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Marc Bolan

Ils sont rares les groupes qui donnèrent lieu à une « mania ». La presse anglaise a crée la Beatlemania. Et finalement peu d’autres groupes ont recrée un tel engouement médiatique dans la presse rock anglaise. T Rex pourtant fut l’un d’entre eux. Un groupe qui passa s’effondra comme une météorite dans la galaxie rock mais qui dura si peu de temps au final.

A l’origine, de ce groupe flamboyant et toujours fascinant, Mark Feld, né en 1947 et qui vers 1965, a choisi de renier son patronyme pour une contraction entre « Bob » et « Dylan ». Enfin, du moins, c’est ce qu’on suppose toujours, près de 36ans après le premier disque du monsieur. Car jamais Bolan n’expliqua vraiment d’où provenait ce nom là.

Marc Bolan fit partie de ces personnages mythiques du rock anglais classés dans la catégorie génies et poètes. Il fit partie du mouvement hippie et chercha peut-être à s’en affranchir pour mieux exploser et devenir une rock-star adulée. Et ce, à la vitesse de la lumière. La vénération, voilà probablement le moteur de Bolan, bien que certains le contestent toujours.

Et pourtant ce n’était pas gagné, car à 18ans on pouvait très vite enregistrer et chanter avec un peu de bonne volonté. En 1965, « John the Lamb » n’était autre que Marc Bolan, surnommé ainsi pour sa voix chevrotante. Puis ce fut « the national elf ». Il eut aussi droit à « Proky Pixie », qui signifie le Lutin Porcin.

A l’âge de 12ans, il avait fondé un groupe nommé Susie and the Hula Hoops.

Son premier disque, sous le nom de Mark Feld, fut publié en 1965 et s’appelle « The Wizard ».

Tenter de comprendre les paroles de Marc Bolan, c’est se heurter, pour les plus récalcitrants, à un mur d’expressions détournées, façon John Lennon dans « I’m Am The Walrus » ou « Lucy In The Sky With Diamonds ». John Lennon fut pour Marc Bolan, une référence incontestable. Un pilier. Le surréalisme des textes des Beatles, c’était sûrement ce qui encouragea Marc Bolan à enregistrer un premier 45 tours en 1967, nommé (accrochez-vous) « Hippy Gumbo, he’s no good. Chop him up in the firewood »…qui signifie « coupez-le en morceaux et Jetez-le au feu. Et ce fut un échec cuisant. On avait beau être dans une nouvelles ère, celle du psychédélisme, la mayonnaise syntaxique ne prit pas tout de suite.

En 1967, Bolan créa un groupe nommé « John’s Children », qui est probablement une allusion à John Lennon. Et qui enregistre un titre, « Desdemona ». Censuré de surcroît. Les Stones avaient fait les frais de « let’s spend the night together » et le même genre de censure s’appliqua à la phrase « Lift Up your skirt and fly » (soulève ta jupe et envole-toi). Autres mœurs, autre époque.

Marc Bolan voudrait fonder un grouper et il passe une petite annonce. Steve Took y répond et va devenir son percussionniste. Steve Took, jouait avant tout des percussions et il était un inconditionnel de Ravi Shankar. C’est en juillet 1967 qu’ils jouent ensemble, sous fond de SGT PEPPER’S. Mais Steve Took, accroc aux drogues dures, ne jouera que trois disques avec T Rex, s’enfonça dans la drogue, façon Syd Barrett et mourut en 1980. Ironie du sort, il ne fit pas d’overdose (à la même époque que John Bonham ou Carl Radle) mais s’étouffa avec un noyau de cerise !
Bolan ne l’a jamais reconnu à sa juste valeur, ne l’a jamais complimenté sur quoi que ce soit mais il put apporter à son chant, des chœurs splendides. Et un jeu de percussions original.

Et à la même période, Marc Bolan eut le privilège de rencontrer Tony Visconti, encore dans l’ombre mais qui avaient des relations privilégiées au sein du label Regal Zonophone, qui venait de signer Procol Harum. Lorsque Marc Bolan le rencontra pour la première fois, il fit preuve d’un culot incroyable : Il réussit à convaincre Visconti que John Lennon (son idole de toujours) lui avait proposé un contrat mirobolant pour enregistrer à Abbey Road. Un canular qui fit mouche et qui permit à Visconti de le faire signer chez lui. Tony Visconti fut par la suite le producteur des disques de Bowie années 70 et 2000. Mais aussi de Band On The Run que Paul McCartney sortira en 1973.

 

Restait à trouver un nom à ce groupe, et ce fut Tyrannosaurus Rex, dont le diminutif est bien sûr T-Rex. Marc Bolan faisait régulièrement des cauchemars où un tyrannosaure se levait devant lui et au moment précis où il le voyait, il se réveillait en sursaut. Bien avant Godzilla ou Jurassic Park, la figure de ce monstre, probablement le plus effrayant, avait un nom…un groupe de Folk qui signe en 1968 un disque nommé MY PEOPLE WERE FAIR AND HAD FLOWERS IN THEIR HAIR BUT NOW THEY’RE CONTENT TO WEAR STARS ON THEIR BROW….La pochette est l’une des plus belles jamais sorties dans les années 60. Presque comme un tableau de Magritte, on y voit une figure de Bolan, au milieu de grenouilles en masse (mais ce n’est pas l’ancêtre de « We All Stand Together » bien sûr) affronter des monstres et une licorne. Une réjouissance de l’œil. C’est George Underwood qui signe cette pochette. Pour le petite histoire, George Underwood était un ami d’enfance de David Bowie. Un jour en se bagarrant à l’âge de neuf ans, Underwood porta un coup violent à l’œil de Bowie. Ce qui expliquerait ses yeux vairons. Cette bagarre est plus une légende qu’autre chose bien sûr…

On pourrait aussi parler longuement de ces esclaves de l’enfer qui portent des charges et qui sont surveillés par des démons. Et puis ces étoiles portées sur le front, un signe de l’holocauste des juifs ? . On peut y passer des heures, à décortiquer les pochettes et les paroles. Et voilà le plus jouissif dans les textes et les œuvres de T Rex. Cette montagne d’allusions.

C’est John Peel qui signe un court texte sur l’album. John Peel qui est décédé en 2004 et qui laisse espérer à l’auditeur une plongée dans le Flower Power.
Les titres à rallonge sont devenus à la mode avec SGT PEPPER’S LONELY HEARTS CLUB BAND. Et le poème qui donne à l’album son titre sera même un bonus-track, non signalé, ce qui est une véritable nouveauté pour l’époque.

En écoutant ces textes qui parlent d’une mère casse-cou, ces flûtes de pan, cette dynastie Scenescof, l’enfant star, c’est un hommage perpétuel à Dylan, aux Beatles. Un groupe folk donc, mais un groupe déjà unique en son genre. Par endroit le charabia, qui déboussole tout de suite l’auditeur, devient fascinant. Sans doute surtout sur le titre « Château in Virginia Waters ». Le nain poisson aussi. Marc Bolan sait très bien que Lewis Carroll a permis à John Lennon de composer les textes les plus incroyables de SGT PEPPER’S. Et aussi les phrasés de « Tomorrow Never Knows ». On sent ici non pas une influence des Beatles dans la musique mais bien dans les délires Lennoniens. Et puis bien avant George Harrison sur « My Sweet Lord », on entend Bolan répéter à l’infini « Hare Krishna » sur le titre « Frowning Atahaupullpa ».

Dans les images les plus incompréhensibles de Marc Bolan dans MY PEOPLE…., on pourrait tout aussi bien relire le livre « EN FLAGRANT DELIRE » et l’on trouverait la matière qui donne naissance à ce disque. Bien avant aussi « Black Magic Woman », on trouve un femme afghane mystérieuse. Et parmi les autres titres de ce premier disque, c’est aussi les images de Syd Barrett qui se retrouvent. John Peel lit aussi un texte parlant d’une taupe.

 

Quelques mois plus tard, c’est un disque, PROPHETS, SEERS AND SAGES, THE ANGELS OF THE AGES qui sort. Et là le florilège de référence littéraires, musicales et imaginaires ne cesse de s’étoffer. Que ce soit les Pink Floyd ou Victor Hugo. La Bible aussi. Mais les citer toutes, c’est impossible. Et en tous cas, Bolan affirme que par ce disque, « ce que Pink Floyd fait avec de l’électricité, on tente de le faire en acoustique. » Une autre figure d’inspiration de ce disque, c’est aussi l’écrivain William Blake. En tous cas, pour la première fois sans doute dans le rock anglais, jamais autant d’images littéraires n’ont été rassemblées.
Bolan emploie du vieil anglais. Des mots rares. Des néologismes. Des anachronismes. Et si on se cantonne à la seule musique, toujours acoustique, on perd 90% de l’intérêt de ce grand groupe naissant. T Rex, ne tarde pas à être taxé de snobisme pour ce nouveau disque. Par contre, un très grand nombre de leurs contemporains vont écouter et rayer les sillons de ces disques jusqu’à plus soif.

On entend aussi des bandes magnétiques passées à l’envers, emprunt à celles que Paul McCartney apportait aux Beatles pour les titres les plus soufflants deRevolver. Il y’a aussi des hommages à Arthur Rimbaud. Et c’est un folk surprenant qui nait avec T Rex. Ces histoires de créatures qui boivent du jus de ronces..lol…ces météorologistes des yeux. Il y’a là des paroles dignes d’André Breton. Et en France, c’est probablement Léo Ferré qui est le plus proche des textes de T-Rex. Et plus tard, Hubert-Félix Thiéfaine.

On entend des citations de Baudelaire. Un bonheur pour qui aime beaucoup les images délirantes et des textes qui relèvent tous de l’exception.

Marc Bolan s’inspire de Lennon et McCartney sur un titre comme « Trelawny Lane ». De même que le magistral 45 tous de « Strawberry Fields Forever-Penny Lane » évoquait les joies de l’enfance et des descriptions parfois surréalistes, Bolan fait de même et le clame haut et fort. « The Fool On The Hill » est aussi une figure que Marc Bolan admire.

Dans un titre, Marc Bola, situe même son action dans le zoo de Vincennes..lol…(« Salamanda Palaganda »).
En bref, c’est avec ce deuxième disque que T Rex sort de l’ombre et commence à passionner des baba-cools férus de littératures en tous genres.

 

Alors Tony Visconti estime qu’il faut percer aux Etats-Unis. Il sent que le groupe a du potentiel pour devenir un grand groupe outre-Atlantique. Le son de T Rex s’augmente de piano et d’harmonica pour le disque UNICORN qui paraît en 1969. Les textes sont toujours du domaine de l’exception. Et si d’un côté le groupe fascine de plus en plus, la presse ne tarde pas à critiquer la pochette du disque où les deux musiciens, Bolan et Took, semblent former un couple « gay ». Rumeur non fondée mais qui plait beaucoup à Bolan et qui en jouera forcément un peu. Bolan est marié, mais cette image androgyne qu’on lui prète l’amuse énormément. Un peu comme ce que David Bowie fera en 1970 avec ses tenues de The Man WHO SOLD THE WORLD et ensuite le personnage de Ziggy Stardust.

UNICORN comporte des titres prodigieux comme « she was born to be my unicorn ». Et s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur.
L’année suivante paraît le dernier disque sous le nom de TYRANNOSAURUS REX. C’est A BEARD OF STARS. Un autre chef d’oeuvre en perspective. Et qui indique de nets signes de glamour. Steve Took n’est plus avec Bolan pour raisons d’humeurs incompatibles. Et c’est Mickey Finn qui prend la relève. Ce dernier joue des bongos mais par contre, le son lui devient de plus en plus électrique ce coup-ci. On s’éloigne de plus en plus des idéaux folk façon Dylan dans MY PEOPLE et il est plutôt fascinant de voir une telle évolution dans le répertoire de Bolan. Le groupe s’enrichit aussi de Steve Currie et de June Child.

Lire  Philippe Auliac

 

Et trente-cinq ans plus tard, seul Tony Visconti est encore vivant. Ce qu donne à Tyrannosaurus Rex une aura vraiment particulière. Les textes sont courts dans ce BEARD OF STARS et c’est la musique qui prend le relais. Les images complètement délirantes sont encore au menu de ce disque succulent. Dès l’introduction de ce disque, par « A Day Laye », c’est l’enchantement. Avec des solos de guitares remarquables. « Pavillions of sun ». Le disque est une réussite flamboyante. Le début du glam-rock. Mais pourtant, le disque est très triste dans les textes. Bolan évoque en filigrane ses disputes avec June Child et çà se sent nettement par moments. Mais le reste du disque est extraordinaire…comme « Lofty Skies » par exemple.

Le glamour et la rage réunies donnent un excellent disque donc. Mais le glam-rock point à l’horizon. Bowie a fait cette même année un excellent disque « heavy », le trop méconnu The Man WHO SOLD THE WORLD. Qui est le voisin direct de ce A BEARD OF STARS. Et qui propose aussi des images épiques ou carrément schizoïdes comme ce vétéran du Vietnam qui rentre aux USA et qui sur un coup de folie, se croit encore dans un champ de bataille et tue des gens dans une rue passante (« running gun blues »)

 

Marc Bolan raccourcit encore ses textes, électrise ses albums et décide de raccourcir le nom du groupe à T.Rex. Les mauvaises langues disent que c’est Tony Visconti qui décida de raccourcir le nom pour que ce soit plus vendeur. Et le disque qui paraît à la fin de 1970, nommé tout bonnement T.REX en est l’exemple parfait. Le disque, électrifié, le look, un peu plus maquillé estompent les éclairs de génie, les envolées de texte des précédents disques. Beaucoup de puristes y virent la fin de l’artiste alors que pour d’autres ce fut une révélation, qui permit ensuite de se pencher sur le répertoire d’avant.

T.REX a changé de label et joue sur FLY. Bolan ne surprend plus dans ses textes mais il est fascinant dans l’énergie qui est déployée dans ce disque. L’hermétisme n’est plus au goût du jour et certains titres sont presque formatés. Mais c’est toujours de très haute qualité.

En France, les disques de T.REX se vendent très peu mais il commence à y avoir des admirateurs. Et on peut se demander si quelqu’un comme Alain Bashung par exemple n’a pas cherché à reproduire dans ses textes les ambiances de Marc Bolan, la voix chevrotante en moins.

 

Un titre, nommé « once upon the seas of abyssania » est un emprunt à Lennon qui avait dit « once upon a time or maybe twice »..

Mais à cette période faste, Marc Bolan multiplia dans ses interviews, les remarques complaisantes, les formules faciles et surtout les critiques les plus incroyables. Comme si il prenait soudain la grosse tête. C’est par exemple peu après la sortie du single de John Lennon « Cold Turkey » que Marc Bolan se permit de dire que Lennon avait soi-disant copié son style de voix. Lennon en fut particulièrement irrité.
Et le style hermétique laisse place au glam-rock plus carré, plus mesuré…c’est le disque ELECTRIC WARRIOR, qui est sans doute le plus connu à ce jour.
Paru en 1971, c’est dans ce disque qu’on peut y trouver la chanson la plus célèbre du groupe, à savoir « Get It On ». Le succès et la Bolanmania sont en route, et c’est ce que voulait Bolan après tout.

Et même si les amateurs du groupe sans son raccourci trouveront à y redire, il faut bien avouer que ELECTRIC WARRIOR est un disque phare en ce début des années 70. Les rimes sont bien sûr un peu plus plate mais le glam rock est au programme. Il y’a notamment le single « Ride a White Swan » qui est un succès immense pour Marc Bolan. Et d’ailleurs, Paul McCartney s’est peut-être rappelé de ce titre pour illustrer son single « This One » en 1989. La pochette rappelle un peu l’univers de Tyrannosaurus Rex…..l’Inde en plus.
Mais alors que le glam rock flamboie avec ZIGGY Stardust de Bowie, avec les premiers disques de Roxy Music, avec Brian Eno, Marc Bolan se compare à Lennon et Dylan et ses interviews tournent vraiment à la prétention pure. Au point de lasser son auditoire.
Il estime que sur le disque Live Peace In Toronto, à la fin de « Cold Turkey », Lennon essaie d’imiter son timbre de voix.
Mais Lennon ne lui en tient pas rigueur. Le 21 juin 1971, John et Yoko, de même que T Rex, Led Zeppelin, Deep Purple et le Jethro Tull, participent ensemble par voie de presse à un appel de Edgar Broughton pour sauver les enfants du Bangladesh. Un appel qui donnera à George Harrison l’impulsion nécessaire pour le CONCERT FOR THE BANGLADESH.

Il critique aussi Pete Townsend des Who. Et après avoir été plutôt du côté des rebelles et des sauvages, le voici disposé à devenir une institution à lui tout seul, Tous ses contemporains admettent adorer ses disques mais pas ses propos prétentieux.

 

Pour ELECTRIC WARRIOR donc, Marc Bolan embauche Steve Currie, qui a joué dans des groupes aux tonalités jazzy. En même temps, Marc Bolan se prend de sympathie et bientôt d’amour avec Gloria Jones. Et Marc Bolan aura un enfant avec elle, nommé Rowan.

Le disque est un peu construit à la manière d’un jeu de rôle. Et les titres de ce disques sont tous excellents. « Get It On » qu’on ne présente plus. Mais aussi « Cosmic Dancer » qui a servi de bande sonore au film BILLY ELLIOTT. « The Jeepster » est un immense succès en Angleterre. Planet Queen….que du tout bon.

 

On arrive enfin à THE SLIDER, le disque rattaché à BORN TO BOOGIE. Cette fois-ci, le chanteur joue la carte de l’autodérision, qui est bienvenue après des commentaires très complaisants dans la presse rock. Il enregistre ce disque en France dans le Val d’Oise à Hérouville, près de Cergy Pontoise. Un lieu mythique qui donna d’excellentes vibrations à Elton John ou David Bowie.

« Telegram Sam » devient un nouveau numéro1. Il y’a aussi « Baby Boomerang » et l’humilité qui tranche avec les mots de Bolan dans la presse dans « Spaceball Ricochet ».

Et cerise sur le gâteau, c’est Ringo qui prend Marc Bolan en photo pour la couverture de l’album.

 

Ringo Starr est devenu un fan de T.Rex et il est fasciné par Marc Bolan. Alors en tant qu’amateur, il va tourner et réaliser un film à la gloire de Marc Bolan, c’est BORN TO BOOGIE, dont le titre fera l’objet d’une chanson dans le disque TANK, qui sort en 1973. Ringo Starr n’est pas très doué en tant que réalisateur, mais il le fait avec sa bonne humeur habituelle, son sens de l’humour et sa générosité qui lui ont attiré la sympathie de tant de stars du rock. Et Marc Bolan est un de ses meilleurs amis. C’est un Rockumentaire donc.

Au même moment, Ringo envisageait de réaliser des documentaires sur d’autres stars comme Elizabeth Taylor par exemple. Mais il ne mena pas son projet à bien.
C’est même à se demander si au moment du renvoi de Steve Took, quand les Beatles se déchiraient à coup de LET IT BE et d’Allen Klein, Ringo Starr n’avait pas envisagé un moment de devenir le nouveau percussionniste de Marc Bolan.

On se penche donc ici sur un aspect méconnu de Ringo. Ringo a souvent valsé dans le kitsch et le verbe jovial, mais BORN TO BOOGIE et les quelques chansons de 1972 témoignent d’une période très inspirée pour l’ex batteur des Beatles.

Le film est tourné dans l’urgence et on dirait presque que c’est un fan de T.Rex qui a tourné le film. Mais paradoxalement, on dirait que le Bolan que Ringo Starr filme a perdu de son aura et du génie de ses disques passés. Il est le témoin de ce Marc Bolan suffisant et fier. Mais c’est tout de même un excellent témoignage et un sans fautes du point de vue musical. Les meilleurs moments sont « I looked to the right » et « Some like to rock”.

Dans BORN TO BOOGIE, on peut à un moment voir une scène superbe réunissant Elton John, Ringo Starr et Marc Bolan. Les trois musiciens sont heureux de jouer et çà se voit vraiment. Le rythme est très pro, presque violent par moments et les trois jouent à l’unisson comme rarement. Ringo Starr est en retrait pour mieux laisser la place à Marc Bolan qui aura rarement été aussi bien filmé qu’ici.

C’est le 18 mars 1972 que Ringo Starr commence à filmer un concert de Marc Bolan avec le T.Rex à l’Empire Pool de Wembley. Il y’a deux concerts mais c’est seulement le deuxième qui sera conservé pour le film. La veille, le single Back Off Boogaloo avait été sorti dans le commerce. Ringo s’installe presque incognito dans le rang réservé aux Photographes et filme le groupe. Néanmoins, dans le générique de fin, on peut voir des extraits du premier concert et aussi des chutes des répétitions qui eurent lieu l’après-midi même.

Deux jours plus tard, pris de passion et s’inspirant du groupe T.Rex, Ringo filme un clip pour « Back Off Boogaloo » dans son jardin à Tittenhurst Park. On le voit errer dans son jardin à la recherche d’une simili créature de Frankenstein. C’est cette même image qui apparaît sur le single. Une publicité autocollante indiquera d’ailleurs sur le disque, « Another Monster For Apple ». Ringo ne comprend pas forcément toutes les finesses de Tynrannosaurus Rex, mais il sait s’en inspirer à bon escient ici sans ses compromettre. Et apporte une très très modeste pierre à l’édifice glam-rock. Mais à la grande surprise de Ringo, le clip n’est pas financé par Apple. C’est donc Caravel Films qui va achever la réalisation du clip, une société qui œuvre pour l’émission Top of the Pops.

 

Le lendemain, le 21 mars 1972, Ringo Starr invite à Tittenhurst Park Elton John et Marc Bolan pour la meilleure scène du film. Ils jouent à la perfection « Tutti Frutti », « Children of the Revolution » et « the Slider ». Et c’est génialissime. Le 22 mars, Ringo filme dans le jardin de l’ex-propriété de John Lennon, les dernières scènes pour BORN TO BOOGIE. C’est la scène du Mad Hatter’s Tea Party. Il filme beaucoup Mickey Finn.

Lire  Jim Capaldi

Le film sera remanié par Ringo et quasiment laissé tel quel dans les mois qui suivent.
Ringo se rend en octobre 1972 à New York afin de trouver et de prospecter des éventuels distributeurs du film.
Le 12 décembre 1972, Ringo tourne une émission de télévision pour enfants et ados nommée Magpie. Il donne une interview sur le film et « children of the Revolution » est diffusé en même temps que le clip de John Lennon « Gimme Me Some Truth ».
Le lendemain, Ringo donne cette conférence de presse à Londres :

Q : « Comment en êtes-vous venu à filmer Marc Bolan ? »
Ringo : « Je l’ai appelé un jour pour lui dire « viens me voir. J’ai une idée pour toi. Te filmer avec ton groupe. Tu me dis oui ou non ». Et bien sûr ce fut « non » dans un premier temps. Mais après cette première rencontre ( durant l’été 1971 apparemment) on a appris à se connaître et le contact est très bien passé. Et par la suite j’ai su qu’il allait être filmé à ce concert de Wembley. Et comme Apple a un département consacré aux films, je me suis dit « Pourquoi ne me laisses-tu pas faire ce film ? je suis ton pote après tout. ». Alors il a fini par dire oui. Après le concert, on a visionné mon film et on a décidé de rajouter d’autres scènes. Le problème des concerts, c’est qu’on ne peut pas recréer l’ambiance de la salle. Alors je me suis dit qu’il fallait faire plus de scènes. On a donc écrit une trame et on a prolongé le plaisir de jouer pendant quelques jours donc.
Q : « pourquoi cette séquence nommée « Some People like to rock, Some People like to roll ? »
Ringo : « Oh c’était tellement délirant, que je me suis dit qu’il fallait que çà fasse partie du film »
Q : « Est-ce que ce concert à Wembley avait un parfum de nostalgie pour vous ? »
Ringo : « Bien sûr. Beaucoup. Il y’avait des cris partout et j’adore çà.
Q : « Mais vous aimez entendre les fans crier ? »
Ringo : « Oh oui. Si les fans avaient été calmes pendant nos concerts, je me serais tiré une balle. Je n’aurais jamais su comment réagir »

La première du film BORN TO BOOGIE aura lieu le lendemain à 19heures à Londres au cinéma Oscar One à Brewer Street. Ringo est venu avec Maureen, Elton John, Marc Bolan et Mickey Finn.

C’est un grand succès. Et le film est diffusé en sortie nationale à partir du 15 avril 1973.

 

Un soir de septembre 1971, Ringo Starr invite Marc Bolan à dîner chez lui. Et pendant toute la soirée, il n’a de cesse de répéter « ooh you boogaloo ». Ringo écrit les paroles dans la foulée. Et il propose à Marc Bolan de chanter la voix principale du titre en duo avec lui. Il trouve la formule excellente et passe une partie du mois de septembre 1971 à enregistrer cet hommage à Bolan.

Les deux chanteurs forment une belle harmonie vocale et le résultat est un des meilleurs jamais enregistrés par Ringo. Une surprise même dans la carrière de l’ex-beatles. Il le joue avec George Harrison à la guitare qui produit aussi le disque. Sur la face B, « Blindman », on trouve toute l’ambiance de Marc Bolan réunie pour le meilleur. Et ce personnage de la pochette aurait très bien pu figurer sur un disque de T.REX. C’est un très grand 45 tours de Ringo. L’un des meilleurs. En 1998, Ringo Starr parla de Marc Bolan dans une interview pour STORYTELLERS, son disque live. Il explique que « Marc était un gars motivant. Bourré d’humour. Qui parfois ne parlait qu’en disant « ooh you Boogaloo ».

On trouve cette chanson en filigrane à la fin du disque Stop And Smell The Roses reprise avec un mélange de paroles de Ringo et des Beatles.

 

Ce disque rassemble une pléiade de stars à savoir John, Paul et George par exemple. Marc Bolan joue avec Ringo Starr sur le titre « Have You Seen My Baby ». C’est un titre plutôt réussi une fois de plus et qui a été enregistré en septembre 1971 en même temps que « Back Off Boogaloo ». Même si en décembre 1973, Marc Bolan n’est plus à l’apogée de son zénith, il reste pas moins proche de Ringo.

Bolan rempile pour un autre succès, TANK, paru en 1973. Un emprunt aux paroles de Mick Jagger dans « Sympathy for the devil » donne cette idée à Marc Bolan de nommer son disque TANK. Beaucoup sentent une baisse de régime même si le groupe est encore bien au niveau. Mais à l’heure où Bowie a tué Ziggy et qu’il fait des merveilles dans ALADDIN SANE, TANK fait presque pâle figure. Mais d’un autre côté, Bolan a passé l’année 72 et une bonne partie de 73 en tournée en ayant peu de temps à consacrer aux chansons. Et TANK en souffre un peu. Sans non plus être décevant, après ELECTRIC WARRIOR et THE SLIDER, c’est un cran en dessous. Mais T. Rex sous la baguette de Tony Visconti fait des merveilles. Comme sur ce « Tenement Lady » qui n’est pas sans rappeler les Beatles. Au départ c’est du rock agrémenté de synthé, rapide et puis çà ralentit pour finir sur une chute de piano, façon « A Day In The Life ». Ce son de synthé, c’est Tony Visctoni qui a réussi à la populariser. Outre le fait que Visconti est un très bon producteur, doublé d’un excellent bassiste, il popularise un son de synthé novateur. Et ce qu’on trouve sur TANK, on le retrouve sur Band On The Run. Les deux disques sont d’ailleurs voisins.

Paul a probablement du entendre TANK et Tony Visconti donne du glam dans « No Words », « Jet » et « 1985 ». « Tenement Lady » est un cousin éloigné de la chanson « Band On The Run ».

Mais à la fin de cette année là, Bolan ne supporte plus la concurrence provoquée par le succès de David Bowie. Même si ils sont amis et rivaux, Bolan abuse de drogues, d’alcool et de cocaïne. Il devient aussi très radin. Contrôlant tout et ne laisse plus aucune autonomie à ses musiciens. Et donc, plutôt que de se reposer, plutôt que de prendre un peu de bon temps, Marc Bolan s’obstine à vouloir combler ses fans et offre coup sur coup deux disques par inoubliables que sont ZINC ALLOW AND THE HIDDEN RIDERS OF Tomorrow sorti en 1974 et en 1975, le pas très bon ZIP GUN.

Bolan sort aussi BEGINNING OF DOVES, un disque sous son propre nom qui est par contre une agréable surprise.

Bolan connaît une véritable descente aux enfers car le glam s’estompe. Et Bowie se poudre le nez à l’extrême aussi mais il garde lui une qualité indéniable pour DIAMOND DOGS paru en 1974.

 

Il y’aura un disque meilleur en 1976, nommé FUTURISTIC DRAGON. Mais qui fait quand même pale figure au regard de la gloire passée.

Mais à la grande surprise de tous, Marc Bolan et T.REX se réveillent et offrent en 1977 un très bel album du nom de DANDY IN THE UNDERWORLD. Qui évoque une descente aux enfers. C’est pas gai mais à l’époque où les punks, Johnny Rottent et les Clash en tête descendent en flèche tous les musiciens des sixties, Marc Bolan lui est adulé et ce disque, sorti en plein milieu du punk est une grande surprise. Parce que l’univers urbain et crade du punk n’a rien à voir avec les envolées poétiques de Marc Bolan.

Hélas, Marc Bolan meurt cette année le 16 septembre 1977 dans un accident de voiture. Il laisse un répertoire fabuleux. Une gloire éphémère, trop fugace. Et des albums parfois extraordinaires, parfois peu inspirés, comme tant d’artistes.

Ce timbre de voix chevrotant a par contre inspiré de très nombreux groupes et artistes. La mort de Marc Bolan sonne le glas du glam et en 1980, dans le clip de « Ashes to Ashes », David Bowie y fait référence. Déguisé en clown blanc, dans une plage désertique avec des falaises vertigineuses et des camisoles de force, il annonce que le major Tom (celui de « space oddity) est devenu Junkie et c’est sans aucun doute possible la grandeur et la décadence du glam. Avec Marc Bolan en tête bien sûr. Cette même année, les Ramones, dans « Rock’n roll radio », chantent

« Will you Remember Jerry Lee, John Lennon, T.Rex and OI Moulty ?
It’s The End, The End of the 70’s
It’s The End, The End of the century”

Bien plus tard, dans les années 90, une chanteuse comme Dolorès O’Riordan, des Cranberries, est celle qui s’approche le plus du timbre particulier de Marc Bolan. Bjork a aussi souvent affirmé que Marc Bolan était une influence cruciale pour elle. Il suffit de s’en convaincre en écoutant une bonne partie de HOMOGENIC paru en 1997.

En 2005, sort le DVD de Born To Boogie. Une occasion inespérée de découvrir Bolan. Et de se replonger dans son très beau répertoire. Pour ce DVD, Tony Visconti, avec l’accord de Ringo Starr, entreprend à l’été 2003, un travail de colorisation du film doublé d’un son limpide adapté au format DVD. Des heures entières de film non utilisées seront enfin dévoilées.

Mais ce n’est pas tout, il y’a également un CD qui regroupe la bande son et va enfin permettre au grand public de découvrir que Ringo n’a pas toujours été l’interprète de chansons ronflantes comme celles de I WANNA BE SANTA KLAUS. Et qu’il prit part à l’un des plus beaux témoignages de la période glam. Pour les bonus du DVD, on aura aussi droit à une interview de Bill Legend, l’unique survivant de l’aventure T.REX, puisque tous les autres sont morts depuis. Tim Van Rellim, qui a produit BORN TO BOOGIE, Tony Visconti entre autres. Il y’a aussi des scène inédites montrant Ringo et Marc Bolan ensemble en backstage pendant le concert de Wembley. Curieusement, Ringo n’a pas l’air d’avoir voulu être interviewé pour le DVD. Ce qui est bien dommage.

Deux titres inédits sont aussi prévus pour le DVD à savoir « Cadillac Girl » et « Summertime Blues ». De même que sera présentée le premier concert qui lui était toujours resté inédit puisque Ringo s’était servi du deuxième concert. C’est surtout le seul et unique témoignage de T.REX puisqu’il n’existe pas d’autres concerts filmés avec cette qualité là.

Il y’a aussi une interview de Marc Bolan datant de 1971 dans ce double DVD.

Tony Visconti donne en février 2005, de nombreuses interviews depuis ses studios new-yorkais. Des studios où David Bowie enregistre un nouveau disque avec lui. Et visionner BORN TO BOOGIE doit certainement leur rappeler le glam rock, même si Bowie est assez peu nostalgique.

marc

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