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Les guitares de John Lennon

Les guitares utilisées par John Lennon

Bien qu’il ait acquis un statut de songwriter et de symbole pour une génération entière, John Lennon reste avant tout membre fondateur des Beatles et guitariste. Il montre tout son talent dans les accompagnements rythmiques, que ce soient les accords rock de I Feel Fine ou le fingerpicking de Julia. En outre, il emploie de nombreux accords complexes qui ne sont pas sans rappeler ceux qui sont utilisés dans le skiffle de ses débuts. A ce sujet, ceux qui estiment un peu trop légèrement que la musique des Beatles est simple à jouer devraient étudier de plus près certaines tablatures de leurs titres pour se rendre compte de la précision et de l’originalité des accords utilisés.

Même si dans les premiers temps du groupe il distille des solos à la Chuck Berry, par la suite il confiera volontiers cette tâche à George Harrison, préférant se consacrer pour sa part à la rythmique. En studio, toutefois, il aime y revenir. Le premier solo de Lennon sera enregistré le 25 février 1964 pour le titre You Can’t Do That, suivi quelques jours plus tard de Long Tall Sally (enregistré en une seule prise il faut le préciser). Ses solos les plus connus sont ceux de Every Little Thing, Get Back, I Want You (She’s So Heavy), Happiness Is A Warm Gun, Yer Blues, Honey Pie, Ballad Of John And Yoko, For You Blue (à la steel guitar) et The End (3è « turn » après Harrison et McCartney).

1957 : guitare acoustique GALLOTONE « Champion »

John n’a que 17 ans lorsqu’il achète cette guitare taille 3/4 acoustique par correspondance pour 10 £. Fabriquée par la société Gallo en Afrique du Sud, elle est « garantie incassable ». Comme John habite à cette époque chez sa tante « Mimi » Smith et que celle-ci n’approuve pas du tout cette acquisition, sa mère, la fantasque Julia Stanley-Lennon, autorise son fils à faire livrer l’instrument chez elle. John fonde alors le groupe des Blacks Jacks avec son copain Pete Shotton. Sa mère qui joue du banjo à 5 cordes lui avait appris quelques accords de cet instrument. Au départ, John utilise de ce fait sa guitare sans la sixième corde. Renforcé par l’arrivée de nouveaux membres, le groupe se rebaptise les Quarry Men et joue notamment le 6 juillet 1957 pour la fête paroissiale St-Pierre à Woolton, à proximité de Liverpool. C’est au cours de cette journée mémorable qu’il fera la connaissance du jeune Paul McCartney. John utilisera cette guitare bas de gamme jusqu’à ce qu’elle finisse par se retrouver complètement hors d’usage l’année suivante.

On a longtemps considéré cette guitare comme perdue, mais elle est réapparue en septembre 1999. Elle est mise aux enchères chez Sotheby’s, qui contacte Rod Davis, ancien membre des Quarry Men, afin de l’authentifier. Celui-ci se souvenait parfaitement qu’un jour en jouant, John s’était écorché l’extrémité de l’index. En changeant peu de temps après une corde de la guitare de John, Davis avait remarqué que celui-ci avait laissé une tache de sang à l’intérieur de la caisse. Lors de la vente chez Sotheby’s, la tache était toujours visible à l’endroit exact où Davis l’avait observée 42 ans plus tôt ce qui permit d’identifier sans erreur possible cette guitare mythique.

Qu’était-elle devenue pendant toutes ces années ? Le Times of London relate que lorsque les Beatles connurent le succès, John laissa cette guitare à la garde de sa tante Mimi. Après l’assassinat de John, celle-ci la donna à un ami de la famille pour son fils infirme. A la mort du garçon, la guitare fut offerte à un autre garçon infirme, puis vendue plus tard par le beau-père du garçon. Le catalogue de Sotheby’s précise qu’une part des bénéfices de la vente sera reversée à un institut de Liverpool qui accueille les enfants infirmes. Il contient également une note rédigé par Mimi Smith lors de la donation de l’instrument : « Pour répondre à votre demande d’aide aux musiciens handicapés de Liverpool, et malgré toutes les autres sollicitations que j’ai refusées, … j’espère qu’à travers vous la guitare de John apportera du bonheur… Je l’ai faite réparer par un professionnel car elle était en très mauvais état ». La guitare, qui est mise aux enchères avec l’étui dans lequel elle a passé bon nombre d’années, est acquise pour la somme de 155 000 £ par un collectionneur privé, Adam Sender. Elle est exposée depuis 2000 au Museum of Fine Art à Boston et arbore une plaque en laiton sur laquelle est inscrit le conseil de Mimi au jeune John :  « Rappelles-toi, tu ne gagneras jamais ta vie comme ça » !

1959 : HOFNER Club 40 électrique, couleur fauve (Millésime inconnu)

Alors que Paul McCartney déclarait dans une interview que John et George avaient acheté chacun une Club 40 électrique à Hambourg, une photo prise en automne 1959, donc plusieurs mois avant leur premier voyage dans cette ville, montre John avec une Club 40 au Casbah Club à Liverpool. Dans son livre « Beatles Gear », Andy Babiuk retrouve l’origine de cette guitare. Apparemment, la Gallotone Champion réputée incassable avait néanmoins subi quelques dégats. La veille du concert au Casbah Club, John harcela alors sa tante Mimi et la supplia de l’accompagner au magasin Hessy à Liverpool, où celle-ci lui avancera les 17 £ qui lui manquaient sur les 30 que coûtait la Club 40. John jouera dessus jusqu’à ce qu’il s’achète une Rickenbacker l’année suivante à Hambourg. Il prête alors sa Club 40 à Paul, qui inverse les cordes puisqu’il est gaucher et qui l’utilisera jusqu’à ce qu’il se procure son propre instrument. Il rendra cette guitare à John qui le revendra. Qu’est devenue cette guitare aujourd’hui ? Peut-être enfouie dans le bric-à-brac d’un grenier quelque part vers Hambourg.

1960 : RICKENBACKER 325 Capri modèle 1958

C’est lors du premier voyage à Hambourg des Beatles que John achètera cette guitare électrique. Il fera son choix après avoir vu le jazzman Toots Thielmans avec une Rickenbacker sur une pochette de disque. Il la choisit avec une finition naturelle, une plaque dorée et un vibrato Kaufmann. En 1960, il y fait monter chez Hessy un vibrato Bigsby B-5, un nouveau chevalet et de nouveaux potentiomètres. Plus tard il déconnecte le micro central, et en septembre 1962 il la fait peindre en noir. John utilisera cette guitare sur scène et en studio, ainsi qu’au premier Ed Sullivan Show et aux concerts du Carnegie Hall en décembre 64. Puis il l’abandonnera, sauf pour quelques morceaux de Beatles For Sale. Sa dernière apparition publique a eu lieu à l’occasion du Ed Sullivan Show en 1964. En 1972, un luthier de New York lui redonne sa finition naturelle d’origine et remplace en même temps la plaque fendue. On se demande bien pourquoi il a remplacé la plaque initiale couleur or par une vulgaire plaque blanche. La dernière utilisation studio de cette guitare aurait eu lieu lors des sessions de l’album Double Fantasy. Cet instrument inestimable a été récemment exposé au Lennon Museum de Saitama au Japon. Il est aujourd’hui la propriété de Sean Lennon. Il s’agit d’un modèle de taille 5/8è ironiquement appelé « pour bras courts ».

Seulement 28 exemplaires de ce modèle furent fabriqués par Rickenbacker en 1958. Ceux qui n’étaient pas encore vendus fin 1958 – début 1959 furent modifiés en remplaçant la configuration 2 potentiomètres / 1 switch par 4 potentiomètres / 2 switches. On a longtemps pensé que cette guitare était en érable, mais en réalité le corps et le manche sont en aulne. Le magasin Musikhaus Rotthoff à Hambourg où John a acquis cet instrument a vraisemblablement ramené cet exemplaire du salon de New York 1958 avant de le lui vendre. Le prix en était de 100 £ en 1960, mais comme il était resté deux ans en démonstration dans le magasin, John l’a certainement payé beaucoup moins cher.

Les Capri font penser à des modèles thinline comme la 335 de Gibson. En effet, leur caisse est creuse et elles ont une épaisseur réduite qui les classe dans cette catégorie. Néanmoins, fidèle à sa réputation de franc-tireur, Rickenbacker se démarqua de ses concurrents par certaines caractéristiques – table relativement épaisse, barrages lourds, ouïes réduite à la portion congrue – si bien que l’on pourrait presque ranger ces intruments au département des solid-bodies. La série Capri était classée à l’aide d’une nomenclature chiffrée assez complexe allant de 310 à 375. Les modèles de 310 à 325 avaient un diapason réduit, ceux de 330 à 345, un diapason normal et une ornementation « deluxe ». A l’interieur de chaque série, les modèles, désignés par des numéros espacés de cinq unités (par exemple : 310, 315, 320), se distinguait par leur nombre de micros et la présence ou non d’un vibrato. Rickenbacker, qui est un petit constructeur si l’on en considère l’ensemble de sa production, a eu néanmoins une influence importante sur le monde de la guitare. Ne pas oublier qu’Adolph Rickenbacker est celui qui a inventé la guitare électrique en 1931 (la fameuse « Frying-Pan).

1964 : Gibson J-160E Sunburst modèle 1964 Dreadnought Jumbo

John l’achètera pour remplacer sa précédente J-160E, même s’il enregistre souvent avec celle de Harrison. Elle sera utilisée pour la première fois en concert à Montréal le 8 septembre 1964 et servira de backup pour les tournées mondiales de 1965. Elle est identique à sa première J-160E à l’exception du motif de la rosace et de la marque orange visible à l’intérieur. John déplacera le micro du manche vers le bas de la rosace et demandera à deux artistes allemands, Simon and Marijke Posthuma ( » The Fool « ) de faire une peinture psychédélique pour fêter la télédiffusion par satellite de All You Need Is Love (mais il n’en joue finalement pas lors de cette émission) Il décidera plus tard de lui faire retrouver sa teinte originale, change la plaque et remet le micro à son emplacement du début. On retrouve cette guitare lors des Bed-In de 1969, avec les caricatures de John et Yoko scotchées dessus. Elle est aujourd’hui la propriété du Lennon Estate.

1962 : GIBSON J-160E Sunburst modèle 1962

Le 10 septembre 1962, John et George achèteront chacun ce modèle Jumbo électro-acoustique pour 161 £ au Rushworth’s Music House à Liverpool. Le journal Mersey Beat, qui photographie la scène, fait remarquer que ces guitares sont les seules de ce modèle dans le pays, expédiées spécialement des Etats-Unis. Ces Gibson auraient pu être utilisées dès le lendemain pour l’enregistrement de Love Me Do mais le son de guitare est quasiment identique à celui des premières versions enregistrées quelques jours auparavant. John utilisera sa J-160E pour les sessions de Please Please Me, et se la fera finalement voler lors du concert de Noël 1963 au Finsbury Park Astoria Theatre à Londres. C’est le malheureux Mal Evans qui sera chargé de lui annoncer la fâcheuse nouvelle. Pour la petite histoire, il convient cependant de préciser que les guitares identiques de John et George avaient été interverties et que c’est en réalité celle de George qui avait été dérobée.

1964 : RICKENBACKER 325 Jet-glo noire modèle 1964

Cette solid-body 325 a été créée en pensant à John, mais elle n’est pas encore prête lorsque F.C.Hall, le président de Rickenbacker, rencontre les Beatles avant leur premier Ed Sullivan Show à New-York. Hall savait que le groupe anglais jouait sur ses guitares, et il demande à Brian Epstein d’organiser cette rencontre. Epstein pensait probablement au remplacement de la 325 Capri de John. Hall arrive donc avec une 12 cordes électrique et une basse 4001, qui ne plait pas particulièrement à Paul, un prototype pour gaucher, le premier de la marque. La nouvelle 325 de John comporte des vis de fine-tuning, une double plaque de protection, un vibrato amélioré et un corps plus fin. Elle lui est expédiée au Deauville Hotel à Miami juste à temps pour les répétitions du second Ed Sullivan Show. Elle remplace immédiatement la 325 Capri qu’il utilisait jusqu’alors. Bien que John la fasse tomber au cours du concert de Noël 1964 au Hammersmith Odeon à Londres, cette guitare est employée à partir de A Hard Day’s Night jusqu’à fin 1965, après quoi elle sert de backup.

Elle est aujourd’hui exposée au Lennon Museum de Saitama au Japon, avec une sévère fêlure sur la corne supérieure protégée par un ruban adhésif provenant de la set-list de la tournée 1965. John a tordu la tige du vibrato pour l’avoir à portée de main sans qu’elle ne le gêne.

1964 : RICKENBACKER 325-12 Jet-glo modèle 1964 électrique 12 cordes

Lors de leur rencontre à New York, Lennon demande à Hall, président de Rickenbacker, de concevoir une guitare électrique 12 cordes sur la même base que sa 325 à 6 cordes. Elle est référencée 325-12 pour bien indiquer qu’il s’agit d’un modèle 12 cordes. Celle-ci lui est livrée en mars 1964 à Londres, avec comme seules différences la tête de manche et l’ensemble chevalet/cordier. Le vibrato a été en outre abandonné au profit d’un chevalet trapézoïdal classique favorisant la tenue de l’accord. En effet, tous les guitariste savent qu’un vibrato est le meilleur moyen de désaccorder une guitare. A plus forte raison lorsqu’il s’agit d’une 12 cordes. Cette guitare à diapason court fut utilisée à la TV hollandaise, en studio (Beatles For Sale) et en backup durant l’année 1964. Tom Hartman, qui enregistrait dans un studio d’Abbey Road voisin de celui des Beatles, se rappelle parfaitement avoir vu cette guitare avec une set-list collée dessus. Elle appartient aujourd’hui au Lennon Estate.

1964 : RAMIREZ A-1 (Millésime inconnu)

C’est peut-être en même temps que George et John feront l’acquisition de cette guitare classique à cordes nylon, également appelée « modèle Segovia ». Elle a probablement été utilisée en studio pour les sessions de Any Time At All, I’ll Be Back, And I Love Her, Yes It Is et I Need You. (et selon des Yellowsubiens pour les séances de travail de The Fool on The Hill comme le montre photo ci-dessous)

1964 : RICKENBACKER 325 Fire-glo modèle 1996 Sunburst

Cette Rickenbacker est différente des précédentes car sa caisse creuse est plus épaisse et elle possède une ouie que l’on peut apercevoir dans sa partie supérieure. Elle fut utilisée pour les shows de Noël 1964/65.

Ayant rendu temporairement inutilisable sa Jet-glo 325 noire et en attendant qu’elle soit réparée, John avait besoin d’urgence d’une nouvelle Rickenbacker. Ce modèle fut le seul que réussit à lui procurer l’importateur Rose-Morris Ltd.

La photo qui la montre pour la dernière fois est prise dans le Home Studio de John. Par la suite, John donnera cette guitare à Ringo et on ignore complètement si elle n’a pas malheureusement disparu dans l’incendie qui ravagera plus tard la maison des Starkey.

C’est Rose Morris qui aura l’idée de la fameuse publicité « Rickenbacker – the Beatle Backer … »

1964 : FRAMUS « Hootenanny » 12 cordes acoustique (Millésime inconnu)

Cette guitare de la marque allemande Framus, modèle 5/024 fut utilisée pour les enregistrements de Help !, (hé oui, c’est de la 12 cordes acoustique sur Help !) It’s Only Love et You’ve Got To Hide Your Love Away. On voit précisément John en jouer lorsqu’il interprète cette dernière chanson dans le film Help ! Personne ne sait malheureusement ce qu’il est advenu de cette guitare.

A noter : Bill Wyman des Rollingstones a longtemps utilisé une basse Framus

1965 : GRETSCH 6120 Nashville

Le peu qu’on sache de cette guitare, c’est qu’elle fut utilisée pour les sessions de Paperback Writer. On ignore complètement ce qu’est ensuite devenue cette guitare.

1965 : From the U.S.S.R. – Le gag soviétique.

La célébrité des Beatles ayant franchi le « Rideau de Fer » (comment s’en étonner ?), l’Ambassade d’U.R.S.S. à Londres offre en 1965 à chacun des Beatles une guitare acoustique de fabrication russe, montée cordes nylon. Tentative d’opération publicitaire avec arrière pensée politique en direction de l’occident d’un régime qui voulait se montrer « dans le vent » ? La piètre qualité de ces instruments a fait qu’il n’ont jamais été utilisés même si une photo les montre en studio à l’occasion des sessions de Day Tripper et de Rubber Soul. On ne sait pas non plus si ces guitares furent … « Back in U.S.S.R. ».

Petit détail cocasse : ces guitares étaient garanties revêtement « waterproof » mais il n’était pas précisé jusqu’à quelle profondeur … (appréciation toute personnelle du rédacteur)

1965 : FENDER STRATOCASTER Modèle 1961 « Blue Sonic » (avec touches en palissandre)

Pendant les sessions de Help, John et George envoyèrent un jour Mal Evans leur chercher une Fender Stratocaster pour chacun d’eux et celui-ci ramena de Grimwoods, dans le Kent, deux modèles 1961 identiques d’une couleur peu courante. Il semblerait que Brian Epstein n’avait accepté de les payer que si elles étaient toutes les deux de la même couleur.

John utilisera la sienne pour travailler notamment sur Nowhere Man et plus tard sur l’album Sergeant Pepper’s Lonely Hearts Club Band.

1966 : EPIPHONE E230TD Casino modèle 1965 Hollow-body,  Sunburst, chevalet trapézoidal (La guitare de Get Back)

Cette guitare, fabriquée sous licence Gibson, est une reproduction du modèle ES-335 de cette marque. Mais à la différence de la ES-335 qui a un bloc central solide, le corps de la Casino est complètement creux Elle fut utilisée la première fois en studio pour les sessions de Revolver début 1966 et en live le 1er mai suivant à l’occasion des rencontres musicales annuelles du magazine New Musical Express à Wembley. John l’utilisera longtemps comme guitare principale, en particulier durant les tournées 1966 et notamment pour le concert du Shea Stadium. En 1967, alors que Paul et George avaient peint leur guitare de couleurs psychédéliques, John peindra le dessous de la sienne, caisse et manche, en gris et blanc. Puis vers le milieu de l’année 68, il la fera entièrement décaper, il fera retirer la plaque de protection et il lui fera donner une finition bois naturel afin d’améliorer le timbre de l’instrument. C’est sous ce nouvel aspect qu’on la découvrira dans le clip Revolution, au concert du Roof Top sur le toit d’Apple, dans le Live Peace In Toronto et dans le Rock ‘N Roll Circus. Elle la propriété du Lennon Estate, la seule modification ayant été le remplacement des mécaniques Kluson par des Grover.

1967 : GUILD Starfire XII

Le 23 août 1966 au Warwick Hotel à New York, Mark Dronge (fils du fondateur des guitares Guild Alfred Dronge) présente à John cette guitare 12 cordes électrique à l’aspect de Gibson ES-335, à la finition « flamed maple » et équipée de micros DeArmond. Elle a peut-être servi pour Getting Better ? On n’a jamais su comment elle est arrivée entre les mains de Tony Cox, le premier mari de Yoko Ono, mais toujours est-il qu’il la revendue au Hard Rock Cafe d’Honolulu. C’est en ce lieu que l’on peut aujourd’hui l’admirer accompagnée du certificat d’authenticité délivré par Guild.

1967 : VOX Kensington modèle 1966

Ce prototype au look étrange lui fut offert par Vox, qui n’en fabriqua que deux exemplaires. On le retrouve sur la vidéo des sessions Hello Goodbye et avec Harrison sur I Am The Walrus. Son actuel propriétaire est inconnu.

1967 : MARTIN D-28 Modèle 1965

Cette guitare acoustique de type dreadnought fut utilisée parallèlement à la Gibson J-160 E à partir du Double Blanc. John l’emporte avec lui en Inde en Février 1968 (voir sur YSN dans le topic photos en Inde) et il compose dessus la plupart des titres du White Album. Paul avait acquis également le même instrument. (Martin était une marque très réputée, une sorte de Rolls de l’acoustique qui n’a été détrônée que par Takamine)

Quelques guitares spéciales

1968 : FENDER BASS VI

Voici donc cette fameuse basse Fender à 6 cordes que John utilise de façon magistrale sur Helter Skelter. Il s’en servira également sur Back In The USSR, Let It Be et The Long And Winding Road. On relève que cette guitare basse est équipée de trois micros et d’un vibrato ce qui est peu courant sur ce type d’instrument. George utilisera aussi occasionnellement cette même basse (Back In The USSR, Don’t Pass Me By, Honey Pie).

1969 : HOFNER 5140 Hawaiian Standard

Il s’agit d’une « Steel Guitar » utilisée avec bottleneck par John pour For You Blue.

Epilogue

John jouera également sur un  » guitar organ  » Vox, sur une guitare espagnole achetée au cours de la tournée de 1965 (on peut l’entendre sur Rubber Soul) et sur un sitar électrique Danelectro Coral qui lui a été offert ainsi qu’à George en 1967 (il ne sera jamais utilisé sur un enregistrement). Cette liste n’est pas exhaustive bien entendu.

Vers la fin de l’année 1968, John offrira à Bob Dylan une Gibson J-160E sunburst qu’il a acheté spécialement pour son poète rock préféré. Après la mort de John, Dylan déclarera que cette guitare lui provoque de mauvaises vibrations et il la donne pour cette raison à Cesar Diaz. Elle est exposée depuis 1994 au Hard Rock Cafe à New York.

Une Rickenbacker 325 Jet-glo signée par John est exposée au Hard Rock Cafe à Londres, mais il s’agit probablement d’une contrefaçon puisque toutes les 325 Jet-glo de Lennon sont connues et répertoriées à ce jour.

John possédait également une Club 50 et une Gibson Special 1959 qui ont été très certainement achetées après la séparation des Beatles. Elles appartiennent aujourd’hui à son fils Julian Lennon.

La Rickenbacker de John Lennon

Et si vous appreniez que le son Beatles, si particulier, se révélait partiellement imputable à un harmoniciste belge ?… En 1960, en tournée en Allemagne, John, Paul, George et Pete ne sont encore qu’un petit groupe de skiffle parmi tant d’autres.

C’est à cette époque que John Lennon découvre la marque Rickenbacker à l’occasion d’un concert de Jean « Toots » Thielemans. Américain d’origine belge, Thielemans , plus connu maintenant comme maître ès harmonicas, était alors guitariste de jazz. Il représentait en outre un des meilleurs arguments de vente pour Rickenbacker, avec le sémillant rocker Ricky Nelson et son guitariste James Burton. Difficile de savoir quel modèle de Rickenbacker Toots avait choisi ce soir là : était-ce une Combo 400 ? Une demi-caisse 330F ? Il ne le sait sans doute plus lui-même !

L’âge d’or

C’est à l’aube des années 30 que George Beauchamp et Adolph Rickenbacker fabriquent les premières guitares électriques pour la firme Electro. Les fameuses « poêles à frire » et les micros dits « en fer à cheval » montés sur des guitares acoustiques commencent à poindre sur le marché. Puis, arrivent les violons électriques mais aussi et surtout des guitares steels en bakélite que des spécialistes comme David Lindley s’arrachent aujourd’hui à prix d’or. En 1953, alors que les solid-bodies grignotent le marché, Adolph Rickenbacker vend sa compagnie à un certain Mr Hall. Aussitôt, ce dernier se lance dans des campagnes de publicitaires télévisées et radiodiffusées, méthode fructueuse qu’il avait déjà expérimentée pour les instruments d’un certain Léo Fender.

Quelques années plus tard à Hambourg, pour en revenir à nos quatre garçons dans le vent, John Lennon, impressionné par le son de Toots Thielemans, se rend aussitôt dans un magasin de musique pour s’offrir sa première Rickenbacker. Il s’agit d’une guitare modèle 325 ¾ à la finition naturelle avec trois micros et quatre potentiomètres de contrôle, modèle d’ailleurs fort rare puisque la firme n’en produit que huit en 1958. Celle-ci connut plusieurs modifications : John remplaça le vibrato Kauffman par un bon gros Bigsby, un peu disproportionné par rapport à la taille fluette de l’instrument. Puis les boutons de type téléviseur laissèrent la place à des boutons de basse violon Höfner. L’histoire ne dit pas s’il les a « emprunté » à Paul ! La dernière modification date de1963, où il fait repeindre la guitare en noir par un célèbre luthier londonien, Jim Burns.

En février 1964, Mr Hall, prouve qu’il est toujours bien avisé lorsqu’il s’agit de promouvoir ses instruments. Alors que les Beatles sont à Miami pour participer au célèbre Ed Sullivan Show, il fait envoyer à John une nouvelle 325, peu avant l’enregistrement. Parallèlement, il contacte son usine et demande à ce que l’on augmente la cadence de production. Le nouveau modèle fourni à John est d’ores et déjà noir, nul besoin donc d’une nouvelle couche de peinture. Seule différence notable : une tête un peu plus petite.

La Beatlebacker

Dans le film promotionnel Ticket To Ride, l’on peut voir John jouer sur une 325 12-cordes. Il s’agit là aussi d’un prototype offert par la firme. Il faut également préciser à ce propos qu’il n’y a jamais eu de contrat entre les Beatles et Rickenbacker.

En ce qui concerne les autres Beatles, George Harrison devient le premier à jouer sur une 12-cordes Rickenbacker modèle 360, et ce, avant même les Byrds. Paul McCartney se voit offrir une basse pour gaucher (modèle 4001) qu’il utilisera pour les séances d’enregistrement de l’album Sgt Pepper Lonely Hearts Club Band. Mais de toute évidence, jamais aucun des Beatles n’a été rémunéré par la marque. En revanche, il en va autrement pour les amplis fournis par firme Vox qui exigeait l’exclusivité en retour… ce qui explique sans doute pourquoi on ne vit jamais les Beatles jouer sur des amplis Rickenbacker !

La dernière guitare Rickenbacker offerte à John Lennon est un modèle de 1966 avec ouïes en « f » et finition Fireglo, semblable à ceux que la firme réservait à l’importateur anglais Rose Morris. John l’utilisa en studio sans que l’on puisse préciser sur quels titres. Par la suite, même si l’on a vu d’autres instruments entre les mains de John, son image parmi les Beatles reste indiscutablement associée à la petite Rickenbacker 325 ¾. La Beatlebacker comme la surnommaient certaines pubs anglaises.
C’est dire…

 

John Lennon : guitar Hero

Contrairement à la légende, John Lennon n’est pas issu de la classe ouvrière mais de la petite bourgeoisie anglaise. Confié à sa tante dès l’âge de 5 ans, il est traumatisé par le décès de sa mère Julia, survenu en 1958 dans un accident de la circulation. Le drame intervient au moment même où John reprend contact avec elle. Il restera marqué toute sa vie par cette tragédie comme en témoignent plusieurs de ses compositions (Julia, Mother, My Mummy’s Dead).

Si sa vie avec les Beatles et son intense activité pacifico-militante aux côtés de Yoko Ono n’ont de secrets pour personne, rares sont les articles et ouvrages spécifiquement consacrés au Lennon guitariste. Pourtant, de Lenny Kravitz à Dave Stewart, nombreux sont ceux qui lui vouent un culte absolu, multipliant clins d’œil, références et allusions. Bien que son rôle de guitariste se trouve souvent occulté par son image d’auteur compositeur de génie et son personnage socialo-médiatique, force est de constater que ses six cordes ont constitué une infaillible base rythmique, tant durant la période Beatles, que durant sa carrière solo.

Jeu de Roll

Certes, le jeu de guitare Lennonien ne révèle techniquement rien d’extraordinaire, se composant essentiellement de parties rythmiques aussi simples qu’efficaces, parmi lesquelles l’auditeur averti découvre quelques solos distillés au compte-gouttes. Comparé aux meilleurs guitaristes-compositeurs de son époque, il est vrai que John fait figure de tâcheron brillant, ce qui n’a nullement empêché les plus grands de l’accompagner et de reprendre ses compositions (Jimi Hendrix, Keith Richards, Eric Clapton etc…). John a d’ailleurs toujours reconnu ses faiblesses sur le plan technique rétorquant souvent qu’il savait faire hurler et bouger sa guitare, et soulignant l’importance de son rôle rythmique au sein des Beatles, un « boulot qui lui apprit à faire rouler un groupe ».

En 1971, il déclare qu’il se trouve embarrassé par son jeu de guitare très pauvre et son incapacité à évoluer mais qu’il sait faire « parler » sa guitare, citant pour exemple la chanson I Found Out. Il explique également que pour The End, Paul leur avait donné un solo chacun, et ajoute non sans humour : « George était le chanteur invisible, j’étais le guitariste invisible, quand Paul était généreux, il me donnait un solo… ».

Une Rickenbaker sinon rien…

Rares sont les solos de John durant la période Beatles et celui qui, entre 1960 et 1962, roda ses rythmiques huit heures par nuit dans les caves de Hambourg, se limite généralement à « faire la pompe »… Il est toutefois important de signaler ses principales escapades guitaristiques, la première remontant à 1964 sur la chanson You Can’t Do That pour laquelle il exécute un bref solo. Cette même année, avec George Harrison, il se livre à un duo de guitares sur I Feel Fine devenant ainsi le premier feedback de l’histoire de rock…

Le matériel que John utilise à l’époque se compose de la Rickenbacker 325 manche ¾ (branchée sur ampli Vox AC 30), d’une Gibson sunburst acoustique (identique à celle de George), d’un harmonica Hohner (utilisé sur Please Please Me, Love Me Do, There’s A Place, I Should Have Know Better, etc…) et d’un orgue Hammond que l’on peut entendre sur I Wanna Be Your Man. A signaler également que lui revient la superbe partie piano sur Rock’n’Roll Music.

En 1965, John s’offre une Stratocaster avec un trémolo synchronisé. Il en profite aussi pour acquérir l’ampli Fender qui s’impose, ainsi qu’une guitare Epiphone E230T sunburst. Durant cette même année, il interprète les parties de piano électrique sur The Night Before et You Like Me Too Much, tout en continuant de exceller à la guitare acoustique : Help !, You’ve Got To Hide Your Love Away, Act Naturally, It’s Only Love, Tell Me What You See, Norwegian Wood, Nowhere Man et Girl. Il change d’ampli l’année suivante au profit d’un Vox 100 watts (baptisé « Super Beatles » par Vox) qu’il utilisera durant l’enregistrement de l’album Revolver, après nous avoir offert l’un de ses plus grands riffs sur Day Tripper.

Cela peut paraître incroyable, mais Lennon n’assure que des guitares rythmiques (tant électriques qu’acoustiques) sur le chef-d’œuvre incontesté du groupe : Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Il y joue en outre le piano de A Day In A Life ainsi que celui de Lucy In The Sky With Diamonds (un piano électrique avec vibrato pou cette dernière).

Presque aussi parcimonieux en effets qu’en solos, John branche sa Fuzz sur Good Morning et on entend son phasing sur Happiness Is A Warm Gun et Sun King. L’instrumental Flying, présent sur l’album Magical Mystery Tour, est le seul titre sur lequel il utilise son vibrato de façon identifiable. On retrouve John à nouveau au piano sur Cry Baby Cry, Mean Mister Mustard et Polythene Pam, tenant également le clavecin sur Because. Les chansons sur lesquelles il joue de tous les instruments se révèlent fort rares : I’m So Tired et Julia. Pour achever complètement ce tour d’horizon de la période Beatles, il ne faut pas oublier que c’est John qui tient la basse 6-cordes sur Back In USSR, Helter Skelter, The Long And Winding Road et Let It Be. L’un de ses rares solos s’entend sur le fameux Get Back, interprété sur le toit du siège social de Apple à Savile Row. A ne pas oublier enfin, sa formidable contribution à la guitare slide dans For You Blue.

lennon-guitar

 

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