • 3. Bon, les brols « ramassasse poussière » que l’on vend à l’accueil,
  • chacun son truc, pourquoi pas ?

Les qualités :

  • 1. L’émotion qu’y en ressort, mais évidemment il faut être fan pur et
  • dur, sinon il y a des marchands de glaces autour qui te donneront un plaisir plus terre à terre.
  • 2. Albert Dock, c’est magnifique et ça porte au rêve : si je devais
  • composer des chansons, c’est clair que c’est sur Albert Dock qu’il faut me trouver…
  • 3. L’hommage à George. Ca m’a bouleversé tous ces gens qui aiment
  • George, ça fait vingt ans que je crois être le seul à pourrir dans mon coin sombre à l’aduler, et bien non, merci pour lui, que Dieu garde son âme.
  • 4. L’hommage à Lennon. C’est émouvant. J’espère qu’ils feront la même
  • chose, à l’avenir, pour George, qui sait ?

LE CAVERN CLUB

En deux jours pleins, c’est difficile de faire le tour complet de Liverpool, j’ai raté des trucs mais ça fait une bonne excuse pour y revenir. Arriver le mardi 17h et partir le vendredi 8h, c’est court . Je voulais me faire le Cavern Club sur Mathew street. Un vieux rêve. Mon plus vieux rêve en fait, celui que je me disais à 15 ans qu’il n’arriverait jamais . Et bien si. 22 ans plus tard. Tout vient à point à qui sait attendre comme dit le proverbe. Mais hélas, le Cavern Club ferme à 18 heure. Et j’étais devant , le premier jour, à 18 heure 05. Juste bon à faire des photos extérieures. On se reverra.

On s’est revu. Et de l’intérieur. Bon, c’est clair, l’extérieur a changé et l’intérieur a été retravaillé depuis les débuts des Beatles. Mais il y a cette magie, comme si… mais non, ILS sont présent. Il y a quelques marches à descendre, avec cette impression de tourner en rond. Mais chaque virage, sur ce mur peint en noir anthracite, nous rappelle, avec cette inscription en blanc, presque surnaturelle : Cavern Club.

Au fond, une salle en brique rouge sang et une lumière très tamisée . Il n’y a juste que l’estrade, celle des Beatles, qui est éclairée. Le reste est très sombre, juste illuminé par quelques bougies. Le tout confère d’un mausolée. Je m’installe avec mon ami sur une petite table carrée , en face de l’endroit où les Beatles se sont représentés 272 fois. Je prends deux bières au bar. Peu de monde, nous sommes dix, maximum. Mais il y a une force immense qui passe. Immense . Evidemment, la musique qui sort des hauts parleurs est celle des Beatles . J’explique quelques histoires Beatlesiennes à mon ami. Et puis je sens l’émotion me monter. Je veux faire comme d’habitude, ne rien paraître , j’allume une cigarette comme un gros dur, je bois une grosse goulée, j’assaille de jouer ….et puis plus rien.

Rien. Je m’imagine, Phil, au Cavern Club. Mais je m’imagine pas, j’y suis… je prends conscience du réel…

J’essaye de parler. Rien. J’essaye de…rien. Je suis cloué, comme un con. Je baisse la tête, avec la sèche au bec, je veux pas que mon ami assiste à ça.

Même si je sais qu’il a compris…ça restera entre nous.

Deux petits jeunes me demandent de faire une photo d’eux. Ca me sort de ma torpeur. Je leur demande de faire pareil. Je souris. Je me dis que l’avenir des Beatles est en eux. Ils doivent penser que je suis un vieux con nostalgique. J’en ai rien à foutre. Je suis heureux. Beatles for ever.

15 MARS 2002 : QUAND LIVERPOOL SE SOUVIENT DE JOHN LENNON EN INAUGURANT LE « LENNON AIRPORT »

C’est le 15 Mars 2002, que Liverpool inaugurait son nouvel aéroport, baptisé « John Lennon Airport ». Yoko Ono, veuve du Beatle assassiné, assistait à cet évènement, et présentait alors au public la statue de son feu mari qui orne désormais le hall de l’aéroport.

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