Angela Davis

Elle est née le 26 janvier 1944, à Birmingham, en Alabama à une époque ou le racisme et les troubles politiques faisait rage. Ses parents étaient enseignants, et dès son enfance, la petite Davis était plongée dans le milieu communiste, et reçoit déjà les influences de ce qui sera ses conceptions politiques, et ses convictions philosophiques. En 1960, elle passe deux ans à étudier, à l’Ecole de Francfort sous la direction de Theodore Adorno. De 1963 à 1964, elle suit des cours à Paris, puis elle rentre dans le Massachusetts à l’université de Brandeo. Après avoir obtenu sa licence en 1965, elle part en Allemagne pour ses études plus approfondies. De nouveau aux Etats Unis en Californie à l’université de San Diego, elle reçoit sa maîtrise en 1968. C’est à cette même année qu’elle devient membre du parti communiste, et des Blacks Panters. Son investissement dans ses 2 groupements lui valurent d’être surveillé de très près par le gouvernement de Etats Unis.

En 1968, après avoir obtenu son doctorat, Angela Davis est devenue enseignante à l’université de San Diego. Elle commence à militer très activement au sein du parti communiste et des Black Panthers ; elle s’investit totalement dans la vie de la communauté noire en proie aux rafles incessantes de la police raciste. Dans un Etat où lynchages et exécutions sommaires sont devenus banals, s’engager dans la défense des droits civiques implique de risquer sa vie quotidiennement et de s’attirer les foudres du gouvernement, qui surveille désormais Angela de très près. Elle est témoin de l’assassinat de trois de ses amis sur le campus, et peu de temps après, elle est dénoncée comme communiste par un de ses étudiants. Elle est renvoyée par la direction de l’université, exhortée par Ronald Reagan alors gouverneur.

Dans ce contexte survint l’événement qui marquera à jamais l’existence d’Angela Davis : le 7 août 1970, une prise d’otages est organisée pour tenter de faire évader Georges Jackson, un membre des Black Panthers condamné à vie à l’âge de dix-huit ans pour avoir volé 70$. Quatre personnes trouveront la mort ce jour là, et trois autres seront grièvement blessées.

Etant membre du comité de soutien de Georges Jackson, Angela est accusée par le FBI d’avoir fourni les armes nécessaires à cette opération : elle devient la troisième femme de l’Histoire à être inscrite sur la liste des personnes les plus recherchées par le FBI, la fameuse « Most Wanted List ». Angela Davis passe deux mois à fuir et se cacher, sa notoriété se forge et s’accroît durant cette période comme l’atteste sur de nombreuses maisons une pancarte : « Angela notre sœur, tu es la bienvenue dans cette maison ». La panthère noire est finalement arrêtée le 13 octobre, accusée de meurtre et de kidnapping. Elle est placée en détention provisoire ; elle restera seize mois au « Women’s Detention Center » de New York.

L’opinion publique internationale se mobilise pour la soutenir : entre autres John Lennon et Yoko Ono enregistrent la chanson « Angela ».

ANGELA

Angela, they put you in prison
Angela, they shot down your man
Angela, you’re one of the millions of political prisioners in the world.
Sister, there’s wind that never dies
Sister, we’re breathing together
Sister, our loves and hopes forever keep on moving oh so slowly in the world.
Angela, can you hear the earth is turning ?
Angela, the world watches you.
Angela, you soon will be returning to your sisters and brothers of the world.
Sister, you’re still a people Teacher
Sister, your word reaches far
Sister, there’s a million different races but we all share the same future in the world.
They gave you sunshine
They gave you sea
They gave you everything but the jailhouse key.
They gave you coffee
They gave you tea
They gave you everything but equality

Les Rolling Stones écrivent pour elle « Sweet Black Angel », Jacques Prévert lui dédie un poème et 100 000 personnes manifestent à Paris pour obtenir sa libération, Louis Aragon et Jean-Paul Sartre à leur tête. Angela est finalement libérée sous caution.

Puis convaincue par ses amis elle écrit son autobiographie et se présente aux élections de 1980 sous les couleurs du parti communiste.

« Women, Race and class »publié en 1981 devient un classique du féminisme. En 1989 elle publie la première collection de ses discours de 1983 à 1987, intitulé « Women ,Culture and politic ».

De nos jours, Angela Davis continu son combat politique et social .C’est une théoricienne accomplie et cultivée, elle enseigne à l’Université de Californie à Santa Cruz et continue à faire des discours.

Aujourd’hui à 61 ans, Angela Davis est toujours non pas une réformatrice, car des réformes ne suffiraient pas selon elle à améliorer le Monde, mais une vraie révolutionnaire.

Son principal combat est la lutte pour l’abolition de la peine de mort aux Etats-Unis , et contre le système carcéro-industriel. En effet dans ce pays l’industrie pénitentiaire est une source intarissable de profit pour le gouvernement et les sociétés privées qui la gèrent.

Elle n’est malheureusement plus aussi populaire que dans les années 70 parce que les mass médias l’ont oubliée et que la communauté noire, son principal soutien, lui tient rigueur de son opposition à la « Million Man March » organisée par Louis Farrakhan (Nation of Islam) en 1995

En effet, féministe dans l’âme, Angela ne pouvait que s’opposer à un mouvement qui refusait aux femmes le droit de manifester. Son geste a été récupéré et déformé par Farrakhan qui a profité de l’occasion pour répandre l’idée selon laquelle l’homosexualité de l’ex-Black Panther serait à l’origine de cette contestation. Angela Davis s’est effectivement engagée dans la lutte pour les droits des gays, comme elle l’a fait pour toutes les minorités. Elle n’a jamais réellement démenti ni confirmé le fait d’être lesbienne. John Lennon joue d’ailleurs beaucoup sur l’ambiguïté en chantant « tu vas bientôt rejoindre tous tes sœurs et frères du monde entier », en mettant d’abord sœurs que frères.

Mais peu lui importent ses nombreux détracteurs, Angela est et restera une guerrière infatigable, constamment en action contre l’injustice, comme le démontre sa présence à de nombreux événements autour du Monde : manifestation contre la guerre en Irak, soutien à Mumia Abu Jamal, forum social européen, la liste est longue…

Sa vie entière a été dévouée à sa cause, à notre cause. Elle continue également à répandre son message au travers de ses livres et des cours de « consciousness » (éveil de la conscience) qu’elle dispense à l’université de Santa Cruz en Californie. Son credo : au lieu d’inculquer des connaissances pré fabriquées, il faut encourager le développement de l’esprit critique :

En 2006, elle reçoit le prix Thomas Merton.

  • 1971 : If they come in the morning : Voices of resistances (S’ils frappent à l’aube)
  • 1972 : Frame Up : The opening defense statement made (Les bases de la défense : le coup monté)
  • 1974 : Angela Davis : An Autobiography (Autobiographie)
  • 1981 : Women, race and class (Femmes, race et classes)
  • 1985 : Violence against women and the opening challenge of racism (les violences contres les femmes et le perpétuel défi au racisme)
  • 1989 : Women, Culture and Politics (Femmes, culture et politique)
  • 1999 : Blues legacies and black feminism (Le message féministe dans le blues)
  • 1999 : The Angela Y. Davis Reader (philosophie d’Angela Davis)
  • 2003 : Are Prisons Obsolete (Les prisons sont elles obsolètes)

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