Brian Epstein

A LA RECHERCHE D’UNE VOIE

La famille Epstein, exilée de Pologne au début du siècle, appartenant à un milieu bourgeois, a fait fortune grâce à l’ouverture d’un magasin de meubles, boutique qui malgré la Dépression a bien prospéré et permet aux Epstein de jouir d’une grande maison, entretenue par de nombreux domestiques..

Ainsi, le 19 Septembre 1934, Melka Epstein met au monde son premier fils, Brian Samuel, dans une clinique de Liverpool. Vingt deux mois plus tard, un autre enfant viendra au monde : Clive Epstein.

Les années passent, et Brian atteint l’âge d’être scolarisé. Sa mère Malka (que son époux appelle affectueusement Queenie car Malka signifie reine en hébreux), s’oppose à la scolarisation de son premier fils par le cursus ordinaire de l’école primaire, le jugeant trop chétif. Aussi, elle offre à son fils un précepteur, chargé de lui donner des cours.

Cependant une fois le cycle primaire terminé, Brian se voit contraint de s’inscrire dans un collège : le South Port College. C’est le premier collège d’une longue liste d’établissements scolaires dans lesquels les séjours du jeune garçon se terminent inévitablement mal, le jeune garçon ne s’entant jamais avec les autres élèves. D’apparence efféminé, élégant, et parfois snob, Brian devient le souffre-douleur de tous ses professeurs qui n’hésitent pas un seul instant à le brimer et à le punir plus que de mesure.

Plus tard, au Liverpool College, il est renvoyé encore une fois pour diverses raisons, l’une étant que son savoir est trop mince….

Beaucoup d’autres écoles viendront allonger cette liste : dans chacune d’elles, Brian réalise le même genre de performances. C’est ainsi que finalement, à l’âge de 16 ans, sans le moindre diplôme, il stoppe ses études..

Son père, Harry, est catastrophé : qui va pouvoir le remplacer à la tête de son magasin et assurer le pérennité de leur fortune si durement acquise : Brian n’en est pas capable, du moins pour le moment. Cependant, loin de se laisser abattre et conservant une confiance inébranlable en son fils, en ce début des années 50, il embauche son fils en temps que décorateur dans son magasin de Walton Road ; tout travail méritant salaire, il lui attribue une rémunération de 15 livres par semaine.

Dans ce nouveau poste, Brian semble montrer un grand intérêt pour les meubles et leur design. Il s’occupe de décorer les fenêtres, de l’agencement du magasin. Impliqué dans sa tâche il va même jusqu’à élargir l’inventaire du magasin en y introduisant des objets contemporains. Ses parents, Harry et Queenie, sont heureux : enfin leur fils a trouvé un sens à sa vie, et un métier qui lui plaît.

Cependant, alors que les choses commencent à tourner rond et que le jeune homme connaît un certain équilibre tant recherché, il est appelé sous les drapeaux. Si quelqu’un n’est pas fait pour ce genre d’existence, c’est bien ce garçon sensible et chétif, qui a toujours passé de sales moments quand il était confrontés aux autres garçons durant sa période scolaire. Ce qui était à redouter arrive : Brian durant son service accumule une série d’incidents en sa défaveur. Outre le fait d’avoir usurpé l’identité d’un officier, on lui reproche aussi d’être rentré un soir habillé en costume, chapeau-melon sur la tête et parapluie au bras, à la place de la tenue militaire réglementaire. Ses supérieurs se montrent intransigeants. Cependant au lieu de le punir, ils le renvoient dans ses foyers en invoquant de graves problèmes mentaux et émotionnels. Brian ne fera donc que 10 mois de service au lieu des 24 prévus.

Après son service ainsi avorté , Brian retourne chez ses parents et retrouve son emploi de vendeur . Cependant , il commence à sentir le découragement l’envahir à l’idée de rester marchand de meubles toute sa vie . Brian a besoin d’autre chose . Il se fait donc engager dans des productions théâtrales amateurs , se produit au Liverpool PLAYHOUSE . Cette nouvelle expérience lui donne l’occasion de faire la connaissance de Brian BEDFORD et d’ Helen LINDSAY , deux acteurs réputés issus de cette compagnie , tous deux encouragent le jeune homme dans son désir de devenir acteur et l’aident même à entrer à la ROYAL ACADEMY OF DRAMATIC ARTS , la plus prestigieuse école d’art dramatique britannique .

Le cours qu’il suit dans cette école sont l’occasion pour lui de côtoyer Albert FINNEY , Peter O’TOOLE et Suzannah YORK . Brian apprécie cette ambiance . Lui , pourtant médiocre écolier dans son enfance , impressionne maintenant ses professeurs par un talent inné de comédien . Pourtant au fil des semaines , sa passion s’émousse : il se met à détester la vie sociale des acteurs et cette atmosphère de communauté qui règne dans le milieu du théâtre … Déçu , il quitte donc ce milieu et découvre enfin sa voie , celle qu’il a cherché depuis longtemps : il veut être business man .

Après ce départ de la ROYAL ACADEMY OF DRAMATIC ARTS , il revient dans le magasin de meubles familial ou plutôt les magasins , en effet le père de Brian , en self made man a étendu son domaine d’activité et est désormais à la tête d’une chaîne de magasins multi activités . Ainsi , quand son père ouvre un nouveau magasin dans GREAT CHARLOTTE STREET , Brian prend en charge le magasin du rez de chaussée . Dans un premier temps , Harry insiste pour que son fils ne vende que des pianos et autres instruments . Cependant , peu à peu , ce dernier élargit l’inventaire du magasin en proposant des tourne disques et en insérant un rayon disques . A bout de quelques mois , le succès est tel que Harry décide d’ouvrir une nouvelle Nems au 12-14 WHITE CHAPEL . Brian en assure seul la direction . Mais quelque chose lui dit qu’il se trompe encore une fois de route , et qu’il ne doit pas rester simple vendeur , même s’il gagne d’avantage d’argent maintenant , il doit être plus qu’un business man de province.

Brian élargit toujours l’inventaire de son magasin . Ainsi dès juin 1961 , il propose dans sa boutique de WHITE CHAPEL le périodique MERSEY BEAT . Ce magazine est une revue de la scène musicale locale , Brian y porte tout à coup un intérêt soudain : pourquoi ne commencerait il pas sa future vocation par produire un de ces jeunes musiciens qui font souvent la couverture de ce journal … D’ailleurs il connaît bien les lieux où ces derniers se rencontrent , en effet juste au coin de la rue où il a son magasin , il y a un petit club : THE CAVERN .

Cette attirance pour la scène locale se renforce d’autant qu’un matin un garçon lui demande un 45 tours des Beatles accompagnant Tony Sheridan sur le titre « My Bonnie » . Brian , pourtant meilleur disquaire de Liverpool est confus , il n’a pas ce disque . Cependant le nom de Beatles ne lui est pas totalement inconnu : il a souvent vu leurs affiches sur les portes de la CAVERN . Aussi , Brian désire aller plus loin , un soir il assiste à une représentation des Beatles à la CAVERN . La CAVERN est en fait une vieille cave reconvertie en petite salle de concert , l’air y est irrespirable , la chaleur étouffante , le bruit assourdissant et les spectateurs remuants…tout l’opposé du jeune disquaire… dès qu’il entre d’ailleurs le D.J. Bob WIELER reconnaît Brian : c’est la seule personne vêtue d’un costume propre de couleur sombre , Bob se doute qu’il est là pour auditionner les Beatles et ne peut s’empêcher de prévenir les musiciens… Mais dès qu’ils entrent en scène , Brian reconnaît ces jeunes : il les a déjà vu dans sa boutique et voulait même les chasser car ils n’achetaient rien , mais un vendeur l’en avait dissuadé .

Ainsi ce soir là , Brian ne dit rien aux Beatles . Il reviendra ainsi plusieurs fois avant d’oser proposer aux musiciens de devenir leur manager . Le groupe accepte le 10 décembre 1961 .

Le 24 janvier 1962 , John , George , Paul et Peter BEST se réunissent dans la maison de Pete , là ils rencontrent Brian pour signer leur premier contrat , à l’occasion Alistair TAYLOR fait office de témoin … tous le signeront à l’exception du jeune Brian .

UN MANAGER PEU COMMUN

Une fois accepté comme manager , il lui reste maintenant à faire prospérer son « acquisition » en décrochant un contrat d’enregistrement . Cependant l’affaire se révèle très délicate , Brian frappe à toutes les portes des grandes maisons d’édition britanniques et à chaque fois la réponse est négative et ce bien que Brian les menace de ne plus distribuer leurs disques . Fort heureusement lui propose de faire écouter un acetate à un directeur d’un petit label d’E.M.I. : George Martin . Ce dernier écoute méticuleusement la bande , mais pour se faire une idée plus juste , il demande à Brian l’autorisation d’auditionner les 4 garçons . Le 6 juin 1962 , E.M.I. accepte le contrat les liant à Epstein et aux Beatles . Mais la victoire est de courte durée car la formation du groupe doit être revue , Martin ne veut pas de BEST à la batterie . Brian se voit contraint de le renvoyer afin de permettre l’enregistrement du premier album : « Please , please me » . C’est à cette occasion queRingo Starr se voit confié la batterie .

Brian veut aussi que les Beatles deviennent plus grands qu’ELVIS . Aussi , il organise durant les années 62 et 63 une tournée éreintante à travers toute l’Angleterre afin d’assurer la promotion du premier 45 tours du groupe … et très vire le disque « Love me do » se hisse à la tête des charts et les Beatles bénéficient d’une audience fabuleuse .

Cependant le jeune disquaire , en homme d’affaire averti voit plus loin , la popularité nationale du groupe lui fournit le coup de pouce nécessaire pour se lancer à la conquête des Etats Unis .

C’est ainsi que mettant avant son sens relationnel , il obtient que les Beatles passent trois fois au Ed Sullivan SHOW , la plus médiatique des émissions télévisées américaines… La Beatlemania fait rage dans le monde entier .

Pour Epstein , c’est le sommet de la gloire : en l’espace d’une année, il est passé du stade de manager amateur à celui d’agent le plus sollicité du show business et tout cela alors qu’il n’est âgé que de 29 ans . Cependant ce que redoute le plus Brian , c’est la chute rapide de ses protégés , aussi abusant de sa célébrité et de sa popularité de manager , il signe d’autres contrats avec des artistes : GERRY & THE PACEMAKERS , BILLY J. KRAMER & THE DAKOTAS , THE FAIRMOST ou encore CILLA BLACK .

Ces contrats ne l’empêchent cependant pas de continuer à suivre scrupuleusement , avec une Attention quasi paternelle la carrière du groupe . Ainsi il adore les bousculades des négociations et des coups financiers , mais aussi jongler avec les dates et les pays à traverser mais ce qu’il aime par dessus tout c’est la fièvre du pouvoir .

Les BEATLES doivent beaucoup à Brian pour cette ascension fabuleuse : « Le rôle de Brian était aussi important que le nôtre au début , nous représentions le talent et lui était notre rabatteur » confiera Lennon .

Mais Brain se révèle être un piètre homme d’affaires , ainsi lorsque la Beatlemania fait rage , il se retrouve vite dépassé par la complexité des négociations pesant plusieurs millions de dollars . Peter SHOTTON décrit Brian comme « un homme extrêmement chaleureux , généreux et bon , mais sans grand talent pour les affaires » . En effet nombreuses sont les erreurs commises par le manager . John Lennon raconte qu’un jour un homme est venu proposer à Brian de mettre de l’argent dans un paradis fiscal et que Epstein sans plus réfléchir lui avait confié prés d’un million de livres… et Brian n’eut plus jamais de nouvelles de son argent , ni de cet escroc . Un autre exemple de son incompétence se révèle lors de la négociation des droits sur le film « A hard day night » , tandis que les producteurs étaient prêts à concéder 25% des bénéfices nets , ils demandèrent d’abord à Brian le montant qu’il désirait , ce dernier dit « Je ne descendrais pas en dessous de 7,5% » . Le contrat fut signé avec 7,5% de parts attribuées à Epstein et seule l’intervention de son avocat permis que l’on révise ce chiffre dans le contrat définitif . L’erreur la plus monumentale que commis Brian fut de laisser passer les droits dérivés sur tout le merchandising Beatles ( perruques , poupées , guitares en plastique , livres de coloriage … ) , Brian céda ses droits contre une part dérisoire de 10% sur les ventes totales . Il ne s’aperçut qu’en 1964 qu’il s’était fait escroquer… Le contrat fut renégocié et son pourcentage fut relevé à 90% , mais entre temps des sommes colossales avaient été perdues . Paul MC CARTNEY se rendit d’ailleurs compte des « exploits » de Brian et dit « on s’est fait baiser sur des millions , mais au bout du compte , ça ne valait pas le coup de poursuivre tout le monde en justice . C’était entièrement de la faute de Brian , il était trop naïf . C’est ce que j’ai toujours dit à son sujet , il était trop naïf »

Ces erreurs furent l’un des arguments des Beatles lors de leur abandon de la scène . Ce retrait de la scène fut un coup dur pour Brian … finies les négociations financières et les tournées marathon . Les Beatles regagnent les studios pour enregistrer « Sgt Pepper » , Brian suit de très prés l’évolution de ce disque . Bien que ravi de l’acharnement et de la passion des quatre pour ce nouvel album , il ne peut éviter d’émettre un certain scepticisme quant à l’accueil de ce disque par les fans . D’ailleurs à maintes reprises il essaye de s’insérer dans l’ambiance feutrée des studios d’enregistrement afin de conseiller ses poulains . Un ingénieur du son raconte : « Un jour , Brian passa à l’improviste dans les studios d’ABBEY ROAD alors que les Beatles étaient en train d’enregistrer et osa , devant un de ses jeunes amis , intervenir entre deux prises par l’interphone pour dire « je crois que ce n’était pas terrible John » et celui ci lui Jeta avec un regard assassin « Toi ton boulot , c’est les pourcentages , Brian et nous on s’occupe de la musique » . »

Ce type de comportement fait que Brian rencontre de moins en moins les Beatles , du coup il se concentre d’autant plus sur ses nouvelles recrues dont il est le manager.

UNE TRISTE FIN

Brian Epstein possède à cette époque tout pour être un homme heureux , âgé d’une trentaine d’années , beau garçon , très sain , il n’a rien à envier à personne et pourtant il ne connaît pas le bonheur .

D’un caractère instable , il a un peu trop tendance à être dépressif et mal dans sa peau . De plus son penchant homosexuel n’est un secret pour personne et cette homosexualité est tellement notoire que bon nombre de ses amis sont distants à son égard . John Lennon sera d’ailleurs au centre d’une rumeur voulanty qu’il puisse avoir eu une relation homosexuelle avec Brian lors de leurs vacances communes en Espagne. Ce dernier démentira cependant cette rumeur, en confiant aux médias « Elle n’a jamais été consommée, mais nous eûmes une relation intense et précieuse. »

Brian sombre de plus en plus dans une dépression sans retour. Courant 1967 , Brian s’apprête à partir pour un week-end à la campagne , mais finalement décide de demeurer à LONDRES . Il téléphone à des amis et leur déclare qu’il les rappellera plus tard dans le week-end , il leur dit être fatigué. Aucun d’eux ne se doute qu’il s’agit des derniers jours du manager.
Ils ne s’inquiètent pas de ce coup de téléphone donné le vendredi . Le dimanche , sans nouvelles de lui , ils décident d’appeler Peter BROWN , ami intime de Brian . Peter leur suggère de demander à une secrétaire d’appeler un docteur . Deux heures plus tard , la secrétaire et le docteur entrent dans la chambre et découvrent Brian mort , officiellement la thèse de l’overdose accidentelle de barbituriques sera avancée . Cependant , 10 ans après , Peter BROWN , dans un journal à scandales britannique confiera qu’il s’était rendu sur les lieux avant le docteur et avait fait disparaître les preuves selon lesquelles Brian aurait été assassiné lors d’un ébat amoureux… quelques semaines plus tard , l’enquête de police sera publiée par le bureau du procureur londonien avec des conclusions faisant penser à un accident dû à une overdose de barbituriques. Suicide, assassinat, accident de dosage de médicaments : ma mort de Brian restera donc un mystère.

Les funérailles de Brian Epstein auront lieu le 30 août à la Greenbank Synagogue de Liverpool. Il est enterré au Long Jane Jewish cemetery.

Décrit comme doux , généreux par certains , colérique , agressif et instable par d’autres , il n’en reste pas moins que Brian EPSTEIN a été un vrai père pour les « Quatre Garçons dans le Vent ». Même si son rôle depuis la fin des tournées des Beatles en 1966 avait fortement diminué, Brian semblait être le ciment entre chacun des membres… moins de 3 ans après son décès, le groupe se séparera.

« J’AI INVENTÉ LES BEATLES » DE BRIAN EPSTEIN (AUTEUR), JOHANN DEFER (TRADUCTION)

La rédaction de Yellow-Sub.net est heureuse de vous informer de la publication, en français de l’auto-biographie de Brian Epstein : « A cellarful of noise ».

Ce livre, publié en français sous le titre « J’ai inventé les Beatles », a fait l’objet d’une traduction extrêmement soignée par Johann Defer, et est publié par l’éditeur Scali.

Voici un extrait de la 4eme de couverture :

En 1963, les Beatles explosent. L’Amérique est à leurs pieds après leur premier passage au Ed Sullivan Show. Plus rien ne sera comme avant. Beatniks, hippies, révolution, tout est désormais en devenir. Et de tout cela : les Beatles seront les gourous.

Brian Epstein est l’homme qui a fait les Beatles. Qui a transformé quatre jeunes rockers surdoués de Liverpool en phénomènes planétaires. Qui les a menés au succès.

L’oeil du cyclone, c’est peu de dire qu’il était dedans. Dans son autobiographie, écrite en 1964, inédite en France, il raconte tout. On y lit entre les lignes son amour pour John Lennon. Brian Epstein est mort, suicidé, en 1967 : Après l’orgasme Beatles, l’homme était vide…

On dit que les Beatles ne s’en sont jamais vraiment remis. Et que, dès lors, la fin couvait. La fin du Rêve.

Patrick Eudeline

« C’était un véritable ami pour nous. Il était notre manager depuis toujours. Et il est mort. » Paul

« On aimait Brian. C’était un homme généreux. On lui doit tant. On avait fait un bon bout de chemin ensemble. » Ringo

« On avait une foi totale en Brian quand il s’occupait de nous. » John

« On avait besoin de quelqu’un pour nous sortir de notre cave et lui avait besoin de se sortir du trou dans lequel il était. » George

spector

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