Panorama sur 4 carrières en solo

Parce que John Lennon a été assassiné en décembre 1980, la reformation des Beatles n’aura jamais lieu. Pourtant, quinze ans après le crime, le 4 décembre 1995, est paru « Free As A Bird », le 28e simple des Fab Four pour EMI. A partir d’une démo de John cédée par Yoko Ono, les trois survivants ont élaboré une chanson avec de vrais morceaux de Beatles à l’intérieur et partiellement recréé la magie initiale. Vingt cinq ans après la séparation officielle, contre toute attente, le rêve continuait… Pour Ringo Starr, l’ensemble du projet « Anthology » (une série TV, 3 doubles CD, 2 singles avec un Lennon virtuel, un coffret de 8 VHS et une récente autobiographie) est un rêve éveillé.

Pour Paul McCartney, Yoko et George Harrison, « Anthology » a été l’occasion de ravaler définitivement certaines rancoeurs et de rétablir des relations décentes surtout lorsqu’il s’est agi de faire d’Apple, société toujours dirigée par fexroad manager Neil Aspinall, le Disneyland de la pop. C’est le genre d’idée qui réconcilie tout le monde. Galvanisés par le succès de « Anthology », Paul, George, Ringo et Yoko ont autorisé que les chansons de la bande son de « Yellow Submarine » et toutes celles dont on entend des bribes dans le dessin animé soient remixées pour sa sottie DVD en 1999. On sait que d’autres projets (l’album « Get Back », le film « Let It Be », etc) sont très sérieusement à l’étude du côté de chez Apple. Dans la fin 2000, c’est « 1 », album regroupant les 27 chansons qui ont pointé à la première place des chants d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique, de « Love Me Do » à « The Long And Winding Road », remasterisées mais dans leur mixage original, qui monopolise l’attention des Beatlephiles. Qu’importe si sur cette compilation, la première digne de ce nom depuis les fameux doubles rouge et bleu des années 70 et les deux volumes noir et blanc (« Post Masters ») de la fin des années 80, « Strawberry Fields Forever », seulement numéro 2, est absente, ou si « Something », qui n’a jamais été numéro 1, est présente : après tout, les Beatles, intouchables, sont les derniers maîtres à bord de leur pop universelle. Le 13 novembre dernier, date de la sortie mondiale de « 1 », les Fabs ont également inauguré leur premier site Internet officiel, www.TheBeatles.com, dans lequel ils ont injecté leurs propres idées mises en forme par une équipe internationale de web designers. Le site propose pour l’heure 27 expériences Beatles différentes, chacune d’entre elles étant reliée à une chanson de « 1 » : « Get Back », par exemple, est une reconstitution visuelle et auditive du célèbre concert que les Beatles donnèrent sur le toit de l’immeuble d’Apple situé à Savile Row. « I Wanna Hold Your Hand » introduit une visite guidée du célèbre Studio 2 d’Abbey Road, en pleine séance d’enregistrement, et « Help » propose une mystérieuse expérience interactive grâce à laquelle des participants vont pouvoir s’aider à localiser des instruments et devenir John, Paul, George ou Ringo.

Parce que John Lennon a été assassiné en décembre 1980, la reformation des Beatles n’aura jamais lieu. Pourtant, quinze ans après le crime, le 4 décembre 1995, est paru « Free As A Bird », le 28e simple des Fab Four pour EMI. A partir d’une démo de John cédée parYoko Ono, les trois survivants ont élaboré une chanson avec de vrais morceaux de Beatles à l’intérieur et partiellement recréé la magie initiale. Vingt cinq ans après la séparation officielle, contre toute attente, le rêve continuait… Pour Ringo Starr, l’ensemble du projet « Anthology » (une série TV, 3 doubles CD, 2 singles avec un Lennon virtuel, un coffret de 8 VHS et une récente autobiographie) est un rêve éveillé.

Pour Paul McCartney, Yoko et George Harrison, « Anthology » a été l’occasion de ravaler définitivement certaines rancoeurs et de rétablir des relations décentes surtout lorsqu’il s’est agi de faire d’Apple, société toujours dirigée par fexroad manager Neil Aspinall, le Disneyland de la pop. C’est le genre d’idée qui réconcilie tout le monde. Galvanisés par le succès de « Anthology », Paul, George, Ringo et Yoko ont autorisé que les chansons de la bande son de « Yellow Submarine » et toutes celles dont on entend des bribes dans le dessin animé soient remixées pour sa sottie DVD en 1999. On sait que d’autres projets (l’album « Get Back », le film « Let It Be », etc) sont très sérieusement à l’étude du côté de chez Apple. Dans la fin 2000, c’est « 1 », album regroupant les 27 chansons qui ont pointé à la première place des chants d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique, de « Love Me Do » à « The Long And Winding Road », remasterisées mais dans leur mixage original, qui monopolise l’attention des Beatlephiles. Qu’importe si sur cette compilation, la première digne de ce nom depuis les fameux doubles rouge et bleu des années 70 et les deux volumes noir et blanc (« Post Masters ») de la fin des années 80, « Strawberry Fields Forever », seulement numéro 2, est absente, ou si « Something », qui n’a jamais été numéro 1, est présente : après tout, les Beatles, intouchables, sont les derniers maîtres à bord de leur pop universelle. Le 13 novembre dernier, date de la sortie mondiale de « 1 », les Fabs ont également inauguré leur premier site Internet officiel, www.TheBeatles.com, dans lequel ils ont injecté leurs propres idées mises en forme par une équipe internationale de web designers. Le site propose pour l’heure 27 expériences Beatles différentes, chacune d’entre elles étant reliée à une chanson de « 1 » : « Get Back », par exemple, est une reconstitution visuelle et auditive du célèbre concert que les Beatles donnèrent sur le toit de l’immeuble d’Apple situé à Savile Row. « I Wanna Hold Your Hand » introduit une visite guidée du célèbre Studio 2 d’Abbey Road, en pleine séance d’enregistrement, et « Help » propose une mystérieuse expérience interactive grâce à laquelle des participants vont pouvoir s’aider à localiser des instruments et devenir John, Paul, George ou Ringo.

MCCARTNEY-LENNON : RENCONTRES DE DEUX TYPES

De nombreux témoignages confirment que John et Paul se sont bien revus après la séparation des Beatles (une dizaine de fois à peu près) et se sont parlé au téléphone (au moins autant). Ce qui est sûr également, c’est que, hormis le réel plaisir de se rencontrer, à chaque fois rapporté par les témoins de ces rares instants, rien de fondamentalement passionnant n’est sorti de ces entrevues. Comme s’en souvient May Pang, compagne de John durant son lost weekend de deux années, Paul, Linda et leurs enfants rendirent parfois visite à John à Los Angeles ou à son appartement de la 52e tue à New York, au même titre que Mick Jagger ou David Bowie, compagnons de haute débauche de ces années là. Paul et Yoko l’ont confirmé, il est également arrivé que le couple McCarmey débarque au Dakota (sur Central Park West), avec plus ou moins de bonheur. Parfois tous allaient dîner ensemble au restaurant, mais il est arrivé que john ne fasse pas monter son ex bassiste sous prétexte qu’il arrivait à l’improviste et tombait pile à l’heure de changer les couches de Sean ou cuire le pain. Lorsque les McCartney parvenaient à pénétrer l’enceinte du Dakota, John restait le plus souvent sur son lit, à plaquer des accords de guitare acoustique scotché à la télé. Parfois également, Yoko, grande parano, empêchait Paul et Linda d’approcher Sean. Une fois pourtant, le 24 avril 1976, les deux couples particulièrement excités après une soirée arrosée (marquée par la fausse annonce de l’apparition des Beatles à « Saturday Night Live » alors qu’ils regardaient justement le début de l’émission) furent sur le point d’aller enregistrer un petit quelque chose ensemble mais, au dernier moment, John, trop fatigué, décida de laisser tomber.

Les deux seules fois où John et Paul ont refait de la musique dans une même pièce après la séparation remontent à la fin mars 1974, lorsque Lennon produisait « Pussy Cars » pour Harry Nilsson aux studios Burbank de Los Angeles. A cette époque, John avait transformé sa villa de Santa Monica en studio d’enregistrement pour taper le boeuf avec ses amis le week end. En ville avec les Wingspour répéter leur spectacle avant une tournée américaine, Paul et Linda passèrent au studio sans être annoncés : « SalutJohn » fit Paul en se dirigeant directement sur lui. « Comment fa va ?« lui répondit ce dernier, poli. »Super ; et toi ? »demanda Paul. ‘Je suis OK’ ; fit John. Le reste appartient à l’Histoire puisque, cette fois là à Burbank et deux jours plus tard chez John, les deux compositeurs les plus fameux de la pop music, entourés d’amis tels que Stevie Wonder, interprétèrent ensemble de vieux standards Paul ne joua que de la batterie mais chanta toutes les harmonies vocales parmi lesquels « Subterranean Homesick Blues » et « Midnight Special ». A deux reprises donc, Paul ne dissimula pas son plaisir de rejouer avec son vieux complice sur ses gardes par principe mais qui, plus tard, interrogé à propos de ces jams impromptues, les qualifia d’ « intéressantes ». Le plus cocasse est que, happé par Sunset (et le duo gagnant Keith Moon/ Harry Nilsson), Ringo manqua ces deux moments historiques. Après le départ des McCarmey, le batteur rentra chez John (où tout ce joli monde habitait alors) et remarqua qu’on avait joué sur son instrument. « Putain, quelqu’un a tripoté ma caisse claire ! » Fit il remarquer, furieux. Un sourire vissé au coin de ses fines lèvres, John décocha : ‘Ah oui, pardon. Paul était là tout à l’heure. C’est lui qui a joué de ta batterie. « La légende veut que Ringo se pinça si fort qu’il dessoûla d’un coup.

LE SCOOP

Ainsi donc, les Beatles n’auront jamais rejoué ensemble en quatuor. Sarcastique, George déclare depuis vingt ans que le groupe ne se reformera qu’en présence de John (ce qui ne l’a pas empêché de collaborer à la lucrative « Anthology » et sûrement d’exiger la présence de son « Something » sur « 1 ») mais on sait que Ringo se serait assis sur son tabouret au moindre coup de sifflet d’un des deux leaders. Paul, pour sa part, a toujours eu le sentiment que si John n’avait pas été assassiné, les Beatles se seraient certainement reformés à l’occasion d’un événement humanitaire comme « Live Aid » par exemple, auquel il participa (ainsi qu’à d’autres concerts de charité par la suite), seul au piano, le temps d’un « Let It Be » de triste mémoire puisque interprété devant un micro débranché. Le plus troublant est un scoop puisque l’information fut livrée à votre serviteur au début des années 90 par Glyn Johns, producteur réputé (Led Zeppelin, Téléphone) et ingénieur du son de la majeure partie des séances du Double Blanc. Selon Glyn, John et Paul se seraient souvent téléphoné durant le dernier trimestre 1980. On sait que John comptait tourner en Europe pour promouvoir « Double Fantasy » mais on ignorait qu’il avait demandé à Paul de se renseigner sur la disponibilité de certains studios susceptibles de l’accueillir lui, John Lennon, au même titre que ses prochaines chansons et peut être, un certain Paul McCartney.

PAUL MCCARTNEY

Des trois ex Beatles, après avoir joué au Beethoven de studio à l’oreille affûtée, Paul est le seul à qui un vrai groupe manque dès le début des années 70. Perturbé par la séparation et ses conséquences juridiques, déçu par l’accueil réservé à « McCartney », son premier album solo publié en 1970, rudimentaire mais abritant entre autres le splendide « Maybe I’m Amazed » les premières copies ont été vendues avec une interview dans laquelle le bassiste stipulait qu’il ne jouerait plus jamais avec ses trois célèbres collègues Paul va trouver en Wings une formation sécurisante. Attribuant à sa femme un rôle de musicien officiel (claviers, choeurs et tambourin, rarement les trois à la fois), il publie un single folky, « Another Day », puis enregistre avec elle et une poignée de musiciens de studio new yorkais l’impeccable « Ram », au recto de la pochette duquel on aperçoit deux scarabées en train de copuler. John en raillera le verso au recto de son « Imagine », en posant avec un cochon. Haï ou adoré, « Ram »est l’un des favoris de Paul (et de bon nombre de ses fans). Il en fera paraître plus tard une version instrumentale sous le pseudonyme Percy Thrills Thrillington, disponible en CD depuis 1995. Stimulé par la réception critique de ce disque, Paul conserve Denny Seiwell, le batteur de « Ram » et s’adjoint les services de l’ex Moody Blues Denny Laine, guitariste/chanteur émérite, qu’il considérera plus comme un sideman dont il exploitera les talents sur scène comme en studio qu’un véritable partenaire d’écriture. Baptisée Wings, cette formation publie le très laid-back « Wings Wild Life » on y trouve « Dear Friend« , la poignante réponse de Paul au »How Do You Sleep » de John en décembre 1971, un peu plus de six mois après « Ram ». Puis le groupe part en tournée anglaise (il se produira l’année suivante en première partie de Brinsley Schwartz) dans un bus et se présente dans les universités en proposant d’y jouer le soir. L’été de la même année, les Wings écument le Sud de la France dans des conditions à peu près similaires et donnent un show mémorable à Juan les Pins.

 

Comme son prédécesseur et la plupart des albums des Wings, groupe auquel une partie du public reprochera toujours de ne pas être les Beatles, « Red Rose Speedway » de 1973 est laminé par la critique mais se vend copieusement, notamment grâce au tube « My Love ». Paul s’attire bientôt d’autres foudres en publiant en single la comptine « Mary Had A Litde Lamb » (enregistrée pour plaire à sa fille Mary qui adorait entendre son nom dans une chanson) et surprend tout le monde avec les controversés « Hi, Hi, Hi » (dédié à une certaine substance et donc banni) et « Give Ireland Back To The Irish » (comme son titre l’indique). Cette même année, Paul retrouveGeorge Martin qui produit la chanson « Live And Let Die » pour l’épisode de James Bond du même nom (le premier avec Roger Moore, la chanson sera nominée aux Oscars) et les Wings sortent l’album que beaucoup considèrent comme le chef d’oeuvre post Beatles de Paul, « Band On The Run ». Avec la moitié du groupe (Denny Seiwell et l’ex Grease Band Henry Mccullough, un second guitariste) refusant de partir enregistrer à Lagos la veille du départ, des démos volées au trio dès son arrivée en Afrique, un studio en construction et un arrangeur talentueux à peine crédité dans les remerciements (Tony Visconti), « Band On The Run » est une véritable saga qui, à elle seule, justifierait un article à part entière. Embrasé par ses nombreux tubes (« Band On The Run », « Jet », « Let Me Roll It »), ce disque va contribuer à faire des Wings l’une des formations les plus populaires des années 70. Malgré d’incessants changements de personnel, le groupe continue de publier de bonnes choses

« Venus And Mars » en 1975, « Wings At The Speed Of Sound » (« Silly Love Songs » et « Let’Em In », encore des tubes…) et « Wings Over America », le live de la tournée américaine du groupe au cours de laquelle, pour le plus grand bonheur des fans, Paul se paye le luxe, dix ans après le dernier concert des Beatles aux USA, de reprendre des chansons du quatuor mythique (« I’ve Just Seen A Face », « Yesterday », « Lady Madonna » ou « Blackbird »). Durant cette tournée mondiale, les Wings se produisent devant deux millions de spectateurs et deux documentaires, « Wings Over The World« et »Rock Show », indisponibles en VHS depuis longtemps, seront tournés.

Plus populaire encore que n’importe quel simple des Beatles, la ballade folklo « Mull Of Kintyre » cocomposée par Denny Laine qui, alors salarié (au même titre que Linda d’ailleurs), ne verra que le reflet de la couleur de son argent, permet aux Wings de décrocher leur plus gros succès. Les albums « London Town » de 1978 (en trio), contenant pourtant les standards McCartneyiens « l’m Carrying » ou « With A Little Luck« , et »Back To The Egg » le dernier album des Wings, rehaussé par un « Rockestra Theme » interprété par une brochette de rockers réunissant Hank Marvin, David Gilmour, Pete Townshend et Ronnie Lane, bien que toujours accueillis favorablement par le public, sont toujours aussi mal perçus par la critique. Quelque part, Paul sait déjà qu’il volera bientôt de ses propres ailes. Année noire pour les Beatles, 1980 ne débute pas bien pour Paul qui se fait arrêter puis emprisonner au Japon, pour possession de cannabis. Alors qu’à cause de sa réputation de fumeur de pot invétéré, les autorités japonaises ont toujours été particulièrement méfiantes à son sujet (et avaient jusque là refusé deux fois aux Wings l’autorisation de se produire au pays du Soleil Levant), on ne sait toujours pas ce qui a pu se passer dans sa tête pour qu’il tente de passer la frontière avec un morceau à fumer grand comme la main, rangé près du dentifrice dans sa trousse de toilette. Paul derrière les barreaux, les autres Wings, écœurés que leur patron ait mis une tournée sold out et lucrative en péril aussi sottement, retournent en Angleterre (leur dernière prestation reste donc celle donnée fin 1979 dans le cadre d’un concert pour le Kampuchéa). Aussitôt rentré, Denny Laine compose « Japanese Tears » que Paul prend comme une attaque personnelle et ajoute au contentieux. Après huit jours de prison, il retourne en Angleterre et ne réapparaît en public que plusieurs semaines plus tard pour assurer la promotion de « McCartney II » album aussi rustique que « McCartney », enregistré seul et recelant au moins deux réussites : le très new wave « Coming Up » et le somptueux « Waterfalls ».

 

« Allô ?demande la voix d’enfant. Qui est à l’appareil ? » Yoko balbutie en reprenant ses esprits « Euh, est ce que ton papa est là, c’est Yoko… » Quelques secondes plus tard, Paul prend le téléphone : « Yoko ? fait-il apparemment surpris et presque inquiet. Que se passe t il ? »Elle essaye de se contrôler : « C’est John, il est mort. Quelqu’un l’a tué, c’est incroyable.  »

Même Linda ne peut rien. II y a là, dans la cuisine de sa ferme du Sussex, un homme cassé en deux par la nouvelle tombée d’Amérique ce 9 décembre 1980. Sans dire un mot à quiconque, Paul avale son petit déjeuner, se lave, se rase et s’habille puis se rend, au volant de sa Volvo grise, à une séance d’enregistrement prévue aux studios Air avec George Martin et Denny Laine. Aux journalistes qui l’assaillent à chaque extrémité de la route, il ne déclare que des platitudes polies, faute de pouvoir en dire plus, du genre c’était un grand homme, on se souviendra de son oeuvre, bla blabla. Arrivé à Air, Paul rappelle Yoko pour la réconforter mais c’est elle qui le fait. Consciente que la relation de son mari avec l’homme qui tremble de l’autre côté de l’Atlantique vole bien au dessus de toutes les rancoeurs, elle lui dit les seuls mots qu’à ce moment précis, il veut entendre, de sa bouche à elle : oui, malgré les attaques verbales répétées et les sarcasmes incessants, il l’aimait comme un frère. Et oui, il était secrètement fier de la réussite de Paul en solo et n’a jamais oublié que c’était lui, personne d’autre et avant tout le monde, qui avait su juger ce talent là. Les disputes n’étaient rien comparées à la réelle nature des sentiments qui les unissaient. Après avoir raccroché, Paul passera la journée à enregistrer, comme si de rien n’était, chose qu’on lui reprochera énormément par la suite. Bien évidemment, personne à cette séance n’est dupe. Chacun a compris que Paul travaille pour ne pas sombrer, pour ne pas penser à son ami tombé sous les balles d’un fou alors que tout n’était peut-être pas explicitement réglé entre eux.

Après l’assassinat de John, les trois Beatles survivants développent une paranoïa bien compréhensible et disparaissent pour quelque temps. En 1982 et 1983, Paul publie deux albums d’excellente facture, « Tug Of War » et « Pipes Of Peace », remarquables notamment à cause de duos avec Stevie Wonder (« Ebony & Ivory », Paul est un fan depuis longtemps et lui avait adressé un message en braille sur la pochette de « Red Rose Speedway ») et Michael Jackson (« Say Say Say’), de la présence de Ringo Starr, batteur sur « Pipes Of Peace », de la chanson « Here Today », l’hommage de Paul à son compagnon de route assassiné, et de la production du cinquième Beatle George Martin, devenu dur de la feuille mais toujours habile pour écrire un arrangement.

C’est à cette époque que Paul apprend que Lew Grade, président de ATV, un puissant consortium éditorial qui détient entre autres les droits de la société Northem Songs, propriétaire de 263 chansons parmi lesquelles toutes celles signées LennonMcCartney, est prêt à se séparer du précieux catalogue. Grade téléphone personnellement à Paul en insistant sur le fait que la première offre lui est adressée et qu’il souhaite ardemment qu’elle retienne son Attention. Grade précise qu’il lui abandonnera Northern Songs contre 20 millions de livres et Paul, stupéfait à l’idée de devoir débourser une telle somme pour récupérer ses propres chansons, prend le temps de la réflexion. Après avoir demandé conseil à la famille de Linda les Eastman sont des avocats et hommes de lois réputés il décide, plutôt que de tenter d’acquérir seul le catalogue au risque qu’on lui reproche de s’accaparer au passage la moitié de John, de suggérer à Yoko de faire l’acquisition avec lui. Ainsi, selon ses termes, les chansons resteront dans la famille. Même si certains dires de la veuve ne confirment pas cette version aujourd’hui, il apparaît pourtant que cette dernière a essayé de faire baisser le prix par des moyens que même Paul ignore, bloquant la situation jusqu’à ce 10 août 1985 fatidique où le monde apprend que Michael Jackson, contre une somme approchant les 40 millions de livres, a fait l’acquisition de l’ensemble du catalogue Atv et donc de Northern Songs. Paul, le premier à avoir conseillé à Jackson d’être plus circonspect au plan financier, lui ayant expliqué comment toucher de conséquents dividendes en acquérant des catalogues (ce que MPL faisait régulièrement depuis le rachat des chansons de Buddy Holly), jura qu’on ne l’y reprendrait plus.

McCartney consacre l’essentiel de l’année 1984 à son film « Give My Regards To Broad Street », une sympathique histoire de vol de bandes qui suscite à peu près autant d’intérêt que « Magical Mystery Tour » sept ans plus tôt. Porté sur les écrans à grand renfort de publicité, ce long métrage ne reste que peu de temps à l’affiche mais heureusement, sa bande originale pour laquelle Paul revisite quelques uns de ses standards Beatles (« Good Day Sunshine« , »Eleanor Rigby« , »Here There And Everywhere ») est toujours disponible au catalogue EMI. Contre toute attente et après des années de tergiversations, Paul fait énormément parler de lui en 1985 grâce à la chanson de la comédie « Spies Like Us » et un film d’animation « Rupert And The Frog Song ». Mettant en scène le célèbre (en Angleterre) ours Rupert, ce court métrage agrémenté de la comptine au merveilleux clip « We All Stand Together », lors de sa parution en VHS, va pulvériser tous les records de vente sur ce support. Sorti l’année suivante, l’album « Press To Play », le premier de Paul en trois ans et le single « Once Upon A Long Ago », suscitent enfin l’admiration de la presse même si, pour la première fois, le public s’en désintéresse ostensiblement.

Fan de vrai rock’n’roll depuis ses débuts et désireux de saluer à sa manière la perestroïka, Paul publie l’album de reprises « Chopa B CCCP » sur le territoire russe. Le disque est tellement piraté qu’une sortie mondiale est rapidement envisagée.

En la personne d’Elvis Costello, Paul trouve en 1988 un autre partenaire digne de ce nom, et la paire va cosigner cinq chansons sur l’album « Flowers In The Dirt » parmi lesquelles l’excellente « My Brave Face ». Ravi de faire à nouveau l’unanimité presse et public plébiscitent ce disque Paul, soutenu par un groupe très efficace (avec Robbie McIntosh des Pretenders et l’exAverage White Band Hamish Stuart aux manches), part pour une tournée mondiale qui reste sa plus populaire à ce jour : le 21 avril 1990, il se produit au Maracana Stadium de Rio de Janeiro devant 184 000 Brésiliens, pulvérisant le record d’affluence à un concert de rock. Libéré, il revisite son répertoire solo avec fougue et élégance, joue même les Beatles à lui seul en recréant des copies carbone de titres comme « Can’t Buy Me Love », « Things We Said Today« ou »Hey Jude », présentes en bonne place sur le double CD « Tripping The Live Fantastic ». Victime consentante de la mode, Paul publie en 1991 un album Unplugged et inaugure une série de projets classique en enregistrant avec l’aide du compositeur Carl Davis, « The Liverpool Oratorio », également interprété en la cathédrale de Liverpool plus tard dans l’année. Sobrement intitulé « Working Classical », son disque le plus récent dans cette veine est paru il y a quelques mois. En 1993, le single « Hope Of Deliverance« précède la sortie de l’album »Off The Ground », moins réussi que le précédent mais également suivi d’une tournée mondiale (au cours de laquelle Paul semble en moins bonne forme vocale) et d’un autre disque en concert (« Paul Is Live »). Sur la pochette, il traverse seul (avec son chien) le célèbre passage protégé situé à Abbey Road. Indisponibles actuellement, des VHS sont parues dans la foulée de ces tournées monstres.

Durant les années 90, Paul continue de mener aux côtés de Linda des actions plus ou moins spectaculaires avec le mouvement PETA (pour la protection des animaux), contribue financièrement au Liverpool Institute for Performing Arts, sorte de faculté extraordinaire Pete Townshend est l’un des professeurs où l’on étudie l’art du spectacle, et commence à exposer certaines de ses oeuvres de peintre. Malheureusement, il accompagne également sa femme chez tous les cancérologues de la planète. Linda meurt en avril 1998, un an après la parution du dernier album de compositions originales de son mari. « Flaming Pie », avec George Martin et Ringo Starr, pourtant de très bonne qualité, est un flop, signe indéniable que cette fois, les temps ont changé. Toujours prompt à s’adapter aux tendances musicales, Paul a publié en 1993 et 1998 deux disques de musique électronique sous le pseudonyme trompeur The Fireman et a récemment collaboré à la bande son d’une exposition de Peter Blake (le Photographe de la pochette de « Sgt Pepper »), « Liverpool Sound Collage ». En hommage à Linda dont il fait paraître en 1998 la plupart des enregistrements solo (sous forme d’une compilation, « Wide Prairie ») et au profit du Garland Institute, celui qu’il convient d’appeler depuis 1997 Sir Paul est aussi à l’origine du disque (et de la série de concerts) « A Garland For Linda » auquel ont participé plusieurs compositeurs classiques de renom. Cette année, entouré de David Gilmour, Mick Green et Ian Paice, Paul a publié « Run Devil Run », son second album de reprises rock’n’roll (plus trois originales très dans l’esprit) et, pour le promouvoir, s’est produit à la Cavern (reconstruite, comme le Marquee ou l’Olympia, à quelques dizaines de mètres de son lieu original) devant un parterre d’heureux élus.

Marqué par le temps et ses épreuves, Paul a été souvent aperçu en 2000 avec une jeune femme blonde nommée Heather Mills à son bras, avec laquelle il se marie en 2002.

JOHN LENNON

Musicalement parlant, les trois années qui suivirent la séparation des Beatles, pourtant émaillées des dissensions juridiques à couteaux tirés entre Allen Klein, John Lennon, George Harrison, Ringo Starr d’un côté et Paul McCartney de l’autre, comptent parmi les plus fructueuses. En 1971, après son single communard « Power To The People » et un peu avant de quitter le Royaume Uni pour les USA, New York deviendra ensuite le refuge des sombres tourtereaux John et Yoko Lennon publie l’album séminal « Imagine ». Malgré les efforts répétés du gouvernement Nixon pour déporter le couple, John ne foulera plus jamais la terre de ses ancêtres. « Imagine » (également le titre d’un documentaire sur l’enregistrement du disque) est remarquable à cause de la production de Phil Spector, de la contribution de George Harrison, de quelques ballades éternelles et de ses diatribes virulentes à l’égard de Paul (« How Do You Sleep »). Durant les années qui suivront, Lennon va subir d’autres accès de fureur du gouvernement Nixon (qui constituera un dossier conséquent et mettra son téléphone sur écoute), particulièrement exaspéré par ses prises de position politique délibérément provocantes. En accordant un visa à Yoko mais non à John, il apparaît clair aujourd’hui que les autorités couvraient véritablement pour tenter de séparer le couple. Cela se fait naturellement à la mi 1973, lorsque Yoko envoie John à Los Angeles rejoindre ses amis soifrards Harry Nilsson, Ringo Starr et Keith Moon.

 

Ce fameux lost weekend est en fait une sorte de break aménagé par Dame Ono qui pense qu’un temps de séparation (jusqu’en 1975 en fait) va revigorer leur relation. John boit alors tout ce qui passe à portée de ses lèvres et couche surtout avec May Pang, une charmante hôtesse fournie par Yoko, qui épousera plus tard le producteur Tony Visconti. Musicalement, le moins que l’on puisse dire est que John va sérieusement dépérir après « Imagine ». Le politiquement incorrect « Sometimes In New York City« de 1972 et son successeur incohérent, »Mind Games » déplaisent aux fans qui préfèrent encore reprendre en choeur le refrain du single « Happy Xmas (War Is Over) », pourtant pas exactement du calibre de « I am The Walrus ». Durant le last weekend John enregistre le tolérable « Walls And Bridges« (et son fameux single »Whatever Gets You Thru The Night ») et met la touche finale à l’album épique « Rock’n’Roll », produit par un Phil Spector encore au sommet de son art, mais également de ses délires (il tirera quelques coups de feu durant les séances pour rappeler certains musiciens à l’ordre). L’origine de cet album de reprises de standards du rock’n’roll remonte à un engagement que John prit fin 1969, d’enregistrer trois titres du catalogue des éditeurs de Chuck Berry après que ces derniers ont intenté une action en justice pour avoir plagié sa chanson « You Can’t Catch Me », habilement recyclée par John (et Paul c’est lui qui suggérera de ralentir le tempo et de dissimuler le tout derrière un riff de basse tout bonnement fabuleux) dans « Come Together ».

 

Fin 1974, Yoko siffle dans ses doigts et John rentre à New York, laissant May Pang transie d’amour, en petite culotte et sur le proverbial carreau. Après plusieurs fausses couches, Yoko met au monde Sean Taro Ono en octobre 1975 et John se met en tête d’être pour ce second fils le père qu’il n’a jamais été pour Julian. En 1976, toujours très repéré par la CIA et le Fbi, il obtient néanmoins la fameuse carte verte de résident américain qui lui permet de quitter le pays pour se rendre au Japon et surtout de rentrer aux Etats Unis. Entre 1977 et 1979, il se consacre uniquement à Sean, vivant reclus dans l’appartement que possède le couple dans le Dakota building.

L’année 1980 débute bien pour John et Yoko qui prennent le temps de peaufiner leurs démos. En été, ils enregistrent « Double Fantasy » au studio Hit Factory, l’album du come back de John tant attendu (en collaboration plus qu’étroite avec sa femme). Ouvrant par la très explicite « (Just Like) Starting Over », le disque produit par Jack Douglas paraît en novembre et le monde se pâme à l’écoute de « Woman » ou « Beautiful Boy ». A 40 ans, assagi par les années passées au Dakota, le Working Class Hero est presque devenu sociable. Accordant de longues interviews, il évoque le bonheur que lui procurent Yoko et Sean, ses retrouvailles avec Julian et son souhait ardent de repartir en tournée mondiale pour revoir l’Angleterre. Mais John Lennon n’ira plus nulle part. Le 8 décembre au soir, un peu avant 23 heures, un fan taré déleste le chargeur de son P38 de cinq balles qui se logent dans le bras et le dos de son idole qui, quelques heures plus tôt, lui avait pourtant dédicacé son dernier album. Baignant dans son sang au pied du Dakota (« On m’a tiré dessus ! On m’a tiré dessus !’), étreint par Yoko paniquée (« Ce n est pas possible ! Ce n est pas possible !’), John Lennon se meurt. Trois minutes plus tard, il s’éteint dans la voiture de police qui l’emmène à l’hôpital Roosevelt. Yoko Ramasse délicatement les lunettes cassées de John restées sur le trottoir (celles qu’on verra sur la pochette de son futur « Season Of Glass ») et la cassette de « Walking On Thin Ice ».

Cet incroyable assassinat stupéfie le monde autant que celui de John Kennedy en 1963. Des chapelles ardentes sont improvisées à New York (à la requête de Yoko, 400 000 personnes marqueront 10 minutes de silence dans Central Park), Liverpool, Londres, Hambourg et tout autour du globe. Elliott Mintz, une relation de John depuis 1971, a confirmation du décès de la bouche d’une hôtesse de l’air dans l’avion qui l’emmène de Los Angeles à New York après avoir appris la terrible nouvelle : ‘John Lennon est mort ! » hurle t-elle en faisant irruption dans la cabine, laissant Mintz pétrifié sur son siège : ‘Je suis arrivé à 6 heures du matin et la première chose que j’ai remarquée sur le trottoir devant le Dakota, c’était le verre brisé de ses lunettes, la silhouette de son corps marquée à la craie et la mare de sang. Cette image me hantera à jamais. Je suis monté à l’appartement et resté à la porte de la chambre où j’entendais

Yoko pleurer : Je suis resté longtemps silencieux avant de lui murmurer que j étais là et à sa disposition si elle avait besoin de moi. « Mintz va passer trois mois au Dakota pour gérer toutes sorte de problème et resserrer ainsi ses liens avec Yoko. Cette dernière annonce à Sean

le décès de son père dès le lendemain du crime et fait part au monde du communiqué suivant : « J’ai raconté à Sean ce qui s était passé. Je lui ai montré la photo de son père mort en première page du journal et lui ai expliqué la situation. J’ai emmené Sean là où John était allongé après qu’on lui a tiré dessus. Sean a voulu savoir pourquoi cette personne avait tiré

sur John si elle l’aimait je lui ai dit qu’elle devait avoir des problèmes. Sean m’a dit qu’on devrait s’assurer de savoir si cette personne avait effectivement des problèmes ou si elle voulait vraiment tuer John. Je lui ai dit que la cour (court, en anglais) déciderait et il m’a demandé s’il s’agissait d’un court de tennis ou d’un terrain (court, également) de basket…  »

 

John a été incinéré au Hartsdale Crematorium dans l’Etat de New York et Yoko a instamment demandé à son personnel du Dakota de ne plus jamais rien changer En 2000, vingt ans après cette nuit tragique, alors que John aurait eu 60 ans le 9 octobre, pas un cadre ou un vase n’a été déplacé. Dans (appartement dont les murs blancs n’ont jamais été ornés d’une seule photo des Beatles ou le moindre disque d’or, l’unique signe qu’un musicien habitait là autrefois est un cliché de John, à (âge de 20 ans, à Hambourg.

Par son acte, le malade Mark Chapman (qui, jusqu’à nouvel ordre et malgré de sérieuses rumeurs indiquant le contraire, restera en prison) a empêché à jamais la reformation des Beatles et fait du voyou traumatisé le plus célèbre et fiche du monde, déjà légendaire de son vivant, un martyr que le temps a déifié.

Dès lors, Yoko, la veuve éplorée (déplorée, insistent des mauvaises langues) est devenue la gérante du John Lennon Fstate. Celle de John s’étant tue, la voix de sa femme est cruciale dans toutes les décisions concernant les Beatles comme par exemple la conception du projet « Antholoe », des trois doubles CD d’alternate takes et titres live à la luxueuse autobiographie, en passant par le coffret vidéo dont la sortie en DVD devrait marquer (année 2001. Partie émergée de l’iceberg des activités financières manigancées par Yoko durant les années que John passa à pouponner, le capital musique de son défunt mari est particulièrement bien géré. Dès le 20 février 1981, elle autorise la publication de « Walking On Thin Ice », la chanson à laquelle John et sa femme travaillaient le soir de l’assassinat. Souvent décrite comme un rapace Jetant des morceaux de l’histoire de son défunt mari du haut de son perchoir du Dakota, Yoko a pourtant oeuvré pour le bien de sa carrière posthume en n’autorisant qu’une exploitation parcimonieuse des archives inédites de John qui, de toute façon, ne sont pas aussi conséquentes qu’elle l’a parfois sous-entendu. Parmi les publications gérées par Yoko, toutes excellentes, on peut noter l’album « Milk And Honey » de 1984, des démos que John avait enregistrées pour le successeur de « ‘Double Fantasy », et « Menlove Avenue », un album de chutes de studio des années 70 très orientées rock’n’roll et produites en partie par Phil Spector en 1986. Yoko est également derrière le film « Imagine » de 1988, sorte de biopic agréable à regarder mais totalement révisionniste . Agrémenté de larges extraits du premier « Imagine » rénovés et dirigé par Andrew Solt, ce film paraît en même temps que sa bande son, une compilation des années Beatles et solo à laquelle Yoko contribue en abandonnant à EMI la maquette de « Real Love ». La chanson deviendra le second single des Threetles (les Beatles à trois) reconstitué à partir de la voix de John pour booster le projet « Anthology ».

En 1997, Yoko, également en contrat avec Ryko pour des projets plus underground (et notamment ceux directement affiliés à sa propre carrière solo), autorise la réédition des albums expérimentaux enregistrés par le couple à la fin des années 60

« Unfinished Music » (« Two Vitgins ») , avec la pochette la plus controversée de l’Histoire sur laquelle le couple apparaissait nu et de face, et « Life With The Lion« ), »The Wedding Album« et »Yoko Ono : Plastic Ono Band », (équivalent de l’album que John publia en 1970 mais enregistré par Yoko avec la pochette inversée (c’est elle qui se repose sur lui sous l’arbre). Surtout, Yoko et EMI publient en 1998 « John Lennon Anthology », un splendide coffret 4 CD d’inédits (et un livret photo auquel a contribué le fidèle Bob Gruen) recouvrant (intégralité des années post Beatles. Egalement supervisée par Rob Stevens, « Wonsaponatime » est une compilation des meilleurs moments de « John Lennon Anthology » publiée la même année. En 2000, avant de donner son feu vert pour les parutions de (autobiographie des Beatles et celle de l’album de tous leurs numéros 1 (« 1 »), Yoko a contrôlé les rééditions de « Imagine » : l’album et le film original viennent d’être publiés en CD remasterisé et DVD, « Double Fantasy » et le disque live enregistré à Toronto en 1969 avec le Plastic Ono Band. Quant au label EMI qui distribue toujours Apple, il a géré après le spfit et à sa façon le fonds de catalogue de John en sortant des compilations (« The John Lennon Collection« , »Lennon Legend », le coffret 4 CD « Lennon ») et rééditant régulièrement les singles « Imagine » ou « Jealous Guy » qui, tout comme « Happy Xmas (War Is Over) », ne manquent jamais de réapparaître, même furtivement, dans les chants de fin d’année.

Quoi qu’on en dise et pense, Yoko fait du bon boulot. Présente à toutes les réunions des Beatles depuis celles qui se sont tenues en 1983 pour parler de l’avenir du groupe et d’Apple, elle est peut être plus tolérante, voire moins pénible que son génial mari. Comme Paul McCartney, avec qui elle est sur le point de racheter le catalogue Northem Songs, on lui a fait porter le drapeau du split des Beatles, ce qui est non seulement ridicule mais également infondé. Pourtant, comme en atteste Frederic Seaman, le dernier assistant de John dans son incroyable livre que, tout comme le récent « Lennon In America » de Geoffrey Giuliano, il convient d’appréhender avec des pincettes, Yoko est probablement à l’origine de tractations douteuses tous azimuts. Après tout, cette femme a bel et bien envoyé son mari en vacances prolongées avec une autre, pour faire le point. Mais si les mystères de l’amour sont parfois tortueux, les secrets d’un couple, eux, sont impénétrables. Ce qui est certain, c’est qu’au delà de tout, à leur manière et sans que personne ne soit autorisé à en juger, ces deux là s’aimaient. Deux films série B basés sur leur relation ont déjà été tournés, et un long métrage plus sérieux est actuellement en préparation. Pour jouer le rôle de John, Ewan McGregor a été pressenti. Plus que jamais Yoko habite au Dakota, et elle passe tous les jours à l’endroit où son mari est tombé. Elle occupe ses journées en faisant fructifier son capital (inestimable, comme celui de Paul des chiffres mirobolants sont lâchés à la moindre estimation) ou à dépoussiérer des bandes en studio avec des gens devenus, en vingt ans, d’autres vieux compagnons de route. Sam Havadtoy, cet antiquaire qui conseillait John lorsqu’il voulait offrir un cadeau à Yoko, devenu ensuite un de ses assistants puis le directeur de la Manhattan Bag One Gallery (où ne sont exposées que des oeuvres d’art en rapport avec John), partage sa vie aujourd’hui.

Yoko parle toujours de John qu’au présent comme s’il était dans la pièce d’à côté. Sean habite dovvntown et, sa guitare sur le dos, lui rend visite presque tous les jours. Elle se ballade le matin dans Central Park mais on ne l’aperçoit jamais aux. abords de Strawberry Field, ce coin du parc transformé en jardin aux essences rares en mémoire de son mari. Yoko Ono est devenue le fantôme de son amour.

RINGO STARR

Après avoir publié deux albums fort honorables en 1970 (« Sentimental Journey », un disque de reprises des années 30 et 40, et « Beaucoups Of Blues », le bien nommé), Ringo squatte les charts en 1971 et 1972 avec deux simples, « It Don’t Come Easy » (signé George Harrison) et « Back Off Boogaloo », oeuvrettes efficaces et sans prétentions. Touche à tout inspiré, Ringo participe aux concerts pour le Bangladesh, réalise « Born To Boogie » un documentaire hystérique sur son ami Marc Bolan dont le groupe T-Rex ravage alors l’Angleterre et fait occasionnellement l’acteur comme en 1973 dans « That’ll Be The Day », le film qui révélera David Essex. La même année, Ringo sollicite le producteur Richard Perry et s’attelle enfin à un vrai premier album : « Ringo ». On le sait, hormis les deux singles reconstitués par Paul, George et Ringo à partir des démos de John (« Free As A Bird » et « Real Love »), cet album est le seul disque post Beatles qui réunit les Fab Four : John, Paul et George composent tous les trois des chansons, George dirige la plupart des séances, cosigne « You And Me (Babe) » avec Mal Evans (le fidèle assistant du quatuor), « Photograph » avec Ringo et écrit seul « Sunshine Life For Me ». Paul et Linda composent et enregistrent « Six O’Clock », et John fait don de la très ironique « I’m The Greatest » que Ringo saura faire sienne. Sur cette chanson, John joue du piano, Ringo de la batterie et George de la guitare.

En 1974, Ringo est batteur sur « Pussy Cars », l’album de Harry Nilsson que John produit pendant son lost weekend. Lennon compose également « Goodnight Vienna » pour le disque de Ringo du même nom, produit par Richard Perry. Séparé de sa femme Maureen à la même période, l’ex Beatle se métamorphose en Jet setter réputé qui, de Los Angeles à Monaco, ne laisse plus dans son sillage aléatoire que des relents d’alcool forts. Ring O’ Records, le label qu’il monte en 1975 (avec lequel il ne signera jamais…) deviendra très vite de l’histoire ancienne. Du fond d’un verre, il fait paraître « Ringo’s Rotogravure », un premier disque pour Polydor qui marque également son déclin musical jusqu’à l’impeccable « Time Takes Time » de 1992. Ringo enregistre ensuite deux autres albums catastrophiques et se fait finalement mettre à la porte de Polydor.

En mai 1980, l’ex batteur des Beatles et sa nouvelle fiancée, l’actrice Barbara Bach rencontrée sur le tournage du film « Caveman » (dans lequel ils jouent tous les deux) sont victimes d’un terrible accident de voiture qui manque de leur coûter la vie. Persuadé que leur survie est un signe du destin, Ringo épouse Barbara quelques mois plus tard, en présence de George et Paul. La noce qui s’achève à Rags, un célèbre night club londonien, fera beaucoup plus de bruit que « Stop And Smell The Roses », l’album que Ringo publiera en novembre 1981, ou « Old Wave » dont le titre pied de nez au courant musical de l’époque n’amusera personne.

Pour Ringo également, l’événement le plus traumatisant de la décennie est l’assassinat de John. C’est la soeur de Barbara qui annonce au batteur et à sa femme, alors en vacances au Bahamas, qu’on a tiré sur Lennon. Ringo transmet la nouvelle à Cynthia en téléphonant chez son ex femme Maureen qui, justement, l’héberge ce soir de décembre 1980. Ringo et sa femme sautent dans le premier avion pour New York et se rendent au Dakota escortés par cinq gardes du corps. Ils se frayent difficilement un chemin à l’intérieur de l’immeuble, se battant même avec quelques chasseurs d’autographes. Le pire les attend en haut. Yoko ne souhaite voir que Ringo et laisse Barbara dans une autre pièce. Il insiste et est finalement rejoint par sa femme. Dans sa grande mansuétude, Yoko autorise le couple à jouer avec Sean… Procurer un peu de joie au fils de son ami suffit à Ringo qui, en partant, croise Julian Lennon débarquant d’Europe dans le hall d’entrée.

Bientôt sans contrat discographique, de plus en plus dépendant de l’alcool, Ringo signe avec une station de radio pour raconter l’histoire des Beatles en épisodes, continue de fréquenter les défilés de mode et attire finalement de nouveau l’attention des jeunes, en prêtant sa voix à la série animée et extrêmement populaire dans les pays anglo saxons, « Thomas The Tank Engine And Friends ». Il tourne également avec les Beach Boys et offre sa contribution au projet anti apartheid Sun City. Avec George, Ringo participe en 1985 à un hommage télévisé à Carl Perkins qui lui donne l’occasion de se frotter à nouveau au rock’n’roll de sa jeunesse. En 1987, il rejoint George sur la scène du Prince’s Trust Concert pour une version de « With A Little Help From My Friends » et enregistre à Nashville sous la houlette de Chips Moman un album tellement arrosé de vin rouge qu’il est à ce jour heureusement resté inédit. A la fin des années 80, Ringo et Barbara prennent la bonne décision de suivre une cure de désintoxication puis, pour garder l’esprit occupé, Ringo monte la première tournée du All Starr Band. Réunissant autour de lui des amis aussi divers que Rick Danko, Todd Rundgren, Nils Lofgren, Billy Preston ou Joe Walsh, Ringo part sur les routes américaines défendre le meilleur de son maigre mais enthousiaste répertoire et celui de ses amis participants. Il répétera cette formule jusqu’à l’été 2000 où, à l’âge de 60 ans, il est apparu sur scène avec Jack Bruce, Ginger Baker et Dave Edmunds.

Non content d’avoir passé les années 90 à élaborer le projet « Anthology » avec Paul, George et Yoko, Ringo s’est lui aussi prêté au jeu des interviews à répétition pour qui voulait se faire servir, peut être sans acuité mais de façon toujours truculente Ringo est un monstre d’humour qui, s’il n’a pas décidé de répondre à toutes les questions par « Suivante ! » fait se tordre de rire les journalistes d’épaisses tranches de vie Beatlesiennes. Il a tourné de nombreuses fois avec le All Starr Band aux USA, au Canada, au Japon et en Europe. Mais le plus réjouissant bien sûr est que Ringo, en plus de quelques enregistrements live avec le All Starr Band, a publié deux albums durant cette période, le très honorable « Vertical Man » de 1998 et surtout ce « Time Takes Time », six ans auparavant, sans conteste son meilleur disque depuis « Ringo ». Grâce aux producteurs Don Wes, fan inspiré et alchimiste génial, Jeff Lynne (fan aussi, c’est certain), Peter Asher et Phil Ramone, tous grands rapporteurs de chansons, Ringo s’est retrouvé à la tête d’un répertoire d’une décence à laquelle il n’était plus habitué (« The Weight Of The World« , »Don’t Know A Thing About Love« , »In A Heartbeat« , »What Goes Around »). Bien dans sa voix et derrière ses fûts on l’imagine en studio, dodelinant du chef, tapant les peaux comme Al Jackson ou Doug Clifford entouré de Jellyfish (pour les choeurs) ou Benmont Tench aux claviers qu’on n’entend pas (c’est un compliment), Ringo a enregistré, sans même le savoir, un disque qui figure dans le Top 5 de ce que les Beatles ont enregistré de meilleur en solo. Malheureusement, les ventes, comme celles de son successeur ne suivront pas. Il s’est consolé en regardant les CD de « Anthology » partir par wagon et son fils Zak, batteur costaud, jouer avec les Who.

 

John Lennon rejoint le Rock’n Roll Hall Of Fame en 1994, les photos de Paul et Yoko tombant dans les bras l’un de l’autre ont fait le tour du monde et Paul McCartney, en 1999. A cette occasion, sa fille modiste Stella qui l’accompagne arbore un tee shirt particulièrement édifiant : la phrase About fucking time ! (Il commençait à être sacrément temps) trône sur sa splendide poitrine et elle serre très fort son père dans ses bras avant qu’il monte sur scène interpréter quelques babioles de son cru comme ce « Yesterday »qu’il ne traverse plus qu’en solitaire. Le regard perdu dans un passé si envahissant qu’il lui sert également d’avenir, Paul passe les premiers accords de la chanson la plus populaire de tous les temps et lève sa paupière gauche, un peu comme sur ces images filmées au Hollywood Bowl. Ses pieds touchent encore terre mais il est déjà en partance pour les éclairages qui pendent du plafond, les lambris dorés et bien au delà. Cette route là, Paul McCartney le sait mieux que quiconque, est longue et ventée.

GEORGE HARRISON

Assez ironiquement, le Beatle Timide débute sa carrière solo en obtenant plus de succès que les trois autres réunis. Pour beaucoup, « All Things Must Pass », son triple album paru en 1971 et produit par Phil Spector (dont certain titres, destinés aux Beatles furent mis en chantier durant les séances du projet avorté Get Back) est un chef d’oeuvre. Extrait en single, « My Sweet Lord » caracole en tête des charts une bonne partie de l’année quoique ce succès sera estompé par un procès pour plagiat de « He’s So Fine », un vieux succès des Chiffons, intenté par les détenteurs de leurs droits éditoriaux. Grisé par la gloire, George se sent également assez fort pour organiser le projet Bangla Desh et donner, entouré d’amis parmi lesquels Ravi Shankar, Eric Clapton, Bob Dylan ou Ringo Starr, deux méga concerts de charité le ler août au Madison Square Garden de New York Immortalisés par un album live qui paraît la même

année, présenté comme « All Things Must Pass » sous la forme d’un luxueux coffret et d’un film de Sol Swimmer, ces concerts rapporteront de l’argent dont seule une partie infime arrivera effectivement en Inde. Curieusement, après ces événements pourtant gratifiants, George va connaître un sérieux déclin au plan musical (jusqu’en 1987). Après une absence de plusieurs mois, il publie « Living In The Material World » en 1973, dont l’Histoire ne retiendra que « Give Me Love (Give Me Peace On Earth) », un premier single pertinent mais qui ne rassasiera personne.

En 1974, George remonte sur scène aux USA sauf que, malgré une bonne réception du public, la presse éreinte ces prestations, ce qui le mine plus que de raison. Lorsqu’à la même époque, sa femme Pattie le quitte pour son meilleur ami Eric Clapton, George coule comme un poids mort. Une fois parvenu au fond des choses et de lui même, il donne un coup sec et remonte comme un bouchon à la surface pour fonder Dark Horse, son propre label, et signer quelques artistes qu’il affectionne dont le groupe Splinter. Il publie dans la foulée le disque « Dark Horse« puis »Extra Texture (Read All About It) », en 1975, qu’il considère lui même comme son pire album. Cruel, mais pas faux. Tout ne pouvant pas être exclusivement mauvais, George remarque la jolie Olivia Arias dans les bureaux américains de son label et l’épousera trois ans plus tard. Après un changement de distribution (de A&M à Warner Bros), George sort en 1976 son meilleur disque depuis « All Thing Must Pass », « Thirty Three And 1/3 ». Présente sur cet album, « This Song« décrit avec humour et philosophie le procès »My Sweet Lord« / »He’s So Fine » que George perdra la même année.

Après un best of et une collaboration au troisième album de Splinter, George publie le très correct « George Harrison » et vole au secours de ses amis Monty Python en coproduisant le film « The Life Of Brian ». C’est le début d’une nouvelle carrière pour le Beatle Tranquille (également grand amateur de course automobile, on l’aperçoit régulièrement parmi les invités prestigieux aux grands prix ou rallyes GTO). Hand Made Films, la société de production créée par George va devenir très active durant les années 80, produisant notamment « Shanghai Surprise » avec Madonna et son époux d’alors, Sean Penn, ou « Mona Lisa », l’un des chefs d’oeuvre de Neil Jordan.

En 1980, en raison des ventes désastreuses de ses précédents disques, George se voit refuser par Warner Bros la parution d’un nouvel album qui ne sortira finalement que l’année suivante sous le nom « Somewhere In England », après avoir retapé certaines chansons défectueuses.

George est chez lui à Friar Park dans la nuit du 8 au 9 décembre. Il dort. Le téléphone qui sonne le fait trembler dans son lit. Sans avoir encore touché au récepteur, il a l’horrible pressentiment qu’à l’autre bout du fil, une terrible nouvelle l’attend. Le grésillement dans le combiné indique que l’appel vient de loin, des USA où habite sa soeur aînée Louise. II serre les dents, se préparant à quelque chose de très mauvais. Louise lui annonce que John est mort. George est pétrifié, atterré. Savoir que quelques heures plus tôt, à l’hôpital Roosevelt de New York, un malade indien avait prestement récité à l’oreille du cadavre de John un mantra Hare Krishna selon les croyances hindoues, si un mourant entend ce mantra, il est assuré d’aller directement au paradis l’aurait peut être soulagé. Pour l’heure, la tête dans les mains, il pleure son ami. Un peu plus tard, il décidera de maintenir toujours fermées les grilles de Friar Park qui restaient le plus souvent ouvertes dans la journée. Elles ne s’ouvriront plus qu’au passage des limousines, forcément blindées. Après l’assassinat de John, George est le premier à saluer sa mémoire en publiant le single hommage « All Those Yeats Ago », un titre originellement composé pour Ringo, que George Martin accepte d’orchestrer lorsqu’il apprend que Paul et Ringo seront présents aux séances. La chanson fait une courte apparition dans les charts mais pas « Gone Troppo », l’album suivant, extrêmement décevant. Pas étonnant alors que, jusqu’à la fin des années 80, George préfère se consacrer à ses activités cinématographiques.

Attestant que décidément, au moment où on s’y attend le moins, les Beatles en solo ont toujours de la ressource, George publie « Cloud Nine » en 1987, l’un de ses trois meilleurs disques. Entouré d’amis (Eric Clapton, Ringo Starr, Elton John), il s’offre deux tubes consécutifs produits par jefLynne : une reprise de l’obscure « Got My Mind Set On You« et »When We Was Fab », un surprenant hommage aux Beatles (surtout de la part d’un camarade qui s’interdit toute forme de nostalgie) qui tempêtera dans le Top 25 et que MTV, amusée par son clip à clins d’oeil, va abondamment diffuser. Le coeur regonflé par ces événements, George prend alors la route (du Japon uniquement) avec l’ami Clapton (malgré ce que l’on sait) et le live de cette tournée publié en 1992 reste, à ce jour, son dernier album. A la même période, décidément très en verve, George se transforme en Nelson (puis Spike) Wilbury il adore les surnoms loufoques qu’il a régulièrement utilisés en tant que producteur ou lors d’apparitions sur les disques d’amis, Hari Georgeson étant l’un des plus fameux et fonde les Traveling Wilburys avec Roy Orbison, Bob Dylan, Jeff Lynne et Tom Petty. Reconnaissable à son country rock élégamment torché, ce supergroupe improvisé (alors que George et JeffLynne répétaient les chansons du successeur éventuel de « Cloud Nine » chez Dylan) va enregistrer deux albums dont un sans Orbison, décédé entre temps. Comme ses deux ex collègues, George contribuera massivement au projet « Anthology », livrant de longues interviews toujours passionnantes et agrémentera le single « Free As A Bird » d’un solo qui rappelle que c’est bien sa guitare, et aucune autre, qui pleure le plus doucement.

Si Michael Abram après Chapman, il faut décidément que les Beatles survivants se méfient de ceux qui se prénomment ainsi un fan voleur apparemment, n’avait pas tenté de poignarder George et sa femme chez eux dans la nuit du 28 au 29 décembre 2000, on serait peut être en possession, la publication de Brainwashed n’aurait pas été retardée.

George décèdera le 29 Novembre 2001.

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