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Les Beatles à l’Olympia

La saison à l’Olympia en Janvier-Février 1964

On peut dire que la France a d’emblée profité d’une chance incroyable avec les Beatles : Après plusieurs mois de contacts, et grâce à un contrat signé le 17 juillet 1963 entre Brian Epstein et Bruno Coquatrix, les quatre garçons de Liverpool acceptèrent de se produire au théâtre de l’Olympia, 28 boulevard des Capucines à Paris, entre le 16 janvier et le 4 février 1964. (La mythique salle parisienne ne leur était d’ailleurs pas inconnue, puisqu’au début du mois d’octobre 1961, John Lennon et Paul McCartney en vacances à Paris y avaient assisté à un concert de Johnny Hallyday.) Ils s’engagèrent ainsi à effectuer un total de quarante et une représentations, soit deux par jour (matinée et soirée), sur une période de trois semaines, pour un salaire global de 3000 Livres Sterling, soit 800 Francs par jour ! Pour des artistes qui, du temps de leur célébrité, ne restèrent pas plus de trois jours au même endroit au cours de leurs tournées, une telle situation représenta un fait absolument unique dans leur carrière.

L’idée de base de Bruno Coquatrix et de Jean-Michel Boris avait été de confectionner un spectacle à la mode pour les jeunes, à la fois complet et diversifié, car ils estimaient que les Beatles – vedettes encore seulement « montantes » en juillet 1963 – ne pouvaient pas, à eux seuls, suffire à occuper l’affiche. Il avait donc été décidé de l’étoffer en recrutant le chanteur Pierre Vassiliu pour la première partie, puis une jeune Bulgare qui marchait déjà bien, Sylvie Vartan, et enfin une vedette américaine confirmée, le champion du « Surf », Trini Lopez, qui avait à son actif des succès internationaux comme la Bamba et If I Had A Hammer. Toutefois, dans l’esprit des organisateurs, les trois principales attractions formant le point d’orgue du spectacle (Trini Lopez, Sylvie Vartan et les Beatles) bénéficiaient d’un statut équivalent, le public ayant le dernier mot pour désigner la vedette au cours de la représentation. C’est la raison pour laquelle, aussi bien dans les programmes officiels que sur le fronton de l’Olympia, leurs noms étaient tous présentés avec un lettrage d’une égale grosseur. Sur l’enseigne de néons, les Beatles (en rouge) figuraient sur la même ligne que Trini Lopez (en rouge également), tandis que le nom de Sylvie Vartan (en blanc) était en dessous, comme en témoignent les photos d’époque.

Un mystère enfin résolu

Une légende têtue veut que les Beatles aient été boudés par le public français lors de leur passage à l’Olympia, mais l’examen attentif des archives ainsi que le recoupement de nombreux témoignages, font apparaître clairement aujourd’hui une réalité nettement plus nuancée. L’avant-première du spectacle eut lieu, comme à l’accoutumée, au cinéma Cyrano de Versailles, le mercredi 15 janvier 1964, à 21heures. Cette répétition générale était autant destinée aux artistes qu’à la mise en place des lumières. Les trois têtes d’affiche, Trini Lopez, Sylvie Vartan et les Beatles y participèrent. La scène était petite et peu pratique, et les « Fab Four » durent se contenter des équipements qui étaient mis à leur disposition, mais ils ne rechignèrent pas ni ne se plaignirent. Les compte-rendus sur la présence du public ce soir-là ont toujours été contradictoires, certains affirmant que les artistes avaient joué devant une salle vide, d’autres estimant qu’il y avait 2000 personnes. Un document d’archives, le bilan de la soirée établi par la SO.CO.GEX de Versailles qui gérait le Cyrano, indique finalement que la salle a encaissé 1367 entrées payantes – un honnête score pour une capacité théorique de 2000 places.

La controverse a également longtemps fait rage parmi les commentateurs pour savoir quel était l’ordre de passage des artistes lors des concerts historiques de l’Olympia, mais il semble que le mystère soit enfin résolu aujourd’hui. Les premiers jours du spectacle – autrement dit dès le 15 janvier au Cyrano et le 16 à l’Olympia – l’ordre initial d’entrée en scène avait été établi de la manière suivante : La première partie démarrait avec l’orchestre de Daniel Janin qui interprétait la chanson Et pourtant de Charles Aznavour, puis suivaient des petites attractions de Music Hall, avec le « biologiste » Roger Comte, des équilibristes (Les Hoganas), un numéro d’ivrogne dans la piscine avec Larry Griswold, le chanteur Pierre Vassiliu et les imitateurs Gill Miller et Arnold Archer. Cette première partie était ensuite clôturée par les Beatles, qui passaient, comme on disait à l’époque, en « vedettes anglaises ». (Lors de ces représentations parisiennes de 1964, leur répertoire se composait au moins des huit chansons suivantes : From Me To You, This Boy, Boys, I Want To Hold Your Hand, She Loves You, Twist & Shout, Long Tall Sally et I Saw Her Standing There.)

Apparemment, les premières prestations du groupe reçurent un accueil honnête mais sans plus, comme en témoigne la bande enregistrée par Europe n°1 précisément le soir de la première (c’était l’usage de la station de radio), et diffusée dans l’émission Musicorama le dimanche 19 janvier 1964. Le document, présenté dans un ordre différent de celui du spectacle, atteste que le public (parmi lequel figuraient, en tenue de soirée, bon nombre de gens de la presse et du show business) est relativement bienveillant vis à vis des Beatles. Ils sont applaudis normalement entre leurs chansons, mais la salle est quasi-silencieuse pendant qu’ils jouent. Ils ne sont donc pas confrontés – loin s’en faut – aux hurlements stridents ni à l’hystérie collective permanents qui caractérisent leurs apparitions de l’autre côté de la Manche.

Puis venait l’entracte. La deuxième partie du spectacle démarrait avec Sylvie Vartan qui chantait six chansons (dont La Plus Belle Pour Aller Danser) et qui occupait la position dite de « vedette américaine ». Ensuite, le temps d’installer le nouveau matériel, s’intercalait un petit numéro d’adresse effectué par un certain Vinicio, et enfin Trini Lopez venait clôturer la représentation. A cette époque, le roi du « Surf » américain était déjà une star internationale et c’est en héros qu’il fut accueilli dans la capitale française. Lors de la première, le comédien François Patrice avait même organisé en son honneur une soirée au club St Hilaire de la rue de Ponthieu, réception à laquelle les Beatles ne furent pas conviés. En outre, les témoignages s’accordent pour reconnaître que durant cette période initiale, Trini Lopez fut incontestablement la vedette la plus acclamée du spectacle de Bruno Coquatrix.

Cette configuration était cependant condamnée à brève échéance. En effet, au bout de quelques jours, la salle commença à faire un triomphe aux « Fab Four » qui étaient entre temps devenus de véritables stars. La conséquence directe de ce revirement de situation fut que le public se mit à copieusement chahuter Sylvie Vartan, dont le répertoire de « variété légère » passait plutôt mal après l’excitation générée par le rock des quatre chevelus de Liverpool, et juste avant les trépidations de Trini Lopez. Comme l’expliquent de nombreux témoins, parmi lesquels Roger Morizot, régisseur de l’Olympia, l’ambiance devint rapidement intenable (les gens hurlaient : « Sylvie va-t-en ! »), au point qu’il y eut même quelques incidents, le plus célèbre se rapportant à la bagarre qui opposa Johnny Hallyday et un spectateur qui avait insulté la jeune chanteuse. Ce changement d’attitude manifeste du public français vis à vis des Beatles est attesté par une autre bande magnétique, appartenant cette fois à Radio France, non datée mais de toute évidence enregistrée après celle d’Europe n°1 (très probablement dans les jours qui suivirent). Sur les quatre titres du groupe que contient cet enregistrement parvenu jusqu’à nous, force est de constater que l’ambiance est électrique dans la salle. Les hurlements et les sifflements de joie se sont rajoutés aux simples applaudissements, Long Tall Sally est un triomphe, les gens frappent dans leurs mains tout au long de Twist And Shout et ils ne cessent de réclamer de nouvelles chansons en tapant fortement des pieds et en criant énergiquement : « Une autre ! Une autre ! ».

Comprenant le terrible inconfort dans lequel se trouvait Sylvie Vartan, Bruno Coquatrix, en accord avec le management de la chanteuse et celui de Trini Lopez, décida de changer l’ordre de passage des artistes – la mention « La Direction se réserve le droit de modifier l’ordre ou la composition du Programme » figurant d’ailleurs dans ce dernier. Après une – voire deux – modifications, les Beatles finirent donc par se retrouver en troisième position. Le programme qui fut imprimé après la parution de l’article élogieux d’une journaliste de Paris-Presse, Juliette Boirivaux – qui décrit l’impact joyeux et communicatif des Beatles sur le public parisien – donne l’ordre de passage suivant : Un début de première partie inchangé, puis Trini Lopez terminait en « vedette anglaise » ; après l’entracte, Sylvie Vartan démarrait la seconde partie en « vedette américaine », puis venait l’habituel petit numéro d’adresse de Vinicio, et enfin les Beatles clôturaient le spectacle.

Cet incontestable succès croissant du quatuor auprès du public parisien fut également confirmé dès mars 1964 par l’article du journaliste anglais Billy Shepherd : « Cela leur prit peu de temps pour s’adapter. Mais j’étais là pour regarder l’excitation augmenter au fur et à mesure parmi les admirateurs français fanatiques, jusqu’à ce que les Beatles quittent finalement Paris après trois semaines, dans une émeute d’hystérie ».

La légende tenace qui veut que les quatre garçons de Liverpool aient été boudés à Paris lors de leur venue à l’Olympia est donc en grande partie erronée. Il est exact qu’à leur arrivée, les « Fab Four » ne furent pas harcelés par les fans et que le 15 janvier – ainsi que l’attestent les photos d’époque – ils purent se promener en toute tranquillité sur les Champs-Élysées (chose déjà inconcevable en Angleterre) ; il est également vrai que les jeunes Français furent un peu pris par surprise…au tout début. Mais en se focalisant sur ces premières impressions ainsi que sur les réactions mitigées d’une certaine presse vaguement anglophobe qui les avait traités d’emblée de « vieux zazous rénovés par le yé-yé » et de « vedettes démodées », de nombreux commentateurs ont depuis entretenu une véritable légende véhiculant le cliché que les Beatles « n’avaient eu aucun succès à Paris en 1964 », rumeur qui a fini par tellement s’incruster qu’elle s’est imposée comme un « fait historique » établi et intangible. Une investigation sérieuse démontre pourtant aujourd’hui le contraire. En revanche, il demeure vrai que l’Hexagone fut sans doute le seul pays où, à cette époque, les garçons dépassèrent probablement les filles dans leur enthousiasme pour les Beatles, une singularité qui ne manqua d’ailleurs pas de les étonner : « En France, le public est constitué en grande partie de garçons. Ça nous change bien de chez nous ».

Les dates importantes de la saison à l’Olympia

Durant cette période (16 janvier – 4 février 1964), l’Olympia fit salle comble. Les Beatles s’y produisirent tous les jours, sauf les mardis 21 et 28 janvier où ils bénéficièrent de journées de repos. (Le 28, John Lennon et George Harrison retournèrent à Londres pour quelques heures, et George en profita pour dîner avec Phil Spector et les Ronettes.) Côté logement, ils occupèrent une suite à l’hôtel George V où ils recevaient la presse et les photographes.

14 Janvier 1964

Seuls trois Beatles, John Lennon, Paul McCartney et George Harrison, accompagnés de Brian Epstein, leur road-manager Mal Evans et leur attaché de presse, Brian Sommerville, s’envolèrent à 17h15 de Londres pour Paris à bord de leur avion Comet 4B. (Ringo Starr resta à Liverpool avec ses parents où il était bloqué – paraît-il – par le brouillard…) A leur arrivée à l’aéroport du Bourget à 17h50, seuls quelques journalistes étaient là pour les accueillir. Ils furent brièvement interviewés, alors qu’ils étaient encore dans l’avion, par deux reporters d’Europe n°1, un certain « Humbert » et François Jouffa, qui n’hésita pas à leur faire lire en français phonétique les réponses qu’il attendait. (L’interview fut retransmise le lendemain à 17 heures dans le flash d’André Arnaud.)

15 Janvier 1964

Vers 15 heures, les trois Beatles s’offrirent une petite promenade touristique sur les Champs-Élysées. Ringo Starr arriva enfin à 17 heures et le groupe fut conduit au cinéma Cyrano de Versailles pour le spectacle d’avant-première. Seule la séquence où le groupe chante From Me To You aurait survécu du film d’actualités tourné ce jour-là.

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16 Janvier 1964

La « générale » au théâtre de l’Olympia. Le spectacle de matinée attira essentiellement de jeunes garçons (qui semblaient apprécier tout particulièrement Ringo), tandis que celui de la soirée rassembla des gens de la presse et la Jet Set parisienne, d’une moyenne d’âge plus élevée. Plusieurs vedettes avaient fait le déplacement : Françoise Hardy, Richard Anthony, Paul Anka, Petula Clark ou Johnny Hallyday (qui était surtout venu soutenir Sylvie Vartan). Il y avait également George Martin, le producteur des Beatles, et sa fiancée Judy. La représentation fut filmée par les services de l’ORTF. Les choses ne se passèrent pas très bien pour les « Fab Four » ce soir-là. Peu avant leur entrée en scène, éclata une violente bagarre dans les coulisses, apparemment causée par des journalistes et des Photographes qui avaient réussi à s’infiltrer dans leur loge et qui eurent à affronter leurs gardes du corps. Les machinistes de l’Olympia s’en mêlèrent, et une dizaine de policiers furent appelés pour mettre fin à l’échauffourée. Dans la salle, outre une atmosphère compassée, les Beatles durent supporter trois pannes de courant (l’enregistrement du concert par le personnel d’Europe n°1 ayant provoqué une surcharge électrique qui fit sauter la sono de la salle et les amplificateurs du groupe), au point que George Harrison soupçonna un sabotage ! De retour dans leur suite d’hôtel au George V, les quatre garçons reçurent un télégramme qui leur remonta le moral : l’édition du 25 janvier du magazine américain Cashbox, leur indiqua que I Want To Hold Your Hand était montée à la première place.

17 Janvier 1964

Au lendemain de leurs premières prestations, ce fut le journaliste anglais Vincent Mulchrone qui résuma le mieux la situation parisienne dans le Daily Mail : « La Beatlemania, comme l’entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché Commun, reste un problème que les Français préfèrent remettre à plus tard ».

19 Janvier 1964

Le concert enregistré le 16 janvier par Europe n°1 fut diffusé dans l’émission Musicorama. L’émission retransmit l’ordre de passage des artistes de la manière suivante : Sylvie Vartan, Trini Lopez et les Beatles. L’animateur vedette d’Europe n°1, Robert Marcy, laissa tomber – presque ! – tous ses a priori sur les quatre Britanniques : « Tout compte fait, ces Beatles, coiffures à part, sont très convenables. De jeunes gens pleins de gaieté, d’humour et de dynamisme… ».

29 Janvier 1964

Le concert enregistré le 16 janvier par Europe n°1 fut diffusé dans l’émission Musicorama. L’émission retransmit l’ordre de passage des artistes de la manière suivante : Sylvie Vartan, Trini Lopez et les Beatles. L’animateur vedette d’Europe n°1, Robert Marcy, laissa tomber – presque ! – tous ses a priori sur les quatre Britanniques : « Tout compte fait, ces Beatles, coiffures à part, sont très convenables. De jeunes gens pleins de gaieté, d’humour et de dynamisme… ».

3 Février 1964

Dans l’après-midi, le groupe obtint ses visas et ses permis de travail pour les Etats-Unis auprès de l’ambassade américaine de Paris.

5 Février 1964

Le lendemain de leur dernier spectacle à l’Olympia, les Beatles quittèrent Paris et atterrirent à l’aéroport de Londres où ils donnèrent une conférence de presse.

L’auteur du dossier : Eric Krasker

Eric Krasker est né à Nogent sur Marne en 1960. Fils de l’accordéoniste professionnel Jo Krasker, il entend parler pour la première fois des Beatles en 1964 alors que son père rentre précipitamment un jour dans leur appartement de Vincennes et lâche cette sentence telle un coup de tonnerre : « Ces Beatles et ces Yé-yé sont en train de tuer l’accordéon !! ». (Par la suite Jo Krasker s’est réconcilié avec la musique des Beatles, son orchestre l’interprétant même au cours de soirées dansantes). Mais ce n’est qu’en 1970, avec le 45 tours Sympathy des Rare Bird, qu’Eric s’intéresse vraiment à ce que l’on appelle alors la « pop music » – et bien sûr, les Beatles. La sortie en 1973 des compilations « rouge » et « bleue » agira comme un second détonateur qui le conduira à mieux connaître la discographie des quatre garçons et à apprendre la batterie, non pas sur une « Ludwig » mais sur une vieille « Hollywood » de jazz prêtée par un ami de son père ! Batteur du groupe The Peals (« Les carillons ») au début des années 80, Eric suit parallèlement des études supérieures d’histoire dans le but d’être professeur. Son intérêt croissant pour la musique le conduit cependant à marier ses deux spécialités, et alors qu’il prépare sa maîtrise il décide de consacrer ses futurs travaux à la musique populaire contemporaine, et aux Beatles en particulier.

Refusant d’emblée la mauvaise vulgarisation et conscient que le véritable débat Beatles s’effectue avant tout sur la scène anglo-saxonne, il publie en 1989 un premier courrier dans la revue spécialisée américaine Belmo’s Beatleg News. Suivront une quantité d’articles dans les publications mondiales les plus réputées en la matière : Discoveries, The 910 Newsletter, Beatlefan, Beatles Unlimited et Record Collector. Parallèlement, Eric collabore en France avec des magazines généralistes tels Le Nouvel Observateur et L’Événement du Jeudi, puis signe plusieurs autres articles pour la presse spécialisée (Best, Guitarist Magazine, Rock Mixer, etc.). Consultant spécialisé pour France Info, France Inter, Europe 1 et RTL, il est le co-auteur de La Saga des Beatles diffusée quotidiennement sur France Inter durant l’été 1994. Il termine actuellement une importante étude historique de fond sur les Beatles, un travail intitulé Les Beatles : Enquête sur un Mythe (1960-1962), qui lui a demandé huit années de minutieuses recherches. L’édition française de ce livre – truffé de documents originaux – a été publiée en Octobre 2003.

 

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